‹ Traité complet théorique et practique du chauffage et de la ventilation des habitationsChapitre 16 sur 64 · CHEMINÉES · texte numérisé non relu

CHEMINÉES

La plupart des pays civilisés sont aujourd'hui chauffés par des foyers ouverts, •chargés de bois ou de charbons, qui échauffent l'air par le rayonnement du combustible enflammé.

C'est un mode de chauffage très-agréable, mais qui n'est pas économique, car «ne grande partie du calorique dégajié s'échappe par le conduit de la cheminée. €ette perte de calorique est évaluée de 75 à 80 p. 100.

Dans le courant de cette étude, nous analyserons et nous passerons en revue les moyens et les systèmes qu'on a proposés pour obvier à cet inconvénient; ()our le moment, nous nous occuperons de la construction des cheminées; nous étudierons ensuite les causes qui les font fumer, et nous indiquerons les remèdes il apporter dans le but de supprimer le plus possible la fumée.

De I» constraction des cheminées. — On nomoie cheminée l'endroit où l'on fait du feu ainsi que le conduit qui donne passage aux produits de la combustion €t les rejette au dehors du local où le feu existe, et cela à une hauteur convenable.

Le tuyau sert aussi pour le tirage nécessaire à la combustion; c'est Monigol-

-vz-t

LES APPAREfLS DE CHAUFFAGE MODERNES. SS

lier, le célèbre inventeur des ballons, qui s'occupa le premier du lîrage des cheminées, et reconnut qu'il était dû à la dilTcrencc de température qui existait entre l'air chauiïé de l'intérieur des cheminées et l'air Troid extérieur.

Les parties qui composent la cheminée sont : Vâlre, le foyer, le conire-eœar, les jambages ou pieds-droits, le manteau et la hotte (quand elle eu possède), le tuyau de la fumée, la souche et la mitre, quand le tuyau est couronné de cette dernière.

Éludions la construction de ces diverses parties.

On construit les conduits de la fumée de diverses manières; dans certaines loc 1 s se se t le colTre tel q c clu rcp ese pir notre f^ re 10

Dans ces coiï c tou es les clo so s ou pet ts murs porlen le no g n r que le la gue es ma on les I o ^ ' c""<' P^f *> "oni part ul er su nt I urs po t ons re pe es A ns on no cl n^uc te de face celle ar qu e (I r notre r„ re languet e de rc en 1 celé marquée d et lan, eH s cos erescelcs m rq e s f for n l ace en etour

Dans la pratique on dit simplement faces, coslières et languettes. On comprend que dar jamais qu'une languette de face et deux costicres, et que le nombre des languettes <le refend est variable et toujours égal à celui des cùtés moins un.

Pour éviter toute confusion, on appelle coffre un conduit et soiichi la réunion de plusieurs conduits. Aujourd'hui on a substitué avec raison aux grands coffres des tuyaux qui donnent plus du tirage et moins de déperdition de chaleur; du reste le volume de fumée est considéralilcment diminué par des ap[tareils donnant une parfaite combustion. Xotre figure 11 montre ce genre de tuyau en po-

i tout colTre ou souche II n'y a

terie qui a ses faces extérieures cannelées, afin de faciliter le grippement du plâtre qu'on emploie pour les enduits.

Dans une construction, on est souvent obligé d'adosser plusieurs tuyaux de

cheminées à côté les uns des aulres. On emploie pour cet usage des poteries dites en wagon, parce qu'on les pose à la suite les unes des autres, et que la partie concave de la première s'emboîte avec la partie convexe de la seconde. Il s'en fait de plusieurs dimensions; notre figure 12 en montre un type qui mesure intérieurement 0™,2!2 surO^jSO, et notre figure 13 un deuxième type, ayant comme dimensions intérieures 0",20 sur O^jSi.

On fabrique aussi pour conduits de cheminées des briques cintrées. Suivant la forme qu'elles affectent, elles prennent diverses dénominations : elles sont dites en éqnerre, A (fi^, 14); en plat à barbe, B; en chapeau de commissaire, C; en violon, D.

Quand on a un seul tuyau à monter, on emploie les briques cir\trées, comme

Fig. 1 i. — Dri(|ue9 ciiilrccs pour conduits. A, t^uciTc; B, pliil à "barbe; C, chopcau de commissaire; D. violon.

Fig. 15. — Brir|ue9 cintrées pour conduits.

Fil?. 10

- Briques cintrées pour conduits.

le montrent les figures 15 et 16; les briques A et B forment la première assise et notre figure 10 montre la deuxième assise. Enfin, quand il faut passer dans un

Fig. 17. — Britpies cintrées |>our un granti nombre de conduits.

Fig. 18. — Briques cintrées pour trois conduits.

mur plusieurs tuyaux, on emploie les première et deuxième assises que représentent nos figures 17 et 18.

Il arrive parfois que dans une construction on n'a pas l'espace pour mettre les

tuyaux à la suite les uns des autres, soit qu'une pièce de charpente ou toute autre cause vous gène. Dans ce cas, on établit deux rangs de poteries comme le montre notre figure 19. On emploie à cet effet des briques en équerre. A, en plat à barbe, B, et en violon, D.

