‹ Traité d'agriculture pratique [microforme] (volume 4)Chapitre 1 sur 24 · PRÉAMBULE · texte numérisé non relu

PRÉAMBULE

1: plus ancienne et la plus noble de toutes les professions est,sans contredit, l’agriculture; surtout celle qui est comprise sous le titre de grande et moyennne culture, dont on va traiter ici, et que l’on propose d'introduire dans les Séminaires et Colléges que l’on désire voir établir dansles comtés de la province du Bas-Canada.

Comme il n’y a point d'état plus honnête et plus indépendant que celui du cultivateur, qu’il n’y en a point de plus propre à Fonéutée robustes défenseurs

de la patrie, on ne saurait trop faire pour l’encourager et l'améliorer.

L’impulsion donnée à Péducation, dans ce pays, est le moment le plus favorable, pour faire connoi-

tre aux cultivateurs les nouvelles méthodes, les améliorations et les perfectionnements introduits, dans l’agriculture, qui est l’art de cultiver la terre de la fertiliser, et de lui faire produire la plus grande quantité possible, sans l’épuiser, de grains, de fruits, et généralement tous les végétaux, qui servent aux besoins de l’homme et sont destinés à augmenter ses jouissances,

Elle se divise tout naturellement en trois classes, dont chacune a une occupation principale, une industrie et des moyens de culture particuliers, enfin une utilité distincte.

La 1è8t. est celle de la grande culture.

J a 2ème, est celle de la moyenne.

La 3ème. est celle de la petite.

On comprend dans la grande culture toutes les exploitations de terre qui exigent depuis deux jusqu’à douze charrues, et dont le principal objet de ses travaux est la culture des céréales,

Dans la moyenne culture, sont placés les petites fermes et métairies, où l’on cultive les céréales et où l’on s’adonnesouvent à l’éducation et l’engraissage des bestiaux et qui fournissent des œufs, des volailles, du beurre, du fromage,de la viande, des bestiaux &e.

La dernière classe est celle de la petite culture, qui comprend les travaux qui se font à bras d'homme, comme le jardinage.

Mais comme nous avons traité du jardinage dans Ja première partie, nous nous bornerons dans la seconde, à parler des deux premières classes généralement, sans distinction de grande et de moyenne culture, puisque ce que nous en dirons peut s’appliquer aux deux,et que dans le fait, nos habitants d’ici, s’adonnent généralement aux travaux et à l’industrie affectés en Europe pour chacune d'elles distinctement.

Pour procéder méthodiquement, je diviserai mon travail en sept chapitres principaux, dans lesquels j'introduirai différentes matières y relatives, comme suit :—

ler. Chapitre, des Animaux.

Le bœuf, le taureau, la vache et les veaux, le cheval, la jument et les poulains, le bélier, la brebis, et les agneaux, le verrat et la truie, le chien et la chienne, le chat et la chatte, le coq et la poule, les dindons, les otes, les canards, les pigeons et leurs petits ; on traitera de leurs qualités, de leur utilité, des soins qu’on doit leur donner, des maladies auxquelles ils sont sujets, et des remèdes dont on doit faire usage.

2e. Chapitre, des Bâtiments.

Maison, fourni, grange, étable, écurie, bergerie, laiterie, boutique, toits à cochons, poulaillier, pigéonnier, puits, latrines,

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3e, Chapitre, des Semailles.

Le froment, le seigle, l’orge, l’avoine, le sarrasin, le maïs ou blé-dinde, le topinambour, les pois, les fèves, betterave champêtre, carottes, chicorée, naveaux et panuis,

4e. Chapitre, des Clotures.

Pieux, perches, haies vives, palissades, plantations

d'arbres, parcs, barrières.

5ème, Chapitre, des Engrais,

Algues, charogne, charbon, chaux, compost, excrément, fumier, marne, paille, plâtre, tan, terreau, varec.

6ème. Chapitre, des Instruments aratoires.

Charette, charrue, faulx, faucilies, fleau, fourche, herse, pailassons, pic, pioche, rateau, tombereau, van.

7ème. Chapitre, des Travaux.

Alterner, agsolement, chaulage, défrichement, dessèchement, friche, irrigations, jachères, labour, prairie, récolte, succession de culture,

lèr. Chapitre, des Animaux,

Caevaz.—Le cheval est de tous les animanx domestiques, celui qui joint au plus haut degré, ‘utile et l’agréable ; aussi on en fait un grand eas, ei on en prend un soin particulier ; il mérite la préférence pour les travaux champêtres ; il double Île pas lent du bœuf et donne un fumier bien supérieur à celui de cet animal, et il est un objet de commerce avantageux ; pourquoi on ne saurait trop en recommander la multiplication et l’usage à tous les agriculculteurs du Canada.

La race du cheval Canadien est excellente ; quoiquepetits, ils sont robustes et pleins de feu ; s’ils étoient mieux soignés, dans leur enfance, ils seroient d’une plus haute stature, et conséquemment plus recherchés et d’une plus grande valeur ; il est reconnu

qu’ils soutiennent, mieux que ceux de l'Amérique, les chaleurs et les travaux des Antilles, où ordinairement ils sont transportés et justement appréciés.

Tout propriétaire qui désireselivrer à la propagation des chevaux doit d’abord se procurer un étalon

ui se rapproche le plus de la perfection, ainsi que es juments poulinières de belle taille,

Par ce moyen on se procure de beaux poulains, auxquels on doit porter des soins particuliers. comme de les bien nourrir, de les tenir à l’abri des froide l'hiver, et des grandes chaleurs, l’été ; ne les point faire travailler avant qu’ils soient parvenus à leur grandeur, et n'aient acquis de la force pour sup.

orter le travail ; encore doit-il être modéré dans es commencements et augmenté petit à petit.

On ne doit les laisser teter que six à sept mois ; si, par quelque accident,les mères ne peuvent les al. laiter, on les élève aussi facilement que les veaux, en les faisant teter, avec les doigts, du lait de jument ou de vache,

Quand on veut les sevrer on les sequestre des mères, on les nourrit au foin, en leur donnant de l’eau blanche, mais jamais le son avec lequel, elle a été faite ; on le donne aux cochons,ou aux volailles ; si on Jesmet à l’herbe, on doit leur faire un enclos à part ; quand on les tient à l'écurie il faut qu’ils y soient sèchement, leur oter la litière tous les jours, et les brosser tous les deux jours ; on ne doit les étriller qu’au bout d’un an, et légèrement dans les commencements ; on les nourrit au foin et aux grains concassés dans les principes.

