II. — CHAMBRES DE GARÇON
Nous englobons sous celte dénomination les logemenls occupés généralement par des personnes de diverses professions, et qui sont composés d'une antichambre et d'une ou deux pièces, ou d'une seule chambre, et toujours sans cuisine.
Dans de pareilles conditions le chauiïage du logement doit être intermittent, puisque l'hiibitant du lieu mène une vie très-irrégulièreet passe la moitié de son temps loin du logis; c'est ici le cas d'appliquer le chauiïage au gaz, car c'est le plus économique tians cette occurrence, et le plus commode; il supprime les perles de temps pour aller chercher du combustible, ainsi qu'un local pour l'emmagasiner. Ensuite pas de feu à préparer : on tourne un robinet et avec une allumette on allume son feu, qu'on peut éteindre instantanément quand on veut sortir.
m. — LOGEMENTS d'OUVRIERS.
Sous ce titre nous voulons désigner des logements composés d'une ou plusieurs pièces habitées par un ouvrier et sa famille. Il y faudrait une cuisine, ou tout au moins une cheminée pour y préparer les aliments; et cependant que de logements d'ouvriers sont dépourvus de cheminées, et n'ont pour toute ouverture que des tabatières et une porte au fond d'un couloir sans air!' Il n'y a rien d'étonnant que, vivant dans un pareil milieu, l'ouvrier des grandes villes soit maigre, étiolé, chétif, phthisique.
Nous devons avouer que nous sommes bien embarrassé pour conseiller un mode de chauiïage, car il faudrait trouver un système à la fois hygiénique et économique. Or la cherté du combustible force le malheureux ouvrier à installer dans son logement un poêle ou un fourneau en fonte qui lui sert à la fois à se chauiïer et à cuire ses aliments.
Il nous est bien difficile dans un traité de chauiïage d'étudier les moyens
d'améliorer la position de celte classe si intéressante de la société, qui fait une ^ande partie de' la fortune publique. Il nous faudrait sortir du cadre de notre livre et entrer dans des considérations d^économie sociale que nous ne pouvons même effleurer. Nous ne pouvons cependant ne pas dire que la société doit à la classe des travailleurs certains égards en échange des services incontestés que cello-ci lui rend.
Car enfin la question dMiumanité mise de côté, il reste la question industrielle et économique, et il est bien facile de comprendre qu*un ouvrier malingre et chétif, traînant une existence pénible, ne peut pas fournir beaucoup de travail et Teffecluer avec goût et amour.
L'ouvrier anglais est le premier ouvrier du monde parce qu'il gagne gros, se nourrit et se loge bien. Aussi, pour améliorer le logement des ouvriers nous voudrions que dans les grandes villes et dans les villes manufacturières les propriétaires lussent contraints à établir des cheminées dans toutes les chambres. Un arrêté préfectoral qui obtiendrait ce desideralum, fournirait déjà de Tair pur à Touvrier, et améliorerait sensiblement sa constitution. Que d'épidémies ou de fièvres typhoïdes, qui moissonnent cette population, seraient écartées!
Déjà Mercier, en 1783, « déplorait qu'un grand nombre de citoyens fussent réduits à se loger dans des recoins obscurs où il n*y avait pas de cheminées (1) ».
Depuis cette époque, le conseil de salubrité de la préfecture de la Seine a formulé mais en vain, à plusieurs reprises, de nouvelles plaintes.
Ensuite il faudrait engager les ouvriers à renouveler deux ou trois fois par jour l'air de leurs logements; à éviter d'employer autant que possible du charbon de bois ou de la braise ; à ne faire usage que de poêles de faïence ; et que s'ils persistent à employer des poêles et des fourneaux en fonte, ils ne doivent pas employer ceux qui sont à foyer découvert, c'est-à-dire qui ont un couvercle horizontal, et leur recommander ensuite de ne jamais fermer la clef des poêles.