Ce qu'on s'efforce d'obtenir aujourd'hui dans la construction d'une cheminée, c'est de ramener le feu en avant dans la chambre à échauffer pour réduire la profon-

Fig. 19. — Briques cintrées pour deux conduits de chemiitées.

deur du foyer. On augmente de cetle façon le champ circulaire de dégagement du calorique rayonnant.

Le point de départ du conduit de fumée mérite de fixer Tatlention. Il peut être muni d'un registre destiné à ouvrir ou fermer la communication; un rideau à Taidc de contre-poids peut donner à l'entrée de la cheminée plus ou moins d'ouverture, et augmenter ou diminuer le tirage ou même l'intercepter tout à fait. Des ventouses dont l'ouverture est pratiquée sur les murs extérieurs, et destinées à amener de l'air dans le tuyau de la cheminée, peuvent apporter un remède à celles qui fument, comme nous allons le voir un peu plus loin.

Les foyers de cheminées sont établis sur des bandes de trémies, espaces vides du plancher que l'on remplit de matériaux incombustibles; quand les planchers sont en fer on n'a pas à se préoccuper de la pose des bandes de trémies.

Les tuyaux de cheminées se font aussi en pierre et en foute dans certains pays; ils sont comme ceux que nous avons précédemment décrits, soit carrés avec les angles arrondis, soit ronds, soit ovales.

A Paris il arrive assez souvent, nous pourrions dire presque toujours, que les maçons ne font que monter les jambages et hourder les manteaux des cheminées; le marbrier pose ensuite les marbres; enfin le fumiste fait tout ce qui est relatif aux dispositions intérieures du foyer.

Il arrive parfois qu'en province ou à l'étranger le maçon peut avoir à monter seul sa cheminée; dans ce cas, voici comment il doit procéder :

La cheminée étant faite en plâtre, le maçon commence à tracer sur le sol l'emplacement des jambages; puis il les érige en plâtras et plâtre, et mieux en brique. Les jambages montés jusqu'à la hauteur du manteau, le maçon établit ce dernier. Dans ce but, il place ordinairement deux barres de fer carrées s'appuyant sur les jambages, l'une sous la languette des tuyaux, et l'autre à 0'°,i!2 ou 0",15 en avant des jambages. Au-dessous des barres de fer, à quelques centimètres en contre-bas, il pose un bout de planche horizontalement, afin de noyer les barres dans le plâtre, et il établit en ph\lre et plâtras toute la masse du manteau. Dès que le plâtre a fait prise on retire la planche.

Les jambages et le manteau ainsi obtenus, on les enduit extérieurement de plâtre, s'ils ne doi\entpas recevoir de pierre ou de marbre; dans le cas contraire, on procède à la pose de ceux-ci, en ayant soin de les fixer dans le massif soit avec des pattes à scellement, soit avec des agrafes. Il pose d'abord les plaques verticales en les liant, à la place qu'elles doivent occuper, avec une ficelle située vers le milieu de leur hauteur, et dont les extrémités sont arrêtées à deux pointes implantées dans les jambages. Cesrevôtementsde pierre ou de marbre étant ainsi placés bien d'aplomb et dans l'alignement déterminé, le maçon les fixe à leur extrémité et aux jambages. Il pose ensuite la traverse îiorizontale, puis enfin la tablette qui recouvre le manteau, en ayant soin de la tenir éloignée du tuyau ou

coffre d'un centimètre ou deux, afin que le gonflement du phUre ne risque pas de la faire fendre. Ces opérations terminées, le maçon exécute en brique le contrecœur, qui est destiné à diminuer l'ouverture de la cheminée; il pose en même temps la plaque de fonte de façon à amener le feu en avant, comme nous Tavons dit plus haut, pour diminuer le passage de la fumée et faire mieux rayonner la chaleur.

Les espaces compris entre les jambages et le contre-cœur restent ordinairement vides; c'est dans ce vide que passent les ventouses et les contre-poids des rideaux.

Quand les pièces sont parquetées, le carrelage du foyer se prolonge à 0"*,35 environ en avant des jambages; aujourd'hui ces foyers, sont généralement en marbre, d'une pièce ou à compartiments. Il faut ordinairement trois heures et demie à un maçon et son aide pour l'exécution, la pose et le scellement d'une cheminée dans les dimensions ordinaires.

Les dominées de cuisine avec hotte se composent de deux jambages en briques hourdées en plùlre, formant console pour supporter le bAtis ou ceinture en fer du manteau de la cheminée. On laisse sur le devant de la holte une partie horizontale de 0™,l:2 à O'^jlS de largeur faisant tablette. Celle-ci sert à recevoir quelques ustensiles de cuisine. Le plus souvent les cheminées de cuisine forment fourneau, et sont élevées à 0°*,75 ouO",80 au-dessus du sol; on place ordinairement fi côté et au même niveau une pierre d'évier. La largeur du tuyau des cheminées de cuisine doit être en proportion de la dimension du fourneau et du foyer.

