DEDXIÈME GROUPE DES ACIDES INORGANIQUES
Acides qui ne sout pas précipités par le chlorure de baryum, uâis qui LE sont par l'azotate d'argent : acide chlorhydrique, acide bromhydri' qu€f acide iodhydriqtie^ acide cyanhydriqne^ acide ferrocyanhydriqv^i acide ferrlcyanhydrique^ acide stdfhydrique (acide azoteux, acide hypoazotique, acide chïoreux, acide hypophosphoreux).
Les sels d'argent, qui correspondent aux hydracides, sont tous insolubles dans l'acide azotique étendu. Ces acides se combinent avecles oxydes métalliques de telle sorte que le tnétal s'unit au radical halogène, par exemple au soufre, tandis qu'en même temps Toxygène delà base forme de l'eau avec l'hydrogène de l'hydracide.
a. Acide eUorfaydriqne (HCl).
§ ISS. 1. Le chlore est un gaz jaune verdâtre, lourd, détiuisanlles couleurs végétales (tournesol, indigo, etc.), d'une odeur désagréable et suffocante; il aune action très-pernicieuse sur les organes de la respiration ; il n'est pas combustible et n'entretient la combustion que de très-peu de corps. L'antimoine très-divisé, Tétain, etc., s'y enflamment et y brûlent en se changeant en perchlorures. 11 est assez soluble dans l'eau. L'eau de chlore est faiblement jaune verdâtre, elle répand fortement l'odeur du gaz, blanchit les couleurs végétales, se décompose sous l'action de la lumière (§ «»), perd son odeur quand on l'agite avec du mercure, parce que ce métal se transforme en protochlorure. — On peut reconnaître facilement de petites quantités de chlore hbre dans uo liquide, en y versant une dissolution d'un sel de protoxyde de fer pur additionné de sulfocyanure de potassium, ce qui donne aussitôt une coloration rouge par suite de la peroxydation du fer produite par Ift chlore, — ou bien, encore, en l'absence de toute trace d'acide azoteux, en versant le liquide à essayer dans une dissolution d'iodure de potassium additionnée d'un peu d'empois d'amidon. (F. § 154, 9.)
2. là acide chlorhydrique à la température et à la pression ordinaires est un gaz incolore, formant dans l'air d'épaisses fumées blanche.s ^ odeur forle et très-piquante; il est excessivement soluble dans l'eau. — Sa dissolution concentrée (acide chlorhydrique fumant) perd par la chaleur la majeure partie du gaz dissous.
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5. Les chlorures métalliques, excepté ceux de plomb, d^argent et le protochlorure de mercure, sont facilement solubles dans Teau. Ils sont pour la plupart blancs ou incolores. Beaucoup sont volatils sans décomposition, d'autres se décomposent au rouge, quelques-uns sont fixes à une chaleur rouge modérée.
4. L'acide chlorhydrique libre et les dissolutions de chlorures métalliques donnent avec Tazotate d* argent, même dans les liqueurs trèsétendues, un précipité blanc de chlorure d* argent (AgCl). Ce précipité devient d'abord violet à la lumière, puis noir; il est .insoluble dans l'acide azotique étendu, très-soluble dans l'ammoniaque et le cyanure de potassium, et peut fondre par l'action de la chaleur sans éprouver de décomposition (§ fis, 7).
5. L'azotate de protoxyde de mercure et l'acétate de plomb produisent dans les liquides qui renferment de l'acide chlorhydrique libre ou un chlorure des précipités de protochlorure de mercure (Hg*Gl) ou de chlorure de plomb (PbCl).(Voy. les propriétés de ces précipités § f 16, 6 elgin,7.)
6. Si l'on chaufie de l'acide chlorhydrique avec du bioxyde de manganèse ou un chlorure métallique avec du bioxyde de manganèse et de TaciDE scLFORiQUE, il sc dégage ànchlore gazeuXy que l'on reconnaît à sa couleur, à son odeur et à son action décolorante sur les couleurs végétales. Pour reconnaître ce dernier effet, on expose à l'action du gaz une bande de papier humide, trempée dans de la teinture de tournesol ou dans une dissolution d'indigo.
