SYMPTÔMES DE LA CONSTITUTION STRUMEUSE
xjlfin d'avoir un tableau le plus complet possible, nous examinerons la maladie chez un sujet qu'elle affecte dès la naissance ; car l'ensemble des symptômes se rencontre bien rarement chez ceux qui n'en ont présenté le développement qu'à une époque plus avancée de leur existence.
Nous puiserons ces symptômes dans trois sources principales : i^^le physique du malade ; 2^. les fonctions matérielles de son économie / S*', son moral,
PHVSIQUE DU MALADE.
1**. Stature ordinairement audessous de la moyenne , quelquefois cependant assez élevée ;
2". Membres grêles et faibles , les inférieurs surtout ; articulations volumineuses , saillies musculaires mal prononcées , formes lâches , arrondies , peu élégantes ;
3°. Peau très-fine, blanche, diaphane, luisante , parsemée de veines bleuâtres ; quelquefois terne , sèche , aride , terreuse , ordinairement froide ;
4**. Embonpoint souvent assez marqué 5 graisse
6o TRAITÉ SUR LES SCROPHULES.
parfois incolore et ferme , plus souvent molle et jaunâtre ;
5°. Etat de bouffissure générale, d'inertie physique et d^étiolement organique;
6^. Tête volumineuse, quelquefois par le développement du crâne; plus souvent par celui de la face. Elle présente alors, comme on le dit, la forme en -pain de sucre ;
7^. Cheveux très-ténus, soj'eux, d'un blond clair ou cendré, quelquefois rouges, très-rarement noirs;
8°. Barbe de la même couleur, peu fournie, souvent même presque nulle;
^. Yeux bleus, volumineux, largement ouverts, ordinairement brillans, sensibles à la lumière et larmoyans ;
io°. Paupières souvent infiltrées, bouffies, surtout au réveil , rouges à leurs bords , encroûtées de chassie , souvent dépourvues de cils , et ulcé-
rées ;
II**. Narines gonflées, luisantes, rouges, excoriées , croûteuses ;
1 2°. La pituitaire étant le siège de catarrhes fréquens, et toujours terminés par une résolution imparfaite, s'épaissit, et produit un rétrécissement plus ou moins considérable des fosses nazales ; de là cette voix nazonnée que présentent la plupart des scrophuleux, et l'impossibilité dans laquelle ils se trouvent de respirer librement pai^
le nez; ce qui les oblige à demeurer la bouche constamment ouverte, et leur donne un faciès particulier qui n'échappe jamais au médecin observateur ;
i3°. Lèvre supérieure lisse, épaisse et relevée.
i4°. Gencives molles, décolorées, quelquefois saignantes au moindre contact ;
i5°. Dents jaunes , courtes , ordinairement séparées par de grands intervalles, et souvent
cariées ;
i6^. Mâchoire inférieure ti^ès-étendue transversalement ;
17°. Face pâle, bouffie, teint flétri, décoloré, quelquefois cependant rougeur vermeille des pommettes, qui contrastant avec la blancheur du reste de la peau, donne une apparence de fraîcheur et de santé, capable de tromper les gens du monde, mais jamais le médecin attentif;
iS**. Col ordinairement court, large vers la nuque ;
19^. Ganglions lymphatiques des aines , des aisselles j et particulièrement ceux qui environnent le col , la mâchoire inférieure , durs , arrondis et roulans sous le doigt ;
20°. Ventre assez fréquemment volumineux, tendu, résistant, et quelquefois douloureux à la pression.
FONCTIONS DE l'^ÉCONOMIE VIVANTE.