Les chevaux et les juments doivent êtres nourris au fin foin, étrillés tous les jours, et changés de litière; leur écurie doit être bien añrée et balayée tous les jours ; c’est le meilleur moyen de les tenir en bonne santé et de leur faire éviter les maladies aux

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quelles ils sont sujets, comme l’enflure des jambes, l'obésité, le gras-fondu, la foulure et diverses maladies de Ja peau, la gourme et la pousse.

L'osésiré, est la corpulence et l’excès de graisse : les causes sont le repos continuel et les plantes et semences mucilagineuses qu’on leur prodigue: on doit dans ce cas retrancher la nourriture trop riche, leur donner de la paille et du son, les promener tranquillement une heure matin et soir, et augmen-

ter tous les iours le temps et les difficultés de l’exercise,

Gras Fonpu.—Cette maladie se manifeste par le dégout, l'agitation, l'inquiétude, l’action de se coucher, et de tegarder sans cesse son flanc ; le battement, plus ou moins violent de cette partie; mais le signe le plus certain de cette maladie est une excrétion de muscosité ou de glaire épaisee, que le cheval rend par le fondement. Cette maladie provient ordinairement de purgatifs violents.

Le gras-fondu est quelquefois accompagné de la courbature, ou de quelqu’autre maladie aiguë, ou de la fourbure ; lorsqu'elle est simple, il est rare que les suites en soient funestes ; elle cède néanmoins, dans tous les cas, à un traitement méthodique et prompt, qui consiste dans des saignées répétées, dans des breuvages et des lavements émollients et . rafraichissants,

La FourBuRE est une maladie commune dans les chevaux, moins fréquente et moins dangereuse dans les bœufs et les moutons.

Le siège de la fourbure réside dans l’intérieur du sabot ; les symptômes sont la marche boiteuse de Panimal : il allonge une des jambes en avant, il craint de poser le pied sur le terrain ; la douleur du pied malade ; la chaleur de la couronne, et souvent

eclle du sabot , le battement des deux artères latérales ; l’engorgement des tendons et de leurs gaines.

Cette maladie entraine une multitude d’altéra: tions dans les articulations, cause la gangrène, et fait tombor le sabot.

Le traitement de la fourbure, si elle est causée par la raréfaction des liqueurs, demande des saignées copieuses et brusquées, dans le principe, ainsi que des salins étendus dans des décoctions de plantes acides.

Si la fourbure provient d’un repos constant, elle me des sudorifiques moins actifs, et des purgails,

Si le mal n’a pas défiguré le sabot, et que la douleur du Fe soit peu forte, on conduit le cheval à l’eau, où on bassine les extrémités, ou bien à la

maison dans de l’eau fraiche vinuigrée, et mêlée de

sel ammoniac.

Si les parties sont bien affectées etdouleureuses on doit scarifier verticalement et profondément la couronne dans toute son étendue,et on tient le pied saignant dans l’eau jusqu’à ce qu’il ne seigne plus ; quand il est retiré ét sec or remplit l'intérieur du pied de plumasseaux imbibés,d’huile de laurier bien chaude, et on enveloppe la couronne, le talon et le sabot d’un cataplasme de suie de cheminée,bien cuite et pulvérisée, délayée avec du fort vinaigre, que l’on doit humecter, avec du vinaigre, toutes les quatre heures,

Les MALADIES DE LA PEAU, sontles DARTRES, LA GALE ET LE FARCINe

On distingue deux sortes de dartres, l’une farineuse et l’autre vive. |

On reconnait la première, lorsqu’en écartant le poil de Ja partie affectée, on découvre une multitude de

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etites pustules presque imperceptibles, le poil tom: Fe peu à peu, et la peau se couvre d'écailles quise dissipent sous la forme d’une poudre blanche. La seconde se reconnait à la tumeur brûlante formée de petites pustules réunies et enflammées; la matière qui en découle cause beaucoup de douleur à l’animal, ilse gratte si fréquemment qu’il s'oppose à la guérison des plaies,

On attribue la cause des dartres aux écuries humideset mal-propres, à la boue des rues, aux travaux excessifs l'été, aux mauvais aliments et surtout à la disproportion du sujet:

Comme cette maladie se communique, il est bon que ceux qui soignent les animaux dartreux prennent des précautions pour ne la point prendre, et mettre duns un apartement séparé les animaux qui en sont malades.

Le traitement des dartres farineuses est le même que celui du farcin indiqué plus bas ; celui des dartres vives est de n’appliquer aucun remède extérieur, de faire une petite saignée, de mettre le malade à la paille et au son mouillé, dans lequel on ajoute deux onces de souffre par jour, si c’est un cheval ou un bœuf ; si c’est un poulin, un veau, un mouton, on n’en met qu'un once ;on donne pour buisson de l'eau blanche,du petit lait, on de l’infusion de réglis- 8e: les bains conviennent aux chevaux ct aux bœufs; on leur en fait prendre vingt dans huit jours et on les y tient plusieurs heures : en outre les dartres doivent être lavées trois fois par jour, avec une forte infusion de réglisse, tenant en dissolution un gros de sublimé corrosif pour ‘une livre et demie d’infusion, et on couvre la partie affectéo pour Îla défendre des injures de l’air.

La GaLe est une maladie éruptive, à laquelle

tous les animaux domestiques sont sujets, surtout los chiens,

Il parait que le séjour des animaux dans les écu- ani

ries mal-saines, et une nourriture de mauvaise qua- | cot lité en sont très souvent les causes. Î ou La première attention, lursqu’un animal enest }Æ por attaqué,est de Le séparer desautres,de lemettredans M onc un lieu sec et airé, et de lui donner une nourriture M dia rafraicüissante. 7 dan La gale se guérit plus facilement en été qu'en U hiver, et dans les jeunes animaux que dans les #5 onf vieux. rem Il y a plusieurs sortes de gales: la moins dan. # effet ereuse est celle occasionnée par les insectes appe- (br ées acares. 1 breb Les frictions de soufre dissous, de mercure dé- # L: teint dans de la graisse, et encore mieux l’action di- #4 bout recte du gaz acide sulfureux, en débarassent Pani. + que] mal en peu de jours. + unes Les autres gales tiennent à l’âcreté des hu- A tres meurs ; leurs symptômes extérieurs sont, d’abord la #5 lons rougeur et la démangeaison de la partie affectée, 1 0 quelquefois des écailles blanches, ensuite des trous PS laut ou des fentes superficielles, d’où sort une humeur PP consé très âcre ; les poils tombent en tout ouen partie. ES est af

Lorsque la gale est arrivée à ce point, tontcs les humeurs se détériorent, il n’y a plus de sommeil, les aliments ne profitent plus, et l'animal meurt étique.

