NAVEAUX
E ne parlerai ici que de la culture en grand de cette plante, comme je m'y suis engagé à l’article Naveau, dans la première partie de ce traité.
:: ‘Lamanière la plus générale de lescul:
(© : tiver en grand consiste à labourer une ou deux fois les jachères ; à bien diviser les sottes par des hersages et des roulages; à semer la graine et à la couvrir de suite avec. la herse de bois, garnie d’épines ; on préfère les plus grosses espèces, comme le lurnips, le rufaaga, parce qu'ils fournissent des produits plus onsidérables et résistent mieux au froid.
liers pesant, mais profond à trois mille inze livres la
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e fournit penntes récoltes,
Les naveaux aiment le grand air, c’est pour
. : nr gros € quoi on les doit semer au milieu des plaines et. Æ de cet sur les côteaux découverts, jamais dans le À jéisse voisinage des bois, des haies, ou des murs. pied.
C'est à.la volée, et comme le blé, qu’on en Les sème la graine, avec deux ou trois fois son Æ jeur c volume de sable ou de terre sèche; on en ré- Æ direct pand une ou deux livres par Arpent, selon la l'amél: nature du terrain et l’objet qu'on se propose: Æ jétern
c'est-à-dire, qu'il en faut d'avantage dans une jachèr: mauvaise terre, lorsqu'on destine la plante à qui se être mangée de bonne heure par les bestiaux, où Æ de ter à être enterrée en vert pour engrais, ou lorsque Æ aisonr la graine est douteuse, ou que l'on craint la Æ entre 1
sécheresse ; en général on gagne à ce que les pieds. soient écartés, parce qu'ils deviennent plus beaux, et qu’ils se binent plus aisément. Ilest toujours avantageux de semer le jour même du labour, afin que la graine profite de l'humidité qu'offre constamment alors la surface du labour ; il est utile de plomber le labour par un roulage pour retarder l’évaporation de cette humidité; un cultivateur prudent ne sème jamais qu'à l'approche de la pluie ; le plant levé est abandonné à lui-même, jusqu'i ce qu'il ait cinq à six feuilles; alors on le sarcle et on l’éclaircit; c'est la seule facon qu’on lui donne en général, quoiqu'il soit avan- | tageux de le biner; on récolte les naveaux à. l'approche des gelées, à la pioche ou à la charrue, .-et on en donne les feuilles aux bestiaux, ainsi que les naveaux qui se trouvent coupés. Lorsqu'on est dans le cas d’avoir bien des naveaux, avant la récolte on enlève les plus
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gros et les plus rapprochés ; les petits profitent de cette extraction ; dans les bons fonds, on pres douze pouces de distance entre chaque
jed. à : Les avantages qui résultent constamment de leur culture, sous le point de vue du revenu direct, de la nourriture des bestiaux et de lamélioration du sol, doivent non seulement déterminer à en semer sur toutes les terres en jachères, mais encore aprés toutes les récoltes qui se lèvent de bonne heure, et laissent assez de temps pour qu’ils arrivent à une grosseur raisonnable, ce qui aura lieu si le semis se fait entre les deux St. Pierre ; c’est-à-dire, du vingtneuf juin au onze de juillet.
Mr. Clark, célèbre agriculteur anglais, semait les naveaux à la volée, et lorsqu'ils , étaient levés aa point d’être éclaireis, il passait sur le long et le large sa charrue à deux oreilles, de manière à avoir des rangées espacées d'un piéd ; ce qui est coupé et arraché par cette opération concourt à améliorer le'sol et à donner une abondante récolte.
Les bestiaux et les volailles aiment encor plus ‘les naveaux que les hommes ; il faut cependant alterner cette nourriture avec d’autres fourrages ou d’autres racines féculentes, comme des patates. (
Agriculteurs Canadiens, profitez de ces expériences; semez des naveaux pour vous et vos animaux, et vous ne craindrez plus les effets de la disette ?
