Tables alcalimétriques
Nous donnons dans la table suivante, dressée par Gay- Lussac, le titre pondéral de la potasse en kilogrammes.
ALCALlMliTRIE.
les degrés alcaliinétriques correspondants et les quantités d’hydrate de potasse, de carbonate de potasse, de chlorure de potassium et de sulfate de potasse. La différence du titre pondéral en potasse de ces composés et des quantités correspondantes inscrites dans chaque colonne donne le poids des principes combinés avec la potasse. Ainsi , l/i'''',67 de carbonate de potasse, dont le titre pondéral est 10, contiennent Zi'^'',67 d’acide carbonique.
degrés alcali melriques du commerce.
Potasse
hydrale'e.
Carbonate de potasse.
Chlorure de j.ola.ssium.
Sulfate de potasse.
1 IID
Di’gies ulc.iliniélrii|iies du ciniiiiii'ice.
Potasse
liydrntee.
Carboiiule dn potasse.
Cliloriire de potassium
Sitlfiile de potasse.
67, iM
ALCALIMÉTRIE
Gay-Lüssac a également dressé les tables suivantes pour faciliter la transformation réciproque du chlorure de potassium, du carbonate de potasse, et du sulfate de potasse.
Titre
Titre pondéral
Carbonate
Chlorure
Sulfate
alcalimétrique.
en potasse.
de potasse.
de potassium.
de potasse.
1 vaut
Carbonate
Chlorure
Sulfate
Titre pondéral
Titre
de potasse.
de potassium.
de potasse.
en potasse.
alcalimétrique.
1 vaut
3^ oo
Chlorure
Carbonate
Sulfate
Titre pondéral
Titre
de potassium.
de potasse.
de potasse.
en potasse.
alcalimél lique.
1 vaut
Siilfale de potasse.
Carbonate de potasse.
Chlorure de potassium.
Titre poude'ral en potasse.
Titre
alcalimétrique.
i vaut
3. Essai des potasses par le nafromètre de HI. Pesicr et le potassimètre de HI. Henry.
M, Pesier, de Valenciennes , a proposé d’essayer les potasses à l’aide d’un instrument qu’il a désigné sous le nom de natromètre. Cette méthode repose sur les faits suivants : Une solution saturée de sulfate de potasse possède, à la même température, une densité toujours constante. Le sulfate de soude augmente progressivement avec la densité de cette dissolution ; il augmente en même temps la solubilité du sulfate de potasse.
L’essai par le procédé de M. Pesier se compose de trois opérations :
1° De la conversion de tous les sels en sulfates ;
2° De la neutralisation et de la saturation ;
3” De l’appréciation de la sonde par le natromètre.
Pour transformer tous les sels en sulfates, on fait dissoudre 50 grammes de potasse dans le moins d’eau possible, on fdtre et on lave avec soin, puis on y ajoute un excès d’acide sulfurique, et l’on fait évaporer dans une capsule de porcelaine jusqu’à fusion tranquille.
vVprès le refroidissement de la capsule , on dissout la masse dans une petite quantité d’eau (moins de 300 centi-
POCGULE.
ALCALIMÉTRIE.
ee. i
'.LJ. Jro\
wm-
Fig.
mètres cubes), on met la solution dans un flacon et on neutralise l’excès d’acide par une dissolution concentrée de carbonate de potasse pur. La liqueur étant neutralisée, on obtient une solution saturée de sulfate de potasse à la température de l’atmosphère. On filtre alors dans une
- , éprouvette à pied de la capacité 'I I de 300 centimètres cubes (fig. 97) , ^ I et pour compléter ce volume, on lave sur le filtre le dépôt de sulfate de potasse avec une solution saturée du même sel, qu’il faut avoir en réserve.
Après avoir mêlé les diverses couches de liqueur filtrée, on y plonge un aréomètre que M. Pesier nomme natromètre, et qui est destiné, comme son nom l’indique, à apprécier la quantité de soude (fig. 98). Cet instrument porte deux échelles : l’une indique la température, c’est-à-dire qu’elle fait connaître, à chaque degré du thermomètre centigrade, le point d’ affleurement dans une solution saturée de sulfate de potasse pur ; l’autre représente des centièmes de soude.
