CHAPITRE III
nord de l'Amérique. L'espace austral est un cercle irrégulier, compris entre la terre de Van-Diémen et le pôle de rotation du globe.
§ III, Cartes de M. Sabine,
M. le major Sabine a fait, en i838y à TAssociation britannique pour Tavancement des sciences, un rapport sur les variations de Fintensité du magnétisme terrestre. Ce rapport, dont nous avons déjà parle, à Toccasion des observations d'intensité magnétique qui s'y trouvent relatées, est accompagné de nouvelles cartes de lignes isodynamiques.
Pour dresser ces nouvelles cartes , M. Sabine s'est fondé^ comme l'avaient fait ses prédécesseurs, sur tbutes les observations recueillies depuis 1790 jusqu'en i83o; mais il a pu disposer des observations du voyage de XUroJÙe^ dont M. Duperrey avait été privé, et il a ajouté à ces dernières, en outre d'observations récentes qui lui sont propres, toutes celles que MM. Quetelet, Douglas, FitZT Roy, £stcourt, Rudberg et Lloyd venaient de faire dans différentes parties du globe.
Ces nouvelles observations sont nombreuses; néanmoins, nous ne voyons pas qu'elles aient fait sensiblement varier la forme des courbes que MM. Hansteen et Duperrey avaicut tracées, l'un dans rhémisphère nord, l'autre dans l'hémispluTe sud. Les seuls changements considérables que nous remarquons ne nous paraissent pas suffisamment justifiés. Parmi les cas de ce genre^ nous croyons devoir citer les suivants :
MM. Hansteen et Duperrey avaient donné à la ligne isodynamique 1,7, de riiomisphère boréal, une forme elliptique allongée vers la Sibérie; M. Sabine donne à la même courbe une forme telle que l'espace qu'elle renfermait se trouve partagé en deux espaces distincts, et cela sans aucun motif que nous puissions apprécier,
4^6 CARTES DB M. SAHmÉ.
si ce n*est celui qui porte M. Sabine à reproduire Thypothèsedes doubles pôles magnétiques dont il se montre, en effet, dans tout le cours de son rapport, Tun des plus zélés défeuseurs.
Daqs les cartes de M. Duperrey, la ligne i,a d'intensité passe à une très-petite dislance au sud de Tile Maurice. Dans les cartes de M. Sabine, cette courbe a été portée sept degrés plus au sud. L accord qui existe entre les résultats que MM. Duperrey et Fitz-Roy ont obtenus .dans l'île Maurice, Tun on 1824, l'autre en i836, prouve en faveur de la première détermination dont la conséquence est de faire remonter vers la ligne sans inclinaison le minima d'intensité, et généralement toutes les lignes isodynamiques que M. Sabine a placées trop au sud dans la partie méridionale de l'Afrique et de l'océan Atlantique.
On a vu plus haut que, selon M. Duperrey, la ligne des minima d'intensité devait peu s'éloigner de la ligne sans inclinaison. Si l'on ne consultait que les cartes de M. Sabine , on serait tenté de ne pas admettre cette assertion ; mais M. Duperrey fait remarquer que dans la région interlropicale, notamment dans l'océan Atlantique méridional , la moindre des erreurs dont il est impossible de garantir les observations, suffit pour rendre vaines toutes nos recherches à cet égard. C'est ainsi , dit-il, que d'après les observations de M. Fitz-Foy, l'intensité magnétique serait un peu plus faible à l'île de Ste-Hélène qu'à l'île de l'Ascension, où passe la ligne sans inclinaison ; tandis que le fait contraire résulte positivement des observations que M. de Tessan , ingénieur hydrographe de la marine, vient de faire tout récemment dans ces deux îles.
Tout ce qui a précédé prouve donc que les observations d'intensité magnétique ne présentent pas encore assez d'exactitude pour qu'il soit possible d'en déduire la véritable figure des lignes isodynamiques.
Dans son rapport sur les variations de l'intensité magnétique, M. Sabine s'étend beaucoup sur divers faits