‹ Traité complet du magnétisme (volume 3)Chapitre 289 sur 364 · CHAPITRE 11. 39 r · texte numérisé non relu

CHAPITRE 11. 39 r

Les résultats obtenus par MM. Hausteen et Morlet se rapportent à l'équateur magnétique de 1780. M. Arago les a comparés (1) et en a déduit les faits suivants :

MM. Hansteen et Morlet placent Téquateur magnétique, en totalité, au-dessus de Téquateur terrestre, entre l'Afrique et l'Amérique. Le plus grand écartemcnt de ces courbes correspond à environ ^5® de longitude occidentale ; il est de 1 3 ou i4^ dans la carte de M. Hansteen; on trouve dans celle-ci un nœud en Afrique, par aa^ de longitude orientale ; M. Morlet le place 4^ plus à l'occident.

Suivant l'un et l'autre, si Ton part de ce nœud, en, s'avançant du côté de la mer des Indes , la ligne sans inclinaison s'éloigne rapidement vers le nord de l'équateur magnétique, sort de l'Afrique, un peu an-dessus du cap Gardafui, et parvient dans la mer d'Arabie à son maximum d'excursion boréale (environ la"), par 62® de longitude orientale. Entre ce méridien et le 174** de longitude, l'équateur magnétique se maintient constamment dans l'hémisphère boréal; elle coupe la presqu'île de l'Inde, un peu au nord du cap Comorin; traverse le golfe de Bengale, en se rapprochant légèrement de l'équateur terrestre , dont elle n'est éloignée que de 8®, à l'entrée du golfe de Siam; remonte ensuite un tant soit peu au nord ; est presque tangente à la pointe septentrionale de Bornéo; traverse l'île Paragua, le détroit qui sépare ^la plus méridionale des Philippines de Itie Mindanao, et, sous le méridien deWaigiou, se trouve de nouveau placée à 9® de latitude nord.

De là, après avoir passé dans l'archipel des Carolines, l'équateur magnétique descend rapidement vers l'équateur terrestre, et le co.upe, d'après M. Morlet, par j 74®, ety suivant M. Hansteen, par 1 87^ de longitude orientale. Il y a beaucoup moins d'incertitude sur la position d'un second nœud situé aussi dans l'océan Pacifique, dont là

(x) Annal, de Gh. et de Pbyi^ t. xn t p. 348.

39^ DE ifÉqVAT. MAGNlh*. , OU LIGNE SANS INCLIN.

longitude occidentale doit être de iqo® environ. Mais, tandis que les recherches de M. Morlet Tont conduit à admettre que l'équateur magnétique , après avoir touché seulement Téquateur terrestre, s'infléchit aussitôt vers le sud y M. Hansteen suppose que cette courbe passe dans l'hémisphère nord, sur une étendue d'environ t5o° de longitude, revient ensuite couper de nouveau la ligne ëquinoxiale, à 2i3* de distance de la côte occidentale d'Amérique. Du reste, pour qu'on ne s'exagère point oettfs discordance, nous devons dire que, dans son excursion boréale, la courbe sans inclinaison de M. Hansteen ne s'éloigne pas de l'équaleur terrestre de plus de I* -7 ; et que, en définitive, cette ligne et celle de M. Morlet ne sont nulle part à a"* de distance l'une dé l'autre, dans le sens des cercles de latitude.

Les observations directes des nœuds semblent indiquer un mouvement de translation d'année en année; en effet, les deux nœuds de M. Hansteen et le nœud tangent de M. Morlet, dans la mer du Sud, se trouvent situés entre le io8 et le 116° de longitude occidentale. M. Freycinet a trouvé, en 1819, à bord de YUraniCf que ce nœud était placé vers le 1 3a** de longitude ( i ). Suivant le capitaine Sabine, comme on peut le voir dans «on ouvrage publié par ordre du bureau des longitudes de Londres, le point d'intersection des deux équations, •" qui était situé dans l'intérieur des terres et assez loin des côtes en 1780, s'est avancé d'orient eu occident jusque dans l'océan Atlantique.