Les zéros des deux échelles coïncident ; aussi, si l’expé-
Fig. 98.
rience se fait à 0 de température, on aura directement la quantité de soude. Il n’en est pas de même pour les températures plus élevées. On retranche alors du nombre trouvé le cliihre de la température à laquelle la saturation a eu lieu, et l’on voit en 'regard, du reste, le nombre de centièmes de soude.
Ainsi, la température étant de 20 degrés, si le natromètre affleure à 59, on retranche 20 de 59, et l’on trouve en regard de 39 que la potasse contient 13 pour 100 d’oxyde de sodium.
Le procédé que M. Henry a proposé pour apprécier le mélange des potasses du commerce avec les sels de soude, est fondé sur la propriété que présente l’acide perclilorique de former avec la potasse un sel insoluble dans l’alcool. Lorsqu’on dissout dans l’alcool l’acétate dépotasse, et qu’on y ajoute du perchlorate de soude très soluble dans ce liquide, on sépare en- 'l^èrement la potasse.
On prépare le perchlorate de soude par le procédé de Sérullas. Pour cela, on transforme d’abord le chlorate dépotasse en perchlorate, à l’aide de la chaleur, et l’on décompose celuici par un courant d’acide fluosilicique. L’acide perchlorique qui en résulte est saturé par une dissolution de carbonate de soude. On concentre le perchlorate de soude en consistance de sirop, on l’étend de son poids environ d’alcool à 90 degrés centésimaux, on chaulTe doucement et l’on filtre.
La solution alcoolique de perchlorate de soude est titrée de manière que chaque degré de l’instrument, divisé en 100 parties égales, représente de carbonate de potasse pur.
La potasse doit être transformée en acétate de potasse, que l’on dissout dans l’alcool afin de séparer les autres sels de potasse.
Le potassimètre (fig. 99) se compose d’un Fig. 99, tube de verre ad de 60 centimètres de longueur et de h millimètres de diamètre. L’extrémité supérieure est terminée
ALCALIMETRIE,
par un entonnoir en verre, et l’extrémité inférieure par un robinet en cuivre qui est adapté au tube au moyen d’un bouchon enduit de cire à cacheter. Ce tube est fixé le long d’une échelle //, divisée en 100 parties. Le pied g supporte l’échelle et le tube ; celui-ci est placé au-dessus du vase e, contenant le sel de potasse que l’on veut essayer. Le tube gradué contient entre bc la solution titrée de perchlorate de soude dont chaque degré correspond à de carbonate de potasse pur.
Pour faire cet essai, on prend 50 grammes de potasse cà essayer, que l’on traite par 1 décilitre d’eau distillée ; on filtre avec soin, et la liqueur est introduite dans une éprouvette divisée en 50 parties égales. On détermine alors le degré alcalim étriqué, en opérant sur 10 mesures de cette dissolution, -contenant 5 grammes de potasse, et l’on sature ensuite par l’acide acétique, en léger excès, une mesure du même liquide ou 1 gramme de potasse ; on fait évaporei’ iusqu’à siccité, et l’on traite le résidu par l’alcool. On fait couler goutte à goutte dans cette dissolution, contenant de l’acétate de potasse et de l’acétate de soude, la liqueur titrée de perchlorate de soude, jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité. On doit ajouter très lentement ce sel lorsqu’on a employé /lO ou 50 divisions du tube. Le nombre observé indique pour 1 gramme de potasse des centièmes de carbonate de potasse pur. Connaissant par l’essai alcalimétrique la quantité de potasse et de soude, on déduira facilement des deux expériences la proportion des carbonates de potasse et de soude mélangés. Mais il est difficile, dans ce genre de procédés, de saisir le moment où le précipité cesse de se former.
§ 4. Dosage ,<les alcalis par l’acide oxalique.
MM. Molli* et Astley Price ont substitué l’acide oxalique
OPÉRATIONS ALCALIMÉTUIQUES. "211
cristallisé à l’acide sulfurique pour les essais alcalimétriques. Dans cette méthode on dissout 63 grammes de cet acide dans une quantité suffisante d’eau distillée, pour former un litre de liqueur; d’un autre côté, on prépare une dissolution normale de soude caustique, de manière que 10 centimètres cubes de liqueur alcaline soient saturés par le même volume de solution acide.
