‹ Traité d'analyse chimique qualitativeChapitre 88 sur 294 · RÉACTIFS PAR LA VOIE SÈCHE · texte numérisé non relu

RÉACTIFS PAR LA VOIE SÈCHE

qu a ce que le liquide qui s'écoule, additionné d'acide azotique, ne se trouble plus par la dissolution d'argent. — On fait sécher la crème de tartre, ainsi débarrassée de chaux (et d'acide phosphorique). — D'un autre côté, on prépare du salpêtre pur, en dissolvant à la température d'ébuUition du salpêtre du commerce dans la moitié de son poids d'eau ; on ûltre la dissolution dans un entonnoir en porcelaine chauffé, on reçoit le liquide dans une capsule en porcelaine ou en grès, et on le remue avec une spatule en bois ou en porcelaine jusqu'à complet re~ froidissement. On jette la poudre cristalline dans un entonnoir fermé en bas par un tampon de coton, on laisse égoulter, on presse, on aplanit la surface, on la couvre d'un double disque de papier filtrant mal, dont on relève les bords, et l'on y verse de l'eau par petites parties et à des intervalles de temps convenables, jusqu'à ce que Teau de lavage ne. soit plus troublée par le nitrate d'argent. — On vide l'entonnoir dans une capsule en porcelaine, on y sèche le sel et on en réduit la masse en poudre fine.

On mélange maintenant 2 parties de crème de tartre pure avec une partie de salpêtre pur, on jette par portions le mélange bien sec dans un vase en fonte bien décapé et chauffé au rouge faible, et après la déflagration on chauife fortement, jusqu*à ce que, en prenant une petite quantité de la matière sur les bords, elle donne dans l'eau une dissolution parfaitement incolore. — On broie dans Teau la masse charbonneuse, on filtre, on lave un peu le résidu et on évapore dans une capsule en porcelaine ou en argent, jusqu'à ce qu'il se forme une pellicule à la surface. On laisse alors refroidir en remuant de temps en tcmp^, ou jette les cristaux de carbonate de potasse sur un entonnoir, on laisse bien égoutter, on les lave un peu, ou les met ensuite dans une capsule en argent ou en porcelaine, on les chauffe de manière à les amener à l'état de poudre sèche, et on les conserve dans un flacon bien bouché. — Les taux-mères évaporées donnent des traces de silice et d'alumine, et constituent une préparation qui peut servir dans beaucoup de cas.

On mêle 13 parties de ce carbonate de potasse pur exactement avec 10 parties de carbonate de soude pur anhydre, et on conserve le mélange dans un flacon bien bouché. — On pourrait encore le préparer directement en faisant déflagrer 20 parties de crème de tartre pure avec 9 parlies de nitrate de soude pur, et en évaporant à siccité la lessive obtenue comme plus haut ; ou bien encore en calcinant au rouge le tartrate double de potasse et de soude pur, reprenant par l'eau la masse charbonneuse et évaporant la dissolution à siccité. — On essayera le sel comme le carbonate de soude (§ 46). On reconnaît s'il s'y trouve du cyanure de potassium en essayant avec un peu d'une dissolution d'un sel de protoxyde de fer passant au maximum (mélange deprotoxyde et de sesquioxyde), puis de l'acide chlorhydrique en excès : il ne doit pas se pro-

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duire de coloration bleu verdâtre ni de précipité bleu se déposant par un long repos.

Usages. — En fondant de la silice ou un silicate avec 4 fois son poids du réactif, par conséquent avec un excès de carbonate de potasse ou de soude', il se forme un silicate alcalin, en même temps que l'acide carboniq«e se dogage avec effervescence : ce silicate alcalin,' soluble dans Feau, peut alors être séparé de certains oxydes métalliques, et Tacide chlorhydrique en précipite la silice à Tétat d*hydrate. — En chauffant un carbonate alcalin fixe avec du sulfate de baryte, de strontiane ou de chaux, il se produit un carbonate alcalino-terreux et un sulfate alcalin, composés d:ins lesquels on peut maintenant reconnaître avec facilité aussi bien l*acide que la base du sel primitif insoluble. — Nous n'emploierons cependant, pour désagréger les silicates et les sulfates insolubles, ni le carbonate de potasse, ni celui de soude, mais bien le mélange des deux, parce que son point de fusion est bien moins élevé que celui de ses éléments, et qu'alors la désagrégation peut s'opérer facilement à la température de la lampe de Berzélius ou de la lampe à gaz. Cette opération se fait toujours dans un creuset de platine, lorsqu'il n'y a pas d'oxyde métallique réductible. •

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