DES ENGRAIS
& OMME les agriculteurs du pays ne con-
naissent d'autre engrais que le fumier, et que le peu d'animaux qu'ils hivernent
| dans un climat aussi dur ne peut leur | en fournir une assez grande quantité
pour fertiliser leurs terres, j'ai cru que
.<e serait leur rendre un service que de leur indiquer les substances minérales, végétales,
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lusieurs cailloux figurent e à leur y de s'en rres, Soit re glaise, s; ils 8e )mmagés terrains pourvoir
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et animales qu'ils peuvent employer pour y suppléer, et obtenir par leur moyen, d'abon-. dantes récoltes, qu'ils savent très-bien nepouvoir obtenir sans engrais ; le premier que je proposerai à ceux qui habitent les bords dela mer, au bas du fleuve, sera :—
L'Algue, le Vareo, le Goemon, &c,
Toutes les plantes marines qui sont jetées..
par les flots sur les rivages doivent être ramassées soigneusement par les bons cultivateurs qui les avoisinent, et stratifiées, c'est-àdire, mêlées avec de la terre franche, demanière qu’il y ait un demi-pied d'épaisseur de ces plantes, et un demi-pied de terre alternativement; on fait des tas de ces substances, de distance en distance, de la longueur et largeur : que l’on juge à propos, et de six pieds de haut ;. on bat les faces extérieures de.ces tas pour les rendre unies, et conserver les eaux de pluie, . qui facilitent leur décomposition. Si on y met de la chaux la décomposition sera plus prompte ; . mais, d une manière ou d’une autre, au bout d’un: an, on aura un excellent fumier qui portera la fertilité sur toutes les espèces de terre où on le répandra surtout si on a eu soin d’arroser ces amas pendant les chaleurs de l’été, pour exciter la fermentation; il faut faire attention d'en: répandre peu sur les terres.
Charognes.
C’est le nom que l’on donne aux cadavres des animaux morts de maladie on d'accident, qu'on voit exposés sur les terres et dans les. chemins, au risque de donner des épidémies et d’occasionner des épizooties ; les cultivateurs
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sont d'autant plus blamables de les laisser décomposer à l'air, que c’est un des plus puisgants engrais qu’ils puisent employer, s'ils les ænterrent dans leur fumier, ou les mettent dans des fosses et les chargent de terre.
Charbon
Le charbon de boïs et celui de terre ont, à peu de chose près, les mêmes qualités ; tous deux servent d'engrais, purifient les eaux gatées, préservent les viandes de la corruption pendant plusieurs jours.
Si vous avez des marais où l’eau se gâte l'été, si vous voulez en conserver de bonne dans des barriques, pour votre usage, jetez-y des morceaux de l’un ou de l’autre charbon, et vous les aurez limpides et bonnes; si vous êtes obligés de garder de la viande fraîche pendant plusieurs jours, pendant les chaleurs, mettez-la sur des charbons ; si vous en avez à cet faire cuire, qui ait mauuaise odeur, jetez un pri morceau de charbon dans la marmite où vous | de la ferez bouillir, et vous serez étonnés de son am æffet; mais surtout comme engrais pour ferti- réc liser les terres, et en particulier les prairies. pei
Pour l'employer comme engrais, il faut le 4 pulvériser avant de l'étendre sur les terres et la es prairies ; aussitôt après qu’elles sont fauchés, gla non seulement le charbon de bois, maïs encore | Cul ses résidus, comme sa. suie et sa cendre, après qu'ils ont servi comme combustibles, s'em- | p'oen à la même fin. | | C
rente minots de charbon pulvérisé. par ar- :
pent, sur les terres froides, argileuses et hu- te”: mides, et dix à douze sur celles qui sont sèches | :
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Ô par ares et huat sèches
et légères, paraissent être le terme moyend'une bonne pratique.
En général, c'est sur les terres de maraig que le charbon produit le plus de bien ; les. arbres fruitiers, les plantes vivaces, reprennent de la vigeur lorsqu'on en met quelques poignées autour de leurs pieds.
Chaux.
Les agriculteurs prudents trouvent dans la ‘chaux le plus puissant de tous les amendements et le plus’complet de toutes les sortes d'engrais, principalement sur les terres marécageuses.
Mêlée avec du fumier, la chaux produit dans tous les sols des effets merveilleux, soit pour les céréales soit pour les végétaux ; si on l’emploie seule, il faut l'éteindre complètement avant de la répandre sur les terres ou les prairies; un minot par perche suffit, et cet amende-
‘ment dure une douzaine d'années ; : ainsi donc,
ceux qui peuvent se procurer de la chaux à un prix raisonnable, ou qui peuvent en faire à peu de frais, feront sagement de s’en procurer pour améliorer leurs terres ; ils seront amplement récompensés de leurs déboursés, ou de leurs peines, par d’abondantes récoltes.
Arthur Young a démontré que l’emploi de la chaux a fait la fortune des cultivateurs anglais; et pourquoi ne ferait-elle pas celle des cultivateurs Canadiens ?
Compost.
C'est le nom générique que les Anglais donaent au mélange qui a pour but de fertiliser la terre.
