BETTERAVE
Description. — La Betterave est une plante bien commune et cultivée dans le pays, une rouge, qui est la plus estimée, une blanche très négligée, faute d'en connaître l'usage pour les bestiaux ; ces deux espèces seront l'objet de cet article.
La rouge est cultivée depuis fort longtemps, dans les Jardins potagers, pour la nourriture de l'homme, et la blanche en plein champ, depuis peu d'années pour la nourriture des animaux, on la nomme racine de disette, et Betterave champêtre.
Culture. — Toutes deux demandent une terre légère, profonde et bien ameublie par des labours, ni trop sèche, ni trop humide.
Comme elles sont sensibles aux gelées, on ne doit les semer qu'en mai, lorsqu'elles sont passées.
On en met les graines dans des sillons espacés, dans les jardins d'un pied, et dans les champs d'un pied et demi, pour les sercler et renchausser à la charrue, par un temps pluvieux, lorsqu'elles ont cinq à six feuilles ; après quoi il sera bon de leur donner un ou deux binages pour en favoriser la grosseur, et les éclaircir en ôtant celles qui sont trop proches les unes des autres, et les replantant, où elles ont manqué.
Propriétés et Usages. — Les feuilles de Betterave se mangent, comme celles des é pinards ; on peut les couper une couple de fois, avant les gelées* et les donner aux bestiaux qui en sont très friands.
On mange les betteraves cuites et assaisonnées de
diverses manières, surtout en salade, au vinaigre 5 leur digestion est facile, les cultivateurs devraient en garnir leurs tables ; car elles fournissent un antidotte contre le lard, dont ils font usage toute l'année.
BLÉ-d'INDE.
Description.— Le Blé-d'Inde, autrement dit le maïs, est une plante annuelle de l'Amérique méridionale, cultivée aujourd'hui universellement à cause de sa fécondité et de l'excellence de sa nourriture pour les hommes et les animaux.
La racine est pivotante ; sa tige est droite et s'élè/e à 5 et 6 pieds et rapporte communément, dans ce pays, 2 et 3 épis. On en connaît deux espèces, l'une précoce, appelée quarantaine, et l'autre de 3 et 4f mois. Sa couleur varie, il y en a de blanc, de rouge, de jaune et de bleu. Le meilleure est le blanc, en ce qu'il fournit plus de farine.
Culture. — Toute terre lui convient, pourvu qu'elle soit profonde, bien travaillée et suffisamment amendée; cependant il réussit bien dans celle qui est légère et humide.
On est généralement dans l'usage de donner deux labours aux terres destinées à recevoir une plantation de blé-d'Inde, l'automne et le printemps.
Quoique plusieurs sèment le blé-dinde dans des petites foses, je conseillerai de le semer dans des sillons espacés de deux pieds, afin de la renchausser à la charrue, deux ou trois fois dans le cours de l'été, et aussi de le buter des deux côtés des sillons, pour
le soutenir contre les efforts du vent, qui le renverse quand on ne prend point cette précaution.
Avant de semer il sera bon de choisir de la bonne graine, de la faire tremper 24 heures dans l'eau légèrement salée : un enfant en suivant la charrue qui fait le sillon, jette les graines, dans le sillon, à 3 ou 4 pouces de distance ; et un autre les recouvre un râteau à la main, d'un pouce de terre bien râtelée.
Le premier renchaussage se fait quand le pied a six pouces de haut, le deuxième quand il a un pied et le troisième quand il y a un pied et demi ou deux pieds, temps auquel la fleur commence à pousser.
On aura soin à chaque renchaussage de le buter, de l'éclaircir et d'ôter les pousses qui se font au bas des tiges, que l'on donne à manger aux animaux qui les aiment beaucoup.
La maturité du blé-d'Inde se connaît au dépérissement ou dessication des feuilles, au déchirement de l'enveloppe de l'épi, 4 mois après les semailles. Alors on cueille les épis en cassant leur pédicule, on les porte dans un endroit abrité, pour les faire sécher ; on doit les remuer assez souvent pour que les enveleppes ne moisissent pas : quand les enveloppes sont bien desséchées, on les ôte, on garde les épis dans des greniers, tressés avec leur enveloppe, suspendus aux entraits.
Propriétés et Usages. — Avant d'employer le blé-d'inde on l'égrène, on le pille, on en moud les graines. On sasse pour extraire la farine. Un tiers de cette farine mêlé avec deux tien* de farine de froment fait de bon pain.
On fait avec la farine de bïé-d'ïnde d'excellente bouillie mêlée avec du lait. On lessive la graine et on en fait de la sagamité avec du lait ; on la fait cuir avec du lard et on en met dans la soupe ; en un mot c'est une excellente nourriture pour les hommes.
On en donne aux chevaux, aux cochons, aux volailles et autres animaox et la viande en reçoit un bon goût.