Les grandes clieniinées d'usine se construisent généralement en brique. On leur donne pour section un carré, mais plus généralement un cercle. Celles de forme circulaire sont élevées elles-mêmes suivant un carré jusqu'à une certaine hauteur, déterminée par leur position respective rehitivement aux bâtiments qui l'entourent; mais même lorsqu'elles sont isolées, on devra toujours, pour leur donner plus de solidité, les élever sur un massif carré de maçonnerie de3",50 à 4 mètres de hauteur au-dessus du sol. On forme ainsi une sorte de piédestal que l'on couronne par une corniche de brique ou de pierre. Cette partie carrée est descendue à 2 mètres on 2"*,50 en contre-bas du sol pour former la chambre de prise de la fumée venant des fourneaux ou chaudières; enfin elle est assise sur un massif de béton de 1 ou 2 mètres d'épaisseur, suivant la hauteur de la cheminée à laquelle elle sert de fondation. On donne à ce massif de 0",25 à 0",50 d'empâtement sur le parement extérieur des murs formant la base ou socle de la cheminée.

Les proportions d'une cheminée d'usine, de 30 à 35 mètres de hauteur à partir du sol, et de 0°',55 de diamètre au sommet, sont à peu près les suivantes : .

Côté extérieur du socle, depuis le massif en béton jusqu'à O™,?© environ au-dessus du sol 3«">,00

Épaisseur des murs (3 briques sur leur longueur de Oo^,ii et une sur la

largeur de O",! 1, y compris joinls) 0",79

Cdt(^ extmcur de lu chemincc depuis le socle jusqu'à la partie circulaire,

c'est-à-dire sur une hauteur de "i^^dO environ 2»n,79

Épaisseur des murs dans cette partie (3 briques sur leur longueur de

O^.Si avec joints) On>,69

Saillie du socle sur le pourtour de cette partie. . 0»,12

Diminution intérieure de la cheminée depuis le massif de béton jusqu'à

la partie circulaire i in^42

Le pied de la partie circulaire étant tangent au socle, son diamètre est de 2'"y80 Épaisseur des murs de la partie circulaire, depuis son pied jusqu'à la première retraite intérieure, c'est-à-dire dans une hauteur de 7 à 8 métros (2 briques sur leur longuiMir de 0™,22 et une sur la largeur

de 0"»,1 1, y compris joints) 0"",58

Épaisseur des murs depuis la première jusqu'à la seconde retraite intérieure, c'est-à-dire sur une hauteur de C à 7 mètres (i briques sur

leur longueur de 0«n,22' 0«",15

É]>aisseur des murs de la deuxième à la troisième retraite, c'est-à-dire encore sur une hauteur de G à 7 mètres (une brique sur la longueur

et une sur la largeur) O^jS!

Épaisseur des murs depuis la troisième retraite jusqu'au sommet de la cheminée, sur une hauteur do 6™, 70 à 7 mères (une brique sur la longueur) 0'n,22

On emploie, poiirla construction de cescheminécs, des briques légôremeiitcin- Irces, mais on peut employer aussi des briques droites. Quand on utilise ces dernières pour ne pas ôlre obiijjé de tailler les bri(|ues(cequi exigerait un temps considérable et un assez fort déchet), on donne la môme épaisseur à la clieminée dans toute la hauteur de chacune des portions séparées par des retraites. Si on construit ainsi, c'est pourrejîagner re que le fruit extérieur a fait perdre à la section intérieure de la cheminée; et de distance en dislance on met les parois intérieures en retraite de la largeur d'une bri(|ue, c'est-à-dire qu'on diminue de cette largeur ré|)aisseur de la cheminée.

Pour les cheminées de petite hauteur, l'épaisseur du sommet est très-souvent réduite à la largeur d'une brique de 0'",11.

Afin de rendre le fruit bien régulier sur toute la hauteur de la cheminée, le maçon applique contre le parement extérieur de celle-ci, au fur et à mesure qu'elle s'élève, une planche de 1 mètre de longueur, taillée de maiîière que sa largeur soit inoindre à l'extrémité supérieure qu'à Tautre; et contre l'une des faces on a fixé un fil à plomb qui vient battre dans une encoche faite au bas de la planche, quand Taréte non taillée de celle-ci est placée verlicalemenl. On conçoit que pour bien élever ses parements, l'ouvrier n'a qu'à appliquer des secs de temps à autre sur le cùté incliné de cette espèce de niveau, et à vérifier si le fil à plomb bat dans l'encoche.

L'établissement des hautes cheminées d'usine se faisait autrefois à l'aide d'un échafaudage extérieur et était lrès-coi\teux. Actuellement on les construit sans échafaudage extérieur. L'ouvrier se tient à Tintérieur de la cheminée, et au fur

et à mesure qu'il l'élève, il place des traverses en bois dans des trous qu'il réserve dans la maçonnerie. Sur ces traverses, il dispose des planches qui le supportent pour son travail. A l'une des traverses est fixée une poulie sur laquelle passe une corde manœuvrée par un treuil fixé au bas de la cheminée. A rexlrémilé libre de la corde est fixé un plateau sur lequel des garçons placent des briques et le mortier pour les élever au compagnon qui construit la cheminée.

