‹ Traité complet du magnétismeChapitre 148 sur 192 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

concentriques s'opère, il explique ce qu*il entend par force coercltive.

On considère comme telle, la résistance qu'opposent les métaux magnétiques à leur aimantation et à leur désaimantation. L'acier non trempé se comporte comme le fer doux ; mais il n'en est pas de même quand il est trempé. M. Nobili prétend que la trempe n'est pas la cause immédiate de la conservation de la vertu magnétique, et que les expériences précédentes montrent que la condition conservatrice dépend du mode même de la distribution du magnétisme dans les aimants. On ne peut admettre, dit-il, que l'aimant soit composé d'un nombre infini de fils élémentaires, tous aimantés au même degré, quelle que soit leur trempe, puisque tout le système se désaimanterait bien vite; mais, si Ton suppose que les éléments extérieurs soient plus aimantés que ceux de l'intérieur, on a alors un système capable de conserver une dose de magnétisme plus ou moins forte. Ce dernier fait a été établi dans les faisceaux composés par Coulomb et rentre dans les expériences de M. Barlow.

D'après cela, suivant cet habile physicien, la trempe fait acquérir à la masse un état tel , que les molécules extérieures, refroidies plus rapidement que celles de l'intérieur, se rappi'ochent plus que ne peuvent le faire celles-ci. L'acier trempé possède donc une croûte dont la densité et d'autres propriétés propres à la constitution sont d'autant plus différentes des couches internes que le refroidissement a été plus rapide. Le magnétisme se conserverait donc dans l'acier trempé, non parce qu'il existe une force cdercitive telle que les physiciens l'ont admise jusqu'ici , mais bien parce que le magnétisme s'y distribue inégalement, en plus grande quantité à l'extérieur qu'à l'intérieur. Il part de ce principe pour expliquer comment il se fait que le fer doux, quand il a été battu sous le marteau ou passé à la filière, acquiert la propriété de conserver une petite quantité de magnétisme. Les coups de marteau et la filière rendent les parties extérieures plus compactes que celles de l'intérieur.

38o IITFL. DE Ll TEMPER. SUR LA DISTRIB. DES AIV.

La dernière colonne comprend les variations de l'intensité magnétique pour un degré Fahrenheit , de Sg^^oS à yy'yoS. D'après des considérations que je ne puis rapporter ici, M. Christie adopte le nombre 0,121216, comme représentant la variation moyenne de Tintensité des aimants dans le changement de température de i degré entre les limites indiquées.

M. Christie a reconnu que dans des aimants qu'il a soumis à l'expérience, et dont l'intensité était a 18 à la température de 60*^, un changement de i® en occasionait un de 0,1 ^3 dans leur intensité. En supposant donc l'intensité des aimants égale à i, chaque degré d accroissement dans la température produirait une diminution dans l'intensité de o,ooo564.

Ce physicien fait observer que si la même chose a lieu pour tous les aimants, il devient indispensable, dans tous les cas où l'on veut déduire l'intensité magnétique de la terre des oscillations d'une aiguille, d'opérer à la même température, ou du moins de faire les corrections nécessitées par les différences de température. 11 ajoute qu'il ne croit pas qu'on ait imaginé avant lui de faire cette correction.

Il déduit aussi de plusieurs expériences faites avec la balance de Coulomb les faits suivants : depuis la température de — 3° F. jusqu'à celle de + 1 27, l'intensité des aimants a été en diminuant à mesure que l'on a élevé leur température. En abaissant la température avec le sulfure de carbone, dans le vide, l'intensité a été en croissant, jusqu'au point le plus bas oîi la température fut amenée.

Pour une certaine augmentation de température, la diminution de l'intensité n'est pas constante à tous les degrés du thermomètre; mais cette différence croît avec la température.

Partant de 80**, à mesure que la température s'élève, l'intensité décroît très-rapidement; de telle manière que si jusqu'à cette température les différences des décroissements sont à peu près constantes, au-delà de cette

Page 1