CHAPITRE PREMICn
Avant âe calculer les effets de ces centres d^action particuliers, M. Biot veut qu'on les détermine par l'observation avec une grande précision. Abstraction faite de toute hypothèse sur la nature et la cause du magnétisme terrestre, ces centres d'action ne sont que des causes d'attraction locale, qui modifient la résultante des forces magnétiques terrestres. Nous avons plusieurs exemples de ces attractions locales, contre lesquelles les ODServateurs doivent se tenir en garde; j'en citerai un qui est assez remarquable, et dont la connaissance est due k M. de Humboldt. Le Heidelberg, près de Zell, s'élève au milieu d'un vaste plateau, à Ta pente N. O. du Pichtelgebirge. La montagne est dirigée du S. O. au N. O., comme celle des roches primitives et intermédiaires de ces contrées; elle appartient au groupe des Serpentines, enclavé dans les schistes chloriteux et ampliiboliques. Dans la chlorite, les parcelles de fer oxydulé sont visibles à l'œil nu , tandis que dans les autres roches, on découvre le fer en pulvérisant la masse et en la remuant avec un barreau aimanté. Les strates de toutes ces roches sont parallèles à l'axe longitudinal de la montagne qui agit k 10 pieds de distance sur la boussoU du mineur. Ce qui est particulier dans le magnétisme de cette montagne , c'est la distribution et le parallélisme de ses axes. M. de Humboldt a observé que les pôles nord sont tous situés à la pente sud-est, et les pôles sud à la pente nord-ouest , de sorte que les pôles homonymes occupent une même pente. Or, si l'on réfléchit que ces axes peuvent changer par l'effet d'un tremblement de terre, et qu'il peut très-bien se faire que d'autres montagnes que le Heidelberg possèdent des propriétés magnétiques semblables, on concevra qu'il est presque impossible de représenter par une formule générale, sans avoir besoin de la modifier, là où il y a des perturbations, les effets magnétiques produits par le globe , en un point quelconque de sa surface, sur une aiguille aimantée, librement suspendue. Les considéra-^ tions précédentes , basées sur des faits positifs qui dé-
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montrent, non-seulement le pouvoir magnétique de certaines montagnes, mais encore leur polarité, viennent corroborer l'opinion émise par M. Biot. J^ajouteni qu'une théorie générale ne peut être donnée qu'autant que Ion a sous les yeux toutes les observations magnétiques faites jusqu'à ce jour, et en tenant compte des causes perturbatrices qui font perdre aux observations de déclinaison, d'inclinaison et d'intensité , la régulante qu'elles devraient avoir si la terre était un sphéroïde bo* mogène.
M. Poisson a donné une théorie mathématique da magnétisme ; son but a été de déterminer, en grandeur et en direction, la résultante des attractions ou répulsions exercées par tous les éléments magnétiques d'un corps aimanté, de forme quelconque , sur un corps pris à l'extérieur ou dans son intérieur. On voit, d'après cela, qu'il a considéré la question de la manière la plus générale, sans en faire une application directe aux effets du magnétisme terrestre , de manière à pouvoir comparer les résultats de l'observation avec ceux de l'analjse; dès lors cette théorie, qui est d'un grand intérêt pour le magnétisme en général, n'en a qu'un secondaire avec la question qui nous occupe en ce moment. Cependant, je dois dire qu'il a déduit de ses savants calculs la loi de M. Biot, dont il a été si souvent fait mention dans ce qui précède.
On doit à M. Morlet des recherches analytiques sur les lois du magnétisme terrestre, question dont il s'occupe depuis plus de 'Jio ans. Ne pouvant entrer dans tous les détails de calcul qu'il a faits pour déterminer les lois des phénomènes magnétiques, de manière à pouvoir représenter numériquement les observations, je me bornerai à indiquer la méthode générale qu'il a suivie. M. Morlet a considéré comme le moyen le plus direct d'arriver à la solution de la question, de déterminer avec précision une des courbes où la résultante magnétique présente quelques circonstances remarquables dans sa direction à l'égard de l'horizon ou du méridien, attendu que ces