‹ Traité d'analyse chimique par la méthode des volumesChapitre 29 sur 123 · SOUFRE · texte numérisé non relu

SOUFRE

en

eram mes.

ACIDE SULI eu grammes.

'HYDRIQUE.

eu centimètres cubes à 0”,76 de pression.

gr-

gr-

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centim. cubes.

POCr.IM.K.

SULFHYDROMÉTIUE.

î9Zl

Cette table donne, comme on le voit, en regard des degrés observés au sulfhydromètre , le poids de l’iode, du soufre et de l’acide sulfhydrique, ainsi que le volume de ce gaz en centimètres cubes. Il est par conséquent facile, en la consultant, de connaître exactement la quantité de soufre contenu dans l’eau minérale sur laquelle on opère. Supposons qu’on ait employé ^2 degrés sulfhydrométriques et ^ pour 1 litre d’eau sulfureuse, on trouvera que 20 degrés représentent O®'", 025471 de soufre et 17,4864 centimètres cubes d’acide sulfhydrique, que 2 degrés correspondent à 0®% 002547 de soufre et à 1,7486 centimètres cubes d’acide sulfhydrique et enfin que ^ de degré donne O®'', 000127 de soufre et 0,0874 centimètres cubes d’acide sulfhydrique; en faisant la somme de ces divers résultats, on trouvera ;

Soufre pour 22* Acide sulfhydrique pour 22"57.

20' = 0,025471 17,4864 cent, cubes.

ARTICLE III. — Eaux minéraues sulfureuses.

Un grand nombre d’eaux sulfureuses contiennent, à côté du sulfure de sodium ou de calcium, une proportion quelquefois considérable de sels alcalins , tels que le carbonate et le silicate de soude. Dans ce cas, une partie de l’iode est absorbée par l’alcali, et l’essai suif hydrométrique devient évidemment inexact. Voici quelques expériences faites dans ce but par M. Filhol.

On a préparé 3 litres d’eau sulfureuse en dissolvant du sulfure de sodium dans l’eau distillée et l’on a reconnu, à l’aide du sulfhydromètre , que 1 litre de cette dissolution absorbait Oe‘,250 d’iode. On a alors ajouté à I litre de la

EAUX MINEHALES SULFUREUSES.

môme liqueur 0®',100 de carbonate de soude et le nouveau mélange essayé au sulfhydromètre absorbait 0°°'', 280 d’iode. On a introduit dans un autre litre d’eau sulfureuse 0®'',100 de carbonate de soude, puis du chlorure de baryum poui précipiter ce sel, et la liqueur n’a plus absorbé que 0®' ,250 d’iode.

Une solution de sulfure de sodium, a absorbé 0»%250 d’iode; la même quantité de sulfure de sodium, dissous dans l’eau et mêlé avec de silicate de soude, a absorbé 0’*',270 d’iode. Une solution semblable, traitée par le chlorure de baryum, n’absorbait plus que 0'''',250.

Ces expériences démontrent que, lorsque les eaux sulfureuses sont alcalines, le sulfhydromètre fournit des résultats erronés, mais que l’on peut, en précipitant par le chlorure de baryum le carbonate et le silicate de soude, éviter toute cause d’erreur.

Dupasqiüer avait proposé de saturer les sels alcalins par quelques gouttes d’acide acétique, mais on n’arrive pas par ce moyen à un bon résultat. En effet, lorsqu’on ajoute de l’acide acétique dans une eau sulfureuse et alcaline, les sulfures sont décomposés comme le carbonate de soude.

M. Filhol a démontré en outre que le titre suif hydrométrique d’une eau sulfureuse et alcaline ne représente pas la quantité de carbonate de soude et de sulfure qu’elle contient. Ainsi, si l’on dissout 0*'',100 de carbonate de soude dans 1 litre d’eau, on trouve que cette solution absorbe O^^OO? d’iode ; si on la môle ensuite avec une eau sulfureuse dont le degré sulfhydrométrique est connu, la même quantité de carbonate de soude, qui ne prenait que 0*%007 d’iode, en absorbe O^' ,030 en présence d’un sulfure alcalin. C’est un fait extrêmement important, dont il faut tenir compte dans les analyses siilfhydromélriques.