7. Si l'on broie un chlorure métallique avec du ghromate de potasse, qu'on mette le mélange dans une petite cornue tubuléc et qu'on chauffe avec de I'agide sulforique concentré, il se dégage un gaz rouge brun foncé, qui contient une grande quantité d'acide chlorochrumique (GrO*Cl) et se condense en un liquide de même couleur, qui se rend dans le récipient disposé ad hoc. En mêlant ce liquide avec un excès d'ammoniaque, il se forme, d'après l'équation GrO*Cl + 2.AzH*0= AzIl*Cl-f-.AzH*0,GrO*, un liquide coloré en jaune parle chromate d'ammoniaque, dont la couleur devient jaune rouge par l'addition d'un acide, à cause de la formation d'un chromate acide d'ammoniaque.
8. Pour découvrir le chlore dans les chlorures insolubles dans l'eau et l'acide azotique, on les fond avec du carbonate de -potasse sodé. L'eau dissout alors dans la masse fondue l'excès de carbonate alcalin et le chlorure alcalin formé.
9. En dissolvant dans la perle de sel de phosphore et à la flamme extérieure du chalumeau assez de bioxyde de cuivre, pour que cette perle devienne opaque, puis en y plaçant, quand elle est fondue, une substance renfermant du chlore et chauffant à la flamme de réduction, la perle s'entoure d'une flamme d'un beau bleu, tirant sur le rouge
pourpre et cela tant qu'il y a du chlore. {Berzelius.) Voir au § 159 ce qui est relatif au spectre du chlorure de cuivre.
h. Acide bromhjdiiqne (HBr).
g 158. 1 . Le brome est un liquide d^ise, hrun rouge. Son odeur désagréable rappelle celle du chlore ; il bout à 65^, se volatilise prompte* ment déjà à la température ordinaire. Sa vapeur est rouge brun. Le brome blanchit (es couleurs végétales comme le chlore ; il se dissout un peu dans Teau, plus facilement dans l'alcool et très-facilement dans réther. Les solutions sont rouge jaune.
2. U acide hromhydrique gazeux j Y acide fcrom^Jn^i/^ en dissolution aqueuse et les bromures métalliques offrent dans leurs propriétés la plus grande analogie avec les composés chlorés correspondants.
/ 3. L* AZOTATE d'argent produit dans les dissolutions aqueuses d'acide hromhydrique ou de bromures métalliques un précipité blanc jaunâtre, devenant gris à la lumière, de bromure d'argent (AgBr), insoluble dans l'acide azotique étendu, assez difficilement soluble dans l'ammoniaque, très-soluble dans le cyanure de potassium.
4. L'azotate DE protoxtde de palladium, mais non pas le protochlorure de palladium, donne avec les dissolutions de bromures un précipité brun rouge de bromure de palladium (PdBr), qui se forme de suite si les liqueurs sont concentrées et au bout seulement d'un temps assez long si elles sont étendues.
5. L'acide suLFURiQUE décompose à chaud Tacide hromhydrique et les bromures métalliques, excepté Je bromure d'argent et le bibromure de mercure : l'hydrogène ou le métal s'oxyde et le brome est mis en liberté. Si l'on opère avec une dissolution, le brome libre la colore en jaune ou en jaune rougeâtre; si l'on iigit sur un bromure solide ou sur une dissolution concentrée, il se dégage des vapeurs de brome rouge brun ou jaune brunâtre si elles sont en faible quantité ; elles se déposent en petites gouttelettes liquides sur les parties froides du tube à essais, lorsqu'elles sont en quantité suffisante. — A froid et dans les dissolutions étendues, le brome n'est mis en liberté ni par l'acide azotique, même fumant, ni par une dissolution d'acide hypoazotique dans l'acide sulfurique, ni enfin par l'acide chlorhydrique et l'azotite de potasse.
