‹ Traité d'analyse chimique qualitativeChapitre 27 sur 294 · J . ANALYSE SPECTRALE · texte numérisé non relu

J . ANALYSE SPECTRALE

prix. Sur le pied circulaire et lourd a {(ig. 50) est fixé un large tube cylindrique bb, hermétiquement fermé en haut par le couvercle c. Sur celui-ci sont montés d'un côté la lunette d, de Tautre le tube disposé pour recevoir la lumière par une fente. Dans la figure, cette partie de Tappareil a été tournée de 90 degrés, afin qu'on puisse mieux représenter la disposition intérieure. La fente mobile est en /; k est un prisme qui change la direction des rayons et les amène sur la lentille m qui les rend parallèles. La lumière arrivée sur le miroir pian g est réfléchie vers Je prisme en flint f. Kn sortant de celui-ci par la face supérieure, les rayons pénètrent dans la lunette et sont reçus par l'oculaire. A Taide du bouton h, on peut faire tourner le miroir plan autour d'un axe horizontal, de façon à faire glisser d'un côté au côté opposé du champ de la lunette Timage qu'on devra observer, afm d'amener successivement dans Taxe les dillerents points du spectre. Du côté de la face du prisme f par laquelle sortent les rayons est fixé le tube qui porte l'échelle photographiée 0 et une lentille qui rend parallèles les rayons venant de o. De cette façon, ces rayons réfléchis par la face du prisme sont vus en même temps que le spectre. L'échelle, qui est fixe, est éclairée par une petite lampe à huile ou un bec de gaz et paraît uniformément brillante dans tout le champ de la lunette. On oriente la ligne du sodium au moyen de la vis h : cela offre Ta vantage de pouvoir déplacer celte ligne de 20 divisions à gauche, quand on veut liie sur l'échelle la place des raies les plus éloignées, par exemple, la ligne bleue du potassium : on ramène ainsi la raie à mesurer davantage dans le milieu du champ de la lunette et la lecture est plus facile. Dans ce cas, bien entendu, il faut ajouter 20 au nombre observé : réciproquement, s'il s'agii«sait de ramener vers l'axe une raie rouge, on déplacerait la raie du sodium de 20 divisions vers la droite et on retrancherait 20 du résultat. On a représenté dans la planche I, du n° 2 au n*> 14, les spectres des alcalis et des terres alcalines, ainsi que ceux du thallium et de l'indium ; on y a ajouté le spectre naturel des rayons du soleil, pour faciliter l'oriButation. Les spectres sont figurés tels qu'on les verrait dans un appareil muni d'une lunette astronomique. Dans le troisième chapitre nous insisterons sur les lignes qui sont caractéristiques pour chaque métal : nous voulons seulement ici indiquer de quelle manière l'analyse* spectrale donne une indication certaine. C'est quand, après avoir introduit dans la flamme une partie du composé métallique, les lignes spectrales qui en résultent coïncident, quant à leur position, avec celles qui sont indiquées dans la figure faite à l'échelle de l'appareil, ainsi que cela est représenté, comme exemple, pour le spectre du strontium, dans la figure 2, planche I. Il est évident que le spectre d'un corps inconnu ne peut être regardé comme identique à celui du strontium qu'autant que les lignes caractéristiques coïncident non-seu-

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lement quant à la couleur, mais encore et surtout apparaissent exactement aux mêmes places que celles où elles sont figurées dans Techelle du strontium.

. Chaque observateur doit naturellement faire de pareilles figures pour son appareil, et elles perdent toute valeur, si Ton change quelque chose dans le prisme ou dans Téchelle. Il faut donc donner à l'appareil une position qu'on puisse facilement retrouver, si par hasarà il était déplacé, par exemple, le disposer de façon que le bord gauche de la ligne du sodium corresponde à la division 50 de l'échelle.

L'observation des spectres ouvre une ère nouvelle à l'analyse chimique ; elle nous permet de trouver des traces de substances qu'il eût été impossible de découvrir avec toute autre méthode ; elle donne à l'expérience une rigueur qui exclut toute incertitude, et enfin elle conduit en quelques secondes au résultat que l'on cherche, tandis que par les autres moyens, en admettant qu'on y parvienne, il faudrait des heures et même des jours entiers.

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