Le premier moyen curatif, après avoir mis l’ani- M mal dans l’impossibilité de se gratter, c’est de lui PA couper le poil sur la partie affectée, de la frotter M goit avec un linge rude, une brasse, une étrille, ou En yne lame de couteau, et de la couvrir d’un linge im. PM bibé d’une décoction de mauve, ou guimauve, qu’on répète jusqu’à quatre fois par jour.

Pendant ce traitement on donnera à l’animal un P! breuvage, dans lequel on aura fait fondre un once Pi de nitre, et deux de tartre ; une pinte pour les gros À

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animaux, el un demiard pour les petite, est la dose convenable, chaque jour le matin ; tous les trois ou quatre jours, si son effet n’est pas marqué, on pourra vue à ce régime un bol composé d’une once de fleur de soufre,et de-quatre gros d’antimoine diaphorétique non lavé et en poudre, incorporés dans du miel,

Une infusion de tabac dans l'urine humaine, dont on frotte deux fois par jour la partie galeuse, est un remède vulgaire qui.produit souvent d’excellents effets, ainsi que l'emploi de l'huile empyreumatique, (brûlée) surtout pour les petite animaux, comme les brebis, |

Le FarciN consiste dans une éruption cutanée de boutons ronds, ou de tumeurs longues et étroites, que l’on désigne sous le nom de cordons ; quelques. unes de ces tumeurs #abcédent et suppurent, d'autres se résolvent, d’autres se terminent en duril- : lons et forment des ganglions.

On distingue deux sortes de farcins, l’un malin et l’autre benin ; tous deux sont contagieux et exigent conséquemment l'éloignement de. Pauimal qu en est aflecté.

Les causes sont, 10. Le long repos. 20. Une nourriture abondante. 30. L’avoine.et le foin nouveaux, 4. Le contact d’un animal attaqué du far. cin, 5, le séjour dans des écuries mal-propres, humides, et infectées par des animaux farcineux, 60. Le passage subit de Pair dans l’eau, et de l’eau à Pair froid.

Le vrai remède de cette maladie n’est pas encore découvert ; on emploie, en attendant, la saignée, on tient l’animal à un régime très doux, au son, à l'eau blanche, ; on lui administre des lavemens émollients, des breuvages purgatifs, dans lesquels on fait entrer l'aquila a’bà diaphorétique.

Outre ces remèdes extérieurs, on est quelquefvis

obligé d’en employer d’intérieurs,. l’onguent: d’althea, ou l’onguent napolitain, dont on frotte légèrement les tumeurs,

L'extirpation des boutons ou des cordes du farcin est recommandée dans le eommencement du mal, avec un instrument tranchant, ou la cautérisation, avec le cautère actuel.

La Gourme.—On ne connait pas la cause de cette maladie, il semble que c’est une crise que les animaux doivent éprouver dans leur jeune âge.

Elle se manifeste par un simple écoulement d’humeur, par les naseaux, avec, ou sans fièvre, avec une toux ; lorsquelle est sans ces accompagnements, elle est facile à guérir.

On met le malade à la paille et à l’eau blanche ; |

on lui enveloppe la ganache d’une peau d’agneau, la: aine en dedans, après avoir fretté les glandes lymphatiques avec un peu d’onguent d’althéa.

Si au milieu de la glande engagée on sent une pelotte dure, et que la douleur soit vive, il faut favoriser la formation du pus, en appliquant un catanlasme de quatre oignons blanes et quatre poignées de feuilles d’oseille, le tout cuit et incorporé dans du saindoux.

Quant à la gourme accompagnée de fièvre, de dé.

gout, de tristesse, de battement de flancs, de toux |

art de difficulté de respirer.elle est plus rebelle;

a saignée est utile dans ce cas, lorsque surtout l’in- |

flamation est contidérable. Des décoctions de plantes émollientes en vapeur,en injections et en cataplasmes font un grand bien : dislqtetoie un cautère, ou un séton, devient indispensable.

La Pousse est une maladie dont la nature et le

siége sont inconnus; elle est caractérisée par des signes assez faciles à saisir quandils sont portés au dernier degré, mais difficiles quand l'affection n’est pas grave.

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‘Le symptôme le plus appareat est une certaine géne de la respiration:dans le tems de l'inspiration l’élé. vation graduée et regulière des'eôtes,tandis que dang l'expiration le mouvement d’abaissement est à peine commencé qu’il s'arrête subitement, s’interrompt pour recommencer et achever de se faire ensuite tranquillement ; c’est là les signes caractéristiques de la pousse.

Les causes'présumées de cette maladie sont le trop de nourriture, une nourriture échauflante et continuellement sèche, un exercice trop fort immédiatemen après la réplétion de l'estomac, enfin l’héré-

ité.

Il n’y a point de remède à cette maladie dont la bonté ne soit contestée. Le seul propre à faire servir long-temps l'animal qui en est aflecté, est de lui donner des aliments qui, sans être -échauffanta, donnent, sous un petit volume, beaucoup de matière nutritive, telle que les navets, le foin ou la luzerne coupés et donnés en vert ; à supprimer le foin sec, à le 1emplacer par de bonne paille et à les “éloigner de la reproduction. |

Les Bœurs sont des taureaux châtrés, ou tournés comme on dit en Canada ; en leur fait cette-opération pour les rendre p'us dociles et traitables, aussi entire-t-on de grands services ga les travaux champêtres et un bon prix, quand ilsne peuvent plus en rendre, en les vendant aux bouchers : ils méritent donc à ces égards les soins des bons cultivateurs,

La race bovine, quoique d’une moyenne taille dans ce pays est bonne, les bœæufs sont forts et dociles,et les vaches bonnes laitières ; le seul reproche est leur petite taille.

Pour corriger ce défaut et faire leur profit, les habitants doivent en améliorer l’espèce par le choix des plus beaux taureaux du pays ou de l'étranger, n’éls-

phoamus à Sos ones nt med D Dati 4 ep mis EN TR RD nt ET Mel ocmme nr 225 3 SR de

ver que les plus besux écrois ; par ce moyen, èt dans peu d'années, ils se trouveront avoir de beaux et bons animaux qui par leur force rendent de plus-grands services, et par le haut prix qu'ils otiennent dans

les marchés, récompensent amplement les peines et soins qu’on leur aura donnés.

|» Le choix d’un taureau est d’une ‘plus grande im-

: Mers.

portance qu’on ne s’imagine : le croisement des animaux est reconnuêtre un moyen certain d'améliora. tion de l’éspèce ; les habitants aisés et qui entendent leurs intérêts doivent sacrifier quelque chose pour se procurer un taureau anglais ou américain; et

orter aux écrois une attention et des soins particu-

Ils doivent se ressouvenir du proverbe qu’on

n’a rien, sans peine.