6. Le CHLORE gazeux ou I'eau de chlore chasse immédiatement le brome de ses composés et la liqueur prend une coloration rouge jaunâtre, si la quantité de brome n'est pas trop faible. Il faut éviter de mettre un grand excès de chlore, car la coloration disparaîtrait complètement ou presque complètement, par suite de la formation d'un chlorure de brome. -— La réaction est bien plus sensible, si l'on ajoute im
§ i55J nEUXIÈMK GROUPE. — ACIDE BROMHYDRïQUE, 259
liquide capable de prendre le brome, mais qui ne se mélange pas avec l'eau, surtout le sulfure de carbone et le chloroforme. On ajoute au liquide neutre ou faiblement acide, contenu dans un petit tube à essais, un peu de sulfure de carbone ou de chloroforme, assez pour former une grosse goutte au fond dû tube ; puis on verse goutte à goutte Teau de chlore étendue et Ton agite. Pour une proportion notable de brome (par exemple, 1 de brome pour 1000 d'eau) les gouttes se colorent en jaune rougeâtre, — pour très-peu de brome (1 de brome pour 50000 d'eau) elles prennent une teiiite jaune pâle encore très facile à saisir. L'éther^ donl on se servait autrefois dans cette réaction, est bien moins convenable. Il faut également éviter ici un excès d'eau de chlore et essayer aussi si cette eau fortement étendue et agitée avec le sulfure de carbone ou le chloroforme ne les colore pas, car ce n'est que dans ce cas qu'on pourra l'employer. En agitant avec un peu de lessive de potasse et en chauffant la dissolution de brome dans le sulfure de carbone ou le chloroforme (ou Téther) , la couleur disparaît, et Ton a en dissolution du bromure de potassium et du bromate de potasse. En évaporant et en calcinant, le bromate se change en bromure et l'on peut essayer le résidu de la calcination d'après 7.
7. Les bromures métalliques chauffés avec du peroxyde de hangâkèse et de I'acide scLFURiQUE dégagent des vapeurs rouges de brome. La présence de beaucoup de chlorure n'est pas favorable à la réaction et exige qu'on ajoute un peu d'eau et qu'on ne verse l'acide sulfurique que. peu à peu et en très-petite quantité. Pour une faible proportion de brome la couleur de la vapeur n'est plus appréciable. Mais si Ton chauffe le mélange dans une petite cornue et qu'on dirige les vapeurs dans un long tube en verre, formant réfrigérant, on reconnaît presque toujours les vapeurs de brome en regardant dans le tube suivant sa longueur, et les premières gouttes qui passent à la distillation sont colorées en jaune. On fera bien de recueillir les premières vapeurs et les premières gouttes de liquide dans un tube à essais , contenant un peu d'amidon humecté avec de l'eau ; alors
8. L'amidon humide, en contact avec le brome libre, surtout à Tétat de vapeur, se colore en jaune, en se changeant en bromure d'amidou. La coloration ne se produit pas toujours la même. Pour faire cette réaction, avec les gouttes obtenues dans la distillation indiquée au n''7, ou ferme le tube à la lampe et on le retourne avec précaution, de façon que le liquide soit dessous et l'amidon par-dessus. Après 12 ou 24 heures la coloration jaune apparaîtra; mais elle disparaît avec le temps. — On peut faire cette réaction plus simplement de la manière suivante, et elle est tout aussi sensible; dans un petit gobelet en verre on chauffe le liquide contenant le brome libre ou le mélange primitif de bromure, de manganèse et d'acide sulfurique, on ferme le vase avec un verre de
240 CIIAP. III. — RÉACTIONS DES ACIDES INORGANIQUES. [g 154
montre au-dessous duquel ou a collé une bande de papier humectée avec de Tempois d'amidou et saupoudrée d*amidon en poudre.
9. En cbaufîant un mélange de bromure et de chromate de potasse avec de Tacide sulfurique, il se di'gage, comme avec les chlorures, un gaz rouge brun. Toutefois ce dernier est du brdme pur, car le liquide qui se condense, sursaturé d'ammoniaque, ne devient pas jaune, mais tout à fait incolore.
10. En ajoutant à une dissolution d'acide bromhydrique ou d'un bromure alcalin un peu de chlorure d*or, il se produit une coloration variant du jaune paille au rouge orangé foncé, par suite delà formation du bromure d'or. — S*il y avait en même temps une combinaison iodurée, il faudrait Téliminer avant d'essayer cette réaction. (Bill.)
il. Les bromures métalliques insolubles dans Teau et dans l'adde azotique ser traitent comme les chlorures analogues.
12. La perle de sel de phosphore contenant un excès d'oxyde de cuivre, chaulîée à la flamme intérieure du chalumeau avec une substance renfermant du brome, colore la flamme, surtout vers les bords, en bleu tirant sur le vert. (Berzelius.) Voy. au § 15* ce qui est relatif au spectre du bromure de cuivre.
C« Adde lodhjdrique (Hl).