Pour faire l’essai alcalimétrique , on divise un poids connu de potasse ou de soude du commerce dans l’eau, on prend avec une pipette un volume déterminé de solution que l’on sature par la liqueur titi-ée d’acide oxalique. La ^teinture de tournesol devient rouge sous l’influence d’un excès d’acide oxalique, et on fait reparaître la couleur bleue, en y ajoutant la quantité nécessaire de soude normale. On retranche alors du volume de l’acide normal celui de la liqueur alcaline, et l’on a ainsi le nombre de centimètres cubes d’acide employés pour la saturation.
Ce procédé présente quelques inconvénients :
1“ Il oblige les manufacturiers à modifier un procédé qu’ils emploient depuis près de cinquante ans ;
2° L’acide oxalique du commerce est toujours impur ; il contient du bioxalate de potasse et de l’oxalate de chaux. En effet, si on le chauffe jusqu’au rouge, il laisse un résidu formé de carbonate de potasse et de carbonate de chaux ;
3° L’acide oxalique cristallisé est représenté par la formule C^O\3HO ; celui du commerce contient en outre de l’eau interposée dont on ne peut le débarrasser qu’en élevant la température; mais, vers 100 degrés, il perd les deux tiers de son eau de cristallisation, ou 28 pour 100 de son poids ;
/i“ Une foule de composés, tels que le peroxyde de manganèse, l’acide chromique, les sesquioxydes de cobalt et
278 ALCALIMÉTRIE.
de nickel, l’acide azotique, etc. , transforment l’acide oxalique en acide carbonique et peuvent être, dans certains cas, une cause d’erreur ;
5° Le procédé de M. Mohr exige deux liqueurs titrées et deux opérations au lieu d’une, ce qui est un grave inconvénient, surtout pour l’industrie; ^
6" 11 est difficile de conserver la liqueur alcaline sans altération ; elle absorbe l’acide carbonique et se transforme peu à peu, même dans les flacons bien bouchés, en carbonate de soude. Aussi, pour assurer la conservation de la dissolution normale de soude caustique, M. Mohr a-t-il
imaginé de fermer le flacon avec un bouchon trempé dans de la cire et d’y adapter l’extrémité effilée d’un tube rempli de sulfate de soude et de chaux , et ne communiquant avec l’atmosphère que par un petit tube de verre (fig. 100). Ce moyen employé pour absorber l’acide carbonique ne peut être mis en usage que dans les laboratoires.
Si l’on remarque que l’acide sulfurique est plus énergique que l’acide oxalique ; que l’on obtient facilement aujourd’hui l’acide sulfurique pur et concentré; que l’on peut d’ailleurs se servir d’acide sulfurique du com- Fig. 100. merce, pourvu qu'on en détermine le
titre par la potasse ou la soude ; que l’emploi de cet acide est général, nous ne‘ voyons aucune raison pour remplacer la méthode alcaliraétrique de Descroizilles et de Gay-Lussac par celle de MM. Mohr et Astley Price.
OPÉRATIONS ALCALIMÉTRIQUES.
§ S>, Essai du borax du commerce (1).
L’analyse du borax peut être éxécutée par un procédé simple et exact dû à Gay-Lussac. Il consiste à déterminer le volume d'acide sulfurique nécessaire pour neutraliser exactement la soude contenue dans le borate de soude. L’acide borique, qui est isolé par l’acide sulfurique, communique à la teinture de tournesol une coloration d’un rouge vineux, tandis que l’acide sulfurique la colore en rouge pelure d’oignon; on saisit facilement, à l’aide de ce caractère, le moment où la saturation est achevée.
Lorsqu’on veut faire cette analyse, on dissout à chaud 15 grammes de borax dans 50 centimètres cubes d’eau, et l’on colore la dissolution en bleu avec la teinture de tournesol. On remplit la burette alcalimétrique d’acide sulfurique normal contenant, pour 1000 centimètres cubes, 100 grammes d’acide sulfurique monohydraté, et on le verse goutte à goutte dans la dissolution de borate de soude. La teinture de tournesol prend une couleur vineuse qui ne se change en teinte pelure d’oignon que lorsque la saturation est opérée.
Gay-Lussac a recommandé de prendre quelques précautions pour mieux apprécier les changements de couleur produits par l’addition de l’acide sulfurique normal :
1° 11 convient, lorsqu’on a ajouté environ les neuf dixièmes de l’acide sulfurique nécessaire à la décomposition du borate de soude, de ne terminer la saturation qu’ après avoir fait refroidir la dissolution ; en effet, la dissolution chaude de borax retient une grande quantité d’acide borique qui rend les changements de couleur moins sensibles ;
2° On colore de l’eau avec la teinture de tournesol, et on y ajoute une ou deux gouttes d’acide sulfurique titré
(1) Annales de chimie et de physique, t. XL, p. 398.