La nourriture ordinaire des bœufs pendant l'hiver

. «est la paille, à laquelle leg .cultivateurs, qui enten-

dent bien leur intérêt, ajoutent, de tems à autre, du

- ‘foin, même des naveaux, des patates et autres légu- . mes, afin de les trouver le printemps en état de re-

prendre les travaux ; ils ont soin ‘de tenir leurs étables propres et bien airées, d'enlever leur litière sou-

vent pour éviter les maladies que leur mal-propreté Cause : ils les font sortir toutes les fois

ue le tems . Je permet, les menant à l’abreuvoir, deux fois par jour k . vla soigneusement quand Île temps est :" froid.

‘+ On devrait leur- nettoyer le corps quard ils sont .+8ales : le pansement de la main leur est aussi utile . et salutaire, qu’aux chevaux.

ha en doit:faire autant pour le taureau et les va- «Ches.

Si on veut-tirer tout le profit: possible des vaches

. €t leur faire donner beaucoup de lait, outre la nourn-

“ture ordinaire aux bœufs, on ajouté deux bouëêttes

‘par jour, matin et soir, de son mouillé ou de légumes «:tuits ; on doit les traire. deux fuis par jour.et ne

dans «. cesser qu’un mois ou deux avant qu'elles vèlènt ; on , bons doit les surveiller, en tout temps, mais plus partirande éilièrement quand elles sont: prêtes à véler ;fces dans - soins doivent être doublés quand elles ont des veaux; nes et ces faibles animaux demandent à les partager avec ‘ leurs mères, et comme ces soins sont les mêmes que e im- ceux déjà indiqués pour ‘lesjuments et les pouls, esani- À on doit ÿ avoir recours et s’y conformer, éliora. : Les moladies de la race botinc: sont presque tes enten- mêmes que celles des chevaux et'se sbignènt de méchose me ; mais une maladie plus particulière ‘aux bêtes à ain; et cornes eët le CHarson. L'’inflamation la plus vive articu- et la plus prompte à dégénérer en abcès de mauvaip qu’on se qualité,en gangrène, constitue le caractère essen- * tiel du charbon. On en distingue deux espèces, l'une l'hiver - simple et l’autre maligne ou peëtilentielle. enten- ‘ Le charbon simple se manifeste pur une élévation tre’; du sensible et prompte sur la-peau de l'animal, accoms légu- pagnée d’une grande: chaleur » peu de temps après,le de re- milieu de la tumeur s’affaisse devient moins sensible rs éta- et douloureuse et se remplit d’une tumeur purüiente ; re sou- ensuite la gangrène se manifeste si l’on n’y remédie, et les bords dela partie gangrenée restent durs et en- . flammés peudant quelque temps. Durant le cours de la maladie lés fonctions vitales languissent un peu, sans que les fonctions de lestomac en souffre une altération marquée.

” Le trop long séjour dans des étables mal propres, la mauvaise qualité des eaux et des alimens, la trop grande chaleur de l’atmosphère et la disposition particulière de lanimäl, sont les causes ordinaires de cetle maladie, . Douze heures après ‘Vappirition de la tumeur il “faut couper le poil‘et appliquer sur la partie un on- ‘guent fait avec: un demi-once de mouches cantha- Tides et autant d’euphorbe, incorporées dans trois «onces" d'onguent-de-laurier : ce -remède est-il -sans

effet, on doit alors pratiquer dans différens endroits de la tumeur de profondes sacarifications et appliquer de nouveau les vésicatoires, en ayant soin de les faire entrer dans les incisions et d'augmenter l’action de l’onguent, en présentant à la partie une pelle rouge. L'escarre étant tombé,on panse l’ulcère avéc le digestif animé avec de l’eau-de-vie camphrée jusqu’à parfaite guérison.

Un recommande comme un spécifique assuré, des teuilles de menthe pilées avec de l’huile et appli. quées trois à quatre fois par jour sur le bubon si faute d'avoir été prise à temps, la maladie continue à faire des progrès, on fait prendre à l’ânimal des potions faites avec des feuilles de menthe et de la theriaque bouillies dans du vin blanc.

Le charbon de la seconde espèce s'annonce par le dégout, le tremblement, l'abattement des forces, da fièvre et une chaleur manifeste aux oreilles, aux cornes, aux extrémités, qui précèdent léruption et qui persiste quelque fois après ; d’autres fois cette <haleur ne se manifeste que là où doit se montrer la tumeur, quoiqu’il en soit, dès l’apparition de la tu. meur il faut proeéder sur le champ à l’amputation €t à toucher les taches de gangrène avec un fer rougi jusqu’au vif; ensuite panser l’ulcère avec un -onguent de deux onces styrax, de deux drachmes de ‘terebenthine et d’une drachme de quinquinna en

“poudre, Si l’ulcère tendà suppurer, on suppurs, il

suffit de donner un breuvage d’un once de theriaque

-d’une demi-livre de décoction d’oseaille et d’une de-

mi-once de camphre dissous dans de l’eau-de-vie ; #ila suppuration est imparfaite, si le pus est san-

-guinolant, dissous et fétide,il convient d’avoir recours au breuvage d'assa fétida, de gomme ammoniac,

à la dose de demi-once de chaque, bouillie dans une divre de bon vinaigre. Si malgré ces remèdes la imortification fait des progrès, on doit administrer le

quinquinna, l’épicacuanha, le camphre, dans une décoction de genièvre macérées dans le vinaigre. La plaie se panse avec le digestif plus ou moins animé, jusqu’à parfaite guérison, L’ulcère cicatri trisé, on achève la cnre par une médecine d’un once de feuilles de sené, sur laquelle on jette une livre d’eau bouillante, on y ajoute un once d’aloës et deux :, drachmes de camphre afin d’entrainer au dehors an” reste d’humeurs.

Le BéueEr est le mâle de la brebis et le mouton est le bélier châtré.

Ces animaux dans le pays sont petits et peu char-

és de laire. Leur seul mérite est d’ètre exempts

es maladies épidémiques qui attaquent si fréqueme ment les troupéaux d'Europe.

L'intérêt des cuttivatenrs ici est d’en améliorer

l'espèce au moyen de beaux béliers étrangers, on la

renouvelle en se procurant des Merinos, qui les dédommageront amplement par Pabondance de leur laine, le haut prix: de leur viance dans les marchés, qui doublent le produit des nôtres.