§ 154. 1. Viode est un corps solide, mou, en lames cristallines lantes, noires et répandant une odeur caractéristique désagréable. Il fond à une faible température et se transforme à une température un peu plus élevée en belles vapeurs violettes, qui en refroidissant se condensent en un sublimé noir. Il se dissout peu dans l'eau (la disse! alior. est brun clair); mais il est très-soluble dans l'alcool, dans l'étlïcr et dans la dissolution d'iodure de potassium (ces dissolutions sont bran rouge foncé) . Il détruit lentement et faiblement les couleurs végétales ; il tache la peau en brun et forme avec l'amidon un composé fortement coloré en bleu foncé. Celui-ci se produit toujours quand de l'iode en vapeur ou un liquide contenant de l'iode libre rencontre de Tamidon ou mieux encore de l'empois d'amidon ; il est détruit par les alcalis, le chlore, le brome, l'acide sulfureux et les autres agents réducteurs.
2. L'acide iodhydrique est un gaz semblable à l'acide chlorbydriquc et à l'acide bromhydrique, et très-soluble dans l'eau. La dissolution aqueuse d'acide iodhydrique est incolore, mais elle brunit promplement au contact de 1 air, en même temps qu'il s'y forme de l'eau et de l'iode qui reste dissous dans l'acide non encore décomposé.
3. Les iodures métalliques ont beaucoup d'analogie avec les chlorures. Toutefois ceux des métaux lourds sont bien plus insolubles dans
gi54] DEUXIÈME GROUPE —ACIDE lODIIYDKlQUE. 2H
l'eau, et beaufcoup, par exemple Tiodure de plomb, les deux iodures de mercure, offrent des couleurs caractéristiques.
4. L'azotate d'argent, dans les dissolutions aqueuses d'acide iodhydrique ou d'un iodure métallique, donne un précipité blanc jaunâtre à'iodure d'argent (Agi), qui noircit à la lumièi*e ; il est insoluble dans l'acide azotique étendu, très- difficilement soîuble dans Vammoniaque et très-soluble dans le cyanure de potassium.
5. Le PROTOGHLORURE DE PALLADIUM Ct I'aZOTATE DE PROTOXTDE DE
PALLADIUM forment, même dans les dissolutions très-étendues d'acide iodhyJrique ou d'un iodure métallique, un précipité brun noir de proto-iodure de palladium (Pdl), un peu soluble dans les dissolutions salines (sel de cuisine, chlorure de magnésium, etc.), insoluble ou à peine soluble dans les acides chlorliydrique et azotique étendus et froids.
6. Une solution de 1 partie de sulfate de cuivre et 2 1/2 parties de SULFATE DE PHOTOXYDE DE FER précipite dcs dissolutious aqueuses neutres des iodures du protO'iodure de cuivre (Gu*I) blanc sale. L'addition d'un peu d'ammoniaque favorise la précipitation complète deTiode. Les chlorures et les bromures ne sont pas précipités par ce réactif. On peut employer le sulfate de cuivre seul,' en ajoutant après qu'il est versé assez d'acide sulfureux pour décolorer le liquide que Tiode éliminé brunissait.
7 . L'acide azotique pur et exempt d'acide azoteux ne décompose l'acide iodhydrique et les iodures métalliques que quand il est concentré et surtout qu'on opère à chaud. L'acide azoteux et I'agide hypoazotique au contraire décomposent les iodures avec la plus grande facilité, même dans les liqueurs les plus étendues. D'après cela les dissolutions incolores deviennent rouge brun, aussitôt qu'on y ajoute un peu d'acide azotique rouge fumant, ou un mélange de cet acide avec l'acide sulfurique, ou mieux une dissolution d'acide hypoazotique dans l'acide sulfurque, ou enfin de l'azotile de potasse avec un peu d'acide sulfurique, ou d'acide chlorhydrique. Si les liqueurs sont un peu concentrées, l'iode se dépose en lamelles noires, en même temps qu'il se dégage du bioxyde d'azote et des vapeurs d'iode.