M. Morlet avait indiqué ce mouvement de translation del'équateur, mais avec une certaine défiance, parce que

(i) Nota, Nous ferons remarquer ici, que les observations de If. de Freycinet n*ont point été faites à Test du i5o^ degré de longitude occidentale ; qu'en conséquence il est impossible d'en déduire la position d'un nœud par i3a^ de longitude. (Voyez, à la suite de cet article , les tableaux de la ligne sans inclinaison qui ont été dressée par M. Duperrey).

OHAPITRB II. 3g3

les mesures anciennes d'inclinaison n'avaient pas éié obtenues en changeant les pôles de l'aiguille. Il regarde comme très-probable que la forme et la position de la ligne sans inclinaison règlent, d'un pôle à l'autre, le sens dans lequel doivent avoir lieu, dans chaque point du globe, les variations annuelles de l'aiguille aimantée. En appelant latitude magnétique d'un point la distance de ce point à la ligne sans inclinaison, mesurée sur le méridien magnétique, considéré comme un grand cercle, M. Morlet a trouvé que l'inclinaison de l'aiguille diminue là où le mouvement de translation de l'équateur tend à diminuer la latitude magnétique, et qu'elle augmente, au contraire, partout où la latitude magnétique s'agrandit. Nous aurons l'occasion plus loin de montrer aue cette conjecture se trouve confirmée par des observations postérieures.

M. Duperrey a fait, durant son voyage sur la corvettq /a Coquille , de nombreuses observations qui l'ont mis \ même de déterminer , pour l'année i8a4, l'équateur magnétique dans la presque totalité de son coui^. M. Arago, au nom d'une commission de llnstitut, a fait un Rapport sur les observations magnétiques de ce voyagé (i), Il y est fait mention du déplacement probable de l'équateur magnétique. La Coquille ayant coupé six fois cette courbe, il a été possible de déterminer directement la position de deux des points d'intersection , situés dans 1 océan Atlantique. Dans la carte de M. Morlet, les latitudes des points de la ligne sans inclinaison, qui correspondent aux mêmes longitudes, sont de i° 4^' à i® 5o' plus sud; il semble résulter de 1^ que l'équateur magnétique s'est rapproché de l'équateur terresu'e d'une quantité égale : les mêmes différences se trouvent sur la carte de M. Hansteen.

Le travail auquel M. Duperrey s'est livré pour obtenir de ses observations la figure de la ligne sans incli-

(i) Annal, de Cb. et de Phys. , t. zxx.

394 VOUV. DlÊTF.RMlir.DELA LICITE SANS INCLIN., ETC.

naison, à iaquellc il a consacré une carie particulière, 86 trouve dans les Annales de Physique et de Chimie, t. XLV, p. 371, et dans la Partie physique de son voyage. Nous en avons déjà rendu compte (1). Nous croyons d*autant moins nécessaire de le rapporter ici, que depuis cette époque M. Duperrey a de nouveau fixé la position de la ligne sans inclinaison, pour Tannée i8â5, d'après ses propres observations, auxquelles il a réuni celles de tous les voyageurs contemporains. Ce dernier travail est celui que nous présentons dans Tarticle suivant, tel qu'il nous a été communiqué par son auteur.

§ n. Nouvelle détermination de la ligne sans inclinaison ^ pour tannée 182 5 (2), par M. L. I. Duperrejr.

«J'ai donné en 1829 la figure de lequateur magnétique, déduite des observations de Tinclinaison de Taiguille aimantée que j'avais faites, de i8a2 «i i8a5, durant le voyage de la Coquille; d'une inclinaison observée en 1812a, dans nie San-Tomé, par le capitaine Sabine, et des observations que M. de Blosseville venait de recueillir tout récemment dans la mer des Indes.

ce Le but que je me propose aujourd'hui, est de faire connaître la Ggure que j'ai obtenue, en joignant, à mes observations particulières, celles de tous les voyageurs qui ont opéi*é, vers la même époque, dans l'intérêt de cette recherche.

« Les observateurs qui ont ainsi contribué à la nouvelle détermination de l'équateur magnétique, dont je vais présenter la configuration pour l'année 18^5 , époque moyenne de la totalité des observations recueillies, sont, par rang de date :

(i) Tome I , page 400.

(a) D«ans les planches XIV et XV de 1 atlas, la ligne sans inclinaison est représentée par une ligne ponctuée ; dans les planches XVII et XVIII, elle est représentée par une ligne pleine.

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