‹ Traité complet du magnétisme (volume 3)Chapitre 217 sur 364 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Du 17 au a3 octobre 1824- — A l'île de France, 6Îluëe au sud de Téquateur terrestre < et à 33^ 3o' au sud de l'ëquateur magnétique, rextrémité nord de Taiguille s'avançait vers l'occident de 7 h. à 9 h. 7 du matin , vers l'orient de 9 h. -^ du matin à a h. de l'aprèsmidi, et enfin vers l'occident, depuis cette dernière heure jusgu'à 6 h. du soir. I^e plus grand arc parcouru était de o' 5'' vers l'orient: le soleil passait à 10'' au nord de la station.

Du 4 au w janvier i8a5. — A l'île de Ste-Hélène, située au sud de l'équateur terrestre, et à 7^ t\d au sud de réquateur magnétique, l'extrémité nord de l'aiguille s'avançait vers l'orient, depuis 7 h. du matin jusqu'à midi, et l'arc parcouru était de 7' 10" dans cette direction : le soleil passait à 6° a5' au sud de la station.

Du 19 au i3Jani>ier i8a5. — A l'île de l'Ascension, située au sud de l'équateur terrestre, et à 1® au nord de réquateur magnétique , l'extrémité nord de l'aiguille s'avançait vei*s l'orient depuis 7 heures du matin jusqu'à midi -J-, et l'arc parcouru était de 4' 4^" ^^"S cette direction : le soleil passait à la^ au sud de la station.

Les faits précédents tendent à nous montrer que les variations de l'aiguille aimantée, soit annuelles, soit diurnes, doivent être attribuées à l'aclion de la chaleur solaire; car on a vu, relativement aux premières, qu'il y a un maximum de déclinaison, en Europe, près du solstice d'hiver, et un minimum près. du solstice d'été, et que l'aiguille, dans nos climats, est stationnaire pendant la nuit, et ne recommence à se mettre en mouvement, la pointe nord du côté de l'ouest , que lorsque le soleil se montre au-dessus de Thorizon.

Nous avons déjà fait connaître tom. 1", page 4o3 de ce traité, la manière dont M. Duperrey se rend compte de la cause qui produit les mouvements diurne* de l'aiguille aimantée dans les deux hémisphères; nous reviendrons sur cette question quand nous traiterons des causes probables du magnétisme terrestre.

'X6B DES YAR. IRRÉCUL. DE LA. DKCLINAISOlf.

§ III. Des variations irrégulières de la déclinaison.

En exposant les phénomènes qui accompagnent Tau. rorc boréale, j'ai annoncé qu'une foule d'observations faites sur différents points du globe prouvaient que h marche régulière de l'aiguille aimantée, lors de 1 apparition de ce météore, était subitement dérangée, nonseulement dans les lieux où il était visible , mais encore dans des contrées qui en étaient éloignées; il en résulte alors des variations irrégulières dont nous avons à nous occuper. Il existe encore d'autres causes qui réagissent sur 1 aiguille aimantée, telles que lesémptions volcaniques et les tremblements de terre; mais, comme les faits observés à cet égard sont peu nombreux, et qu'il en a déjà été fait mention dans le premier volume, parlie historique , je n'y reviendrai pas.

Parmi les physiciens qui se sont le plus occupés de constater rinfluence qu'exercent l^s aurores boréales snr des aiguilles aimantées placées dans des régions oii ces météores ne sont pas visibles, je dois citer M. Ârago, qui, outre ses observations propres , a réuni encore un grand nombre de faits tendant à mettre hors de doute cette influence que quelques personnes avaient niée. Je crois convenable de ne pas entrer dans la discussion qui a eu lieu à cet égard, me bornant seulement à présenter quelques faits qui justifient cette assertion, et qui sont consignés dans les Annales de chimie.

Le 29 avril j 8!i6, on a vu, à Carlisie et dans le Roxburgshire, un arc lumineux provenant d'une aurore borcalc(i).

Le même jour, à Paris, à 7 h. 5o' du soir, la pointe nord (le l'aiguille des variations diurnes était déviée de l\ à Tegt de sa position ordinaire ; à 8 h. ~ elle s'était rapprochée de l'ouest par un mouvement prompt; à

(i) Tom. xxxui, pag. 621.