PANAIS, des mc ÆTTE plante est la dernière de celles M de:pra que j'ai entrepris de traiter dans cette Æ voyen
partie de mou ouvrage comme plantes Æ suffisa fouragères. D les lon Quelques agronomes ont recommandé, | testée " avec raison, la culture en grand du M tation panais pour engrais des terres, la nourriture D etles des bestiaux, et varier les assolements ; sous D qui les ces rapports, un champ de panais est très produotif, et mérite l'attention de nos cultivsteurs. :
Pour ln pratiquer, il faut répandre six à sept livres de bonnes graines, par arpent, sur Geur labours profonds, le: premier fait immédiatement après la récolte de grains qu'un terrain quel. conqueavra donné, et le second:le printemps suivant ; le plant levé, on. sarcle et on éclair cit au besoin; on peut en couper les feuilles durant l'été, pour la nourriture des vaches, de moutons et des cochons; ensuite on met ces
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animaux dans le-champ l’automme, après quoi Æ longue on laboure pour y semer des céréales, clore Je fais donc des vœux pour que cette c''turt Æ) ment
soitadoptée par mes compatriotes, et qu'elle Æ objets concourre à faire supprimer ces désastreuses Ile jachères qui font déshonneur au pays. . puisqu
Telles sont les plantes que j'ai cra devoir re-Æ natur commander aux agriculteurs du pays, tant Ceu pour leur propre. nourriture que celle de leurs Æ doive animaux, et qui tendent si évidemment à amé-Æ qu'ils liorer les terres, et à servir d'assolements. lemer
Je ne voudrais pas que l’on crût que jelesÆ sépar préfère au foin ou au mil pour la nourriture pieds des animaux ; .je les propose seulement comme} ceux
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des moyens supplémentaires à ceux qui n’ontpas de-prairies, ainsi qu'à ceux qui, en ayant, prévoyent qu’elles ne donneront pas une. récolte
sfisante pour nourrir eonvenablemant pendant ls longs hivers du pays; leur utilité non con- | testéeiet principale est leur usage dans. la rotation ou succession des cultures des céréales, etles améliorations qu’elles procurent au sol qui les a produites.
. DES CLOTURES.
NN ne peut garantir les récoltes: sur pied du maraudage des hommes, du dégat des animaux, que par une clôture bien faite et bien entretenue.
Pour clore; on se sert ou de fossés, ou de haies vives, ou de pierres, ou de plan tations d'arbres, ou de murs, soit en terre, soit
en pierre.
Fosses.
Un fossé est une fosse peu large, mais trèslongue, destiné à indiquer une limite, à en clore les propriétés, ou à faciliter l’écoulement des eaux; quelquefois il remplit ces trois objets à 14 fois.
Il est impossible d'en fixer les dimensions, puisqu'elles dépendent de leur D et de la nature du sol.
Ceux destinés à lésoti lement des eaux doivent être proportionnés à la masse d’eau qu'ils doivent porter ; ceux qui indiquent seulement une limite se placent dans la ligne qui sépare les’héritages, et peuvent être de deux pieds de large sur autant de profondeur ; mais ceux qui servent: de clôture doivent avoir cinq
pieds de largeur sur trois de profondeur ; tous doivent être creusés en talus, c 'est-à-dire, êtro plus larges du haut que du bas.
La terre que l’on tire de ces fossés se jette du côté intérieur du champ, lorsqu'ils font limite, et des deux côtés s'ils servent à l’écoulement des eaux; c'est sur ces élévations quon plante les haies vives.
Haies vives,
De toutes les clôtures, la plus naturelle, la
plus économique et la plus utile, sous le point de vue général, est certainement celle faite avec une haie vive; elle est un obstacle que l’honme a peine à vaincre ; elle est la plus économique parce que les matériaux dont on la forme sont ordinairement sur les lieux ; elle est la plu:
utile, puisqu'elle rapporte des revenus par ls tonte que l’on fait annuellement de ses branches et que lorsqu'on la détruit, on profite non-seu. lement des branches, mais des pieds et des souches ; ainsi, partout où cela est possible, les propriétaires de terres ont un grand. intérêt à les enclore de haies vives.
Presque toutes les espèces d'arbres et arbustes indigènes peuvent servir à former des haies, mais l’aubépipe est préférable, ainsi que tous les arbutes épineux.
Lorsqu'on veut former une haïe, on emploit la voie des semis, ou la plantation ; celle des semis est préférable, parce que le plant qui er provient étant pourvu de son pivot, a plus de force et de durée. Il faut, l'automne précédant la formation de la haie, creuser une fosse de deux pieds de profondeur, sur trois ou quatre
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de large; le printemps suivant, on répandra Jes graines sûr deux ou trois rangs dans des rigoles éloignées de huit à dix pouces,:et de manière que chaque graine soit à deux ou.trois pouces de ses voisines, et on les recouvre d'un pouce de terre environ; à la fin du premier été, on devra leur donner un léger binage, et le printemps suivant un second. oi
La dernière année on donne deux binages, et on remplace les pieds qui ont manqué.
La troisième année, il sera bon de forcer toutes les branches, poussant en avant, à prendre une direction latérale, en les croisant, pour boucher les vides, et on pince le sommet des tiges qui s'élèvent au-dessus des autres.
La quatrième année, si c'est une haie d’arbustes épineux, le plant aura trois pieds de haut, et on pourra la tondre sur les côtés et le dessus, pour lui faire jeter plus de rameaux, et fortifier ceux qui ont une bonne direction.
