LIN
UCUNE plante, si ce u’est le chanvre; n’exige, pour donner des produits avan-
tageux, une terre plus fertile, plus nette et mieux préparée par les: labours, les 7 engrais et les cultures précédentes.
Le sol auquel on confie le lin doit être très-riche, très-meuble, modérément humide et profond, exposé au grand air, et cependant abrité du côté des vents violents et exempt des mauvaises herbes.
Qn doit multiplier les labours profonds, faire même des défonçages, des petites raies, herser et rouler pour obtenir l’ameublissement le plus parfait; n’employer que l’engrais qui, sous un moindre volume, eontient les parties les plus fertilisantes, telles que les matières fécales, les cendres végétales, les terreaux les plus riches; ces précautions prises, on doit, par un beau temps calme, semer dans les premiers jours de mai, lorsque les gelées ne sont plus à craindre, la graine de lin en sillons, à des distances très-rapprochées, et la recouvrir légèrement.
Si l’on désire obtenir une filasse fine et longue, on doit semer très-dru ; si au contraire on veut un fil fort, on doit semer clair ; si enfin on vise à la quantité et à la qualité de la graine, on doit semer encore plus clair. |
Aussitôt que le lin est parvenu à une certaine hauteur, il faut le sarcler avec soin, et répéter cette opération chaque fois qu’il s'élèvera des mauvaises herbes.
L'époque convenable pour le récolter est un point délicat ; car si la filasse la moins mûre est la plus soyeuse, elle est aussi la moins forte ; la plus mûre est celle qui produit le fil fort et la meilleure graine.
La manière de récolter le lin est de l’arracher par poignéés égales, d'en séparer les plantes étrangères, d’en secouer la terre qui se trouve aux racines, et d'étendre ces poignées sur la terre, les têtes tournées vers le midi.
Dès qu’elles paraissent suftisamment sèches, on enlève la graine, sans délai, en l’égru-
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geant, c'est-à-dire en passant les têtes au travers d’une espèce de rateau dont les dents sont fixées dans un banc sur lequel on s’anpuie.
Les principes du rouissage, applicables à toutes les plantes textiles, comme le lin, consistent à dégager, par la fermentation, les fibres corticales du glutin gommo-résineux qui les enveloppe.
Les eaux dont le cours est lent sont ordinairement préférables pour cet objet aux eaux rapides; celles qui sont stagnantes accélèrent l'opération, mais brunissent et tachent la filasse ; celles qui sont crues, séléniteuses, calcaires on minérales on conviennent pas.
On y place les tiges, en couches régulières,
par un temps chaud ; on les assujettit avec des pierres ; on les retire aussitôt que les fibres se séparent aisément de la partie ligneuse ; on les lave ensuite à l’eau courante, s’il est possible, ou dans d’autres, et on fait sècher promptement.
On peut aussi rouir le lin à la rosée sur les prés, ou dans des fosses, dans la neigé et aussi dans un bac rempli d’eau thauffée à 75 degrés, dans laquelle on fait dissoudre du savon vert.
On sépare les fibres de la partie ligneuse, au moyen d’une batte, et de la broye ; on fait ensuite sécher la filasse placée sur des claies audessus d’un feu clair ; on la met plus tard à l'abri dans cet état jusqu’à ce qu’on l’emploie.
La rotation des récoltes avec la culture du lin, est: lo. récolte fauchée en vert; 20. lin ; 30. froment ; 40. trèfle; 50. froment, |