Un bon ouvrier et son aide peuvent en quelques semaines élever une cheminée de 14 à 15 mètres de hauteur ayant un diamètre, à la base extérieurement, de 1°,70, intérieurement de 0",80, et au sommet extérieurement de 0",70, et intérieurement de 0",50.

Fig. 20. — Plan Lg lemps nécessaire pour exécuter 1 mètre cube de ma-

d'une chcminéo

d'usine. çonucrie pour ces sortes de cheminées, de la base au sommet,

est en moyenne de sept heures de briquetcur et onze heures de manœuvre ou aide.

Pour Paris, les prix moyens de 1 mètre cube de maçonnerie de brique pour les cheminées sont de :

Pour les Tournonux de machines à vapeur en brique de Bourgogne,

et y compris les briques réfraclaires du foyer 70 fr.

En brique de Vaugirard ou du pays 50 »

Pour la main d'œuvre sans fourniture 15 »

Ces cheminées sont pourvues de divers accessoires ; ainsi, à part les registres, à des intervalles de 0™,25 à 0™,30 de hauteur, on encastre régulièrement, pendant la construction, un crampon en fer rond à deux coudes dans la maçonnerie et à l'intérieur de la cheminée.

Ces crampons forment une échelle qui sert au maçon à monter et à descendre pendant le cours de la construction, puis elle sert plus lard pour faire les réparations et les nettoyages.

Comme ces hautes cheminées d'usine courent le danger d'être frappées par la foudre, on les munit ordinairement de paratonnerres, dont la chaîne descend intérieurement ou extérieurement et s'enfonce dans le sol comme à l'ordinaire. Il ne faut pas craindre de donner à ces cheminées plus de hauteur qu'il n'est nécessaire pour le tirage, parce qu'on peut toujours: diminuer celui-ci à l'aide de registres s'il est trop fort.

Pour certaines cheminées d'appel, comme celles qui servent à la ventilation, on construit près de leur base un petit fourneau particulier, dit /bio'weawd'appW, qui sert à lancer dans la cheminée une quantité de chaleur nécessaire à son tirage. La plus haute cheminée qui existe actuellement en Europe est construite

LES APPAREILS DE CHACFFACE MODEnNES. 30

i Manchester; clic mesure 125 mètres de haiilcur; son diamèlre extérieur, h la base, est de ■I°',50, et au sommet S^jTO; on y a employé 4500000 briques. Noire Tiguro. tO montre le plan d'une chemînéç d'usiuc, notre ligure 21 l'clé-

Vig. il. - f.K-xMM d'uE

vallon et notre ligure 2â ta coupe. Ces figures montrent aussi que la corniche

du soubasscmeiil est en pierre, ainsi que le chapiteau qui couronne la cheminée.

De l« Iniaéc, «t des moyen» <l*«up«clicr lc« cheminées de Inwcr. — Les

cheminées sotit un moyen Je chaulTagc des plus agréables, imlhcureusement elles sont sujotles à fumer. l'our obvier à cet inconvénlenl, on a imaginé une quantité innombrable d'appareils dits famkores ainsi qu'un grand nombre de cheminées de divers systémes^qui peuvent cependant être ramenés â quelques types principaux ; nous les passerons bientôt en revue, après avoir étudié toutefois les moyens de se préserver de la fumée.

Les désn{;réments de la fumée sont connus depuis longtemps, puisqu'un poète latin a écrit :

Thomas Ruslon, de Philadelphie, dans une lettre qu'il écrivait à B. Franklin (I ) exprimait à peu près la même pensée :

A smoky house and scoidîng wife

Are (said lo hc) two of tlie grcatesl ills in lifc.

Ce qui signifie : c Une maison fumeuse et une femme acariâlre sont réputées deux des plus grands fléaux de la vie i>; tandis que la traduction du latin signifie : « Il y a trois fléaux de la maison, Thumidité, une femme acariâtre et la fumée ». S*il est difficile d'éviler le second fléau, on peut au moins remédier aux deux autres.

Pour la fumée, il faut d'abord rechercher les causes qui la rejettent dans les appartements. Ces causes sont nombreuses; nous allons les étudier successivement, en indiquant les remèdes les plus efficaces pour les supprimer.

Parmi ces causes, les unes sont purement accidentelles, les autres proviennent d'un vice de construction; mais quoique ces causes soient fort nombreuses, on peut les ramener à treize principales :

1° Le manque d'air dans une pièce fait fumer une cheminée; il faut en efl'et une moyenne de GO mètres cubes d'air pour brûler dans un foyer 1 kilogramnu^ de bois. Il devient donc impossible de faire tirer une cheminée lorsque la pièce où brûle un foyer est tellement close que Fair extérieur ne peut y pénétrer.

