Dosage à Vétat d'arséniate de plomb
a. On a une dissolution aqueuse d'acide arsénique.
On verse un poids connu de la dissolution dans une petite capsule en platine ou en porcelaine, on y ajoute un poids connu d'oxyde de plomb pur récemment calciné (environ 5 ou 6 fois autant qu'il peut y avoir d'acide arsénique). On évapore avec précaution jusqu'à siccité, on chauffe le résidu au rouge faible et on le maintient quelque temps à celte température. — Le résidu est formé d'arséniate de plomb et d'oxyde de plomb. Du poids total on retranche le poids d'oxyde employé et la différence donne la quantité d'acide arsénique. — Voir au § Bit les caractères de Tarséniate de plomb. Les résultats sont exacts tant qu'on n'a pas trop élevé la température.
b. On a une dissolution* d'acide arsénieux.
On ajoute de l'acide azotique, on évapore presque à siccité, on introduit un poids connu d'oxyde de plomb en excès ♦ on évapore à siccité : on chauffe au rouge et avec précaution le creuset couvert jusqu'à ce que tout l'azotate de plomb soit décomposé. Le résidu est encore un mélange d'arséniate de
g 127] ACIDE ÀRSl^NIEUX ET ACIDE ÂRSÉISIQUE. ERl
plomb et d'oxyde de plomb. — Cette méthode exige qu'on prenne bien des précautions, parce qu'en chauffant au rouge l'azotate de plomb il y a toujours une décrépitation qui occasionne des pertes.
2. Dosage à Tétat d'arséniate ammoniaco-magnésien. a. Par précipitation directe.
Cette méthode, indiquée pour la première fois par Levol, suppose que tout l'arsenic est dissous à l'état d'acide arsénique. Si cela n'était pas, on chaufferait légèrement la dissolution dans un assez grand ballon avec un peu d'acide chlorhydrique, et on y ajouterait du chlorate de potasse par petites portions jusqu'à ce que le liquide répande fortement l'odeur d'acide chloreux ; puis on laisserait reposer dans un lieu chaud jusqu'à ce que cette odeur ait presque complètement disparu.
On ajoute alors à la dissolution d'acide arsénique un excès d'ammoniaque, ce qui, même au bout de quelque temps, ne doit pas produire de trouble ; puis on verse une quantité convenable et pas trop grande de la mixture magnésienne (§ 6t. 6). On laisse reposer pendant douze heures et à froid le liquide bien couvert, qui doit répandre une forte odeur d'ammoniaque ; on filtre sur un filtre pesé, on fait tomber tout le précipité sur le filtre au moyen du liquide filtré, pour employer le moins possible d'eau de lavage, et on lave avec un mélange de 3 parties d'eau et 1 partie de dissolutitMi d'ammoniaque, jusqu'à ce que le liquide qui passe, additionné d'acide azotique et d'azotate d'argent, ne devienne plus opalin. On sèche lé précipité entre 102* et 103% et on le pèse. U a la formule ArO»,2MgO,AzH*0-4-Aq. (*).
Comme la dessiccation de l'arséniate ammoniaco-magnésien jusqu'à ce que son poids soit constant est longue et exige des pesées répétées, nous allons donner le moyen indiqué par H, Rose (**), Wiitstein {***) et Puller (****), de le transformer sans perte d'arsenic en arséniate de magnésie (2Mg0,Arû*). On dépose, autant que possible, tout le précipité desséché sur un verre de montre; on humecte le filtre avec une solution d'azotate d'ammoniaque, on le desséche et on le brûle avec précaution dans un creuset en porcelaine. Après le refroidissement, on met l'arséniate dans le creuset, onchauiTe d'abocd au bain d'air vers 130°» ou bien pendant deux heures sur un petit bain de sable chauffé avec la lampe à gaz; on chauffe ensuite plus fortement pendant une ou deux heures sur une plaque de fer chauffée à la lampe, et enân on porte au rouge le précipité complètement débarrassé de son ammoniaque par cette élévation continue et graduelle de température. — On peut abréger l'opération en chauffant dans un creuset de H, Rose au milieu d'un courant lent d'oxygène. Il suffit dans ce cas de chauffer dix minutes avec précaution, puis de porter graduellement au rouge. — Yoir au § 9% les propriétés de
0 Si l'on ne desséche le précipité qu'au bain-marie, il faut prolonger la dessiccation extrêmement longtemps, si l'on veut n'avoir que la quantité d'eau correspondant à <la formule. — Par une dessiccation ordinaire au bain-marie, la combinaison retient de 1 à 2 équivalents d'eau. — En desséchant entre 105' et 110*, la quantité d'eau est inféi'ieure à celle de la formule.
O Traité d'analyses, 6* édition, II, 390.
O Zettschr. f. analyt Chem., II, 19.
(***') Zeitschr. f. analyt. Chem., X, 63..
312 CHAPITRE IV. — DÉTERMINATION DU POIDS DES CORPS. [g 127
l'arséniate ammoniaco*magnésien et celles de Tarséniate de magnésie. La méthode donne de bons résultats, parce que, suivant les expériences de Puller, la légère perte provenant de l'arséniate ammoniaco-magnésien qui passe dans le'liquide filtré et dans les eaux de lavage est compensée par la petite quantité de sulfate de magnésie qui reste dans le précipité. En se plaçant dans de bonnes conditions, PuUer^ avec 0,37 gram. d*arséniate double, a obtenu des résultats qui ne différaient que d'une fraction de milligramme : toutefois, en augmentant la quantité relative de chlorhydrate d'ammoniaque, la perte s'élevait à environ 0,002 gram. Si Ton voulait faire une correction pour les traces du composé passant dans la dissolution, on pourrait calculer pour 50 ce, seulement 0,001 gram. d'arséniate ammoniaco-magnésien à 1 équivalent d'eau.
b. Par une séparation préalable à l'état d'arsénio-molybdate d'ammoniaque.
Dans la dissolution acide, exempte d'acide phosphorique et d'acide silicique, on verse un excès d'une solution de molybdate d'ammoniaque, à laquelle on a ajouté de l'acide azotique jusqu'à ce qu'on redissolve le précipité qui se forme d'abord (§ 61. 12); puis ou achève comme pour l'acide phosphorique, § 134. b. ^. On traite suivant a. l'arséniate ammoniaco-magnésien précipité par un mélange de sulfate de magnésie et de chlorhydrate d'ammoniaque de la dissolution ammoniacale de l'arsénio-molybdate (dont on aura neutralisé. une partie de l'ammoniaque libre par l'acide chlorhydrique). Résultats satisfaisants.