LAMES INTERPOSÉES
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Rien n'est plus simple maintenant que de reconnaître dans ce tableau le fait général que nous avons rapporté. En effet, le courant qui est marqué par 83 degrés de déviation, dans la i^® expérience, ne diminue que. de I degré après avoir traversé 3 lames de platine; tandis que plus le courant initial est faible, plus la diminution qu'il éprouve est grande.
Dans la a® expérience, le courant, qui est réduit à 78 degrés par son passage à travers une lame, éprouve une perte de trois degrés quand il traverse une seconde lame, puisque sa déviation est alors de 75 degrés; tandis qu'un courant#primitif de 78 degrés^ dans la 5*" ex-
|38 MODIFXCAT. QU'ÉPR. L£LCCT. VOL., EtC.
périence, est réduit à 78 degrés par soq passage à travers une lame.
Dans le premier cas, il a perdu 3 degrés, et dans le second, 5 degrés; de même, dans la a* expérience, le courant qui a donné une déviation 7 5 est réduit h 71 par l'interposition d'une seule lame, tandis que dans la 8* expérience, où le courant originaire était de 75 degrés, l'interposition d'une seule lame a ramené la dévU* tion à 67 degrés.
Dans le premier cas, le courant avait déjà traversé plusieurs lames, et dans le second, il n'en avait pas encore rencontré sur son passage; ainsi il est donc bien démontré qu'un courant diminue d'autant plus par l'interposition d'une nouvelle lame, qu'il a traversé déjà moins de lames.
On obtient les mêmes résultats avec des lames de différents métaux, à l'intensité près. En général, plus le métal est facilement attaquable par le liquide, moins' il y a de diminution dans l'intensité du courant.
4^2. M. Delarive a déduit des observations précédentes une explication de la différence qui existe entre les effets d'une pile formée d'un petit nombre d'éléments, et les effets d'une pile conipôsée de beaucoup d'élémeatf. La première produit plus facilement les effets qui 9e manifestent quand le circuit est fermé par uh très-bon conducteur ; tandis que la seconde peut être employée avec succès à la production des pliénomènes qui ont lieu quand il se.trouve dans le circuit un conducteur imparfait, tel qu'un conducteur humide. Dans le premier c^is^ effectivement, le courant ayant traversé dans la pile ua nombre de plaques moins grand que celui qui compose la seconde, doit avoir moins de facilité à traverser qci conducteur imparfait, que l'autre qui a acquis la faculté d'éprouver moins de perte en traversant de nouveaux intervalles. Ainsi on \oit pourquoi de deux piles, quî ne sont pas composées d'un même nombre d'éléments $ • mais dont l'intensité primitive est la même, celle qui renferme le plus d'éléments fournit un courant qui est
CH^PtTRB nié ï39
plus apt6 que l'autre à vaincre les obstacles qu'il renv contre.
Cette propriété, dont jouissent les courants éleclri* ques qui ont traversé un certain nombre de plaques de métal, a des rapports avec celle que présentent la lumière et la chaleur après avoir traversé des lames de verre. En effet, Delaroche a découvert que la quantité de chaleur rayonnante qui traverse une lame de verre est d'autant plus considérable que la chaleur émane d'un corps plus chaud, et a traversé plus de lames, et que les rayons calorifiques après leur sortie sont plus propres qu'avant à traverser une seconde lame semblable à la première, puisque le faisceau transmis par la première éprouve dans la seconde à proportion une perte beaucoup moindre.
On a explique ce fait , en admettant que les rayons transmis par la première lame éprouvent une polarisation qui les rend plus aptes à traverser une autre lame, Effectivement , lorsqu'on fait passer obliquement iin faisceau de lumière à travers un certain nombre de la-* mes de verre parallèles séparées les unes des autres, la lumière éprouve une telle modification à son passage dans chaque lame, qu'après en avoir traversé dix elle le trouve complètement polarisée, et qu'elle jouit de la propriété d'en traverser de nouvelles sans éprouver de perte sensible. Par analogie, le courant n'éprouverait-il pat, en traversant différentes plaques, une polarisation semblable à celle de la lumière?
4^3. M. Marianini a attribue aussi l'affaiblissement du courant dans les appareils voltaïques aux alternatives des conducteurs métalliques et des conducteurs liquides. Il a vérifié cette conjecture qui était toute natul'elle, enobî>ervant d'abord la déviation produite par un couple horizontal zinc, drap mouillé, cuivre, en rap- ^'1 port avec un multiplicateur, et plaçant ensuite sur ce couple un second couple inactif , drap humide , cuivre. ^ La communioation ayant été établie cette fois entre le zinc et le cuivre supérieur , la déviation fut réduite à
l4o MODIFICA'T. QU'rfPB. l'^LECT. VOL., ETC.
moitié de ce qu'elle avait été d'abord. Un troisième couple inactif la réduisit au tiers. Cette expérience démontre bien que la perte d'électricité doit être attribuée aux alternatives ; mais nous ne pensons pas, surtout d'après les expériences de M/Delarive que nous venons de rapporter, que l'on doive considérer l'effet du ralentissement comme proportionnel au nombre de couples. Le phénomène est tellement composé, que nous doutons que la loi qui exprime la diminution de l'intensité du courant, en raison du nombre de plaques, soit aussi simple que le pense M. Marianini.Les résultats auxquels ce physicien est parvenu, dans une autre série d'expériences , ne sont pas non plus, très^concluants. Néanmoins nous les donnons ici.
Ce physicien a employé une boîte de bois vernî , de onze pouces de long , divisée en six compartiments par des lames de plomb, l'un de six pouces, les autres d'un pouce seulement. Ces compartiments ayant été rempliis du même liquide, il a plongé successivement dedans deux lames cuivre et zinc en communication avec lé multiplicateur, de manière que les'deux plaques fussent constamment à cinq pouces dé distance, soit que le courant eût à traverser une , deux, etc. , plaques de plomb, ou qu'il n'eût a en traverser aucune. Les plaques cuivre et zinc avaient i4 lignes de largeur et étaient plongées de a pouces; le liquide commun était de l'eau renfermant 7^7 de sel marin. Voici les résultats obtenus:
If ombre det lames de plomb Dévialion de raigaUte
interposées. aimantée.
3 0°, ao
5 à peine appréciable»
En employant des plaques zinc et cuivre d'une surface, double, M. Marianini a obtenu :