‹ Traité d'analyse chimique qualitativeChapitre 118 sur 294 · C. Protoxyde de niekel (NiO · texte numérisé non relu

C. Protoxyde de niekel (NiO

g M8. 1 . Le nickel métallique qui a été fondu est blanc d'argent à reflet gris ; il est brillant, dur, malléable, difficilement fusible ; à la température ordinaire il ne s'oxyde pas à l'air, et ne le fait que lentement au rouge : il est attirable à l'aimant et peut même s'aimanter. Dans l'acide chlorhydrique et l'acide sulfurique étendu il se dissout lentement à chaud, eu faisant dégager de l'hydrogène : il est facilement dissous par l'acide azotique. Les solutions renferment du protoxyde de nickel.

2. Uhydrate de protoxyde de nickel est vert clair, inaltérable à l'air. Au rouge, il se transforme en protoxyde vert. Tous deux se dissolvent facilement dans les acides chlorhydrique, azotique et sulfurique. Le protoxyde de nickel, cristallisé en octaèdres, ne se dissout pas dans les acides, mais il est attaqué parle sulfate acide de potasse fondu. Le sesquioxyde de nickel (Ni*0') est noir et se dissout à l'état de protochlorure dans l'acide chlorhydrique avec dégagement de chlore. En chauffant au rouge faible l'azotate de protoxyde de nickel, on obtient du protoxyde renfermant un peu de sesquioityde et de couleur vert grisâtre.

3. Les sels de protoxyde de nickel^ à l'état anhydre, sont généralement jaunes, et verts s'ils sont hydratés : les dissolutions sont vert clair. Les sels neutres solubles rougissent faiblement le tournesol et se décomposent au rouge.

Uî CHAP. III. — RÊAGTiORSDES ACIDES METALLIQUES. [§'lO»

4. L'HTDROGèifE suLFim^ ne précipite pas lei sels de protoxyde de nickel à acides forts, en présence d'an acide libre ; en labsence d*acide libre, une petite partie du nickel se dépose lentement à l'état de iuhfure noir (NiS). — L'acétate de nickel, contenant de l'acide acétique libre, n'est pas précipité, on Test à peine ; mais sans acide, pres<{Qe tont le nickel se préâpite par une action prolongée de l'acide sulfhydriqne. . ^

5. Le suLFfTTDRATE D AnoNiAQUE daRs Ics dissolutions neutres et Tactde sulfhydrique dans les solutions alcalines, donnent un précipité noir de sulfure de nickel hydraté (NiS). Ce sulfure n'est pas tout à fait insoluble dans le sulftiydrate d'ammoniaque, surtout si celui-ci contient de Tammoniaque libre; aussi le liquide au milieu duquel il se dépose est le plus souvent coloré en brun. Le ehloiiiydrate d'ammoniaque et surtout l'acétate favorisent beaucoup cette réaction. L'acide acétique dissout à peine le précipité, l'acide chloiiiydrique le dissout très-difficilement, mais il disparaît j[»'omptement à chaud dans l'eau régule.

6. La POTASSE et la soude précipitent de V oxyde hydraté de nickel (NiO,HO), vert clair, insoluble dans un excès d'alcali, inaltérable à l'air et à Tébullition, même avec addition d'alcool. Le carbonate d'ammoniaque le redissout, après lavage, en un liquide bleu yerdâtre, d'où la potasse et la soude précipitent de nouveau le nickel sous forme d'oxyde hydraté vert pomme.

7. L'ammoniaque, en petite quantité, ne |Troduit qu'un léger troidble verdâtre ; en en ajoutant davantage, ce trouble disparaît et on obtient un liquide bleu renfermant de Yoxyde de nickel ammoniacal, La potasse et la soude précipitent de celte liqueur de Fhydrate d'oxyde. Dans les dissolutions qui renferment des sels ammoniacaux ou des acides libres, l'ammoniaque ne détermine aucun trouble.

N. B. La présence des acides organiques fixes et du sucre empêche ou rend difficile la précipitation par les alcalis des dissolutions de protoxyde de nickel.

8. Le FERROCYANUREDEPOTASSiUM précipite du ferrocyanure de nickel (2Ni,Cy5Fe) blanc verdâtre, insoluble dans l'acide chlorhydcique.

9. Le FERRicYANURE DE POTASSIUM précipite du fei'ricyanure de nickel (5Ni,Cy*Fe*), insoluble dans Tacide chlorhydrique.

10. Le CYANURE DE POTASSIUM dounc un précipité vert jaunâtre de cyanure de nickel (NiCy), qui se dissout facilement dans un excès du précipitant en un liquide jaune brun contenant du cyanure double de nickel et de potassium (NiGy+KCy). L'acide sulfurique et l'acide chlorhydrique, décomposant le cyanure de potassium, décomposent ce cya-" nure double, en sorte qu'ils précipitent de nouveau de cette dissolution le cyanure de nickel ; lorsque les liqueurs sont étendues, il faut un peu de temps. Ce cyanure de nickel est très-diffidlemeut soluble à froid

g i09] Q€ATBd»B GROUPE. — PRÛTOITDE DE COBALT. 141^

dans un excàs de ees acides, maïs Test &cîleiiieat à l*ëballttion. Sil'cm ùit passer sans çhaai&r on courant de chlore dans la dissolution alcaline du cyanure double de mckel et de potassium, à laquelle on ajoutera un excès d'alcali si c'est nécessaire, tout le nickel se précipite pen à peu à Tétat d'osyde hydraté noir.

i i . Si dans une dissolution concentrée d'un sel de protoxyde de nickd , rendue alcaline par raounoniaque, on ajoute une dissolution de sulpocabbonàtb de potasse^, le liquide devient rouge brun foncé, peu transparent, presque noir par réflexion ; — si la liqueur est extrêmement étendue, elle prend par l'addition du réactif une couleur rouge rosé (C D. Braun). L'apparition de cette couleur dans les dissolutions trèsétendues est caracténstîque pour le nickel.

