CHAPITRE m
mailles sur une lame de même métal. La 'même limaille est positive avec tous les métaux, excepté avec le z'mc. Nous retrouvous donc là la grancle faculté électro-positive que possède l'antimoine dans les effets électriques de frottement et de chaleur : cette faculté est sans doute inhérente à sa nature.
67. Examinons jusqu'à quel point la chaleur qui se dégage dans le frottement des lames et des limailles influa sur les phénomènes précédemment décrits. 11 faut faire varier pour cela successivement la température des lames et des limailles.
Nous voyons, dans le premier groupe, qu'à mesure ^[vie Ton élève la température, soit de la limaille de zinc, Soit de la limaille et des lames, les résultats sont inverses de ceux que l'on obtient à la température ordinaire; dans le deuxième et troisième groupe, que la eliateur exalte le pouvoir négatif du zinc et celui de peroxide de manganèse. La tendance de la limaille de iinc pour devenir négative par l'action de la* chaleur, ®»t donc telle , que lorsqu'elle est positive, elle perd P^u à peu cette faculté, devient nulle, puis négative. L* chaleur agit donc, dans cette circonstance, comme
j 1 8 DiGkG. d'élec. par frottement.
^La limaille de cuivre est négative avec les laipes de zinc, de plomb, d'ëtain, de fer, de bismuth et d'antimoine, c'est-à-dire avec les métaux plus positifs que lê cuivre : elle ne donne au contraire aucun signe d'électricité avec le platine, l'or et l'argent. Ce résultat, ainsi que ceux du même g[enre obtenus avec les autres métaux, tendent à établir cette vérité : que les métaux en limaille, quand ils tombent sur une lame de métal, ont une tendance à prendre l'électricité négative; mais que cette tendance néanmoins n'empêche pas que la limaille ^ d'un métal positif ne soit positive par rapport aux métaux les plus négatifs. On trouve eflectivement que le zinc en limaille est positif par rapport aux substances en lames dont les noms suivent : le platine, l'or, l'argent, le carbure de fer, le persulfure de fer, le cuivre et l'étain. Il est négatif par rapport au zinc, au bismuth , à l'antimoine et au fer; mais plus fortement avec le premier qu'avec les derniers; il ne donne enfin aucun signe d'électricité avec le peroxide de manganèse.
Les oxides métalliques-, ainsi que leurs sulfures, sont négatifs par rapport à leurs métaux. Il faut éviter que les poussières soient trop fines, car elles s'attachent alors aux surfaces, et empêchent le frottement des parties qui viennent ensuite. Quatre hypothèses peuvent être mises en avant pour expliquer les faits observés : i® le dérangement des molécules, qui n'est pas le même dans les deux corps; a® l'influence de la chaleur qui est dégagée dans le frottement; 3° l'influence des agents atmosphériques sur les métaux; 4^ l'action des métaux les uns sur les autres. Avant de discuter le mérite de ces quatre hypothèses, je rapporterai quelques observations qui tendent à prouver que le phénomène dépend de propriétés relatives a la structure des corps, et non de la chaleur dégagée. L'antimoine est le plus élejctro-positi^ des métaux dans les phénomènes thermo-électriques' et les phénomènes de frottement, et sa limaille est positive par rapport aux lames de métal ; voilà un cas d'exception, et le seul qui ait été observé dans le frottement de^ li*