SULFHYDHOMKTRIE.

Lorsque les eaux contiennent un polysulfure, l’analyse sulfhydroinétrique donne des résultats inexacts; on sait, en effet, que l’oxygène de- l’air, en réagissant sur les sulfures, produit un polysulfure. En supposant qu’il se forme un trisulfure , 3 équivalents de soufre seraient déplacés par 1 équivalent d’iode, et il en résulterait une erreur considérable. L’altération que les eaux sulfureuses subissent au contact de l’air prouve suffisamment combien il importe de faire à la source même les effets sulfhydrométriqiies.

Si l’eau sulfureuse, dont on veut connaître le degré sulfhydroinétrique, contient des sulfites et des hyposulfites, l’emploi de l’iode conduit à des résultats erronés, puisque ce réactif agit sur ces sels. Mais les sulfites et les liyposulfites ne se développent dans les eaux sulfureuses que par le contact de l’air, et il est, par conséquent, facile d’éviter cette cause d’erreur.

D’autres objections ont été adressées au procédé suif hydrométrique de Dupasquier. Ainsi, on ne peut pas juger par ce procédé, si le soufre trouvé dans l’eau minérale y existe à l’état d’acide sulfhydrique ou de sulfure, ou bien sous ces deux formes à la fois. Il est difficile aussi de reconnaître, par ce mode de dosage, si les sulfures sont transformés en sulfites ou en hyposulfites, puisque ces sels se comportent avec la solution d’iode comme l’acide sulfhydrique et les sulfures. Cette altération a lieu toutes les fois que l’eau sulfureuse coule dans des conduits accessibles à l’air.

On peut, à l’aide de quelques modifications qui ont été proposées par M. Henry, rendre le procédé de Dupasquier très exact dans ces divers cas. Ainsi, pour reconnaître si une eau ne contient que de l’acide sulfhydrique libre , on l’agite avec de la poudre d’argent dans un flacon plein, et, après un contact suflisamment prolongé, l’eau perd en-

EAUX MINERALES SULFUREUSES.

tière aient son odeur sulfureuse et n’exerce plus aucune action sur l’amidon et la teinture d’iode.

L’analyse de cette eau au sulfhydromètre n’exige donc aucune correction.

Si l’eau minérale ne contient qu’un sulfure alcalin, l’argent en poudre ne diminue pas sensiblement sa richesse sulfureuse, et l’excès au sulfhydromètre donne la quantité de sulfure.

Lorsque l’eau minérale renferme en même temps de l’acide sulfliydrique et un sulfure alcalin, on détermine d’abord, par le sulfhydromètre, tout le soufre contenu dans un ||V'olume connu d’eau, puis on agite avec de la poudre d’argent une certaine quantité d’eau minérale, pour séparer l’acide sulfliydrique, on décante et on essaye au sulfhydromètre la liqueur claire. Le chiffre obtenu dans cette dernière opération représente le sulfure, et la différence entre les deux résultats indique la proportion d’acide suif hydrique.

Pour apprécier la quantité de sulfure qui reste dans les eaux en partie altérées, on commence par doser, à l’aide du sulfhydromètre, la quantité totale de soufre qui s’y trouve à l’état de sulfure, de sulfite ou d’hyposulfite; puis on fait passer un courant d’acide carbonique a travers une nouvelle quantité d’eau, ou mieux encore, on la fait bouillir avec du bicarbonate de potasse, afin de décomposer le sulfure. Lorsque l’ode.ur sulfureuse a disparu et que l’eau ne donne plus de précipité noir par l’azotate d’argent ammoniacal, on soumet le môme volume de liquide clair au sulfhydromètre. La difl'érence entre les deux épreuves fait connaître le poids du sulfure.