CHÂPiTiie pnEMiER. 269

1 1 h. -7-, die avait repris , à une demi-minute près , sa position première.

M. Dalton écrivait à M. Arago, sous la date du la novembre y même année :

« On a vu une aurore boréale très-remarquable dans « le nord de TAngleterrc et de l'Ecosse , le 29 mars c i8a6, entre 8 et 10 heures du soir. Elle avait la forme m de l'arc-en-ciel , et embrassait dans le firmament l'espace •c compris entre Torient et l'occident magnétiques. Cet arc c resta presque complètement stationnaire pendant près «d'une heure; son mouvement, dans le sens nord-sud « du moins, était tout à fait insensible, etc. «(i).

Le 9 janvier 1827 M. Marshal a vu à Kendal, en Angleterre, uiie brillante aurore boréale (12).

Le même jour, la marche de l'aiguille des variations diurnes, à Paris, fut très-irrégulière. Déjà à 21 h. après midi , la pointe nord était plus occidenttile qu'à l'ordinaire de 4 min. et demie; la déviation se maintint dans le même sens jusqu'à 7 heures et demie ; mais à 1 1 h. 5', la déclinaison était au contraire de 3' et demie plus petite que les jours précédents.

L'aiguille d'inclinaison fut soumise aussi des à oscillations irrégulières. >

Le 27 août, dans la soirée, on aperçut une aurore boréale à Perth, au nord de l'Ecosse. Les jets de lumière étaient très - rapides ; ils couvrirent un moment presque tout le ciel.

A Paris, le 27 août, M. Arago trouva la pointe nord de l'aiguille 10 minutes plus à l'occident que dans sa position ordinaire, à i h. 6' de l'après-midi; elle éprou-* vait de plus des oscillations irrégulières. Le soir, au contraire, à 9 h. et demie, la déclinaison était plus petite d'environ 8 minutes que lesjours précédents à pareille heure : le ciel était très-nuageux (3).

(1) Tom. XXXVI, p. 404.

(a) Tom. XXXVI, p. 4o5.

(3) Tom. XXXVI, pag. 408.

ayO DES VAR. IRItéGULlÈRES DE LA DÉCLtHAiSOV.

Aurore I)oréale en plein jour y Journal de llostitution royale, janvier 1828, p. tfi^.

La matinée du 9 septembre 1827 fut pluvieuse; le vent soufTlait du nord-est; un peu avant midi, le vent tourna à Tonest, les nuages se dissipèrent au nord-ouest, et la partie du ciel pclaîrcie prit la forme d'un segment de cercle parfaitement tranché, qui s'éleva graduellement jusqu'à 20 degrés de hauteur. Au dielà , le ciel rrsta couvert. Dans la zone bleue circ^ulaire, on aperçut de temps à autre des jets d'une faible lumière blanchâtre'. Le soir, entre 9 et 10 heures, on vit une aurore boréale trèsbrillante.

Le même jour, Taiguille des variations diurnes fut trcs-notablement dérangée à Paris, le matin et le soir, ainsi que dans Taprès-niidi. Entre i h. 3o' et a h., par exemple, la déclinaison diminiia de près de 7'; à 6 h. un quart, elle était d'environ 12' plus petite qu'à IW dinaire.

1^ 3ô septembre |8>8 , M. Burney a observé une auroixî à Plymouth ; l'aiguille de déclinaison fut très-dérangée toute la journée. A 8 h. trois quarts du matin, la déclinaison surpassait de plus de ai' celle du jour précédent et des suivants (i).

Le i«' décembre, même année, une aurore boréale fut observée à Manchester, à 6 h. du soir, par M. BlacLwall.

Le même jour, laiguille de déclinaison, à Paris, éprouva pendant la journée de notables perturbations. Le matin, la déclinaison était plus grande qu*à l'ordinaire; le soir, au contraire, elle était plus petite; à ii** 28', la perturbation s'éleva à plus de ati'.

Le a6 septembre 1828, une aurore fut vue à Albany, Auburn, Lowville, Clinton, etc.

Le même jour, à 10 h. du soir, la déclinaison de

(i}Toaie XXXIX, pag. 419*

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