REGUERCUE DES ÉLÉMENTS FIXES QUI SONT EN MOINDRE QUANTITÉ
Dans une capsule en argent ou en porcelaine, le plus possible dans ^51 un endroit sans poussière et en ayant soin d'observer la plus grande propreté, on évapore à siccité une grande quantité d*eau, au moins 10 kilogrammes. Si Teau ne contient pas de carbonates alcalins, on ajoute un léger excès de carbonate de potasse pur. On peut commencer révaporation à feu nu sur la lampe à gaz et on la termine au bain de sable. On chauffe le résidu au rouge très-faible. Si Ton a évaporé dans une capsule en argent, on pourra y porter le résidu au rouge, mais, si Ton s'est servi d'une capsule en porcelaine, on en mettra le contenu dans une capsule en platine ou en argent pour chauffer au rouge faible. — Si la masse noircit par la. chaleur, c'ost un signe qu'il y a des matières organiques ^
On mélange intimement le résidu ainsi obtenu, on le partage en trois parties a, è et c, — c formant environ la moitié, aetb chacune un quart.
a. Recherche de V acide phosphoriqtie.
On chauffe la portion a. avec un peu d'eau, on ajoute un léger 252 excès d'acide azotique pur, on évapore à siccité au bain-marie, on chaufTe de nouveau le résidu avec de l'acide azotique, on étend un peu avec de l'eau, on filtre à travers du papier lavé à l'acide chlorhydrique et à l'eau, et on cherche ïacide phosphorique avec la solution azotique de molybdate d'ammoniaque (§ t4t, 10).
^ Cette conclusion n'est rigoureuse qu'autant que, pendant Tévaporation^ l'eau a clé réeUement mise à l'abri de la poussière ; si l'on ne peut pas le faire et que cependant il soit nécessaire d'établir d'une manière certaine la présence des matières organiques, il faut évaporer dans une cornue une nouvelle portion spéciale de l'eau. Si l'oa trouve des substances organiques et si Ton veut savoir si ce sont des acides crénique et apocrénique, on traite une partie du résidu de l'évaporation d'après la méthode du § «14, 3. .
b. Recherche du fluor.
On chaufl'e la portion b. avec de l'eau, on ajoute du chlorure de cal- 2o<J cium tant qu'il se forme un précipité, on laisse déposer, on sépare par fiUration le précipité composé pour la plus grande partie de cai'bonate de chaux et de carbonate de magnésie. Après l'avoir lavé et desséché, on le chaufle au rouge, on le met dans une petite capsule avec de Teau, on ajoute un léger excès d'acide acétique, on évapore à siccité au bainmarie, où l'on chauffe jusqu'à disparition complète de Todeur d'acide acétique: on ajoute de Teau, on chauife, on filtre la dissolution des acétates alcalino- terreux : on lave le résidu insoluble, on le dessèche et on le chauffe au rouge, puis on y cherche le fluor d'après le § f 4e, 5.
c. Recherche des autres éléments fij:es qui sont en petite quantité.
On fait bouillir la portion c, avec de l'eau à plusieurs reprises, on 2tH filtre et on lave la partie insoluble avec de l'eau bouillante. On obtient ainsi un résidu a et une dissolution p.
a. Le résidu est formé en grande partie de carbonate de chaux, carbonate de magnésie, acide silicique et — dans les eaux minérales ferrugineuses — de peroxyde de fer hydraté. Il peut en outre renfermer de la baryte, de la strontiane, de V alumine, du prbtoxyde'de manganèse et de l'acide litanique : il faudra donc y chercher ces substances.
Dans une capsule en platine ou en porcelaine, on ajoute à une portion du résidu insoluble de leau, de l'acide chlorhydrique en léger excès, puis 4 à 5 gouttes d'acide sulfurique étendu : on évapore à siccité au bain-marie, on humecte avec un petit excès d'acide chlorhydrique, puis on ajoute de l'eau, on chauffe légèrement, on filtre et on lave.