Malgré les objections dirigées contre cette méthode d’analyse, on peut affirmer que, de tous les procédés proposés jusqu’ici pour le dosage du soufre, celui de

SULFHYDROMÉTRIE.

Diipasquier est le seul qui donne des résultats exacts. Ce procédé est, en outre, remarquable par sa grande simplicité, son exécution prompte et par la facilité avec laquelle les personnes peu habituées aux manipulations chimiques peuvent l’employer. L’équivalent de l’iode étant beaucoup plus élevé que celui du sôufre, il en résulte qu’une erreur dans la quantité d’iode modifie à peine le chiffre du composé sulfureux.

Les chimistes ne sont pas d’accord sur la nature du principe sulfureux des eaux minérales ; ainsi, pour ne citer que celles des Pyrénées, les uns ont admis qu’elles contiennent du sulfare de sodium, d’autres de l’acide sulfhvdrique, quelques-uns un suif hydrate de sulfure. Anglada, qui pensait que les eaux sulfureuses desPyrénées renferment un simple sulfure , avait observé que les eaux artificielles préparées avec du sulfure de sodium ont les mêmes propriétés que les eaux naturelles, et que celles-ci ne laissent dégager qu’une faible proportion d’acide sulfhydrique, quand on les soumet à une ébullition un peu prolongée. Il avait remarqué, en outre, que les eaux artificielles, en laissent dégager autant, qu’une solution de sulfhydrate de sulfure donne par l’ébullition un dégagement plus abondant d’acide sulfhydrique que le sulfure, et enfin que l’oxygène, en réagissant sur le composé sulfureux, produit un dégagement d’acide sulfhydrique et de l’hyposulfite de soude.

M. Fontan n’adopte pas la manière de voir d’ Anglada. Le dégagement d’acide sulfhydrique, qui a lieu pendant l’ébullition , lui semble démontrer l’existence de cet acide à l’état de liberté. Une autre partie d’acide sulfhydrique serait combinée avec le sulfure de sodium, de sorte que le principe sulfureux des eaux thermales des Pyrénées serait un sulfhydrate de sulfure. M. Fontan pense que l’oxygène de l’air se combine avec l’hydrogène de l’acide sulfhydrique,

EAUX MINÉRALES SULEUREUSES. 199

forme de l’eau et met le soufre en lÜDerté ; mais ce soufre produit un polysulfure avec- le sulfure existant, et l’eau prend alors une couleur jaune verdâtre.

j\IM. Boullay et Henry ont conclu de leurs expériences que le monosulfure de sodium se trouve dans les eaux de Barzun et de Baréges à l’état neutre, mais accompagné d’une certaine quantité d’acide suif hydrique libre, et que le principe sulfureux n’existe pas à l’état de sulfhydrate de sulfure, parce que l’excès d’acide sulfhydrique n’est pas suffisant pour produire ce composé.

M. Filhol a fait de nombreux essais pour éclairer cette importante question, et il demeure convaincu que le principe sulfureux des eaux minérales des Pyrénées est un monosulfure de sodium ; elles contiennent, en outre, des traces d’acide sulfhydrique provenant de l’action de l’air, de l’eau et de l’acide silicique sur le sulfure.

Ainsi, les faits recueillis par les hommes les plus compétents nous autorisent à regarder les eaux des Pyrénées comme étant minéralisées par le sulfure de sodium.

Un grand nombre d’eaux minérales sulfureuses renferment de l’acide sulfhydrique ; telles sont les eaux d’Enghien, de Digne, de Bagnols, d’Aix-la-Chapelle, etc.

Le tableau suivant fait connaître la température et la richesse en sulfure de sodium d’un certain nombre de sources minérales :

SULFHYDROMETRIE.

NOMS

des

sources.

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