‹ Traité complet du magnétisme (volume 2)Chapitre 41 sur 145 · MACHINE ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE ROTATIVE · texte numérisé non relu

MACHINE ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE ROTATIVE

§ F'. Description de V appareil de M. Jacobi. '

1592. On s'occupe beaucoup en ce moment d'appliquer réiectricité à la mécanique ; de toutes parts on construit des machines électro-magnétiques à mouvement circulaire continu ; mais jusqu'ici on n'a encore feit que des essais, plus ou moins heureux, qui n'ont amené aucune application utile aux arts. Néanmoins désirant parler des tentatives qui ont été faites à ce sujet, je ne saurais mieux faire que de décrire l'appareil de M. Jacobi, de Dorpat, qui parut en i834 , et auquel il a donné le nom (ïappareil magnétique à mouvement circulaire contirm primitif.

Ce physicien a renoncé à l'idée de construire un appareil qui donnerait un mouvement de va et vient pfoduît par le pouvoir attractif et répulsif des barres magnétiques ^ mouvement qu'on aurait pu cependant changer en mouvement circulaire continu, à l'aide des moyens. connus. D'un autre côté, si le renversement. des pôles des aimants formés de barreaux de fer doux, placés dans des hélices^ se faisait instantanément , on aurait alors une vitesse ex« cessive ; or , un systènie tournant autour d'un axe et car* pablede prendre un mouvement circulaire continu, est le seul qui soit susceptible de réaliser, en partie du moins^ cette vitesse, qui ne peut devenir uniforme qu'en introduisant dans le système un élément résistant. Or, les

CnAPITRE VII. lor

forces à vaincre sont le frottement des pivots et la l'ésistance de l'air. Des expériences répétées ayant prouvé que le frottement des pivots était indépendant de la vitesse de rotation , du moins dans la limite des expériences, il n'y a donc que la résistance de Tair qui puisse produire cet effet. En donnant une direction convenable au mouvement giratoire, cette résistance peut être beaucoup diminuée, comme on va le voir.

La fig. 1 5 représente un appareil magnétique composé de huit barreaux arrangés symétriquement sur un disque mobile autour de l'axe A, et de huit autres barreaux fixés sur deux montants verticaux et deux traverses horizontales solidement établies. Ces barreaux doivent être disposés symétriquement, de manière à permettre aux faces extrêmes de se rencontrer le plus près possible. Dans la crainte que l'action ne fût trop oblique, il serait préférable d'arranger le système de manière que les barreaux cylindriques fussent situés à angle droit et non parallèlement, comme dans la figure; aussi M. Jacobi préférerait-il que les barreaux fussent disposés comme dans la figure 16, où /*,/*, etc., sont les barreaux fixes, et w, m. y etc., les barreaux mobiles autour de l'axe a.

Le renversement des pôles étant un objet de la plus haute importance, il faut pouvoir l'opérer .instantanément et précisément \\ la place où les pôles sont situés vis-à-vis les uns des autres. Le mécanisme qui l'effectue doit être.mis en mouvement par l'appareil même, et tous les éléments qui le composent doivent être dans une dépendance du mouvement giratoire du système.

Le commutateur à bascule de M. Ampère ne pouvait servir à l'appareil magnétique detnouvement circulaire continu; il en est de même du mercure qu'on a l'habitude d'employer dans les expériences électro- magnétiques pour établir et rompre le contact métallique , comme il est facile de le comprendre : l'adhérence du mercure au corps métallique plongé dedans et retiré ensuite, varie avec la vitesse et la pureté du mercure; de là souvent il arrive que le renversement s'opérant plui

102 DESCRIPTION D1> l'aPPAREIL DE M. JACOBI.

tôt OU plus tard; il se produit une attraction ou une répulsion en sens inverse de la rotation. II est difficile , en outre, d'avoir constamment du mercure pur, puisqu'il se combine continuellement avec le métal avec lequel il est en contact; d'un autre côté, le mercure s'oxide &* cilement sous Finfluence des décharges successives, et il est même quelquefois projeté en dehors des capsules» Les plaques amalgamées présentent également des inconvé* uients.

M. Jacobi a reconnu,, après de nombreux essais , que le simple contact des métaux à surface nette suffit pour conduire un courant provenant d'une électricité à trèsfaible tension ; d'après cela, la présence du mercure n'ajoute rien h l'énergie de l'action. Voici le commutateur qu'il a adopté pourle renversement des pôles: a, A, c, d(jàg. 17), représentent quatre disques de cuivre fixés sur l'axe cm rotation ee ; les disques Uy b et c, df, réunis par des tuyaux de cuivre /, /, sont parfaitement isolés de l'axe au moyen d'un autre tuyau de bois verni g ou d'une substance isolante. La périphérie de chaque dis^ que est divisée en huit parties exactement égales y dont quatre, h , sont taillées en secteurs et remplies de pièces de bois d'ébène, formant avec le métal une surface unie.

Les disques sont arrangés sur l'axe de rotatioa do manière t[ue les secteurs de bois et de métal correspondent alternativement, comme les parties ombrées l'indiquent. Z, Z, C9 C, sont des barres de cuivre en forme de levier, très-mobiles sur leurs supports, destinées à conduire le courant, Le bras de levier le plus long ' forme h son extrémité un biseau , qui repose sur la pé« riphérie du disque correspondant; l'autre bi^s est courbé et plonge clans un petit vase X:, rempli de mer* cure. Les vases kk^k k' sont réunis par des lames de cuivre, comme l'indique la figure i5. Les leviers sont ^ toujours en contact avec les disques , mais alternative* ment avec les parties métalliques et les parties isolantes* Par leur mobilité sur leurs supports, ils cèdent à )a

Page 1