CHAPITRE Vin. aîiS
dont nous venons de parler. Davy en a conclu immédiatement que la potasse était formée d'un métal, auquel il donna le nom de potassium , qui se rendait au pôle négatif, et d'oxigène que l'on pouvait recueillir au pôle positif. Il fut démontré par là que la pile était capable de vaincre les» plus grandes affinités connues.
Mais si cette méthode est parfaite pour montrer que l'action électrique est capable de vaincre les affinités les plus énergiques, elle ne peut servir à se procurer une certaine quantité de potassium, attendu qu'au fur et à mesure que les globules se forment, ils brûlent au contact dé l'air. Il faut avoir recours alors à un autre principe; on conçoit, si Ton joint à l'action d'un courant peu énergique, l'affinité de certains corps pour le métal dont on veut opérer la réduction , que l'on puisse parvenir, en choisissant convenablement ces corps, non seulement à décomposer l'oxide, mais encore à faire entrer le métal en combinaison avec ces corps, d'où pourra résulter un composé qui sera moins facilement attaqué par le liquide environnant que le métal.
485. M. Seebeck a mis le premier ce principe en pratique, pour préserver de l'action de l'air'le potassium ; à mesure qu'il se déposait au pôle négatif, il le combinait immédiatement avec le mercure. Cette expérience peut être faite avec une pile d'un petit nombre d'éléments : on creuse à cet effet une petite cavité dans un' fragment de potasse légèrement humecté, et on la remplit de mercure; ce fragment est ensuite posé sur la plaque de platine, tandis que le fil négatif plonge dans le mercure. L'alcali et l'eau sont alors décomposés ; leurs principes constituants sont transportés à leurs pôles respectifs, et le radical de l'alcali , en se combinant avec le mercure , forme un amalgame qui ne se décompose pas, ou se décompose faiblement, tant qu'il fait partie du circuit. On le met ensuite dans l'huile de naphte pour empêcher qu'il ne 5oit décomposé au contact de l'air et de Teau qui s'y trouve.
Pour en séparer ensuite le mercure, on place l'amal-
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l32 SUITE DE LA. REDUCTION D£$ OXIDES.
dans l'autre une lame de zinc; puis l'on établit la communication entre les deux lames; l'appareil est ensuite abandonné à lui-même. Il y a d'abord décomposition de l'eau et du sel marin, transport d'hydrogène et de soude dans le tube où se trouve le chlorure de zirconium; peu à peu la lame de platine prend une teinte grisâtre et 1 on commence ensuite à apercevoir sur sa surface des lamelles carrées d'un gris d'acier très-brillant, lesquelles augmentent successivement d'étendue, jusqu'à avoir un demi-millimètre de côté. Ces lamelles , pendant un certain temps, n'éprouvent aucup changement , tant qu'elles restent sous l'influence du courant électrique; mais aussitôt que cette influence est détruite, elles se décomposent assez rapidement à l'air; en mettant la lame de platine dans l'eau, on ne tarde pas à apercevoir des bulles de gaz hydrogène, provenant delà décomposition de l'eau.
Les premières lamelles déposées sont formées d'un alliage de fer et de zirconium, dans lequel ce dernier métal s'y trouve en excès ; les dernières qui se déposent ne paraissent renfermer qu'une très-petite quantité de fer, car en les laissant exposées à l'air, le produit de leurs décompositions est d'un blanc beaucoup moins terne que celui qui provient des premières lamelles.
En opérant avec une solution de zirconium qui ne renferme aucune trace de fer, il n'y a aucune apparence de réduction; la présence d'une trèsrpetite quantité de fer dans la solution est donc une cause déterminante pour opérer la réduction de la zircone.
490. Il arrive très-fréquemment, lorsque l'appareil a fonctionné pendant un certain temps, que les lamelles métalliques s'altèrent, se ternissent, deviennent blanches, c'est-à-dire, se changent en zircone, puis disparaissent. Ces effets sont faciles à expliquer. L'action du petit appareil n'est pas indéfinie; il arrive un certain instant où la solution de chlorure de sodium est saturée de zinc, et cesse d'agir par conséquent sur ce métal; alors l'action électrique est très-faible, Je zir^
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a36 SUITE DE LA. RlÈDUCTIOir DES OXIDES.
duire les plus grands effets possibles de décomposition.
Souvent dans les phénomènes électro-chimiques, et surtout dans ceux dont il est ici question, on est obligé , pour avoir des effets que Ton puisse comparer, d'employer des courants électriques sensiblement égaux en intensité; rien n'est plus simple que de les obtenir quand les solutions qu'ils traversent ont la même conductibilité électrique. Il suffît de plonger dans chacune d'elles une lame de platine que l'on met en communication avec le même pôle d'une pile, tandis que les deux dissolutions sont en rapport elles-mêmes avec l'autre pôle, au moyen de deux lames de platine. On peut ainsi diviser un courant en autant de courants partiels qu'il y a de solutions. Quand celles-ci ont la même conductibilité électrique et que les lamés de platine, dans chacune d'elles, sont placées à la même distance, les courants ont nécessairement la même intensité!
Nous devons faire remarquer que plus les diamètres des tubes sont petits, plus l'action capillaire, exercée par les liquides sur leurs parois et l'argile inférieure, estcomsidérable, et moins aussi on a à craindre le déplacement des solutions, dont le mélange détruirait tous les effets que l'on a en vue.