Adde aaotiqae et 2. Aeide chlorlqne
Ces acides ne sont jamais dosés directement, c'est-à-dire dans des combinaisons qui les renferment, mais toujours indirectement et souvent par des méthodes volumétriques.
Après avoir indiqué dans le chapitre précédent les principales combinaisons dans lesquelles il faut faire entrer les corps, ou les formes qu'il faut leur donner pour les séparer les uns dea autres et déterminer leurs poids, et avoir fait connaître ces formes ou combinaisons quant à leurs propriétés principales et à leur composition, il nous faut indiquer maintenant les méthodes spéciales qu'on emploiera pour produire ces combinaisons. On ne peut guère à cet égard' donner beaucoup de généralités, car presque pour chaque substance il faut tenir compte de telle ou telle circonstance, qui, si insignifiante qu'elle paraisse, n'en a pas moins souvent une grande importance pour l'exactitude des résultats.
D'après cela, et en songeant en outre à l'importance qu'il y a pour la séparation des corps d'avoir une idée nette du but final de l'analyse quantitative, nous pensons qu'il est nécessaire de séparer la partie qui traite des règles pratiques, si nécessaires dans le dosage des poids, de l'autre partie dans laquelle on s'occupersi spécialement de la séparation des corps. " Convaincu de cela, nous ne parlerons donc dans, le présent chapitre que de la manière de déterminer les poids des corps, en supposant en outre qu'ils
(*) Le titre de ce chapitre pourrait faire croire qu'on n'y parlera pas des méthodes volumétriques : ce serait une erreur, car le but de ces méthodes est aussi d'arriver au poids du corps; il n'y a de différence que dans le procédé employé.
sont à l'état libre ou dans des combinaisons formées seulement d*un acide et d'une base, ou d'un métal et d'un métalloïde ; puis dans le cinquième chapitre, nous appuyant sur nos connaissances déjà acquises, nous traiterons delà séparation des corps. — Ainsi que nous l'avons déjà fait dans l'analyse qualitative, nous rangerons les acides de Farsenic parmi les bases, à cause* de laction qu'exerce sur eux l'acide sulfhydriqu^, et nous parlerons des éléments qui forment des acides avec l'hydrogène, en nous occupant des hydracides correspondants.
Pour chaque corps nous aurons deux points à considérer : d'abord le procédé le plus convenable pour l'amener à l'état liquide, pour opérer sa disso^ lutiorif qu'il soit libre ou non dans ses combinaisons diverses, et en second lieu les méthodes d'après lesquelles on lui donne une forme qui permette de le peser, ou en général, dans le cas où l'on ferait usage d'un procédé volume trique, qui permette d'en trouver la quantité; en un mot, nous étudierons le dosage proprement dit. Sous ce dernier point de vue, nous aurons à indiquer le procédé pratique et les données sur lesquelles il s'appuie, puis ensuite à rechercher le degré d'exactitude de la méthode de dosage.
Quiconque en effet s'occupe d'analyses quantitatives reconnaît, dès les premiers jours, que la quantité trouvée d'une substance n'est jamais rigoureusement égale à celle qu'on aurait dû trouver, et que ce n'est qu'un pur hasard s'il y a exactitude parfaite. Il est donc important de savoir, dans chaque méthode, à quoi cela tient et quelles sont les limites des erreurs possibles.
Quant à la cause de la non-exactitude absolue, elle peut tenir ou au pro^ cédé pratique seulement, ou au procédé et à la méthode elle-^même. Dans le dernier cas, on dit que la méthode est entachée d'erreur. — En opérant avec tous les soins possibles, ne pourrait-on cependant pas atteindre une exactitude parfaite? Non; seulement on approcherait d'autant plus du but sans pouvoir jamais y parvenir. 11 suffit poiar s'en convaincre de se rappeler que nos poids et nos mesures de capacité ne sont pas d'une exactitude absolue; que nos balances ne peuvent pas être rigoureusement justes, nos réactifs dune pureté parfaite; que nous ne rapportons généralement pas nos pesées au vide, et qu'enfui, si nous faisons cette correction, nous ne connaissons jamais rigoureusement les données nécessaires. Ajoutez que l'état hygrométrique de l'air change pendant la pesée d'un creuset vide et celle du même creuset plein de la substance analysée; que nous ne connaissons que d'une manière approchée le poids des cendres d'un filtre ; que pendant les évaporations des traces des substances dissoutes, même quand elles sont fixes, sont entraînées; que les lavages ne sont jamais complets; qu'on ne peut se garantir de la poussière, etc.