ALCALIMETRIE.
pour produire une teinte pelure d’oignon. Cette liqueur colorée doit être comparée à la dissolution de borax pour obtenir une saturation exacte ;
3 O Gay-Lussac a observé qu’en faisant un mélange de sulfate de soude et d’acide borique à peu près dans les mêmes proportions que dans la dissolution, et en y ajoutant quelques gouttes de teinture de tournesol, il faut trois gouttes équivalant à une demi-division de la burette pour amener la couleur au rouge pelure d’oignon ; on doit donc retrancher du nombre observé une demi-division.
Gay-Lussac, dans une analyse de borax ordinaire, a employé 76,7 divisions d’acide sulfurique normal pour la saturation de la soude contenue dans 15 grammes de borax. Supposons que l’on n’en ait employé que Ih demi-centimètres cubes : 100 demi-centimètres cubes d’acide titré correspondent à Ss^lôO de soude; il est évident que les 15 grammes de borax soumis à l’analyse ne contiennent que 2,338 de soude, qui exigent pour la saturation 3«'',731 d’acide sulfurique. En effet, ,
On aura le poids de borate de soude pur qui correspond à 2,338 de soude, en établissant la proportion suivante :
612,50 : 2384,47 3,751 ; £C . . . £C = 148’',602de borate de soude.
612,50 représente l’équivalent de l’acide sulfurique, et 2S8/i,/i7 celui du borate de soude cristallisé.
ARTICLE IV. — Ammoniaque.
On peut titrer facilement par la méthode alcalimétrique l’ammoniaque en dissolution dans l’eau. A cet effet, on pèse une quantité déterminée d’ammoniaque liquide ; on y ajoute de la teinture de tournesol et puis on y verse peu à peu.
AMMONIAQUE
à l’aide d’une burette, de l’acide sulfurique normal, jusqu’à ce que la liqueur prenne une couleur violette. Le nombre de divisions de la burette fera connaître la quantité d’ammoniaque. Si l’on a employé , par exemple , 50 centièmes d’acide normal, on trouvera la quantité d’ammoniaque en établissant la proportion suivante :
612,50 représentent l’équivalent de l’acide sulfurique monohydraté, 212,50 celui du gaz ammoniac, 2,50 la quantité d’acide sulfurique monohydraté qu’on a employée.
On peut se servir également de l’acide titré proposé par ^1. Péligot, et dont il sera bientôt question. 10 centimètres cubes de cet acide sont saturés par 0®‘‘,212 d’ammoniaque.
§ 1. Dosage de l’ammoniaque eonlenne dans les cau-Y.
Depuis Théodore de Saussure, MM. Brandes, Liebig, Barrai, Chevreul, Bineau, Marchand et d’autres chimistes ont signalé la présence de l’ammoniaque dans les eaux et ont même essayé d’en déterminer la proportion ; mais ce dosage, fait par les anciennes méthodes, offrait tant de difficultés et exigeait un temps si long qu’il devenait impossible de multiplier suffisamment les recherches.
M. Boussingault a imaginé (1), il y a quelques années, une méthode ingénieuse de dosage qui peut être exécutée avec une grande rapidité et qui en même temps est très exacte.
Ce procédé est fondé sur cette proposition formulée par M. Boussingault : Quand on distille de l’eau renfermant une très faible projjortion d’ammoniaque , l’alcali se retrouve en totalité dans les premiers produits de la distillation.
(1) Annales dechimie el de physique, 3* sér., t. XXXIX, p, 257.
ALCALIMÉTRIE.
L’appareil distillatoire dont se sert (fig. 101) ce chimiste se compose d’un ballon de 2 litres de capacité a placé sur un fourneau, d’un réfrigérante? et d’un récipient h.