8. Comme la couleur bleue de l'iodure d'amidon est plus facile à saisir que la teinte jaune de la dissolution aqueuse d'iode, la sensibilité des réactifs précédents est augmentée, si l'on ajoute d'abord au liquide que l'on essaie un peu d'EMPOis d'amidon très-étendu et très-limpide, puis quelques gouttes d'acide sulfurique étendu pour qu'il y ait une réaction acide prononcée et enfin un des réactifs indiqués plus haut, 7. Avec la dissolution d'acide hypoazotique dans l'acide sulfurique il faut, pour que la réaction soit le pi us nette, n'en mettre que quelques gouttes avec une baguette 'en verre, et alors je puis recommander ce réactif
FRESENIUS, AK. QDAL. — 6* ÉOIT. 16
242 CHAP. IIÎ. — RÉACTIONS DKS AC DES IXOHGAKIQUES. [§ 154
avec Otto, qui Ta indiqué le premier : il faut employer 'davantage d'acide azotique rouge fumant pour que la réaction ait son maximum d'intensité, aussi n'est-il pas aussi bon pour rechercher de très-petites quantités d'iode. — L'azotite de potasse est aussi d'une sensibilité remarquable. On ajoute au liquide à essayer de l'acide sulfurique étendu ou de l'acide chlorhydrique jusqu'à réaction acide nette, on introduit ensuite une ou deux gouttes d'une dissolution concentrée d'azotite de potasse. — Quand il n'y a que des traces d'iode, le liquide ne devient pas bleu, mais rougeâtre. — La réaction n'est pas sensiblement gênée par un excès des liquides contenant les acides azoteux ou hypoazotique. — Comme l'iodure d'amidon donne une dissolution incolore avec l'eau chaude, il faut nécessairement opérer sur des liquides froids, et plus la température est basse, plus la réaction est nette. On atteint le maximum de sensibilité en refroidissant avec de la glace, laissant l'amidon se déposer et regardant dans le tube à essais au-dessus d'une feuille de papier blanc (K. § 15»).
9. Le CHLORE GAZEUX et I'eau de chlore chassent aussi l'iode de ses combinaisons, mais un excès de chlore se combine de nouveau à l'iode pour donner du chlorure d'iode incolore. Dès lors une dissolution étendue d'un iodure métallique additionnée d'un peu d'empois d'amidon se colorera aussitôt en bleu par l'action d'un peu d'eau de chlore, mais se décolorera de nouveau par une nouvelle addition de chlore. Gomme il est' difficile de ne pas dépasser la limite de la quantité de chlore à ajouter, surtout quand on n'a que très-peu d'iode, l'eau de chlore est peu employée pour trouver des traces d'iode.
10. Si l'on ajoute à une dissolution d'acide iodhydrique ou d'un iodure métallique du chloroforme ou du sulfure de carbone, de façon qu'il en reste quelques gouttes non dissoutes, puis qu'on mette l'iode en liberté (avec une goutte d'acide sulfurique nitreux, — ou d'acide chlorhydrique avec de l'azotite de potasse, — ou d'eau de chlore^ etc.), qu'on agite fortement et qu'on laisse reposer, le chloroforme ou le sulfure de carbone se rassemble au fond du tube, coloré en rouge violet plus ou moins foneé par l'iode qu'il a pris au liquide. (C'est une réaction également très-sensible.) Si l'on agite un liquide contenant de l'iode avec du pétrole, de la benzine ou de I'éther, les premiers se colorent presque en rouge, I'éther en brun rouge ou en jaune. (L'iode colore I'éther beaucoup plus que le brome, à quantité égale.)
11. Si l'on chauffe un iodure métallique avec de I'acide sulfurique CONCENTRÉ, avec de I'acide sulfurique et du peroxyde de manganèse, ou avec de I'acide sulfurique et du chromate de potasse, l'iode est mis en liberté ; on le reconnaît à la couleur de sa vapeur, ou bien lorsqu'il j en a peu, en le faisant agir sur une petite bande de papier imprégnée d'empois d'amidon.
§ 155] DEUXIÈME GROUPE. — ACIDE CYANHYDRI(iUE. 243
12. Fondus avec le carbonate de potasse sodé, les iodures insolubles dans Teau et l'acide azotique se comportent comme les chlorures analogues.
13. Une PERLE DE SEL DE PHOSPHORE SURSATURÉE d'OXTOE DE GUIYRE,
chauffée au rouge dans la flamme intérieure du chalumeau avec un composé ioduré, colore la flamme en vert intense. (Yoy. au g isif le spectre de l'iodure de cuivre.)
d. Acide cjanhydriqne (HCy).
g 155. 1. hè cyanogène (Gy=C'Az) est un gaz incolore, d'une odeur pénétrante, particulière, brûlant avec une flamme rouge pourpre, assez soluble dans Teau.
