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EMPLOI DU CHALUMEAU

Lorsqu'on est parvenu à respirer ainsi tranquillement, (out en tenant 1 embouchure du chalumeau entre les lèvres, il ne reste plus qu'à s'exercer à produire par la contraction des muscles des joues un jet d'air régulier, non interrompu.

Les supports SUT lesquels on place les substances à essayer au chalu-

Fig. 11.

Fiç. 12.

meau sont d'ordinaire du charbon de bois, des fils ou des lames de platine.

On se sert de charbon de bois lorsqu'on veut réduire un oxyde métallique ou un corps analogue, ou bien essayer la fusibilité d'une substance. On place le corps dans une petite cavité conique faite dans le morceau de charbon avec la pointe d'un couteau, ou avec un petit tube en fer-blanc. Si les métaux sont volatils à la température de la flamme de réduction, ils se volatiseut en tout ou en partie à mesure qu'ils se

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réduisent ; la vapeur métallique, en traversant la flamme extérieure, s'oxyde de nouveau et l'oxyde se dépose en forme d'anneau ou de tache circulaire autour de l'essai. Beaucoup de ces taches ont des couleurs particulières, qui permettent de reconnaître les métaux. Il faut avoir soin de choisir des morceaux de charbon bien calciné, autrement ils pourraient éclater et l'essai serait perdu. Le charbon de sapin, de tilleul ou de saule, est bien préférable à celui des bois plus durs et plus riches en cendres. On choisit les morceaux bien unis, car ceux qui contiennent des nœuds éclatent par l'action du feu. Ce qu'il y a de mieux, c'est de tailler en morceaux parallélipifédiques allongés du charbon provenant de planchettes de sa[)in; en les nettoyant bien, ces charbons ne tachent pas les doigts. On se sert seulement des faces qui sont tangentes aux couches annuelles concentriques, car sur les autres les matières fondues se répandraient sur la surface du charbon {Berzelius). Depuis peu de temps on trouve dans le. commerce des morceaux de charbon artificiel, fabriqué avec de la poudre de charbon et qui ont la forme et la pureté les plus convenables pour faire des supports.

Le^ raisons qui rendent le charbon si avantageux comme support dans les essais au chalumeau sont : i^ son infusibilité ; 2^ sa faible conductibilité pour la chaleur, qui fait qu'un essai peut y être porté à une bien plus haute température que sur tout autre support ;'5° sa porosité, qui lui permet d'absorber facilement les matières en fusion, comme le borax, la soude, etc., tandis que les substances infusibles restent à sa surface ; ¥ la {M-opriété qu'il a de réduire les oxydes, qui s'ajoute à l'action de la flamme intérieure du chalumeau.

Le fil ou la feuille de platine est employé dans tous les essais d'oxydation, lorsqu'on veut traiter un corps par un fondant pour examiner sa solubilité dans ce dernier, les phénomènes qu'il produit en s'y unissant et la couleur de la perle qui en résulte ; enfin on s'en sert encore pour placer une substance dans la flamme afin de reconnaître si elle la colore. On choisit des fils de la grosseur d'un mince fil de clavecin, on les coupe en morceaux de 8 centimètres de longueur, que l'on recourbe en petit anneau à chaque bout (fig. 13). Pour l'usage, on humecte la petite boucle terminale avec une goutte d'eau, on la plonge dans le fondant réduit en poudre quand, bien entendu, on doit employer cette matière, et avec la lampe à alcool ou le gaz on fond en une perle la partie qui reste adhérente à la boucle. Après le refroidissement, on humecte de nouveau la perle, on y ajoute quelques parcelles de la substance à essayer, puis on fait fondre à une chaleur modérée, en plaçant l'essai, suivant les circonstances, dans la flamme intérieure ou dans la flamme extérieure du chalumeau.

L'emploi du chalumeau est précieux dans les recherches chimiques, parce qu'il donne des résultats immédiats. Ceux-ci sont de deux sortes :

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ou bien ils nous font connaître certaines propriétés générales du corps, sa fixité, sa volatilité, sa fusibilité, etc., ou bien, d'après certains phénomènes, iJs nous indiquent la nature même du corps. En r\ étudiant Taction des réactifs sur chaque corps en particulier, V nous indiquerons quels sont ces phénomènes importants.

L*emploi du chalumeau nécessite l'usage d*une main ; d'un autre côté, l'action de souffler d'une manière continue produit toujours une certaine fatigue, et enfin il n'est pas facile de maintenir longtemps la flamme assez identique à. ellemême pour que la substance soit constamment placée dans la partie convenable de la flamme ; aussi depuis longtemps beaucoup de chimistes ont essayé de construire des appareils fonctionnant seuls, et quelques-uns ont eu assez de vogue ; le courant d'air est produit tantôt par un gazomètre, tantôt au moyen d'un ballon en caoutchouc, d'autres fois par une disposition analogue à celle des trompes, etc. Mais l'appareil le plus A simple, celui qui donne le mieux les résultats qu'on cherche ^ à obtenir avec le chalunieau ordinaire, est sans contredit la ^^s- ^3. lampe à gaz de Bunsen, brûlant sans lumière et sans fumée, et que nous allons décrire dans le paragraphe suivant.

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