La nourriture des moutons, l'été, se trouve dans jes paturäges, celle d’hiver consiste dans un peu de foin, dans du pesas et quelques racines-et plantes lé:gumineuses, comme patates, naveaux, carottes, feuilles de choux, à.-quoi on ajoute par fois de l’avoiue et de l'orge moulus.

La partie la plus précieuse de ces animaux est I& laine. La blanche est la plus estimée,

Ea tonte s’en fait le primtemps, lorsque les grands froids ne sont plus à craindre. Lorsqu'elle est achevée, on la plie et lie, avec de la paille : on la tient en bottes dans un endtoit sec, à l’abri du s0leil et de la poussière. Les laines se conservent plus longtemps en suint que dégraissées, en sorte qu’on daoitles garder. dans cet état jusqu’à ce que l’on veuille les employer,

La première dépuration de la laine et qui'enlève la presque totalité des ordures est, après avoir tiré les diverses sortes de laine qui compusent une toison, de les mettre séparément dans des paniers, qu'on place sur«le courant d’une rivière. ou d’un ruisseau, que : l'on ‘aetire et plonge de temps en temps, avant soin-de remuer la laine avec un rateau à dents de bois, jusqu’à ce qu'il n’en sorte plus d’or. a ré alors on les retire et on les fait.sécher au 80eil.

La seconde opération, avant de l’employer, consiste à faire chauffer un bain composé de deux tiers d’eau et d’un tiers d’urine, au point qu’on y puisse pourtant tenir la main sans la brûler, dans lequel on met la laine ; on l’y laisse une demi-heure ; ayant soin de la remuer avec une fourche de bois; on l’en retire ensuite, on l’égoute, on la lave par. petite quantité dans une rivière, ou u-ruisseau, jusqu’à ce qu’elle ne trouble plus l’eau, et on la fait sécher avant de l’employer.

Si on n’est pas à portée d’une rivière ou d’un ruis. seau, on plonge les paniers remplis de laine dans une cuve pleine d’eau claire, qu’on renouvelle jus: qu’à ce qu’elle ne soit plus troublée par ce lavage.

On doit avoir un œil attentif sur les brebis prêtes à mettre bas; les tenir séparées des autres, les mieux nourrir afin de les mettre en état d’allaiter leurs agneaux.

Aussitôt après la naissance de ceux ci, il fant leur donner une litière sèche,s’ils naissent dans la bergerie, et si c’est au champ, les ramener doucement au logis; ne les point exposer, ni leurs mères, à la pluie ; ne les point mener au champ, tant qu’il y a de la rosée, |

On sèvre les agneaux à deux mois, quand ils naissent dans le temps des herbes, et plus tard quand i!s naissent avant ; on les sépare pour cela de leurs mè-

nlève

r tiré e toiniers, d’un ps en ateau | d’or.

Au 80e

y CONxtiers puisse uel on ayant on l’en

petite

jusqu’à sécher

res qu’ils oublient facilement ; on châtre less mâles à deux mois ; quelques-uns recommande de couper la queue à trois ou qua:re doigts dela naissance #t les cornes aux béliers, trFins

Ces animaux sont sujets aux mäladies épidémiques déjà décrites pour les chevaux et les bœufs, mais plus particulièrement au charbon, au claveau, au mal rouge, à la pourriture, aux diarrliées, que nous allons signaler pour en éviter les funestes effets. yat Le CHARBON Des Mourons diffère de celui qui affecte les autres animaux, en ce qu'il se manifeste aux parties dénuées de laine, par un gros bouton, dur et âpre, dont le centre est noir, qui fait des progrès rapides, et parvient à la grandeur d’une piastre ; vers le milieu et tout autour de cette tumeur enflammée, il s'élève des vessies remplies d’une sérosité âcre, caustique, qui en coulant fait l’effet d'un corrosif, et communique le mal aux parties voisines ; quelquefois les environs de cette tumeur sont de couleur livide, et donnènt des marques visibles de gangrène.

Ce mal est contagieux, et exige conséquemment qu’on tienne à part les bêtes qui en sont atteintes. Lorsque le mal est accompagné de la fièvre, l’animal est abattu, ne rumine plus, et meurt quelquefois le second jour, surtout lorsque le charbon s‘affaisse tout-à-coup, ou qu’il est accompagné du flus.

Aussitôt que le charbon se manifeste, il faut l’amputer, ou le scarifier avec un instrument tranchant, pour le faire dégorger et empêcher les progrès de la gangrène ; le cerner ensuite avec l’esprit de vitriol, oule beurre d’antimoine ; étuver la partie avec de l’eau-de-vie camphrée, ou avec une décoction de rue, ou de quinquina, une infusion de sabine et de sauge saturée de sel ammoniac, dans du bon vin; toucher toutes les parties livides avec

l'esprit de vitriol ; faciliter la chute de lescarro avec du beurre; aussitôt tombéo panser la plaie avec le digestif ordinaire; laver la plaio, à chaque panse. ment, avec du vin chaud ; donner, dans le cours de la maladie, si la fièvre n’est pas forte, des breuvages de deux drachmes de gonièvre dans un verre de vin, et terminer la cure par un purgatif de deux dachmes de feuilles de séné, de pulpe de tamarin, et de sel de nitre, sur lesquels on verse une demi- Jivre d'eau bouillante. | CLAVEAU, connu aussi sous les noms de clavelie, este, picolte, verole, bête &c. est une maladie bien craindre ; elle fait des ravages plus considérables qu'aucune autre ; elle a des effets aussi funestes sur les animaux que la picotte sur les hommes ; on prétend même, que comme la picotte, elle ne s’attrappe qu’une fois, et qu’elle peut s'inoculer.

On conseille, pour arrêter les progrès de cette maladie d’assommer les premiers animaux qui en sont attaqués, et do les enterrer profondément avec leur peau, tant la contagion de cette épidémie est redoutable.

Avant d’avoir recours à un moyen aussi violent, la prudence veut que l’on constate la maladie.

On distingue deux sortes de claveau, l’un benin et l’autre malin ; ce dernier est confluant, c’est-àdire, que les boutons sont petits, abondants et ser rés les uns contre les autres ; les symptômes en sont plus graves ; l’éruption est incomplète, Îles boutons s’applatissent, se dessèchent, noircissent, sans contenir de pus ; une morve épaisse découle des narines ; la tête enfle, les yeux se ferment, la respiration devient pénible, les animaux en reviennent rarement.

