CHAPITRE ir
Les boules fulminantes produisent quelquefois de très- Violentes détonations, comme je l'ai déjà dit. Le vaisseau le Montagu se trouvait en. pleine mer le 4 novembre 1749. Il fut frappé par une boule fulminante ; le bruit qui se fit entendre , et dont la durée fut au plus d'une demi-seconde, fut comparé à celui de plusieurs centaines de canons partant tous à la fois. Cet exemple est caractéristique; passons outre.
Tout le monde sait qu'il s'écoule toujours un intervalle de quelques secondes entre l'apparition de l'éclair et le bruit du tonnerre. Lamberti, le célèbre géomètre, pensait que cet intervalle de temps ne s'élevait jamais à 4o secondes; mais on a des exemples qui vont au delà: des observations faites à Paris, le 2 mai 1712, ont donné 4a et 48 secondes; celles du 6 juin, 47? 48 et 49 secondes. Le 3o avril, l'intervalle a été de 72 secondes.
S If. De diverses questions relatives aux rapports
des éclairs avec le tonnerre.
lôoT".. Les éclairs sans -tonnerre, par un ciel serein, dans les belles nuits d'été, sont généralement connus ; on les désigne dans le monde sous le nom d'éclairs de clialeur; ils éclairent quelquefois toute l'étendue du ciel visible. '
On a observé aussi, par un ttmps couvert, des éclairs sans tonnerre. Lucrèce en foit mention dans le sixième livre de son poème de Naturd rcruni. Il dit que d'innoœnts éclairs s'échappent en silence de certains nuages , et qu'ils ne causent ni trouble, ni terreur.
Les éclairs sans tonnerre, par un temps serein, paraissent être communs aux Antilles, au rapport de Channbn.
On trouve dans les mémoires de l'Académie de Lisbonne des observations faites à Rio-Janeiro, par Dorta, qui ne laissent aucun doute sur l'existence de ce^ éclaire. •' En Europe, on a fait également des observations sur w pToduction d'éclairs sans tonnerre*.
l34 ^^ ^^^' QUEST. R^i;,. 4UK flAIV. DES ÉCLAIRS, ETC.
le toRiie»T(?9 poiuirony^ ea 17^16 pgr racadémia do Bardeau:!!:, parle 4'^clairs extrêmemmit vifs ^uî^ peiii* daot çert^in$ orages, s élancent des nuage» daa9 tau» les sen» et presque sans iuterruptîoo , »au9 douner lieu à a^cun bruit appréciable.
Deluc le jeune, dans la soirée du 1^' août 1791 « en observant des images venant du Jura et s'étepdimt par degrés jusqu'au zénith de Genève, a vu s'élancer des éclairs qui semblaient devoir être accompagnés d'un bruit étourdissant , et cependant on n^en entendit presque point, Un de ces éclairs fut accompagné au contraire d'un bruit, épouvantable; une courte ondée le suivie : l^sécliairs pontiuuèreut à briller, mais sans bruit«
i6p8, D'ua autr^ côté, on «Wt demandé si le tonnerra çef^i^ait entendre quelquefois san» éclair», Sénèquo a répondu affirmativement à cette question. Quoi qu'il en soit, les rpétéopologiites pont consigné dan» leurs registres aucune observation relative à ça phénomène ; cependant on ne peut élever aucun doute sur son existence, comuie le prouvent les assertion» suivante ;
Thibault de Chànvalon, sous la date d'octobre 1751 1 consignait k la Martinique, d^ns son registre d'obser» vatiops météorologique»^ ce qui suit : u De huit jours « qu'il a tonné, dans ce mois, il y en a eu deux sans éclairt* <i £n novembre, tqnnerra un »eul jour; trois coupa un ' « peu forts, mais sans éclairs. »
I^e 19 mars 1768, près de Çosséir sur la mer Rouga» un viQlent coup de tonnerre jeta l'épouvante parmi le» matelots de la petite barque sur laquelle le voyageur James Bruce s'était embarqué; ce coup de tonnerre Gravait été précédé d'aucun éclair.
On a entendu aussi plusieurs fois tonner par des tiimpf^ sereins. Senebier en fait mention comme d'un fait avéré, mais sans apporter aucune preuve.
^Yqlney dit positivement que le i3 juillet 1788 » à »ix heur^ du matiu, le ciel étant »an» nuages^ U entendit à Pontchartaiu quatre ou cinq coup» d^ tonnerre^ Ce ne