‹ Traité complet du magnétismeChapitre 72 sur 192 · CHAPITRE Ht. ÎUt'J · texte numérisé non relu

CHAPITRE Ht. ÎUt'J

Ces expériences montrent encore que la chaleur dispose les corps à acquérir l'électricité négative; en écartant les Inarticulés, elle les rend plus aptes à être déplacées par le frottement, et les range par conséquent dans la classe des corps dont les surfaces sont recouvertes de légères aspérités.

73. M. Dessaignes a fait également un grand nombre dexpériences sur la génération du pouvoir électrique, et particulièrement dans le frottement du mercure avec certains corps. Les résultats qu'il a obtenus mettent en évidence le principe dont il a été question précédemment (1).

U distingue trois sortes d'immersion des corps dans le mercure, qui produisent des effets différents : immersion brusque, lente, et immersion qui consiste à enfoncer le corps dans le mercure, et à l'y laisser plus ou moins de temps. Les corps sur lesquels on expérimente sont maintenus préalablement dans un flacon qui renferme de U chaux caustique.

Ordinairement le verre, le soufre, l'ambre et la cire (f Espagne à la température de lo"^ ne sont électriques par aucun des trois modes. Il en est encore de même jusqu'à 18® au-dessus de zéro, pourvu qu'ils soient à égalité de température avec le mercure. L'ambre ou le snccin commence à le devenir par le choc à + 11**, la cire d'Espagne à H- ï 5 , et le verre à + OlO. Il faut avoir l'attention de laisser ces corps dans le mercure assez de temps pour que l'équilibre s'établisse, et de les retirer ensuite lentement.

Entre 80 et 100** le pouvoir électrique s'éteint même par immersion brusque.

M. Dessaignes établit en principe que ces quatre corps ne font point électriques dans le mercure à égalité de température, toutes les fois qu'on fait l'immersion sans pression mécanique.

(i) Joùro. de Phys., t. lxxiii, p. a3o.

12% D^GAG. d'eLEC. PAR FROTTEMENT.

Il a trouvé que le coton, le papier, la laine sont trèsélectriques par les trois modes d'immersion depuis -h lo'* jusqu'à 80°, même à égalité de température avec le mercure.

Le verre, le soufre, le succin et la cire d'Espagne sont toujours électriques quand ils sont un peu plus chauds que le mercure; un degré de différence sufRt pour cela.

Un cylindre de verre échauffé à 100° n'est pas électrique, quand on le plonge dans du mercure à 18^. audessus de zéro.

En opérant d'une manière inverse, un tube de verre n'acquiert également aucune électricité dans du mercure dont la température est portée à 60 ou 80° ; mais il devient électrique entre 4o et 5o®.

Il a cherché ensuite, à déterminer la nature de chaque électricité, dans l'espoir d'accorder les résultats de Canton , de Yannmarum et Roy. Le premier avait assuré que le verre sortait toujours positif du mercure, et les deux autres qu'il était négatif. Suivant M. Dessaignes, lorsque la colonne de mercure est élevée dans le baromètre, et Tjuc l'air tend au froid, le verre, le succin, la cire d'Espagne, le coton, la soie et la laine sont toujours négatifs; ils sont au contraire positifs lorsque le baromètre est bas et que la température de l'air tend à augmenter. Le soufre est toujours resté positif. Pendant l'été, il a trouvé ces corps to^ijours positifs dans du mercure impur, et négatifs dans du mercure pur.

Une tige de verre, avons-nous dit, à égalité de température, n'est pas excitable dans le mercure. EU'e est positive lorsque sa température est un peu plus élevée que celle du mercure, et négative au contraire lorsqu'il y a un grand intervalle entre elles. Ces influences de la température sur le pouvoir électrique ne sont point particulières au mercure, on les trouve encore dans le frottement de ces mêmes corps sur la laine.

Le froid, comme une température très-élevée, éteini le pouvoir électrique.

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