2. lî acide cyanhydrique ou prmsique est un liquide incolore, trèsvolatil, combustible, ayant une odeur qui rappelle celle des amandes amères ; il se mêle à Teau en toutes proportions, se décompose spontanément quand il est pur et est vénéneux à un haut degré.
3. Parmi les cyanures métalliques^ ceux à métaux alcalins ou àlcalino-terreux sont solubles dans l'eau; les solutions ont l'odeur de lacide cyanhydrique. Us sont facilement décomposés par les acides, même par l'acide carbonique. Chauffés au rouge à l'abri du contact de l'air, le cyanure de potassium et celui de sodium fondent sans décomposition; fondus avec les oxydes de plomb, de cuivre, d'antimoine, d'étain et d'autres, ils les réduisent et se changent en cpnates. Parmi les cyanures des métaux lourds, peu sont solubles dans l'eau et tous sont décomposés au rouge. Ils dobnent alors, soit du cyanogène et le métal, comme font les cyanures des métaux nobles, soit de l'azote et un carbure métallique, comme cela arrive avec tous les autres cyanures des métaux lourds. Beaucoup de ces derniers résistent aux oxacides étendus et ne sont décomposés que difficilement par l'acide azotique. Tons les cyanures métalliques sont décomposés si on les chauffe et si on les évapore avec de l'acide sulfurique concentré ; l'acide chlorhydrique en attaque quelques-uns et l'acide sulfhydrique en décompose un bon nombre.
4. Les cyanures métalliques ont une grande tendance à se combiner entre eux, aussi la plupart des cyanures des métaux lourds se dissolvent dans le cyanure de potassium. Les composés qui résultent de cette action sont :
a. Ou de véritables sels doubles, des combinaisons du second ordre, par exemple KCy4-NiCy. Les acides, en décomposant le cyanure de potassium, séparent le cyanure métallique auquel il était uni.
b. Ou des sels haloïdes simples, des combinaisons du]premier ordre, dans lesquels un métal, par exemple le potassium, est uni à un radical composé formé de cyanogène et d'un autre métal (fer, cobalt, man-
i44 CUAP. m. — RÉACTIONS DES ACIDES INORGANIQUES. [g 155
ganèse, chrome). Le prussiate jaune de potasse K*,Cy^Fe (ou R*C^) et le prussiate rouge K',Cy'Fe^ (ou K',Cfdy), le cobalti-cyanure de potassium K',Gy*Co', etc. sont des combinaisons de ce genre. Dans leurs dissolutions froides, les acides étendus ne précipitent pas de cyanure métallique. Le potassium peut être remplacé par de l'hydrogène, et il en résulte un véritable hydracide, qu'on ne saurait confondre avec l'acide cyanhydrique.
Dans ce qui suit, nous indiquerons d'abord les. réactions de l'acide cyanhydrique et des cyanures simples, puis nous dirons quelques mois des acides ferro et ferri-cyanhydrique.
5. L AZOTATE d'argent produit dans les dissolutions d'acide pinissique ou d'un cyanure alcalin un précipité blanc de cyanure d* argent (ÂgCy), facilement soluble dans le cyanure de potassium, un peu moins dans l'ammoniaque, insoluble dans l'acide azotique étendu, se décomposant au rouge en argent métallique avec un résidu de paracyanure d'argent.
6. Dans une dissolution d'acide cyanhydrique libre, si l'on ajoute un peu d'une solution de sulfate de protoxyde de fer, qui est restée quelque temps au contact de Tair, il ne se produit aucun changement ; mais si l'on y verse quelques gouttes d'une lessive de potassr ou de soude, il se forme uu précipité vert bleuâtre, mélange de bleu de Prusse (Fe*Cfy^), de protoxyde et de peroxyde de fer. En ajoutant maintenant — le mieux après avoir légèrement chauffé — de l'acide chlorhydrique, les oxydes se dissolvent seuls et le bleu de Prusse reste insoluble. Quand il n'y a qu'une très-petite quantité d'acide cyanhydrique, le liquide parait vert après l'addition de l'acide chlorhydiiquer et ce n'est qu'au bout de quelque temps qu'il se dépose un léger précipité bleu. — Les phénomènes sont tout à fait les mêmes, quand on verse dans une solution d'un cyanure alcalin une dissolution de sulfate de protoxyde de fer contenant du sulfate de peroxyde ou du perchlonire de fer et qu'on ajoute ensuite de l'acide chlorhydrique.