Bien souvent Thabitaiit du local s'aperçoit qu'en ouvrant une porte ou une fenêtre la cheminée efl'ectuc un bon tirage; il constate donc lui-même, et souvent d'une manière inconsciente, le défaut d'aérage; dans ce cas il faut établir une ventouse d'aéralion, c'est-à-dire une prise d'air partant de l'extérieur et arrivant dans le cofl're de la cheminée; par ce moyen l'air froid ne traverse pas la pièce et donne un tirage dans le tuyau de la cheminée.

2° Une trop grande ouverture du foyer fait aussi fumer les cheminées; le remède est facile à trouver, il suffit en efl'et de diminuer celte ouverture.

S"* Un tuyau trop. large ne s'échaufl'e qu'à la longue; dès lors, il ne peut y avoir un tirage suffisant. Il faut donc construire des tuyaux étroits ou réduire ceux qui sont trop larges pour éviter la fumée. Si les tuyaux sont trop étroits la cheminée ne peut débiter assez, d'où encore fumée, comme dans le cas précédent.

4** Le parcours ou hauteur moyenne du tuyau peut être trop crurt; cela arrive

(I) Philosophical and Miscellaneous papers; app., p. 50, annic 1789. Hiiston disait aussi dan* cette lettre : « L'entretien sur les cheminées qui fument, entretien que j*ui eu Thonneur d*avoir avec vous dernièrement dans votre propre maison, a autant d'importance pour chaque individu que pour chaque famille; aussi on ne saurait trop causer là-dessus. A smoky house^ etc.;... et quelques difficultés qu'on puisse avoir pour porter remède à Tun de ces niau.x, cependant il y a moyen d'éloigner les inconvénients de l'autre, ce qui ne peut manquer d'être favorablement reçu du public.

LES APPAREILS DE CHAUFFAGE MODERNES. i\

pour les biilimenls qui n'ont qu'un rez-de-chaussée ; dans ce cas, il faut exhausser le conduit de la fumée par un tuyau en tùle, ou de toute autre manière. Si Ton ne peut user de ce moyen, il faudra rétrécir rembouchure de la cheminée, de façon à ce que Tair aspiré soit forcé de passer très-près du feu; il s'échauffe alors et peut s'élever plus rapidement, ce qui établit un bon tirage.

5** Deux cheminées dans la même pièce ou dans deux pièces conliguës produisent encore de la funiéc. C'est très-facile à comprendre. Si deux clieminées fonctionnent dans une pièce. Tune d'elles par sa position, par sa construction, peut avoir un jdus fort tirage que sa voisine, elle attire dès lors un plus grand courant d'air; elle peut même amener dans la pièce un vide partiel suffisant pour déterminer un courant descendant par l'autre cheminée, ce qui occasionne de la fumée. Si les cheminées sont dans deux pièces conligues communiquant par une porte, on évite le désagrément que nous venons de signaler en fermant cette porto; dans le cas précédent, pour éviter la fumée il faut fermer par une trappe l'une des cheminées, ou, si l'on veut allumer du feu dans les deux à la fois, il faut établir à chacune d'elles de fortes ventouses.

G" Si le sommet d'une cheminée est dominé par un édifice, une éminence quelconque (monument, colline ou montagne), suivant le vent dominant cette cheminée fumera, et si le vent, après avoir dépassé ces hauteurs, change de direction et frappe sur la cheminée prestjue verticalement, il bouche la mitre : la fumée ne pouvant plus sortir enfume l'appartement. C'est une des causes auxquelles il est très-difficile d'apporter un remède; il faut dans ce cas coiffer les cheminées avec l'un des appareils que nous donnons plus loin, figure :23 et suivantes.

Les appareils que nous décrivons plus loin ne donnent pas toujours satisfaction, mais ils améliorent sensiblement la situation. Le procédé vraiment efficace consiste à faire dépasser, quand c'est possible, h» tuyau au-dessus de l'obstacle.

7** Quand le vent souffle contre une éminence, il est arrêté dans sa course, et comme il est refoulé il s'engouffre dans le tuyau de cheminée et renvoie la fumée dans la pièce; c'est peut-être un des cas auxquels il est très-difficile de remédier, car si le tuyau ne |>eut dominer l'édifice ou la colline, les appareils qu'on emploie sont peu efïicaces.

8^ Quand une cheminée est posée dans une pièce de fa^on à ce qu'une porte établisse un courant d'air le long du mur, ce courant entraîne une partie de la fumée dans la chambre.

Dans ce cas, il faut faire ouvrir la porte du côté opposé, ou bien employer un paravent pour intercepter le passage de l'air et renq)êcher de frapper sur le mur auquel la cheminée est adossée. On doit surtout éviter d'étabUr la chenu'néc en face de la porte d'entrée, sinon chaque fois (pie l'on ouvrira ou fermera celle-ci, la colonne d'air ébranlée chassera des bouffées de fumée dans la chambre.

9** Un vent violent passant sur le sommet d'une cheminée la fait fumer; on remédie à cet étal de choses en apposant des mitrons qui rétrécissent le tuyau

et augmentent le tirage {Çi^. 23), ou des appareils fumivores analogues à ceux que nous décrivons un peu plus loin.

