Acide silicique
L'acide sihcique, précipité par les acides de la solution aqueuse d'un silicate alcalin, est d'abord complètement soluble dans l'eau. Il ne devient insoluble, ou plus exactement difficilement soluble que par suite d'une transformation permanente, la coagulation. Celle-ci est déterminée par la concentration de la liqueur ou par une élévation de température. La solution de silice à 10-12 p. 100 se coagule en quelques heures à la température ordinaire, et de suite si on la chauffe. La solution à 5 p. 160 peut rester 5 à 6 jours sans se coaguler, celle à 2 p. 100 deux ou trois mois, celle à 1 p. 100 plusieurs années. S'il y a i^ et moins pour cent, on ne peut pas trouver de changement appréciable avec le temps. Les corps solides en poudre, conune le graphite, activent la coagulation; les sels alcalins la développent rapidement. Au contraire on peut mêler la solution siliceuse sans qu'il y ait
coagulation avec les acides chlorhydrique, azotique, acétique, tartrique et avec Taicool. La silice gélatineuse coagulée peut être plus ou moins riche en eau combinée : elle semble d'autant moins difficilement soluble dans Teau, qu'elle en renferme davantage. Ainsi une silice gélatineuse qui renferme 1 p. 100 d'acide silicique donne avec de Feau une solution contenant 1 p. 100 de silice dans oOOO parties d'eau; tandis qu'avec 5 p. 100 d'acide silicique on a une solution de 1 p. de silice dans 10 000 d'eau. Une silice gélatineuse renfermant encore moins d'eau est encore moins soluble. Si enfin la silice est desséchée en masse gommeuse, elle est à peine soluble, comme c'est aussi le cas avec l'hydrate pulvérulent que Ton obtient en chauffant à 100* la gelée siliceuse mélangée de sel, que l'on obtient dans l'analyse des silicates (*). L'hydrate d'acide silicique desséché à 100"*, se dissout aussi à peine dans les acides (excepté l'acide fluorhydrique); mais il se dissout bien, surtout à chaud, dans les solutions des alcalis fix^s purs ou carbonates. L'ammoniaque aqueuse dissout la silice gélatineuse en quantité notable et l'hydrate desséché aussi (Pribane **). Les différents chimistes ne sont pas d'accord sur la proportion d'eau contenue dans l'hydrate de silice desséché à différentes températures (***).
Tous ces hydrates chauffés au rouge passent à l'état anhydre. La vapeur en se dégageant peut facilement entraîner des parcelles de celte poudre extrêmement fine. On peut l'empêcher, en humectant avec de l'eau l'hydrate dans le creuset, évaporant à siccité au bain-marie, puis calcinant faiblement d'abord et graduellement de plus en plus.
La silice obtenue par lacalcination de l'hydrate paraît être la modification amorphe de densité 2,2 à 2,3. C'est une poudre blanche, insoluble dans l'eau et dans les acides (excepté l'acide fiuorhydrique), soluble dans les dissolutions des alcalis fixes caustiques ou carbonates, surtout à chaud. L'acide fluorhydrique dissout facilement l'acide silicique amorphe, et si ce dernier est pur, la solution évaporée dans une capsule en pfatine ne laisse pas de résidu ; chauffée dans un creuset de platine avec du fluorure d'ammonium, la silice se vaporise facilement. — La silice amorphe calcinée absorbe fortement à l'air de l'eau qu'elle relient encore de 100 à 130" (ff. Rosé), La propriété hygroscopique est d'autant plus prononcée que la silice a été calcinée moins fortement {Souchay), Elle fond à la plus haute température qu'on puisse produire en une masse vitreuse et amorphe. La silice amorphe calcinée avec du sel ammoniac perd d'abord de son poids ; mais plus tard, quand par l'action de la Chaleur elle est devenue plus dense, elle ne change plus.
U faut distinguer de la silice amorphe celle que l'on trouve cristallisée ou à l'état cristallin, comme dans le cristal de roche, le quartz, le sable, etc. ^on poids spécifique est 2,6 (Schaffgotsch)^ et elle est bien plus difficilement
n Pogg. Ann., C. xui, 529. i
D Zeiitchr. f. analyt. Chem., VI, 119.
r*) Doveri a trouvé dans la silice sichée à l'air 16,9 à 17,8 pour 100 d'eau;— J. Fuchs, •le 9,1 à 9,6; — G. Lippert, 9,2$ à 9,95, — Dans l'hydrate séché à 100% Voveri a trouvé 8,3 à 9.4; — J. Fuchs, 6,63 à 6,96 ; — G. Lippert, 4,97 à 5,52. — H. Bose a obtenu 4,85 pour 100 d'eau dans un hydrate desséché à 150» et provenant du traitement de la stilbite par l'acide chlorhydrique concentré*
et en bien moindre quantité dissoute par la lessive de potasse ou les dissolutions d'alcalis fixes carbonates, et aussi plus lentement attaquée par l'acide fluorhydrique ou le fluorure d'ammonium. La silice cristallisée, même un peu calcinée, n*est pas hygroscopique.
Les couleurs végétales ne sont changées ni par la silice ni par ses hydrates.
coMP08iTio:f :
Si 14,00 . . . 46,67
1*. jLelde «hlorhjdriqne.
On ne le dose presque jamais qu'à Fétat de chlorure d'argent. Voir les propriétés de ce sel au § 8t.