12. Le CARBONATE DE BARYTE, on digestiou à froid avec les sels de nickel, ne précipite pas l'oxyde, excepté toutefois avec le sull'ate.

15« L'azotite de potassb, additionné d'acide acétique, ne précipite pas les dissolutions, même les plus concentrées. Hais si les solutions renferment de la chaox, de la baryte ou de la strontiane, il se ferme dans les liquides pas trop étendus un précipité cristallin jaime d'aaotite double de nickel et de chaux, etc. , qui se dissout difficilement dans l'eau froide, facilement d^ins l'eau diaude en donnant une liqueur Terle. {Kûjîzd.— 0. L- Erdman.)

14. Le Bonàx et lé sel de pbosphorb donnent dans la flamme extérieure une perte transparente. Le verre de borax est violet quand il est chaud, et brun rouge quand il est froid ; le verre de phosphore chaud aune couleur qui varie du rougeâtre au rouge brun, et £roid du jaune au jaune rougffàtre. Dans la flamme intérieure, la perle de sel de phosphore ne change pas, mais celle de borax devient grise et trouble par la formation de nickel réduit. En chauffant longtemps, le nidLol se rassemble, sans cependant fondre en un bouton, et la perle devient incolore.

15. En opérant la réduction snr une baocettede chamon, comme il est dit à la page 30, les composés de protoxyde de nickel fournissent, quand on broie le chaiinm, des paillettes métallit[ues blancha^, brillantes, ductiles, qui s'amassent en houppes à la pointe d'une lame de oonteau aimantée. Avec l'acide azotique elles produisent une solution verte, qu'on peut étndier ultérieurement.

d. Protoxyde de eolbalt (GoO).

^ !•». 1. Le cobalt métallique fondu est gris d'acier, très-dur, sus-

^ Pour préparer ce réactif, on sature avec de l'acide sulfhydri^ue la moitié d'une dissolution de potasse à 5 p. 100, on ajoute l'autre moitié, on fait digérer à une douce duleui* avec i/25 desonyolume de sulfure de carbone, on sépare le liquide rooge orangé foncé du sulfure de carbone non dissous et on le cooserve pour l'usage àna dss flacons bien bouchés.

U« GHAP. III. — RÉACTIONS DES OXYDES MÉTALLIQUES. [g 109

ceptible d'un beau poli, ductile, difficilement fusible, magnétique; il ne s'oxyde pas à Tair à la température ordinaire, mais bien au rouge, et se comporte comme le nickel en présence des acides. Les dissolutions contiennent du protoxyde de cobalt.

2. Le protoxyde de cobalt est brun clair : son hydrate est une poudre TÔvige pâle ; tous deux se dissolvent facilement dans les acides azotique, chlorhydrique et sulfurique. Le sesquioxyde de cobalt (Co*0')est noir; il donne du chlore avec l'acide chlorhydrique, en se dissolvant à l'état de protochlorure.

5. Les sels de protoxyde de cobalt qui renferment de l'eau de cristallisation sont rouges ; les sels anhydres sont bleus pour la plupart. Les dissolutions qui ne sont pas trop concentrées sont rouge clair et conservent cette couleur même lorsque la liqueur est assez étendue. Les sels neutres solubles rougissent un peu le tournesol, et se décomposent au rouge ; le sulfate seul peut supporter une température un peu élevée. — Si l'on évapore une dissolution de chlorure de cobalt, vers la fin la couleur rouge clair passe au bien ; — en ajoutant de l'eau le liquide redevient rouge.

4. L'acide sulfhtdrique ne précipite pas les dissolutions des sels de cobalt à acides forts, en présence des acides libres ; si la liqueur est neutre, une partie du cobalt se dépose peu à peu sous forme de sulfure noir (CoS). — L'acétate de cobalt avec un excès d'acide acétique est à peine précipité ou même ne Test pas du tout : mais sans acide libre, il Test complètement ou presque complètement.

5. Le suLFHTDRATE d'ammoniàque dans les dissolutions neutres, et l'acide sulfliydrique dans les dissolutions alcalines, précipitent tout lecobaltà l'état de sulfure hydrate\ noir (GoS). Le chlorhydrate d'ammoniaque favorise beaucoup la précipitation. Le sulfure de cobalt est insoluble dans les alcalis et le suif hydrate d'ammoniaque, à peine soluble dans l'acide acétique, très-difficilement dans l'acide chlorhydrique et très -facilement à chaud dans leau régale.

6. La POTASSE et la soude produisent des précipités bleus de sels de cobalt basiques insohibles dans le précipitant. Ceux-ci, à l'air, deviennent verts en absorbant de l'oxygène; par l'ébuUition ils se changent enhydrate de protoxyde de cobalt^ retenant de Talcali, de couleur rouge pâle, le plus souvent mal définie à cause du peroxyde forme. Si avant de faire bouillir on ajoute de l'alcool, le précipité se change, rapidement en sesquioxyde hydraté brun foncé. Le carbonate neutre d'ammoniaque dissout complètement les sels basiques de cobalt et l'hydrate de protoxyde, quand ils sont bien lavés, en formant un liquide d'un rouge violet intense, dans lequel une nouvelle addition de potasse ou de soude produit un précipité bleu, tandis que le liquide reste violet.

7. L'ammoniaque donne le même précipité que la potasse; toutefois

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