Dosage à Véiat de sulfate de chaux
a. Par précipitation.
A la dissolution de chaux, placée dans un vase à précipité et pouvant contenir un peu d'acide chlorhydrique libre, on ajoute un excès d'acide sulfurique étendu, puis environ 2 volumes d'alcool, on laisse reposer 12 heures, on filtre, on lave complètement avec de l'alcool hydraté, on sèche et on chauffe modérément au rouge (§ 68). — Voir au § 9S les caractères du précipité. — En suivant exactement la marche Indiquée, le résultat est toujours un tant soit peu trop faible. L'essai direct du^n' 61 a donné 99,64, au lieu de 100.
b. Par évaporation.
On opère, dans les mêmes circonstances, comme pour la baryte (§ toi. 1. b.).
2. Dosage h F état de carbonate de chaux ou de chaux caustique. a. Par précipitation avec le carbonate d'ammoniaque.
On opère d'après la méthode donnée pour le baryte (§ iOl . 2. a.) et Ton a soin de ne chauffer le précipité qu'au rouge très-faible et pendant quelque temps. — Voir au § IS les caractères du précipité. — La méthode bien conduite donne une perte inappréciable, qui devient cependant plus forte si la dissolution contient en quantité notable du sel ammoniac ou d'autres sels ammoniacaux semblables.
Si au lieu de prendre de l'eau ammoniacale pour le lavage on faisait usage d*eau pure, la perte ne serait pas négligeable. L'expérience directe du n" 62, faite de la dernière manière, a donné 99,17, au lieu de 100. — Si l'on craignait que par une calcination trop prolongée il ne se soit formé de la chaux caustique, on humecterait le résidu avec un peu d'eau, on y ajouterait un petit morceau de carbonate d'ammoniaque, on évaporerait lentement et on chaufferait de nouveau au rouge faible, c'est-à-dire, jusqu'à ce que le fond du creuset paraisse seulement rouge sombre. — Si l'on a à sa disposition un chalumeau à gaz, on peut chauffer assez longtemps au rouge vif et changer ainsi le carbonate en chaux caustique, que l'on pèse à cet état : voir b. (*).
0 Fritzsche (ZeHschr. f. anal. Chem., III, 179) et A. Costa (ibid., VIll, Ul), en transformant du carbonate de chaux précipité en chaux caustique, ont trouvé un poids un peu trop faible (99,7 au lieu de 100) : cela tient à ce que lé carbonate de chaux (celui de Fritxsche était chauffé à 160* pouvait bien contenir encore un peu d'eau.
%m] CHAUX. 499
b. Par précipitation avec Toxalate d'ammoniaque.
a. On a un sel de chaux soluhle dam Veau. — Dans la dissolution chaude, renfermée dans un vase à précipité, on verse un léger excès d*oxalate d'ammoniaque, puis un peu d'ammoniaque, jusqu'à ce que le liquide çn répande Todeur; on couvre le vase et on l'abandonne au moins 12 heures dans un lieu chaud, jusqu'à ce que le précipité se soit complètement déposé. On verse le liquide clair sur un filtre assez grand, en prenant la précaution de ne pas entraîner le précipité. Lorsque tout le liquide est passé, on fait tomber sur le filtre le précipité en le chassant avec de l'eau chaude. On a bien soin de ne jamais rejeter de nouveau du précipité sur le filtre avant que tout le liquide qui se trouvait sur ce dernier soit complètement égoutté (*). On enlève les parcelles adhérentes à la paroi du vase avec une barbe de plume coupée droite et courte, ou avec une baguette en verre entourée à Textrémité par un bout du tube en caoutchouc bien net. Si ce moyen ne réussit pas, on les dissout dans quelques gouttes d'acide chlorhydrique trèsétendu, on précipite la dissolution avec de l'ammoniaque dans un petit vase et on ajoute le précipité au premier. — Si l'on n'opère pas pour la filtration comme nous l'avons recommandé, il arrive très-souvent que le liquide passe trouble. — Après le lavage on sèche le précipité dans l'entonnoir, on le place ensuite dans un creuset de platine et l'on brûle sur le couvercle ou sur on fil de platine le filtre, après lequel on a soin de ne laisser que le moins possible de l'oxalate de chaux, puis on dépose les cendres dans la partie creuse du couvercle (§ 68). Ensuite on pose celui-ci retourné sur le creuset, afin que les cendres du filtre ne se mêlent pas au précipité : on chauffe le creuset, d'abord lentement, puis un peu plus fort, jusqu'à ce que le fond soit faiblement rouge. On le maintient à cette température pendant 5 à 10 minutes, pendant lesquelles on soulève de temps en temps le couvercle. Pour ce chauffage, je crois qu'il vaut mieux tenir la lampe à la main et la promener sous le creuset, car en la laissant Gxe dessous, la tempeture peut facilement s'élever trop haut. Enfin on laisse refroidir sous le dessiccateur et l'on pèse. Après la pesée, on humecte avec un peu d'eau le contenu du creuset, qui doit être blanc ou montrer à peine une teinte grisâtre, et on essaye, au bout de quelque temps, avec une bande de papier de curcuma. Si celle-ci brunit (preuve que l'on a trop chauffé), on lave la bande de papier avec un peu d'eau qu'on fait tomber dans le creuset, on y jette un petit morceau de carbonate d'ammoniaque pur, on évapore (le mieux au bain-marie) a siccité, on chauffe très-modérément au rouge et on pèse. Si le poids a augmenté, on recommence cette opération, et cela jusqu'à ce que le poids reste constant. — Je recommande expressément de suivre bien exactement les conseils que j'indique plus haut pour la manière de calciner, afin d'éviter l'évaporation ennuyeuse avec le carbonate d'ammoniaque. — Toir les caractères du précipité et du résidu au § 9 S. Cette méthode fournit des résultats d'une exactitude presque absolue. L'expérience directe du n* 65 a donné 99,99, au lieu de 100.