Ils le composent de toutes sortes de substance
prises dans les fossés, les ruisseaux, les mares, et les étangs ; le tan, la suie, la craie, la chaux, la marne, les balayures des rues, des grandes routes, les lies, les résidus des matières fermentées, le gazon, la tourbe, les feuil:es des arbres, des plantes, les marcs des fruits, les végétaux qui ont servi de litière aux animaux, opèrent de bons effets mis en compost ; il ne s'agit que de les utiliser, de les arranger par couches alternatives ; elles se pénètrent réciproquement, et forment par leur réunion un engrais plus actif que ne le peuvent chacune de ces substances séparement.
On fait une fosse, ou plus, dans lesquelles on met par lits ces différentes matières ; on les y laisse fermenter pendant un an, avant de s'en servir ; et afin que les gaz ne s’évaporent pas, on les recouvre d’une matière imperméable,
On fait aussi des composts avec du fumier et de la terre seule, on peut y mêler de la chaux et de la cendre en petite quantité; on peut y faire entrer les charognes, le sang, les cornes, les ongles des bœufs et des moutons, les poils, les plumes, les matières fécales, la colombine, les urines, &c., et on les arrose avec les eaux de lessive, de savonage, et de cuisine.
Excrements.
Voyez Lieux d’aisance, ou l’on a enseigné, la manière de faire un compost.
Les excréments des oiseaux sont comme ceux des humains, très propes à faire des engrais énergiques.
Fumier, On a parlé tant de fois, dans ce traité, de
d'engrais qu'il fournit, que je me’ crois dispensé d’en parler de nouveau.
Marne, |
Cette substance est plus connue dans ce pays-ci, sous le nom de glaise que sous celui de marne ; c'est un mélange de calcaire et d'argile susceptible de se déliter à l’air,et qu’on emploie pour amender les terres ; on apprend à connaitre la bonne marne, en faisant dissou- “dre un petit morceau dans du vinaigre.
On la trouve souvent sous la terre végétale, à peu de profondeur ; dans ce cas on doit l’éprouver avec du vinaigre, comme je viens de le dire ; et si elle se dissout facilement, on doit l'en tirer, la mettre en tas sur les terres pour y passer un hiver, et la répandre ensuite à deux ét quatre pouces d'épaisseur avant de labourer ‘et semer.
Si c’est un terrain argileux qu’on veut amender, il faut y mettre de la marne calcaire; si c'est au contraire un terrain calcaire, il faudra employer la marne argileuse : voilà tout le se- -cret.
Les anglais font un grand usage de la marne “et plusieurs grands fermiers lui doivent leur fortune. Canadiens! faites-en autant, et vous y trouverez la vôtre.
On peut l'employer seule, ou mêlée avec d’autres matières fertilisantes.
Paille, Je ne considèrerai ici la paille que comme litière, la base de la plus grande partie des
fumiers et par conséquent des engrais.
On compose la litiere des animaux avec tou- I S.P.
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tes sortes de paille, soit de froment, de seigle, d'orge ou d'avoine ; on ne doit employer pour cela que celle dont on a le moins de besoin pour la. nourriture des animaux et celle que l'on a de surplus, après leur hivernement.
C'est un mauvais calcul de la vendre ou de la bruler ; le fumier qu’elle produit, lorsqu'elle a servi de litière, est d’un bien plus grand avantage aux agriculteurs.
Dans les pays ou il n’y a pas de bois, on en fait une tourbe artificielle ; pour cela, après l'hiver on arrose la litière des écuries, on la dispose en tas, de quelques pieds de hauteur ; on y jette de l’eau, et on la fait trépigner par les’ chevaux et les boeufs ; le résultat est un corps solide,que l’on eoupe par morceaux, comme la tourbe ; quand il est desséché à moitié, on le met à l’abri de la pluie, et quand ik est sec, on s’en sert pour faire du feu.
Platre.
Le plâtre est employé, comme amendement dans les pays ou il est abondant ; je me contenterai de dire ici que te plâtre est considéré comme marne calcaire, et est employé comme il est dit au mot marne : ainsi dès qu'on pourra s’en procurer à bas prix, ou en fera l'usage qui est indiqué à cet article.
Tan.
Le tan est le nom que l’on done: à l'écorce du chène concassée pour tanner les peaux des animaux ; dans ce pays il conserve la même dénomination après qu'il à été employé, quoiqu’en France il en change et qu’il prend celui de tannée.
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On fait usage de la tannée en Europe pour
faire des couches chaudes ; on l’emploie seule ou mêlée avec du fumier, mais plus géneralement comme engrais.sur les terres et sourtout sur és prairies ; avant que de l’employer il sera prudent de la laisser pendant quelques mois s'incorporer avec le fumier.
Actuellement, cultivateurs Canadiens, que vous savez l'emploi qu’on peut faire de cette tannée, j'ose me flatter qu’on u’en verra plus d’étendue aux portes des tanneurs dans la ville et les campagnes et que les plus industrieux en feront l'usage que je leur indique.
Le Terreau
N'est autre chose que le produit du fumier consommé, et du compost, que je vous ai enseigné de faire. (Voyez ce’ mot).
L’utilité du terreau est si important qu'elle doit frapper tous les agriculteurs et les engager à s'en procurer une grande quantité pour avoir d’abondantes récoltes de céréales et de plantes légumineuses.