aa. Analyse du résidu insoluble dans r acide chlorhydrique. U 255 est en grande partie formé par la silice, mais il peut aussi contenir des sulfates alcalino-terreux, de l'acide titaniqne et du charbon. -— On le chauffe à plusieurs reprises dans un creuset de platine avec de l'acide fluorhydrique ou du fluo- | rure d'ammonium additionné d'acide sulfurique, jusqu'à ce ; que toute la silice soit chassée. A la nn on évapore à siccité; s'il y a un résidu, on le fond avec du bisulfate de potasse, on traite la masse fondue avec de l'eau froide, on filtre et on essaie s'il y a de Vacide titanique, par une ébullition prolongée. Si après le traitement de la masse fondue par l'eau il y a un résidu insoluble, on le lave et on incinère le petit
§213J ANALYSE DES EAUX MINERALES. 37r>
. filtre. Si Ton possède un appareil spectral, on fixe les cendres à la boucle d'un fil de platine, on expose quelque temps à la flamme de réduction, on humecte avec de l'acide chlorhydrique et Ton cherche la baryte dans le spectre. Il ne peut pas y avoir de strontiane ou il n'y en aurait que des traces. Si l'on n'a pasd'appareil spectral, on met de côté les cendres du filtre.
bb. Analyse de la solution chlorhydrique. On la verse dans un 256 ballon avec un peu de sel ammoniac pur, on y ajoute de l'ammoniaque, jusqu'à ce que la liqueur soit tout au plus alcaline, puis du sulfhydrate d'ammoniaque exempt d'ammoniaque libre. On ferme avec un bouchon le ballon qui doit être complètement rempli et on l'abandonne 24 heures à une douce chaleur. S'il se forme un précipité, on le sépare par tiltration, on le dissout dans l'acide chlorhydrique, on fait bouillir, on ajoute un excès de lessive de potasse (g 34, c), on fait bouillir, on filtre. On cherche Y alumine^ dans la liqueur filtrée en acidifiant avec de l'acide chlorhydrique et chauffant avec de l'ammoniaque. Dans une partie du précipité on trouvera le manganèse avec le chalumeau et le carbonate de soude : en dissolvant l'autre partie dans l'acide chlorhydrique, on y cherchera le /er avec le sulfocyanure ou leferrocyanure de potassium.
Dans le liquide séparé par filtration du précipité formé par le sulfhydrate d'ammoniaque, il peut y avoir des traces de baryte ; en outre il s'y trouve toute ou presque toute la strontiane. On le précipite avec le carbonate d'ammoniaque après addition d'ammoniaque, on filtre après avoir laissé déposer assez longtemps, on sèche et on le soumet à la méthode d'JBw^e/èaci^, décrite à la page 118. — Si l'on possède un appareil spectral, on évapore à siccité avec de l'acide chlorhydrique le liquide dans lequel on a fait bouiJiir le précipité calciné et dans le spectre du résidu on cherche la strontiane et quelquefois des traces de baryte qu'il pourrait y avoir. Si l'on n'a pas d'appareil spectral, on évapore presque à siccité, après addition d'un peu de sulfate d'ammoniaque, le liquide obtenu en faisant bouillir avec de l'eau le précipité calciné; on fait bouillir le résidu avec une solution saturée de sulfate d'ammoniaque, on filtre, on lave, on sè-
^11 est bien entendu que l'alumine, que l'on trouverait ainsi, ne pourrait être considérée comme un élément de l'eau qu'autant qu'on aurait fait.l'évaporation dan,s une capsule en argent ou en platine et non pas dans un \^6e en porcelaine.
374 !2« PARTIE. — CHAP. II. — ANALYSES PARTICULIÈRES. [g 215
che, on incinère le filtre, on réunit le résidu et les cendres à celles de l'incinération du n° (255), on fond avec un peu de carbonate de soude, on traite par Teau, on lave, on dissont le résidu dans l'acide chlorhydrique et l'on cherche s'il y a de la baryte et de la strontiane dans la dissolution, comme il est dit au §fNl.
6. La disBolution a/ca/m^ renferme les sels alcalins et ordinaire- 257 menl aussi de la magnésie et des traces de chaux. Il faut maintenant y chercher Vacide azotique^^ Vacide borique^ Viode, le brome, la lithine. — On Tévapore jusqu'à ce qu'elle soit très-concentrée, on laisse refroidir, on incline la capsule afin que la petite quantité du liquide alcalin qui reste se sépare de la masse saline ; avec une baguette de verre on place sur un verre de montre quelques gouttes de la dissolution concentrée, on acidulé avec de l'acide chlorhydrique et au moyen du papier de curcuma on cherche Valide boriqiie. Tout le contenu de la capsule est évaporé en le remuant avec une baguette en verre pour obtenir un résidu pulvérulent, que l'on partage en deux parties aa et bby aa formant les deux tiers, bb un tiers.
aa. Dans la plm grande portion on cherche Vacide azotique, 2 Viode et le brome.