Au premier symptôme de la maladie on doit séparer les bêtes qui en sont attaquées des autres ; on place des baquets plein d’eau, aiguisée de sel marin

et de nitre dans laquelle on jette quelques poignées do farine de. fèverolles, ou de recoupes, avec un mélange d'avoine, de son gras, de souffre, afin de nour: rir celles qui auront faim; ,

S1 à la suite de la maladie, il survient des dépots, le berger les ouvrira, lorsqu'ils seront à maturité, et les pansera avec un mélange ce térébenthine et de jaune d'œuf. . -

Ma Rouce.—Cette maladie attaque tous les ans les bêtes à laine en Europe et comme elle peut se communiquer ici, il sera bon de la connaitre pour remédier à 8e8 ravages.

On s’en apperçoit à la marche lente des bêtes qui en sont atteintes,elles s'éloignent du troupeau,en ne brouttant que la pointe des herbes, reviennent à la bergerie lo ventre plat, l’air triste, les oreiles basses etla queue pendante ; si on les examine, on leur trouve l’œil terne, larmoyant et presque couvert ; le pue et les vaisseaux qui s’y distribuent, les lèvres,

es gencives et la langue blanchâtres, ou livides ; les

urines rares et coulant lentement ; la tête est souvent gonflée ainsi que les jambes de devant ; elles cherchent l’ombre.

Quand le mal est dans sa force elles portent la tète basse, jusqu'à plonger le museau dans la terre : lépine du dos se courbe ; les quatre pieds se rapprochent ; les bêtes restent immobiles et meurent. Cette maladie dure de six à douze jours.

Lorsque cette maladie est déclarée,on doit essayer sur les bêtes qui ne sont pas désespérées quelques NY remèdes, comme plusieurs verres d’une décoction L d’écorce moyenne de Sureau ; quelques jours après

On remplacera cette décoction par une autre faite avec la sauge, l’hyssope ou toute autre plante aromalique, en y joignant un gros de sel de nitre, ou deux gros de sel marin par pinte d’eau, On aura

soin de ne point expONE les bêtes malades au froid, ou à la pluie. à. 10

La PounriTuRre afféêi@ particulièrement les bêtes à laine, c’est une véritabfe cachexie. k

Le tempérament mouêt pituiteux des bêtes à laine est une des causes dé”leur disposition à la pour. riture ; le régime et l’intémpérie des saisons en sont aussi des causes ; pourquoi on doit éviter de les conduire dans des paturages humides, marécageux et couverts de rosée.

On peut prévenir cette maladie en évitant les causes qui y donnent lieu, c’est-à-dire qu'il faut éloigner les troupeaux desterrains humides et marécageux, ne les conduire aux champs que dans les beaux moments de la journée et lorsque la rosée est dissipée ; les mettre à l’abri des pluies et des brouillards ; leur donner une nourriture saine, telle que du trèfle, de la bonne paille, soit de froment, d’avoine ou de seigle, arrosées avec de l’eau dans laquelle on aura fait fondre du sel ; ne les abreuver que d’eau pure, éviter celles qui sont froides et dures ; les tenir proprement, enlever les fumiers et airer.

On leur donne un opiat de racine de gentiane pulvérisée, depuis un demi-gramme jusqu’à un décagramme, incorporé avec suffisante quantité de miel, on ajoute quelques pincées de sel, un ou deux grammes de carbonnate de soude,

Une autre maladie particulière aux moutons est la pourriture de leurs pieds, qu’on peut regarder comme analogue au panaris des hommes, et elle est contagiense,

Elle se divise en trois degrés : dans le premier les bêtes boitent peu, elles sont sans fièvre et conservent l’appétit. L’inspection du pied n’offre qu’un pen de rougeur à la réunion des doigts et ie Hégtr

suintement autour du sabot, quelquefois même seulement de la chaleur. | |

à froid,

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lant Îles il faut y et medans les rosée est 8 brouiltelle que ent, d’adans laabreuver

Les brebis qui ont ln maladie au second degré, boitent tout bas, ont de la fièvre, paraissent tristes, mangent mollement et souvent à genoux.

Lorsque la maladie est arrivée au troisième degré, la fièvre est continue, la tristesse et la maigreur des bêtes augmentent, elles so lèvent avec difficulté, leur laine tombe, des dépots purulens se forment sous le sabot, rongent la totalité de la chair, le font tomber, carient les os des pieds : la puanteur devient insupportable et l’animal meurt,

Si donc les brebis paraissent boiter on en examinera la cause, et dans le cas où l’on reconnaitrait cette maladie, on les mettra à l’infirmerie ; on épo . gera le suinteinent sanieux, avec l’eau de Goulard, ou on y appliquera de la poudre de vitriol,de cuivre; on enveloppera le pied,

Dès que Fon aura découvert par des tâtonnemens le point où est l’abcès, on ouvrira le sabot, avec un canif, et un pansera avec de l’eau de Goulard, ou avec l’acide nitrique, ou muriatique affüibli. Il ne faut pas craindre de tailler dans le vif : tous les jours on fait un pansement.

Quand la maladie est prise à temps, ilest rare que cinq à six jours ne suffisent pas pour guérir l‘animal ; mais comme cette maladie est sujette à de fréquens retours il ne faut pas se presser de cesser le traitement ni de remettre l’animal dans le troupeau.

La DiaRRHEE, ou dévoiement, est une maladie dans laquelle les matières fécales sont évacuées plus fréquemment que dans l’état naturel et sortent sous une forme liquide,

La diarrhée qui survient aux moutons et en fait périr un grand nombre, provient d’une indigestion, d’une nourriture trop humide, peu propre à rétablir les forces de l’animal, ou gatée ou moisie, qui altère les sucs digestifs et débilite l'estomac.

: Lorsque la diarrhée n’est point accompagnée de

fièvre, de dégout, de tranchées, ou d'autres accidents, on doit la regarder comme un bénifice de la nature et ne pas s’empresser de l'arrêter, On la laissera donc durer trois à quatre jours; après quoi il faudra donner, de temps en temps,de l’eau de tiz,ou bien, si on veut couper court, un gros de thériaque dans un demi-verre de bon vin.

Coco, ce quadrupède est remarquable par sa conformation, ses habitudes, sa lascivité et sa gloutonnerie. Il prospère dans toutes les contrées et est peu difficile dans le choix de sa nourriture.

L'éducation des cochons est d’une facilité extrème ; les bénifices qu'ils donnent sont incontestables ; sa chair, son sang, ses entrailles, jusqu’à son poil, tout est profitable, son fumier même est un engrais puissant, Ils fournissent dans les métairies une … viande prête à devenir un mets fondamental du repas, ou à assaisonner les herbages, les légumes et les racines potagères, dont l'usage convient anx cultivateurs.

