CHAPITRE Tir
pieds de long deux plaques de cuivre bien polies, de 4 pieds de surface, il les plongea dans l'eau, l'une au nord et l'autre au sud ; le fil qui reposait sur le gazon fut coupé en deux, et ses deux bouts mis en communication avec le multiplicateur au moyen de coupes remplies de mercure. En évitant toutes les causes étrangères qui pourraient donner naissance à un courant, l'aiguille n'éprouva aucune déviation.
M. Faraday a observé que, bien que l'électricité obtenue par l'induction magnéto-électrique dans un- fil de métal d'une petite longueur ait peu d'intensité, le courant avait cependant assez de force pour traverser l'eau salée. Mais comme l'intensité augmente avec la longueur du fil , il chercha à obtenir des effets sensibles avec une grande masse d'eau en mouvement, quoique l'eau tranquille n'en donnât aucun ; à cet effet, il fit passer sur le parapet d'un pont un fil de cuivre de 960 pieds, aux extrémités duquel étaient attachés deux autres fils, soudés à de grandes plaques de métal, qui plongeaient dans la rivière. Il obtint constamment des déviations; mais leurs irrégularités lui annoncèrent qu'elles devaient dépendre d'autres causes que celles qu'il avait en vue : les résultats ne furent nullement satisfaisants. Néanmoins, comme les expériences ont été faites sur une petite échelle, que l'eau produit des courants par les aimants, et qu'il est probable que la terre produit aussi dans son sein des courants par suite de sa rotation diurne; de plus, si l'on considère que les masses mobiles de liquide , s'étendant à des distances considérables, doivent traverser les courbes magnétiques et les couper dans différentes directions , il peut très-bîen se faire , en raison de tous ces motifs, que l'électricité possède une grande intensité.
287. M. Faraday a avancé, en outre, mais avec une extrême réserve, qu'il pourrait se faire que l'aurore boréale fût due à une décharge de l'électricité poussée vers les pôles de la terre, d'où elle s'efforcerait, par des moyens naturels et particuliers, de retourner aux régions équatonales , en passant par-dessus la terre,
493 DE l'iNDUCT. MAGNETO-ELECTRIQUE TERB.
a88. Pour déterminer d'une manière positive la puissance inductive de chaque métal, M. Faraday a fait plusieurs expériences dans lesquelles il passait entre les pôles de laimant plusieurs métaux isolés, l'un sur Tautre, et dont les bouts étaient en communication avec le multiplicateur, de manière cependant que les courants cheminassent en sens inverse. Les déviations de Taiguille aimantée furent trèsrfaibles , bien qu'on eût opéré avec des fils ayant des longueurs considérables.
Pour avoir des résultats satisfaisants , il a employé le multiplicateur à deux fils ou un multiplicateur composé de deux parties indépendantes, et formées chacune de 18 pieds de fil de cuivre couvert de soie. Ces deux moitiés étaient semblables en figure et en nombre de tours, et étaient séparées l'une de l'autre par un petit intervalle où se trouvait une double aiguille suspendue à uu fil de soie. Quand les deux courants introduits avaient la même direction, ils agissaient par leur somme , et par leur différence quand ils cheminaient en sens contraire.
M. Faraday ayant formé deux hélices , l'une avec un fil de fer et l'autre avec un fil de cuivre, il les» mit en communication avec les deux multiplicateurs, réunis de manière que les courants produits par l'influence des aimants cheminassent en sens inverse. Il trouva que le courant excité dans le fil de cuivre était plus puissant que celui qui était produit , par le même aimant , dans un fil de fer.
En comparant le cuivre avec l'étain eb le plomb , le premier surpassa les deux autres ; le deuxième produisit plus d'effet que les autres métaux ; le fer fut plus puissant que l'étain et le plomb ; et ce dernier inférieur à l'étain. Ainsi donc les métaux peuvent être rangés dans l'ordre suivant : cuivre, zinc, fer, étain et plomb. C'est à peu près l'ordre de conductibilité électrique, et celui que MM. Babbage, Herschell et Harris ont trouvé dans leurs expériences de rotation magnétique.