Pour cela on la broie, on fait bouillir au bain-marie dans un ballon avec de l'alcool pur à 90 pour lOO, et cela trois fois en filtrant à chaud chaque fois. — On ajoute quelques gouttes de lessive de potasse à l'extrait alcoolique, on distille pour enlever presque complètement l'alcool et on laisse refroidir. S'il se dépose de petits cristaux, ils peuvent être formés d'azotate de potasse ; on décante le liquide, on lave les cristaux avec un peu d'alcool, on les dissout dans un peu d'eau et Ton cherche l'acide azotique dans la dissolution avec l'indigo, la brucine ou l'empois d'amidon additionné d'iodure de potassium et de zinc (g 15»). On évapore maintenant à siccité complète la liqueur alcoolique. Si l'on n'a pas trouvé plus haut d'acide azotique, on dissout une petite portion du résidu dans le moins d'eau possible et on y cherche cet acide. — La plus grande partie du résidu, au besoin tout ce qui reste, est traitée trois fois par l'alcool chaud : onfiltre ou évapore à siccité le liquide filtré après y avoir ajouté une
*■ En chaulTant légèrement au rouge le résidu n» (251), l'acide azotique pourrait être décomposé, s'il y avait des matières organiques. Si l'on avait cela à craindre et si l'on n'avait pas encore trouvé d'acide azotique au n» (250), pour le chercher il faudrait traiter d'après le n** (258) une assez forte portion du résidu non calciné.
goutte de lessive de potasse, on dissout le résidu dans trèspeu d*eau, on y met de l'empois d'amidon, on acidulé faiblement avec de Tacide sulfurique, on ajoute un peu de sulfure de carbone pur, et enfin pour découvrir Tiode on ajoute un peu d'azotite de potasse dissous ou une goutte d'une dissolution d'acide hypoazotique dans de l'acide sulfurique. — Après avoir bien examiné les phénomènes qui se produisent, on cherche le brome dans le même liquide au moyen de l'eau de chlore et du chloroforme ou du sulfure de carbone, en suivant le procédé indiqué au g 15'*.
bb. Dans la plîis petite portion on cherche la lithine. -^5"
On chauffe avec de l'eau le résidu, qui peut contenir un peu de lithine à l'état de carbonate ou de phosphate, on ajoute de l'acide chlorhydrique jusqu'à réaction acide bien nette, on évapore presque à siccité, on mélange avec de l'alcool à 90 pour 100; par là on précipite la plus grande partie du sel marin, tandis que toute la lithine reste dans la solution alcoolique. On chasse l'alcool par évapora\ion, et, si l'on possède un appareil spectral, on s'en sert pour chercher la lilhine (§ 93, 5).
Si Ton n'a pas d'appareil, on reprend le résidu par l'eau et quelques gouttes d'acide chlorhydrique, on ajoute un peu de perchlorure de fer, puis de l'ammoniaque en léger excès et un peu d'oxalate d'ammoniaque : on laisse reposer longtemps, on sépare par fillration le liquide débarrassé maintenant d'acide phosphorique et des dernières traces de chaux :^ on l'évaporé à siccité, on chauffe au rouge faible, pour chasser tous les sels ammoniacaux, on traite le résidu par l'eau de chlore (pour éliminer l'iode et le brome) et quelques gouttes d'acide chlorhydrique, on évapore à siccité : on ajoute un peu d'eau et de bioxyde de mercure en poudre fine (pour chasser la magnésie), on évapore à siccité, on chauffe au rouge jusqu'à ce qu'on ait chassé tout le mercure : on reprend le résidu avec un mélange d'alcool absolu et d'élher anhydre, après addition d'une goutte d'acide chlorhydrique, on filtre la dissolution, on la concentre par évaporation et enfin on allume l'alcool. S'il brûle avec une flamme rouge carmin, c'est qu'il y a de la lithine. Pour s'en assurer, on transforme cette base en phosphate (g 93, 5).
370 2- PARTIE. — CHkW H. — ANALYSES PARTICULIÈRES. f.^ 244