Quant au second point, les sources d'erreurs inhérentes à la méthode, elles tiennent la plupart à ce que les précipités ne sont jamais tout à fait insolubles, les combinaisons à calciner ne sont pas absolument fixes, les corps à dessécher sont toujours un peu volatils ; dans les analyses volumétriques, la réaction finale ne se produit en général que par un léger excès de la liqueur titrée, et cet excès varie avec la dilution du liquide, la température, etc. On peut dire qu'il n'y a pas de méthode complètement exempte de pareilles causes d'erreur ; le sulfate de baryte lui-même n'est pas abso-
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lument insoluble dans Teau. Aussi, lorsque nous regardons une méthode coiâme exempte d^erreurs, nous entendons seulement que les inexactitudes ne sont pas appréciables.
Nous avons donc dans toute analyse des causes d'incertitudes. Il est clair que tantôt elles doivent s*ajouter, tantôt se compenser, et t)uedès lors la vérité se trouve entre deux limites, que nous appelons les limites des erreurs de la méthode. Pour les fixer d'une manière irréprochable, on ne pourrait faire que des suppositions ; car il n'est pas possible de soumettre au calcul les erreurs provenant des mauvais réactifs, de pesées fausses, de dessiccations, calcinations ou lavages incomplets, de titres mal pris, etc.
Lorsque la méthode est exempte d'erreurs, ces limites sont très- reserrées; ainsi, en se donnant un peu de peine dans le dosage du chlore, on peut, au lieu de 100 parties, en trouver une proportion comprise entre 99,9 et 100,1, tandis qu'avec des méthodes moins bonnes, les différences seraient bien plus grandes. Par exemple, dans le dosage de la strontiane par l'acide sulfurique, au lieu de 100 parties de strontiane, on peut facilement n'en trouver que 99, ou même moins encore. Nous aurons grand soin d'examiner sévèrement chaque méthode à ce point de vue.
Pour indiquer l'exactitude qu'on peut atteindre dans les expériences directes, je continuerai à indiquer combien on obtient réellement de parties au lieu de 100 qu'on aurait dû trouver. Je dirai seulement ici, une fois pour toutes, que ces nombres se rapportent à la substance à déterminer : par exemple au chlore, à l'azote, à la baryte, et non pas aux combinaisons dans lesquelles on les a pesés , telles que le chlorure d'argent , le chlorure double de platine et d'ammoniaque, le sulfate de baryte; car ce n'est qu'en représentant ainsi les résultats que les diverses méthodes peuvent être comparées.
Avant dépasser à Tétude de chaque corps, je ferai encore une remarque : c'est que de ce qu'une analyse est d'accord avec le calcul, il n'en faut pas conclure que l'on a parfaitement opéré. Il peut arriver assez fréquemment qu'au conimencement du travail on fasse quelque perte ; si plus tard on ne lave pas complètement, le résultat final paraîtra exact. — On peut poser en règle qu'une analyse doit passer pour mieux faite lorsqu'elle indique une légère perte que lorsqu'elle donne un excès.
Enfin, dans les analyses en poids, je recommande expressément, comme un moyen de se garantir des faux résultats , d'examiner toujours les propriétés de la substance après la pesée et de les comparer à celles qu'elle doit posséder (couleur, état de la matière fondue, solubilité, réactions, etc.). Pour cela, je conserve entre deux verres de montre tous les corps qui ont été pesés pendant le cours de l'analyse, en sorte qu'on peut toujours les examiner et s'assurer s'ils sont purs ou non, suivant qu'on a quelque soupçon, — Gomme j*ai indiqué dans le chapitre précédent les propriétés des corps que l'on peut avoir à peser, je me contente de renvoyer aux paragraphes correspondants. — Dans les cas où l'une des opérations exposées dans le premier chapitre devrait être conduite avec une attention particulière, j y rendrai attentif en rappelant entre parenthèses le paragraphe dans lequel on indique la manière de diriger l'opération.