Les faits observés par M. Faraday tendent à prouver que les courants produits dans les corps par l'induction
ClÎAPItltE îU. 495
«lagnéto -électrique sont proportionnels à' leur faculté conductrice, ainsi que les effets magnétiques de rotation, et qu'il y a très-peu de corpsqui soient magnétiques comme le fer. Il range les substances en trois classes, relativement à leurs rapports avec les aimants: dans la première, se trouvent celles qui sont affectées quand elles sont en repos , telles que le fer, le nickel et le cobalt ; dans la seconde, les substances conductrices de l'électricité qni sont affectées pendant qu'elles sont en mouvement; dans la troisième se trouvent les substances qui sont parfaitement indifférentes à l'aimant, soit qu'elles se trouvent en repos ou en mouvement.
289. En résumant les nombreuses observations qui ont été faites jusqu'ici sur l'induction électro-magnétique, on voit que si un fil métallique, d'une longueur limitée, est mis en mouvement de manière qu'il coupe une courbe magnétique, ilse développe pendant cette action une puissance qui tend à faire traverser le fil par un courant électrique ; mais un tel courant ne peut pas naître sans qu'il existe de l'électricité aux extrémités du fil, pour la décharge et le renouvellement du courant.
Si un second fil est mis en mouvement dans la même direction que le premier, la même puissance exerce son action sur lui , et il ne peut altérer la condition du pre- .mier ; mais si ce second fil est mû avec une vitesse différente ou dans une autre direction , il y a alors différence dans la force qui se développe; et si l'on joint les fils à leurs extrémités, ils sont traversés par un courant électrique.
En prenant une masse de métal ou un fil d'une longueur indéfinie, et mobile par rapport aux pôles d'un aimant considéré comme un centre d'action, si toutes les parties de la masse ou du fil sont mues dans une même direction, avec la même vitesse angulaire et à travers des courbes magnétiques d'une intensité constante, on n'obtiendra aucun courant électique.
Si une portion du fil ou du métal coupe les courbes magnétiques tandis que le reste demeure stationnaire^
4g4 GOirSIDlÉR. SUR LA. NAT. DES COUR. INDUITS.
il y a alors développement de courant. Si le mouvement du métal a lieu dans une même direction, mais avec des vitesses angulaires différentes pour les différentes parties relativement aux pôles de l'aimant, il y a alors formation de courant : c'est ce que montre Texpéneoce de M. Arago.
Si c'est l'aimant qui est mis en mouvement, il y a encore des courants, mais qui, au lieu de se trouver dans la direction de son mouvement, sont dirigés transversalement à cette direction.
Si différentes parties sont mises en mouvement avec des vitesses égales, mais dans des directions opposées, à travers les courbes magnétiques , on obtient alors le maximum de l'effet.
§ VIII. Considérations sur la nature des courants
induits.
290. Il existe une analogie frappante entre les courants produits par l'influence aun aimant dans les hélices et les courants hydro-électriques, et une différence marquée entre ces courants et ceux qui sont d'origine calorifique. Les deux premiers ne sont pas interrompus , quoiqu'ils diminuent de force, quand une portion de liquide se trouve placée dans le circuit, tandis que les courants thermo-électriques sont arrêtés. Un multiplicateuf à mille tours d'un fîl très-fin est sensible aux deux premiers courants, et ne Test pas au dernier; tandis qu'un multiplicateur à fil court et à gros diamètre est fortement affecté par le courant thermo-électrique , et l'est peu par les deux autres courants.
On attribue généralement cette différence à ce que la tension est plus grande dans les piles ou couples hydro* électriques que dans les piles ou couples thermo-électriques. Il faut donc qu'il y ait aussi une assez forte tension dans l'électricité d'où émanent les courants produits par l'influence d'un aimant.
M. Peltier a imaginé une expérience intéressante, qui