Quoiqu’ils paraissent avoir du plaisir à se vautrer :

dans la fange, cependaut ils n’engraissent jamais däns la malpropreté ; en sorte qu’il est avantageux de les laver souvent à grande eau, et de les tenir nets en enlevant leurs ordures et leur donnant souvent de la litière, quand ils sont renfermés dans leur sout,

JL y a plusieurs races de cochons, la première est celle à grandes oreilles ; mais comme elle n’est ni robuste ni féconde, on a donné la préférence à la seconde, quoique moins robuste, parcequ’elle donne plus de profit au cultivateur, qu’elle s’engraisse plus facilement et plus promptement. Elle a la tête longue et grosse,le front saillant et coupé droit, l'oreille large et pendante. La troisième race a le poil noir et rude, le cou court et gros, le corps large æt ramassé., C'est du croisement de tes races qw’eñi

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sortie la race pie, fort répandue dans le pays et la plus estimée. Elle se distingue par les couleurs du poil mélé de blanc, de noir et de roux.

Un cultivateur qui entend bien ses intérêts doit avoir soin d’améliorer la race de cochons qu'il possède, si elle n’est pas la meilleure : s’ils sont de la meilleure race il doit la propager, en faisant choix d’un bon verrat ; et à cette fin il en choisira un qui ait les yeux petits et ardens, la tête grosse, le cou grand et gros et les jambes courtes et grosses, le corps long, le dos droit et large, d’un an et demiou de deux ans.

I doit choisir des truies conformées comme le verrat, du même âge, d’un naturel tranquille et fécondes, avec un ventre ample, des mamelles longues et nombreuses et des soies douces. Elles portent cent treize jours. Leur portée est de huit à douze petits.

Aussitôt qu’elles sont pleines, il faut les séparer du verrat et augmenter leur nourriture non pas au

oint de les engraisser, mais simplement pour qu’eles aient suffisamment du lait pour allaiter la famile le naissante.

Quand elles sont délivrées il faut les fortifier en leur donnant un-mélange d’eau tiède, avec du lait et de l'orge ramollis par la cuison, et ensuite tout ce qui sort de la cuisine et de la laiterie qu’on laisse gurir exprès.

Les premiers soins qu‘on donne aux cochonnets est de les accoutumer à teter : au bout de trois semaines on doit en ôter quelques-uns et n’en laisser à chaque mère que six ou huit.

Au bout de deux mois on les sèvre et les sépare des mères : on leur donne du petit lait chaud, dans le commencement, dans lequel on délaie du caillé, du son gras, de la farine d’orge, de seigle ou de bléd'inde, Un mois après on augmente leur nourritu

re de feuilles de choux, de patates et d’autres racines potagères ; on doit les accoutumer petit-à-petit au régime ordinaire:

L'âge pour mettre ces animaux à l’engrais, est lorsqu'ils ont acquis tout leur développement.

Les moyens pour les engraisser sont au nombre de cinq. Le premicr est la castration ; le second le repos ; le troisième la nourriture ; le quatrième la saison, et le cinquième les soins.

L'opération de la castration peut se pratiquer à tout âge ; mais plus l’animal est jeune, moins les suites en sont dangereuses ; on doit choisir un temps doux ; car la chaleur ou le froid rendent la plaie dangereuse : le verrat, les truies et leurs petits doi. vent être châtrés, avant l’engrais, sans quoi leur chair serait dure, coriace, de mauvais goût et peu économique.

Comme le repos convient pour hâter la graisse, on place les cochons à l’abri de la lumière et du bruit, dans une sout éloignée des grondeurs.

Les semences farineuses sont, sans contredit, les matières les plus efficaces pour l’engrais : on choisit celles qui sont les moins chères et les plus communes dans le canton : ce qui parait convenir daventage est la diversité des aliments cuits et réduitsà une certaine consistance. L'expérience a appris que l’usage du soufre mêlé avec de l’antimoinc ais dans leur manger, leur était utile,

L’antomne est la véritable saison pour mettre ces animaux à l’engrais, elle est plus abondante en fruits sauvages ct cultivés, elle fournit les débris des récoltes, les balayures et les criblures des grains, les plantes des jardinages &c.

Un des soins est de dispenser la nourriture, ainsi que la boisson, dans des formes et des qualités et à des heures reglées. Les deux ou trois premiers ours, on ne doit Îles nourrir que faiblement pour

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exciter la faim ; à mesure que l’on approche du terme de l’engrais et que l’animal gorgé d’aliment n’a plus d’appétit, il faut délayer dans l’eau de la farine moulue grossièrement et la convertir par la cuisen en une bouillie épaisse ; quelques-uns finissent par leur faire manger quelques minots de pois, pour, disent-ils, affermir le lard.

Les maladies particulières aux cochons sont la boucle, laratelle, La soie et la ludrine.

La Boucze est un bubon ou tumeur qui se développe dans l’intérieur de la bouche du cochon et qui y porte la gangrène. On la traite comme la soie, ou poil, dont il est parlé plus bas,

La RareLce, est une espèce de boucle, la différence est que les bubons ou tumeurs de la ratelle se forment sur les viscères, ce qu’on ne peut constater qu'après la mort de l’animal ; mais quand on la soupçonne,on emplpye les remèdes indiqués ci-après pour la soie.

La Sois est une maladie particulière aux cochons, on la nomine aussi le soyon, le poil. Elle 8e déclare sur un des côtés du cou, sur les amygdales, à la jugxlaire et à la trachée-artère.

Les poiis qui couvrent la partie affectée de cette maladie sont hérissés, durs et différens des autres par leur couleur terne.

La douleur vive que l’animal ressent au moindre attouchement, démontre le siège du mal ; la soif ja précède ; la tristesse, le dégoût et l’inertie l’accompagnent ; la fièvre augmente avec le mal, l'agitation du flanc et la bave annoncent le danger.

Les principales causes de cette maladie sont, les grandes chaleurs, la sécheresse, la malpropreté des souts, l’air corrompu qui s’y renferme, un repos trop absolu ou un exercise violent, le manque de boisson convenable, enfin les alimens putréfiés.

Quoique cette maladie soit aussi dangereuse que Je charbon; 11 ne faut pas cependant croire que la guérison soit impossible.

Dès que vous verrez la maladie parvenue à sa dernière période, pratiquez une fosse protonde en terre, jetez y les unimanx qui en sont atteints, et après avoir fait brâler de la paille sur eux, recouvrez des de la terre tirée de la fosse et battez la avec force. Mettez ensuite sous des toits séparés les animaux malades, même ceux qui se portent bien, éloignés des autres,

Ne perdez point de temps à enlever la place où la soie commence à se déclarer ; au moyen d’un petit crochet de fer on soulève la peau et on coupe le tour avec un instrument tranchant jusqu’au fond de Ja tumeur ; si l’intérieur de la plaie est noir, appli. quez y un bouton de feu, à plusieurs reprises, ct mettez chaque fois un petit morceau de souffre sur Ja brulûre.

