RÉACTIFS POUR LE CHALUMEAU
tasse ; dans le second, il forme avec le soufre du sulfo-cyanure de potassium. On peut avec lui, et sans difficultés (ordinairement dans un creuset en porcelaine sur la lampe à alcool), retirer les métaux purs de certains composés, comme par exemple de l'acide antimonieux, du sulfure d'antimoine , du peroxyde de fer, etc. Cette décomposition est considérablement favorisée par la grande fusibilité du cyanure de potassium. Dans les analyses, il est d'un secours tout particulier pour réduire l'oxyde d'étain, l'acide antimonique, et surtout le sulfure d'arsenic ; pour plus de détails, voir le chapitre III. — Comme réactif au chalumeau, le cyanure de potassium est très-important; son action est très-énergique. Les corps qui, comme l'oxyde d'étain, exigent pour être réduits par la soude une flamme assez forte, sont décomposés avec la plus grande facilité par le cyanure de potassium. Pour les essais au chalumeau, on prend toujours un mélange de parties égales de carbonate de soude et de cyanure de potassium, parce que le dernier seul serait trop fusible. Outre que ce mélange agit plus énergiquement que le carbonate de soude, il a encore l'avantage d'être absorbé facilement dans les pores du charbon et de laisser voir alors des globules métalliques bien nets et bien purs.
5. Biboratede saade (borax) (BaO,2BO', cristallisé -^ 1 0 Aq).
§83. On essaye le borax du commerce en s'assurant que sa dissolution n'est pas précipitée par le carbon ite de soude et ne l'est pas non plus, après addition d'acide azotique, par la dissolution de baryte, ou d'argent. Si ces réactifs ne produisent rien, le sel est pur; dans le cas contraire, on purifie par cristallisations successives. Ou chauffe légèrement dans un creuset de platine le borax cristallisé pur, jusqu'à ce qu'il ne boursoufle plus, on le pulvérise et on le conserve pour l'usage.
Usages. — L'acide borique en fusion montre une grande alïinitépour les oxydes au contact desquels il se trouve. Il se combine tout d'abord directement avec l'oxyde, en second lieu il chasse de leurs sels les acides plus faibles que lui, et enfm troisièmement il dispose à l'oxydation, pour s'unir à l'oxyde formé, les métaux, les sulfures et les composés haloïdes que Ton expose à la flamme extérieure du chalumeau. Les borates formés sont généralement fusibles par eux-mêmes, en outre ils fondent bien plus facilement en présence du borate de soude, soit que ce dernier agisse comme simple dissolvant, soit qu'il se forme un sel double. — Dans le borate acide de soude, nous avons de l'acide borique libre et du borate de soude, c'est-à-dire qu'il réunit les deux conditions pour dissoudre et faire fondre les métaux, les sulfures, les oxydes, etc., comme nous veqons de l'indiquer ; aussi le borax est-il un réactif des
plus importants pour les essais au chalumeau. Pour s'en servir, on fait une petite boucle à lextrémité d'un fil de platine, on la mouille ou on la fait rougir et on la plonge aussitôt dans la poudre de borax ; celle-ci s'y attache en petite quantité et en la plaçant dans la flamme extérieure, elle y fond en une perle incolore. A celle-ci on fixe une petite quantité de la substance à essayer, soit en humectant la perle, soit en touchant la matière avec elle, lorsqu'elle est encore chaude : on replace dans la flamme et on examine ce qui se passe. 11 ne faut pas négliger d'observer les points suivants : d° si le corps fond ou ne fond pas en une perle transparente et si par le refroidissement cette perle conserve ou non sa transparence ; 2<* si cette perle offre une couleur déterminée, ce qui, dans beaucoup de cas, par exemple pour le cobalt, conduit immédiatement à un résultat certain; 5° enfin si ces perles se comportent ou non de la même manière dans la flamme extérieure ou dans la flamme intérieure. Ces derniers phénomènes dépendent du passage d'un plus haut degré d'oxydation à un plus bas, et même à l'état métallique, et sont, pour certains corps, très-nettement caractérisés,
4. Phosphate douhle de sonde et d'ammoniaque (sel de phosphore) (PhO^,NaO,AzH^O,HO, eristallisé -f 8Aq) .
g 84. PRÉPARATiON. — u. Ou chauffc à l'ébullition 6 parties de phosphate de soude, i partie de sel ammoniac pur et 2 parties d'eau, et on laisse refroidir. On purifie les cristaux de sel double obtenu du chlorure de sodium qui les imprègne en les faisant de nouveau cristalliser, après avoir ajouté un peu d'ammoniaque. On les fait ensuite sécher et on les conserve en poudre.
b. On prend 2 parties égales d'acide phosphoriqne ordinaire pur, ou ajoute à Tune de la soude caustique, à l'autre de l'ammoniaque, jusqu'à ce que les deux liquides aient une réaction alcaline bien nette, puis on les mélange et on fait cristalliser.
Essais. — Le sel de phosphore donne avec l'eau une dissolution faiblement alcaline. Le précipité jaune qu'y produit le nitrate d'argent doit se dissoudre complètement dans l'acide azotique. Fondu sur le fil de platine, il donne une perle transparente et incolore.
Usages. — Quand on chauffe ce sel il perd d'abord son eau de cristallisation, puis son ammoniaque, et il reste du pyrophosphate acide de soude (PbO'^,NaO,HO); en chauffant davantage, le dernier équivalent d'eau se dégage et l'on obtient du métaphosphate de soude {PhO^,NaO) très-fusible. L'action du sel de phosphore est tout à lait analogue à celle du borate acide de soude. Toutefois, comme l'expérience montre que les verres qu'il forme avec beaucoup de corps sont plus beaux et plus nettement colorés que ceux qu'on obtient avec le borax, on le pré-