Le ballon reçoit un bouchon traversé par deux tubes be. L’un est droit et pénètre dans l’intérieur jusqu’à 2 ou 3 millimètres du fond du ballon. L’autre tube conduit la vapeur d’eau dans le réfrigérant. Le bouchon qui ferme le col du ballon c est recouvert de caoutchouc, que l’on maintient à
AMMONIAQUE
l’aide d’un ruban de fil. Lorsqu’on a de bons bouchons, le caoutchouc n’est pas indispensable, mais il faut également assujettir, à l’aide d’un fil, le bouchon au col du ballon et appliquer ensuite un bon lut. L’extrémité du tube recourbé doit être parfaitement adaptée au réfrigérant. Le flacon f est un réservoir plein d’eau destinée à rafraîchir le serpentin ; il reçoit le tube ^'ouvert à ses deux extrémités.
Quand on veut faire l’analyse, on introduit dans le ballon «, à l’aide d’un petit entonnoir placé sur le tube droite, l’eau qui doit être distillée, puis quelques centimètres cubes d’une dissolution de potasse pure. On ferme l’ouverture tube avec un petit bouchon, et l’on procède à la distillation. Le liquide distillé est recueilli dans des ballons l portant un trait indiquant une capacité déterminée, comme 100 ou 200 centimètres cubes. M. Boussingault a constaté que pour avoir toute l’ammoniaque, il faut recueillir les | du liquide soumis à la distillation.
Lorsque l’opération est terminée, il n’est pas nécessaire de démonter l’appareil pour en faire sortir l’eau et pour exécuter un autre dosage. Il suffit d’adapter, au moyen d’un caoutchouc , le tube courbé à angle droit k . à l’extrémité inférieure du serpentin, et de fixer par le même moyen le tube courbé i à l’orifice du tube droit. On souffle ensuite par le tube dans fintérieiir de fapparei], pour que le liquitle contenu dans le ballon s’écoule au dehors. On enlève ensuite les tubes, et l’on recommence cette opération avec une nouvelle quantité d’eau.
L’ammoniaque, une fois isolée de ses combinaisons, est dosée par la méthode (|ue M. Péligot a appliquée à la détermination de l’azote des matières organiques, et sur laquelle nous reviendrons plus tard.
Pour doser l’ammoniaque, on introduit dans l’eau ammoniacale un volume déterminé d’acide sulfurique titré. On
ALCALIMÉTRIE.
complète ensuite la saturation commencée par l’ammoniaque à l’aide d’une liqueur alcaline également titrée. Nous verrons plus loin que M. Péligot prépare l’acide sulfurique titré en ajoutant à 61®'^, 250 d’acide sulfurique pur monohydraté une quantité suffisante d’eau distillée, pour former un litre de liqueur : 10 centimètres cubes de cet acide sont saturés par 0®‘‘,212 d’ammoniaque. D’un autre côté, on prépare une liqueur alcaline en dissolvant de la potasse à la chaux dans de l’eau distillée, de manière qu’il faille environ 33 centimètres cubes de cette solution pour saturer 10 centimètres cubes d’acide titré.
Les eaux de rivières, de sources, de pluie, contenant rarement plus de 5 milligrammes d’ammoniaque par litre, il convient, pour cet usage, d’employer des liqueurs plus étendues. Pour cela, M. Boussingault verse, dans un matras portant un trait, qui indique une capacité d’un litre, 25 centimètres cubes, de l’acide normal de M. Péligot, et il achève de remplir le matras avec de l’eau distillée exempte d’ammoniaque : 10 centimètres cubes de cette nouvelle liqueur sont saturés par 0®%0053 d’ammoniaque. La dissolution alcaline titrée doit être étendue de manière qu’on soit obligé d’en ajouter 33 centimètres cubes pour saturer 10 centimètres cubes d’acide.
Le titre de la liqueur alcaline, par rapport à celui de l’acide, doit être déterminé avec soin. Pour cela, on verse dans un verre 10 centimètres cubes d’acide titré, mesurés avec une pipette graduée ; on y ajoute 50 ou 60 centimètres, cubes d’eau pure, et l’on colore le liquide en rouge par quelques gouttes de teinture de tournesol , dont il est utile de diminuer l’alcalinité. A cet effet, on divise une quantité donnée de teinture en deux volumes égaux ; l’un des volumes est rougi par un acide , puis on le mêle avec l’autre. On peut ainsi obtenir une teinture d’une
AMMONIAQUE
grande sensibilité. Après l’addition de la teinture de tournesol, on remplit une burette de liqueur alcaline que l’on verse goutte à goutte jusqu’à ce que la couleur rouge vire au bleu. On considère la saturation comme parfaite, lorsque toute la masse du liquide prend une teinte bleue, et il ne faut pas se préoccuper du changement de couleur qu’éprouve le liquide quelques instants après. On lit alors sur la burette le nombre de centimètres cubes qui ont été employés, et qui expriment le titre de la dissolution alcaline.