10° La fumée arrive parfois par une cheminée dans laquelle on ne fait pas de feu ; c'est le vent qui rabat la fumée d'une cheminée voisine ou adossée; dans ce cas il faut fermer Fig. 23. — Mitron hcrmétiqucmcnt la cheminée par une trappe ou un autre

r'tr,^gr"l^s ^^^^^^ ^^^^"^ ^'"® "'^^^ P^^ allumée; si elle Test, au con-

chcmint^îs. traire, l'inconvénient que nous venons de signaler n'arrive

qu'îiccidentellement.

11° Quand les rayons solaires frappent sur les souches de cheminée, l'action du soleil détermine des courants d'air chaud descendant, ce qui retarde l'allumage et fait fumer. On peut remédier à cet état de choses à l'aide des appareils fumivores, ou en surélevant les souches de cheminée pour augmenter le tirage.

Le soleil a une autre manière d'agir sur les cheminées pour les faire fumer; par exemple, si une des salles chauffées est exposée au Midi et ses fenêtres percées dans un grand mur, si celui-ci reçoit en plein les rayons de soleil il s'échauffe. 11 s'établit alors un fort courant ascendant qui fait appel sur toutes les fenêtres adjacentes; si l'on vient à ouvrir une de ces fenêtres, l'air se précipite avec violence de ce côté et fait appel à la cheminée, qui fume. Si cette pièce n'a pas assez d'air pour sa cheminée, il faut établir de fortes ventouses au Nord, qui aboutissent dans le bas de la cheminée.

12° Quand on emploie un même tuyau pour plusieurs cheminées, d'abord ces tuyaux ont l'inconvénient d'être des tuyaux d'acoustique, ensuite quand on oublie de fermer la trappe de sa cheminée, la fumée d'une autre qu'on allume vient chez vous par ce tuyau; il faut dans ce cas avoir des trappes fermant hermétiquement ou, ce qui est mieux, avoir ua tuyau pour chaque cheminée.

Nous parlerons plus loin des tuyaux unitaires.

13° Quand une salle chauffée se trouve dans le voisinage d'une cage d'escalier chauffée ou non chauffée, en raison de son diamètre et de sa hauteur, cette cage d'escalier produit l'effet d'une puissante cheminée d'appel qui attire toute la fumée des cheminées qui sont sous son influence.

Pour empêcher celte action, il faut dans certains cas ventiler la cage d'escalier, et dans d'autres on doit se contenter de chauffer très-modérément cette même cage. Les moyens de reconnaître les causes qui font fumer les cheminées sont quelquefois, difliciles; mais dans bien des cas il suffit, quand le feu est allumé, de fermer les portes et les fenêtres et de présenter aux joints de celles-cî une bougie allumée; on reconnaît par la direction de la flamme de cette dernière la direction des courants d'air.

LES APPAREILS DE CHAUFFAGE HODEKKES. i3

Si le courani sort de la pi6ce, on passe une porte et on le suit, et il vous mène tantôt à une poric ou à une Tenélre, tantôt à une cage d'escalier.

On peut en conclure que la porte, la fenêtre ou la cage d'escalier font appel; dans Ce cas, il faut fournir à la pièce qui manque d'air des ventouses d'aération plus puissantes, ou en ajouter à la pièce ou à la cage d'escalier qui fait appel.

Si au coniraire les courants viennent tous du dehors au dedans de la chambre, c'est une preuve que l'air de la pièce ne sufDt pas au tirage de la cheminée; il faut donc établir une ventilation plus active. Du reste, aujourd'hui on commence à connaître mieux l'utilité et le rOle important i|uc la ventilation exerce sur les cheminées; si ce fonctionnement était mieux compris, nous verrions bientôt disparaître des toitures tous ces fumivores et tous ces parafumées qui produisent un si détestable effet sur nos édifices publics et prives, et qui coûtent tant de soins, de soucis cl de dépenses à leurs propriétaires ; cependant, comme dans certains cns extrêmement rares on ne peut s'en passer et comme la roiiline les emploiera encore lon^'lemps là même où ils ne sont pas utiles, nous sommes bien obligé de les décrire dans notre travail.

Les appareils inventés pour cet usage sont très-nombreux, et leurs formes sont très-variées, quelquefois très-compliquées. Nous ignorons pourquoi on tes nomme furnivores puisqu'ils ne dévorent point mais détournent simplement la fumée ; aussi |)référons-nous les appeler parafumées.

Le plus simple de tous et le plus anciennement connu c'est la mitre chinoise (fîg. 24). Quand le vent souffle du c6té A, la mitre prend la position inclinée qu'indique la ligne ponctuée, et la fumée s'échappe du celé B.

Fif- i.

Alberli, dans son traité, donne un système identique représenté par notre figure 35.

Notre figure 2fi représente une gueule de loup à chapeaux superposés; le vent entre dans ces sortes de cellules que forment les chapeaux, et entraîne la fumée; en outre comme l'cxlrémité de la gueule de loup est à girouette, la fumée sort du cèté opposé au vent.