n Pour faire déposer rapidement l'oxalate de chaux et filtrer un liquide bien clair, Muck lecoromande d'ajouter 1 C.G. d'une solution d'alun ammoniacal qui renferme ^•ODl gramme d'alumine. Il faut dans ce cas éviter un excès d'ammoniaque et retrancher 0.001 gramme du qoids de chaux caustique trouvé (Zeitêchr, f. analvt. Chem., IX. 451).
200 CHAPITRE IV. — DÉTERMLNATION DU POIDS DES CORPS. [g 103
Si Ton a à sa disposition un soufflet à gaz ou toute autre disposition qui permette de chauffer un creuset de platine au blanc, on peut transformer l'oxalate de chaux en chaux catutique et obtenir un résultat presque aussi exact : il me semble que plusieurs chimistes sont arrivés à de bons résultats par ce moyen qui exige moins de patience que le précédent. On place Toxalale avec les cendres du filtre dans un creuset de platine pas trop grand, on chauffe d*abord sur la lampe ordinaire, puis à peu près 15 minutes au chalumeau à gaz. Après avoir pesé, on chauffe de nouveau 10 minutes sur le chalumeau et on reprend le poids. S'il n'y a pas de différence l'expérience est finie. Il est bon de peser le creuset de platine vide après l'opération, parce qu'il arrive quelquefois que son poids diminue par l'action prolongée d'une haute température. Les résultats obtenus par Friizsche, Costa et Souchay s'écartent à peine d'une façon appréciable de ceux donnés par le calcul. Voir au § 9S les caractères de la chaux caustique.
Au lieu de transformer l'oxalate de chaux en carbonate ou en chaux caustique, on pourrait le changer en sulfate, A cet effet, ou bien on le chauffe au rouge, suivant la méthode de Schrœtier, dans un creuset de platine fermé avec du sulfate d'ammoniaque pur, ou bien on le chauffe dans une capsule en platine munie d'un couvercle jusqu'à ce qu'il soit en grande partie caustlfié, on ajoute un peu d'eau, puis assez d'acide chlorhydrique pour tout dissoudre, on évapore après addition d'un léger excès d'acide sulfurique pur et enfin' on calcine légèrement. Par ce moyen ou obtient aussi des résultats très-exacts.
Plusieurs chimistes rassemblent l'oxalate de chaux sur un filtre pesé et se contentent de sécher à 100'' avant la pesée. Le précipité ainsi obtenu est 2GaO,CH)^ + 2Aq. Cette méthode est moins commode et moins exacte que la précédente.
^. On a un sel insoluble dans Veau, — On le dissout dans l'acide chlorhydrique étendu. Si l'acide est de telle nature, que par ce traitement il se dégage immédiatement, comme par exemple l'acide carbonique, ou bien s'il peut être séparé par évaporation, comme cela arriverait avec l'acide silicique, on opère d'après a, après avoir éliminé Tacide. Si cela ne peut se faire, comme par exemple avec Tacide phosphorique, on précipite la chaux de la dissolution acide de la façon suivante. On neutraHse l'excès d'acide libre avec de l'ammoniaque jusqu'à ce qu'il commence à se faire un précipité, qu'on dissout de nouveau avec une goutte d'acide chlorhydrique, on ajoute un excès d oxalate d'ammoniaque et enfin de l'acétate de soude ; on laisse déposer, et pour le reste on opère suivant a. L'acide chlorhydrique libre se combine de cette façon aux bases de l'acétate de soude et de l'oxalate d'ammoniaque, dont les acides, mis en liberté en quantités correspondantes, dissolvent à peine l'oxalate de chaux. De cette façon la perte est très-faible. L'expérience directe du n' 64, faite de cette manière, a donné 99,78, au lieu de 100.
c. Par calcination.
On opère exactement comme pour la baryte (§ iOi. 2. b.), et l'on a soin de ne chauffer que très-peu au rouge le résidu de l'évaporation avec le carbonate d'ammoniaque ^évaporation que l'on fera bien de répéter deux fois.}
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Pour l'exactitude, c'est la même chose qu'avec la baryte. Comme contrôle, on peut transformer le carbonate de chaux en chaux caustique ou sulfatée, voir h. a., ou doser alcalimétriquement (§ ttS).