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CHAPITRE XX

PLOMB

M. Flores Domonte a appliqué au dosage du plomb le procédé que M. Pelouze avait employé pour la détermination du cuivre. Ce procédé consiste à dissoudre le plomb dans ' l’acide azotique, à ajouter à la solution un excès de potasse et à précipiter le métal par une liqueur titrée de sulfure de sodium.

Comme M. Pelouze, M. Flores Domonte prépare la liqueur normale de sulfure de sodium, en dissolvant ce composé dans l’eau distillée de manière que 1 gramme de plomb soit précipité par environ 30 centimètres cubes de solution. Seulement ce dernier chimiste a judicieusement pris une quantité moindre de sulfure de sodium, par la raison qu’il en faut moins pour précipiter 1 gramme de plomb que pour 1 gramme de cuivre. En effet, l’équivalent

l’LOMB.

du plomb est représenté par l*29/i,50, tandis que celui du cuivre n’est que de 396,60 ; ce qui donne à peu près le rapport : 3,2 : 1. On ajoute à 1 volume de la dissolution cuprométrique 3 volumes d’eau ,' et on obtient ainsi pour les essais du plomb une liqueur correspondante à celle dont on se sert pour le cuivre.

Nous ferons remarquer, à ce sujet, que, s’il y a avantage à employer la même liqueur titrée pour le dosage d’un grand nombre de corps, on ne doit pas cependant faire usage dans les analyses volumétriques de solutions au même degré de concentration, et contenant des quantités de réactifs qui correspondent exactement à leur équivalent chi- ^lique.

* Lorsqu’on veut titrer la solution de sulfure de sodium, on introduit 1 gramme de plomb dans un ballon d’environ 200 centimètres cubes, on y ajoute quelques grammes d’acide azotique et on chauffe légèrement ; puis on étend le liquide d’une petite quantité d’eau et, lorsque le plomb est entièrement dissous, on verse dans la liqueur un excès de potasse qui précipite d’abord et dissout ensuite l’hydrate de protoxyde de plomb. Le liquide est maintenu à une température élevée, etl’on y verse, au moyen d’une burette, goutte à goutte, la solution normale qui donne un précipité noir de sulfure de plomb. On fait bouillir de temps en temps; le sulfure de plomb se dépose, le liquide s’éclaircit et on saisit avec beaucoup de soin le moment où une goutte de sulfure de sodium ne produit plus de précipité. On arrive facilement, par un .second essai et au besoin par un troisième, à un résultat exact. Lorsque l’opération est terminée, on lit sur la burette le volume de dissolution titrée qu’on a employé. S’il en a fallu par exemple, 30 centimètres cubes et si un minerai de plomb n’exige, sous le môme poids, que 19 centimètres

POOGIALE.

PLOMB

CTibes, 011 trouvera la quantité de plomb qu’il contient par la proportion :

Ce dosage se fait rapidement et on détermine, à moins de 1 pour 100, la quantité de plomb. Cependant la méthode qui repose sur la précipitation des corps n’est pas en général très bonne.

Le plomb est rarement pur; on le rencontre le plus souvent allié à l’étain, au cuivre, au zinc, au fer, àTantinioine, etc. On pourrait se débarrasser par la filtration des acides antimonienx et stanniqiie qui ne sont pas dissous par l’acide azotique, et de l’acide arsénieux qui est retenu, suivant M. Levol, par l’acide stannique; mais M. Flores Domonte, ayant constaté que l’étain, l’antimoine et l’arsenic ne sont pas précipités par le sulfure de sodium, dans un grand excès de potasse, il vaut mieux faire l’essai sans liltrer.

Le zinc ne nuit pas au succès de l’expérience ; en effet. M. Pelouze a démontré qu’il se précipite après le plomb, et, comme le sulfure de zinc est blanc, on reconnaît, lorsqu’il apparaît, que tout le plomb est précipité.

La présence du cuivre exige une opération plus compliquée. Dans une première expérience, M. Flores Domonte dose ce métal par le procédé de M. Pelouze, que nous avons décrit; puis il fait un essai synthétique sur un mélange formé de 1 gramme de plomb et d’un poids de cuivre égal à celui qu’a donné l’expérience. Cet essai fera connaître le nombre de divisions qu’on devra retrancher en faisant l’essai de l’alliage. En effet, si 1 gramme de plomb pur correspond à 30 centimètres cubes de liqueur titrée, et si, après l’avoir allié av.ee le cuivre, il en faut 33, évidemment la différence 3- représentera le cuivre.

PLOMB

Si l’alliage à essayer contient, par exemple, 6 pour 100 de cuivre, on fera d’abord une opération synthétique avec 1 gramme de plomb et de cuivre ; puis on exécutera un essai sur un gramme d’alliage. Si de cuivre exigent 3 centimètres cubes de liqueur, et si le nombre de centimètres cubes employés dans le dernier essai est de 20, on devra retrancher de ce chillre 3 centimètres cubes pour avoir le volume de la dissolution sulfureuse, qui a réellement servi à la précipitation du plomb.

Lorsque la quantité de cuivre est faible, on ajoute à l’alliage — de ce métal, pour donner à l’essai plus de préci- |ion.

Le bismuth ne peut pas être séparé du plomb par cette méthode; heureusement cette cause d’erreur n’a pas d’importance au point de vue industriel.

L’essai des céruses et des acétates de plomb se fait avec la plus grande facilité, et j’ajouterai que c’est là une application extrênient intéressante, puisque ces produits sont souvent fraudés.

M. Hempel a proposé de doser le plomb en ajoutant un volume connu d’acide oxalique normal ; on neutralise par l’ammoniaque, on filtre et on dose dans la liqueur filtrée, à l’aide du permanganate de potasse titré, l’acide oxalique en excès. On aura ainsi la quantité d’acide oxalique qui a précipité le plomb. Ce procédé n’est applicable qu’aux dissolutions de plomb ne contenant pas d’autres oxydes métalliques qui pourraient être précipités par l’acide oxalique. 11 sera donc rarement employé.

On a indiqué une autre méthode qui consiste à précipiter le plomb dissous par le bichromate de potasse, à laver le pi-écipité formé de chromate de- plomb, et à le traiter par une dissolution titrée de sel de fer au minimum. On déter-

MERCUKE,

luiiie ensuite par le permanganate de potasse l’excès de sel de protoxyde de fer, et on a ainsi la quantité qui a été transformée en peroxyde, et, par conséquent, la proportion correspondante de cliromate de plomb. Le cliromate de plomJj donne dans une dissolution acide, avec les sels de fer an minimum, de l’oxyde de chrome, du peroxyde de fer et un sel neutre de plomb contenant l’acide employé.

L’action des sels de protoxyde de fer sur le cliromate de plomb est très lente. Ce procédé est moins rapide et présente moins de précision que celui de M. Flores Domonte.

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