CHAPITRE m. i^tg
valeurs souvent très-différentes , ainsi que M. de Humboldt en avait déjà fait la remarque, durant son voyage aux régions équinoxiales du nouveau continent.
« Les observations recueillies et discutées par M. Hansteen, sont celles qui ont été faites par MM. de Rosse), de Huinboldt, Gay-Lussac , Sabine, Hansteen , Œrsted, Erikson, Keilhau, Bœck, Abel, Lutké, King, Due, Ërman etKupffer. Ces observations sont su fïisa minent nombreuses pour donner une certaine idée du système d'intensité magnétique de l'hémisphère boréal. Quant à l'hémisphère austral, M. Hansteen, étant privé des observations que MM. de Freycinet et Duperrey avaient faites dans cette partie du globe, n'a pu étendre ses lignes isodynamiques au delà des côtes de l'Amérique méridionale. Il disposa, il est vrai, des observations faites de 1790 à 1794, par M. deRossel; mais, alors, ces observations, commencées à Brest et terminées à Sourabayd, n'avaient point été corrigées, comme elles l'ont été depuis par M. Duperrey, qui en a sensiblement modifié les résultats, ainsi qu'on peut le voir, page 35o dexe volume.
cr M. Hansteen déduit, de la configuration de ses lignes isodynamiques , plusieurs faits que nous croyons devoir rapporter ici, bien qu'ils ne nous paraissent pas tous de nature à pouvoir être admis sans restriction. Il pense qu'il doit y avoir deux pôles magnétiques à la surface du globe, dans chaque région polaire; qu'il existe entre les tropiques une courbe sur laquelle l'intensité minima, qu'on obtient dans chaque méridien, paraît varier de 0,8 à 1,0, entre deux points qui seraient situés, l'un dans la partie méridionale de l'Afrique, l'autre sur les côtes du Pérou; que les valeurs extrêmes de l'intensité magnétique , à la surface de la terre , sont dans le rapport de I à 2,4; et, enfin, se fondant sur l'intensité 1,8 observée par M. Sabine, à New -York, par 4i^ de latitude nord, et sur l'intensité 1,6 (non corrigée), observée par M. de Rossel ^ à Van-Diéfaien , par 43^ de latitude sud , il pense que Tintensité magnétique doit être générale-^
4aO GART£S DE M. DUPERRET.
ment plus grande dans i'iiémisphère boréal "que dans rhéniisplièrc opposé.
a En terminant son mémoire, M. Hansteen appelle Tattenlion sur le rapport qui paraît exister entre la température moyenne d'un lieu et sa position vers les pôles magnétiques. Il ajoute que M. Brewster, d'Edimbourg, a adopté ce rapport, et que plusieurs naturalistes sont portés à attribuer l'abaissement de la température à la puissance des pôles magnétiques. Mais il ne lui parait pas encore possible d'éclaircir cette question , qu'il regarde comme une énigme, dont la solution jettera le plus grand jour sur la constitution intérieure de la terre. j>
§ IL Ccirtes de M. Duperrey.
Après avoir pris connaissance du Mémoire qui précède, M. Duperrey, désirant fixer son opinion sur les questions qu'il renferme, s'est d'abord appliqué à aciiever la carte des lignes isodynamiques qui était restée incomplète, faute d'observations dans l'hémisphère austral. Dans les nouvelles cartes que M. Duperrey a présentées à l'Académie des sciences, en i833 ( voyez pi. XVII et XVIII), les lignes isodynamiques de Thémisphère nord sont à peu près telles que M. Hansteen les avaft déjà tracées ; mais celles de la zone intertropicale et de l'hémisphère sud ont éprouvé des modifications considérables. Les observations faites à Payta, à Offak, à Sourabaya,«V l'Ile-de-France, au Port-Jackson et à Van-Diémen, ont fait remonter les lignes d'égale intensité vers le nord, de 8 à io° en latitude selon les localités, et la ligne i,6, qui passait sur la partie méridionale de la terre de Van- Diémen, est remplacée parla ligne i,8, qui ne permet plus d'admettre la différence que M. Hansteen croyait pouvoir établir entre les intensités des deux hémisphères.
C'est en faisant dépendre des observations de M. de Humboldt, ses propres observations et celles que M. de Rossel avait faites, duraut le voyage de l'amiral d'Eutrecasteaux , que M. Duperrey est parvenu «i fixer la valeur