7. Eu ajoutant à un liquide qui renferme un peu d'acide prussique ou d'un cyanure alcalin assez de sulfhydrate d'ammoniaque jaune pour que le liquide paraisse jaune, puis un peu d'ammoniaque et chauffant dans une petite c^apsule en porcelaine, en renouvelant l'eau évaporée si c'est nécessaire, jusqu'à complète décoloration et volatilisation ou décomposition du sulfhydrate d'ammoniaque en excès, on n'a plus que du sulfocyanure d'ammonium, et .en acidulant avec de l'acide chlorhydrique (ce qui ne doit pas dégager d'acide sulfhydrique), on obtient une belle couleur rouge de sang avec le perchlorure de fer. (Liebig.) Cette réaction est extrêmement sensible. L'équation suivante explique la transformation de l'acide prussique en sulfocyanure d'ammonium : AzH^S' +2(AzH*0)-|-2.HCy=2(AzH*,CyS«)-+-AzH*S.+-2.H0. En présence d'un
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acétate, la réaction exig^ pour se produire une plus grande quantité d'acide chlorhydrique. — Si Ton veut découvrir le cyanogène dans une combinaison insoluble en le transformant en sulfo'cyanure de fer, on fond de Thyposulfite de soude à la bouche d'un ni de platine jusqu'à ce qu'on ait chassé toute Teau de cristallisation et que la masse se gonfle ; on ajoute une petite quantité de la substance, on chauffe peu de temps dans la flamme, on retire aussitôt que le soufre commence à brûler et on plonge la petite masse dans quelques gouttes de perchlorure de fer additionné d'acide chlorhydrique. S'il y a du cyanogène dans l'essai, on voit apparaître la couleur rouge sang du sulfocyanure de fer et elle ne disparaît pas. Si l'on chauffe trop longtemps, la réaction n'est pas nette, parce que, dans ce cas, le sulfocyanure de sodium formé se décompose. Ce proicédé est surtout convenable pour distinguer le cyanure d'argent d'avec le chlorure, le bromure ou l'iodure. (A. Frœhde,)
8. À une dissolution assez concentrée d'un cyanure alcalin, si l'on ajoule un peu d'une solution d'ACiDE picrique (1 partie d'acide pour 250 parties d'eau) et si l'on fait bouillir, la liqueur se colore en rouge foncé par suite de la foimation du picrôcyaminate de potasse : en abandonnant au repos, l'intensité de la coloration augmente. — Si la dissolution du cyanure est très-étendue, il ne faut ajouter d'acide picrique que pour colorer la liqueur eu jaune citron. Souvent après Tébuilition la coloration rouge n'apparaît pas de suite, mais elle se manifeste par le refroidissement et un long repos. Cette réaction est très-sensible. (C. D. Braun.)
9. On trempe du papier à filtre dans de la teinture froide de gaïac contenant 5 à 4 pour cent de résine, après l'évaporation de l'alcool on l'humecte avec une dissolution de SULFATE DE CUIVRE à i/4 pour cent. Si Ton expose ce papier à l'action de l'air renfermant des traces de vapeur d'acide cyanhydrique, il bleuit par suite de l'action de l'oxygène mis en liberté à l'état actif : 3.Cu04-2.HGy=Cu«Cy,CuCy-h2.H0-f-0. (Pagenstecher^ Schœnbein.)
iO. Si Ton ajoute à une dissolution très-étendue d'iodure d'amidon des traces d'acide cyanhydrique ou, après addition d'acide sulfurique étendu, d'un cyanure alcalin, la coloration disparait aussitôt ou au bout de peu de temps, parce que l'iode au contact de l'acide prussique se décompose en iodure de cyanogène et acide iodbydrique. (Schœnbein,) Cette réaction est très-sensible : cependant elle ne suffit pas seule, elle n'est pas caractéristique, car beaucoup d'autres substances décolorent l'iodure d'amidon.
11. Dans le cyanure de mercure, on ne peut déceler le cyanogène par aucune des méthodes précédentes. Pour y parvenir, on traite sa dissolution par l'acide sulfhydrique : on obtient un précipité de sulfure de mercure et de l'acide prussique libre qui reste en dissolution. —
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On reconnaît très-bien le cyanure de mercure solide en le chauffant dans un tube de verre (5).