On donne pour breuvage au malade une infusion de plantes aromatiques vinaigrée, gu de l’eau blanche, dans laquelle on fera dissoudre un peu de sel de nitre : on ne lui donne à manger que trois jours après : la plaie une fois cicatrisée on le purge avec deux gros d’aloës délayé dans de l’eau tiède.

On conseille d'appliquer un bouton de feu à l’endroit où la soie a coutume de se montrer, à ceux qui ne sont pas encore malades ; on graisse de beurre les plaies et on mêle dans les alimens trois ou quatre gros d’antimoine en poudre très-fine, et autant de sel marin ; on ajoute du vinaigre dans l’eau que l'on donne à boire.

La LADRERIE est une maladie particulière aux cochons, on ne s’en apperçoit que lorsquelle a fait des progrès, par destubercules blancs plus ou moins nombreux sous la langue, qui renferment de petits vers intestins, Le seul moyen pour diminuer les

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pertes que peut occasionner la ladrerie, c'est. de tuer les animaux qui en sont atteints ; leur chair est molle et fade ; mais n’est pas nuisible à ceux qui en mangent. On ne connait ni la cause ni le remèdes de cette maladie. ;

Le CHien.—Beaucoup d'écrivains on fait l’histoire du chien, on la trouve tracée de main de Maître dans Buffon ; je n’en parlerai ici que sous les rap-

orts d'utilité agricole et me borneraï à deux espèces, es chiens de berger et les chiens de basse-cour.

Le CHieN De BER&GER est de la première nécessité dans une ferme qui possède un troupeau de bêtes à laine. Ilest généralement petit, noir, couvert de longs poils, principalement sous la queue, ses oreilles sont droites ; il est peu sociable, mais il remplit ses fonctions avec intelligence et une activité remarquables ; instruit des intentions de son maitre il veille à ce que le troupeau ne dévore pas les récoltes ; il le rassemble, le dirige vers tel ou tel point : que de soins fatiguans, que d’allées et venues, que de cris n’évite t-il pas au berger? malheureusement il est faible et devient. la première victime des loups, dans les pays où ils sont nom breux ; de lui adjoindre un mâtin de forte race pour le protéger ; ces deux chiens et le dogue, quelquefois le barbet, sont les seuls qui servent utilement les cultivateurs, ce sont ces derniers qu’on appelle chiens de basse cour. Ils doivent être choisis forts et vigoureux, d’un caractère actif et courageux, mais non méchants,

Le Marin est remarquable par sa grosseur, sa force ; il est principalement employé à la garde de la maison, à celle du gros bétail et même à celle des moutons où les loups sont à craindre. La couleur de son poil varie du brua au fauve, du gris au blanc Mais il est rarement tout noir ou tout blanc. Ses poils sont courts, sa 1ète est grosse, presque cubi-

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que ; s08 lèvres supérieures et sos oreilles pendan\ tes et ses jambes hautes : il se distingue par son intelligence, son courage et son attachement pour son maitre.

Le Docue ost aussi gros, mais moins élevé sur jambes, sa couleur s'approche du fauve mêlé de noir etde gris, surtout au museau, sa tête est presque ronde, son nez écrasé, sos lèvres et ses oreilles pandantes : c’est le plus gros, le plus fort et le plus courageux de tous lea chiens ; sa fidélité à son maitre est. extrême, mais peu"expressive.

Le Barser se distingue par son poil long et frisé, comme la laine des brebis ; son corps est gros et court, ses jambes médiocrement longues, sa tête ronde, son museau court et épais, ses oreilles larges et pendantes ; le poil noir et blanc domine sur lui : de tous les chiens il est le plus intelligent et le plus susceptible d'un attachement vif et durable. On peut le dresser à tous les services possibles, bien sûr qu'il s’y emploiera.

Quoique les chiens préfèrent la1 viande à toute autre nourriture, il est reconnu qu’il vaut mieux les tenirau pain ou à la soupe et aux os et déchets de la cuisine, et leur donner abondamment de l’eau.

La durée de la vie des chiens est ordinairement de douze à quinze ans.

Pour avoir de beaux et bons chiens il faut choisir les mâles et les femelles parmi les individus les plus parfaits de leur race, tant au physique qu’au moral.

La chienne porte soixante-trois jours; elle fait jusqu’à huits petits, qui ne vaient clair que neuf jours après leur naissance. Il faut la ie nourrir ainsi que les petits, si on veut avoir des chiens de forte stature.

Les chiens sont sujets à la plupart des maladies des animaux domestiques, mais spécialement à la RacGn et à lu Gaze.

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-On reconnait qu’un chien est enragé à sa démar. che triste et lente, à son refus de manger, à son horreur pour l’eau, à sa disposition à mordre les hommes et les animaux, à sa tête basse, à sa queue serrée entre les jambes, et à ses yeux hagnrds. Un chien dans cet état doit être tué, car il n’y a pas d'exemple qu’un chien vraiment enragé ait été guéri ; mais un chien mordu ou tout autre animal peut être empêché de le devenir, en brûlant la morsure qu’il a reçu avec un fer rouge, dans le plus court délai possible.

Quant à la gale, on fera usage des remèdes indi. qués ci-devant pour les animaux domestiques qui en sont atteints.

Le Car, cet animal si joli, si vif, si patelin, si adroit, si rusé, si fier et si vindicatif, est d’une utilité La grande à la campagne pour le passer sous si. ence.

La guerre continuelle qu’il fait aux rats, aux sou. ris, aux mulots, aux taupes et aux chauve-souris, purgent les habitations des dégats qu’ils y com. mettent ; il faut donc bien le traiter pour les services qu'il rend et avoir soin de le nourrir, car c’est un préjugé de croire que la faim les oblige de chasser,

La couleur du chat sauvage est un mélange de brun, de fauve et de gris, avec des anneaux noirs autour des pattes et de la queue; celle des chats domestiques varie dans toutes les nuances du fauve, du brun, du noiret du blanc.

Dans les campagnes on doit préférer cenx qui s’'éloignent le mains du type original, parcequ’ils sont meilleurs chasseurs.

Les chattes entrent en chaleur deux fois par an, le printemps et l’automne, elles portent pendant cinquante à cinquante-six jours ; elles ont de quatre à six petite, qu’elles cachent soigneusement ; elles

les allaitent pendant trois ou quatre semainos, à

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