44 TRAITE COHPI.ET DU CUACFFAGE Fn-^DE U VENTIUTION.

Notre figure 27 fait voir la coupe d'un système de ventilateur qui protège aussi la sortie de la fumée ; si le vent souflle en B, la fumée peut sortir librement en A,

Fi|[. n. — Hitn pour II tamie

Beaucoup d'auteurs se sont occupés d'empêclier les cheminées de Tumer; nous allons en citer quelques-uns avec les appareils qu'ils oui proposés.

Alberli prétend que rien n'est plus cDicace que d'appliquer i l'extrémité du tuyau un couvercle de Me ou de fer-blanc (lîg. 28) portant quatre becs qui,

suivant son expression, serviront de soupiraux ou de narines pour faire sortir ia fumée.

Évidemment ce système permettait réchauffement du conduit de la fumée et devait activer le Ib-age ; en outre, si le vent soufQail sur une des narines, ta fumée pouvait sortir par les trois autres.

lES APrAItEILS DE CnVlTFAOE MODERKES. U

Serlio a parlé aussi langiicmGnl des clieniinées dmis clia'|iie ordre d'architecture, «l il a donné difTérenls modèles de tuyaux qui ti>us satisfont à un principe unique : celui de réduire l'ouverlure de la sortie de h fumée. L'extrémité des conduits est rélrécie et presque fermée, ce qui fait que le vent peut d'autant moins y frilrer que la fumée comprimée en sort avec plus de force; notre ligure 29 monlre le principe que Serlio a préconisé pour les liijaui de fumée.

Cardan (I), s'iuspiranl probablement du système d'Alberli, en créa un nouveau qui a quelques analogies atcc ce dernier.

' Seulement, au lieu de quatre tuyaux ou narines il en met huit; deux sur chaque face, dont l'un a son extrémité dirigée en haut et le second en bas (fig. 30).

a Car, dit-il. il est impossible que huit vents, quatre tendant en haut et quatre tendant en bas, souflleul tous en métne temps des divers points do l'horizon; par conséquent la fumée pourra toujours s'exlialcr par quelqu'un de ces tuyaux, n

Nous devons ajouter que ce système n'est applicable que pour les tuyaux isolés; malgré cela Philihïrt Delorme fait beaucoup de cas de celle invention, qu'il regarde comme très-bien imaginée (2).

Philibert Delorme propose deux souches de cheminées pour enipÊclier la fumée d'arriver dans les appartements. Il ferme l'extrémité des souches, et il laisse seulement des ouvertures longues et perpendiculaires aux quatre faces pour l'issue de la fumée. Ces ouvertures sont cachées par des cordre-murs portés par des consoles, comme le montre notre figiiru 31. La ligure 3^ i même souche de cheminée.

Nos figures 33 et 34 montrent le deuxième type de souche de cheminée; «laus relui-ci le coutre-mur est remplacé par des demi-cylindres suspendus aux quatre faces delà cheminée. Ces demi-cylindres sont ouverts également du haut

Kiï, 3i. -

indique

[ilan de

lt> Dt SubUlilatt, libri XII. NurcmbcrK, 1555. lii- Pnris, 1556, In-i*. cl 1585, in-S*, dcax £<litions nn |S} Livre IX de i'Ardiilecturt, chapitre x.

.. iraJuit vu Unirai» |par Bicii. Lf Rljnc,

mto

}. -- Smicbe do chomu

4e TRAITÉ COMPLET DU CHAUFFAGE ET DE LA VENTILATEON.

et du bas, rie sorle que si le vent souflle sur le haut, la fumée sort par le bas ; si au contraire il souflle de bas en haul, î) active le tirage et la fumée sort par l'exlrèmilé supérieure.

.Nous ferons remarquer que la cheminée dépasse en hauteur les demi-cylindres, de sorte que quel que soit le vent dominant, deux ou trois cylindres ont leur extrémité à l'abri.

Notre figure 33 montre l'élévation de l.i soucbe, et notre figure 34 le plan.

Delorme avait puisé l'idée de ses souches dans Cardan. (Voy. ouvrage cité précédemment.)

Nous trouvons encore dans Delorme (I) un procédé complètement oublié aujour- Â 3 '^ H d'hui et qui pourrait être appliqué aux

^™^ /T".' "^ ^~^ cheminées qu'aucun système ne peut em-

pêcher de fumer. Nous en donnons la description d'après cet auteur : ( Il est quelquefois nécessaire, dit-il, de se servir de deux pommes creuses de cuivre de 5 h 6 pouces de diamètre au plus; ayant fait un petit trou en dessus il faut les remplir d'eau, ensuite les placer dans la cheminée à la hauteur de 4 à 5 pieds, â proportion Fig. 31. — Pion de b «ouche do chooiin^ du Fcu qii'on voudnt faire, afin qu'elles

Je Hiilibort Delon» (* Ijp»). . t, v ™. ■ . ■ . i.

puissent s échaulTer jusqu au point que 1 eau étant suffisamment chaude, elle s'évaporera par le petit trou; les vapeurs raréfiées sortiront rapidement; forcées de passer en peu de temps d'un grand espace dans un petit, pousseront l'air, lequel étant cliassé violemment communiquera son mouvement à l'air intérieur, et celte impression rapide fera sentir un vent assez véhément pour pousser et faire monter la fumée. >

Notre ligure 35 fait parfaitement comprendre la disposition de ces boules dans la cheminée.