Après avoir fixé le titre de la liqueur alcaline, on détermine la proportion d’ammoniaque que contient l’eau distillée, avec les précautions que nous avons indiquées, en y jutant 10 centimètres cubes d’acide normal, puis quelques gouttes de teinture de tournesol, et en cherchant combien il faut de solution alcaline pour saturer l’acide, c’est-à-dire pour faire virer la couleur rouge au bleu. Si le titre de la solution alcaline est 33 centimètres cubes, et si les 10 centimètres cubes d’acide normal mêlés avec l’eau ammoniacale n’exigent plus que ih centimètres cubes de la même liqueur alcaline, on aura le volume de l’acide .saturé par l’ammoniaque, et, par suite, le poids de cet alcali par les opérations suivantes :
L’acide normal exigeait 33" d’alcali.
Il n’a plus exigé que 14".
DifTérence 19‘‘.
On aura le volume de l’acide qui a été saturé par l’ammoniaque à l’aide de la proportion :
33" ; 10" :: 19" X... x = 5", 7 5 d’acide.
Puisque 10 centimètres cubes d’acide titré correspondent à 0*%0053 d’ammoniaque, 5", 75 seront saturés par 0°' ,0030 de cet alcali.
Pour atténuer autant que possible es causes d’erreur
ALCALIMÉTRIE.
que comporte ce procédé, M. Boussingault a recommandé :
1“ De mettre en contact avec de l’acide sulfurique assez fort tous les vases en verre dont on fait usage, afin de dissoudre l’alcali libre que renferme le verre ;
2“ De rendre la teinture de tournesol aussi sensible que possible ;
3° D’opérer la saturation avec le plus grand soin;
/i° Lorsqu’il est nécessaire d’agir sur plusieurs litres d’eau, d’introduire dans le ballon de l’eau dans laquelle 011 a concentré, au moyen de plusieurs distillations successives, l’ammoniaque provenant d’une grande quantité d’eau ;
5° D’ajouter à l’eau une certaine quantité de potasse pour décomposer les sels ammoniacaux et pour fixer l’acide carbonique libre ou à l’état de bicarbonate, quelle contient quelquefois en assez forte proportion pour changer le titre de la liqueur ammoniacale.
M. Boussingault a constaté par plusieurs expériences que ce procédé comporte une grande précision ; ainsi, en opérant sur de l’eau dans laquelle on avait introduit des quantités connues d’ammoniaque, on a retrouvé cet alcali en totalité.
Il existe, suivant les observations de M. Boussingault, une relation simple entre les proportions d’ammoniaqüe contenues dans les produits obtenus successivement, et en volumes égaux, de la distillation d’utie eau ammoniacale. Si l’on opère sur un litre, et si l’on fractionne le produit distillé par volumes de 50 centimètres cubes, l’ammoniaque décroît suivant une progression géométrique dont la raison est 2 ; la raison est de h si l’on retire l’eau par volumes de 100 centimètres cubes. Cette relation ne se manifeste plus si le liquide est distillé par volumes de 200 centimètres cubes.
Cette relation curieuse permettrait peut-être de calculer l’ammoniaque contenue dans le deuxième, le troisième et le quatrième produit, après avoir titré les premiers 100 centimètres cubes fournis par 1 litre d’eau.
AMMONIAQUE. 287
M. Bonssinganlt a réuni dans les tableaux suivants les résultats de ses expériences :
Produits de lu distillulion i
étirés successivement par volumes de 50 centim.
cubes.
produit
lis
lis
ammoiiia(|ue.
Cl. £.2 « c
4) Cl C
eu c .2
millig.
mill.
mili.
mill.
mill.
mill.
mill.
mill.
ai
Produits de la distillation retirés successivement par volumes de 100 ceuliin, cubes.
Moy. 7,08
Calculé, on a . .
Produits do la Jislillatiou retirés successivement de 1 lit
re de pluie, par volumes
de 100 ccntimèlres cubes.
Moy, 0,540
Calculé, on a . .
Je réunis dans le tableau suivant quelques-uns des résultats obtenus par M. Boussingault , avec les eaux de rivières, les eaux de sources et les eaux minérales.
ALCALIMÉTRIE.