La sixième année, elle est complètement forméee ; on continue à la tondre, une année sur le devant, et l’autre sur l'arrière,
Une baie ainsi faite et entretenue durera cent ans, et fournira, suivant son étendue, assez de petit bois pour chauffer le four et faire bouillir ls marmite d'un ménage ordinaire pendant l'année.
Plantation d'arbres.
On peut faire aussi des haies avec de jeunes arbres de deux à trois ans, pris dans les forêts, dont on entremêle les espèces, et que l’on plante le printemps, avant que la sève. soit : œmontée ; on coupe à deux pouces au-dessus du
collet des racines le plant qu’on destine à former une haie; on lève ce plant, avec ses racines; et on le plante dans une doublerigole assez profonde et assez large pour qu'on puisse étendre les racines dans toute leur longueur à quatre ou six pouces: de distance, ét même plus, de manière que ceux d’un rang soient vis. à-vis le vide de l’autre; on les couvre d’une terrebien meuble, et on les conduit duns là suite comme les arbustes épineux.
‘Quelques-uns veulent qu’on emploie, par préférence, des arbres fruitiers, dont on en laisse un, de dix pieds en dix pieds, s'élever au. dessus de la hauteur ordinaire des haies.
Les'bois commencent à être éloignés de habitations en Canada, et les charrois dispendieux ; c'est pourquoi je recommande aux hab: tants de planter des haies vives pour y. suppléer avant que les forêts soient ‘entièrement dégarnies, ou si éloignées, qu'on ne puisse s'en datés qu'à des prix exorbitants.
. Palissades.
Les palissades ne sont autre chose que des plantations d'arbres, soit pour border une avenue, soit pour cacher une vue désàgréable ou inutile: de vraies haies vives, excepté qu’elles sont moins compactes.
Barrieres, Que les terres soient encloses d’une façon où d’une autre, il n’en faut pas moins pour-faciliter les communications intérieures et extérieures; elles doivent être construites simplement el solidement, soit qu’elles ouvrent d’une seule pièce, ou en deux, sur des pivots de bois ou de
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fortes pentures, soit qu'elles glissent entredeux piquets. (Celles qui ouvrent d’une:seule pièce doivent avoir un balancier à la partie supérieure qui croise la barrière, supporte son poids, et facilite l'ouverture et la fermeture. Elles sont ordinairement plus longues que
| hautes ; ‘elles doiventavoir huit pieds de long
sur quatre à cinq de haut, et garnies de bar-
L reaux dans toute leur longueur, ou six pouces:
de distance ; à côté de ces barrières on en doit
| pratiquer une moyenne, de trois pieds de large,
pour le passage des animaux :et un échellierpour celui des hommes de l’autre côté.
Pieux et Perches,
Il a été constamment d'usage dans le pays, de clore en pieux et en perches, quand le bois était commun et à la main; mais comme il devient de jour en jour plus rare et plus éloigné, et que le renouvellement de ces:
clôtures devient fort dispendieux, il serait sage et prudent d’y suppléer par un moyeñ ou par un autre ; et c’est pourquoi j'ai propose celui des haies vives, soit en arbustes épineux, soit en arbres forestiers, ou fruitiers ; il m’en reste cependant encore un à proposer: celui des murs en pierre sèche, ou en mortier.
Murs.
On ne peut disconvenir qu'un mur en pierre ne remplisse bien le but proposé, qui est de séparer les héritages, et de mettre les récoltes à l'abri des dégats des hommes et des animaux ; mais ils sont plus dispendieux, et ne rapportent pas de bénéfice comme les haïes vives ; ajoutez. àcela qu'on ne peut contraindre son voisin à.
clore ainsi, suivant la coatume de Paris, hors des villes et des fauxbourgs.
Cependant comme je vois dans plusieur:
Champs des amas de pierres et de cailloux répandus çà et là, qui non seulement défigurent les terres, mais mettent un obstacle à leur
culture, je conseille aux propriétaires de s'en servir pour clore une partie de leurs terres, soit
à sec, ou avec du mortier ou de la terre glaise à une hauteur de quatre à cinq pieds ; ils & trouveraient dans peu d'années dédommagé; par le produit que donneraient les terrains qu'ils couvraient, et dispensés de se pourvoi de pieux et de perches pour autant.
Paros,
Les parcs sont de vastes étendues de tern æntourés de murs, et plantés de bois qui accon: pagnent souvent en Europe les maisons de ‘Campagne des personnes opulentes, et qui ‘servent ordinairement à renfermer du gibier “et des bêtes fauves.
Comme il n’y en a pas dans le pays, et que je ne désire pas en voir, à cause des dissen. tions qu’ils occasionnent, je me dispenserai d'en
parler.
S en fournir une assez grande quantité
pour fertiliser leurs terres, j'ai cru qu -ce serait leur rendre un service que de leu ändiquer les substances minérales, végétales