Vilruve (2), en traitant de la génération et de la nature des vents, parle de certaines boules qu'il compare à celles des Grecs qu'ils nomment i->ïtnOjç {qiiasi œoH portœ), qui ne sont autre chose que des globes ou boules d'airain de dîffé-

|t) Livre IX, chap. i (i) Lib. ), cap. VI.

n llrre IMrdilec/ur

us APPAREILS DE CHAUFFAGE MODERNES. 17

rentes formes. On les plaçait devant le feu pour servir de soufflets ou d'alluiiioirs; c'est ainsi que les nomme François René dans son livre des Meneilles de la nature. Ces éolipyles, dont nous donnons un second spécimen (fig. 36), sont des boules creuses remplies d'eau et qui ont à leur sommet un petit trou fort étroit. On les met devant le feu qui échaulTe et Taporise l'eau que contîennen

ces boules; la vapeur d'eau sort en causant un courant très-sensible qui lauce le tirage de la cheminée.

Enlin, on emploie des appareils en forme de T, dédouble T, de sphères coilTant des tuyaux, lesquelles sphères sont faites avec des lamelles de tdie, et sont disposées de façon à tourner suivant le courant du vent, ce qui, au dire des inven-

teurs, aspire la fumée. Ces procédés sont plus ou moins ingénieux mais sont loïu de répondre à l'elTct qu'on leur demande. Les meilleurs moyens d'empêcher les cheminées de fumer, c'est de les bien construire, ainsi que soigner la construction de leur tuyau, et de leur donner des ventouses d'aération en rapport avec les dimensions et le diamètre des tuyaux de fumée. Comme les trous des ventouses d'aération pratiqués sur les façades des maisons seraient désagréables à la vue.

on eiïiploic pour les boucher des grilles de venlilation qui empochent aussi les oiseaux, les rais et les souris de s'abriter dans les ventouses d'aération pour s'y loger.

Ces luiimaux sauraient bien vite les boucher à l'arrière , afin de ne pas rester exposés au courant d'air. Comme on le voit ces grilles ont leur utilité, puisqu'elles assurent le bon fonctionnement du tirage de la cheminée. Elles no sont donc pas un simple objet de décoration. Les grilles de ventilation sont tantôt rondes (fig. 37) et tantôt rectangulaires comme le montre la figure 38.

Comme on le voit par ce qui précède, les ventouses d'aération sont encore le meilleur système de se préserver de la fumée.

Tnyaox unitaires. — Les tuyaux unitaires sont aussi un excellent moyen d'empêcher les cheminées de fumer. Ce système offre en outre d'autres avantages; aussi nous avons cru que nous ne pouvions nous dispenser d'en parler.

Substituer aux tuyaux multiples et individuels qui prennent tant de place dans les constructions et qui affaiblissent considérablement les murs; substituer, disons-nous, un tuyau unique qui reçoive, sans qu'il puisse en résulter aucun inconvénient, la fumée de plusieurs cheminées distinctes et superposées d'étage en élage, tel était un problème difficile à résoudre.

M. Mousseron n\i pas craint de l'aborder (1) et la solution qu'il a trouvée mérite qu'on s'y arrête.

Le tuyau unitaire, dont la section est la somme des sections des cheminées qui s'embranchent sur lui, ne dépasse pas 0™,30 pour six cheminées. 11 partait primitivement de la voûte des caves pour aboutir à quelques centimètres au-dessus du toit; mais celte disposition a été abandonnée avec raison parce que l'air des caves pouvait donner une odeur d'humidité désagréable^ augmentée encore par d'autres exhalaisons plus détestables, par exemple si une partie des caves était occupée par un épicier qui pouvait y renfermer des substances à odeurs fortes et nauséabondes. Aussi^aujourd'hui^MH. Mousseron et Àllard arrêtent-ils le tuvau unitaire au rez-de-chaussée.

Ce tuyau est fermé à son extrémité par un guichet en tôle qui sert à opérer le ramonage, opération qui s*exécute par cette ouverture, et cela sans avoir à déranger personne dans les appartements. Ce dernier agrément n'est pas un des moindres avantages du système.

Comme complément du tuyau unitaire, MM. Mousseron et Àllard ont inventé un foyer fumivore que nous décrirons plus loin, et qui fonctionne très- bien. Du reste, nous donnons en note le résumé du rapport de la commission de notre

(\) Le capitaine Belmas a donné le premier, dès 1832, une théorie très-exacte du tuyau unitaire, dans le Mémorial de l'officier du génie. Cette publication -est périodique et parait encore aujourd'hui ; elle possède 2i vol. in S».

Société centrale des architectes (1) qui montre la valeur du système que nous venons de décrire.

Passons maintenant en revue les diverses formes qu'on a données aux intérieurs de foyers.

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