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PROCÉDÉS POUR DISSOUDRE LES CORPS

a. DISSOLUTION DIRECTE.

Suivant les circonstances, on TefTectue dans des gobelets en verre, des ballons ou des capsules, et Ton favorise Taclion par la chaleur, si cela est nécessaire. Le mieux est, dans ce dernier cas, de chauffer au bain- marie. Si l'on opère à feu nu ou au bain de sable, il faut se garder de laisser entrer le liquide en ébuUition tumultueuse, car alors on ne pourrait pas empêcher des pertes produites par projection, surtout si Ton fait usage d'une capsule. Quand on chauffe directement des liquides dans lesquels se trouve un dépôt insoluble ou non encore dissous, il se fait toujours des soubresauts et des projections même à une température encore bien inférieure à celle de rébuUition. Si la dissolution est accompagnée d*un dégagement de gaz, il faut opérer dans un ballon dont on incline le col, afin que les petites gouttelettes de liquide projetées soient arrêtées par les parois du vase et ne soient pas entraînées par le courant gazeux ; on peut aussi prendre un gobelet en verre que Ton couvre avec un grand verre de montre. Lorsque la dissolution est achevée et que tout le gaz a été chassé en chauffant au bain marie, on lave parfaitement le verre de montre avec la fiole à jet, en recevant Teau de lavage dans le vase. S*il faut employer pour opérer la dissolution un acide volatil concentré (acide chlorhydrique, azotique, eau régale), on opérera toujours dans un ballon à col incliné, ou bien on le laissera droit, mais en le fermant avec un verre de montre ; on ne fera jamais usage d'une capsule et on évitera une trop grande élévation de température. Pour se débarrasser des vapeurs acides qui se développent, on se mettra sous une cheminée d'appel (*). Sous ce rapport, Tappareil suivant me rend de grands services. Un tube de plomb - convenablement disposé et à demeure part de la table de travail et va déboucher au dehors en passant à travers la muraille ou à travers la fenêtre. Le bout qui est dans le laboratoire est réuni à Tune des deux tubulures d'un flacon, qui contient un peu d'eau. L'autre tubulure est exactement fermée avec un bon bouchon traversé par un tube de verre recourbé à angle droit. La branche qui plonge dans le flacon ne doit pas pénétrer dans l'eau. On ferme le ballon dans lequel se fait la dissolution avec un bouchon percé d'un trou ou un capuchon en caoutchouc à travers lequel passe un tube relié au tube à angle droit du flacon ; de cette façon, on est tout à fait à l'abri des vapeurs et on n'a pas à craindre d'absorption pendant le refroidissement. — Au lieu de laisser les vapeurs s'échapper au dehors, on peut remplacer le tube de plomb par un tube en verre conique, une allonge, qu'on fixe à la seconde tubulure du flacon et qu'on remplit de fragments de verre imbibés d'eau ou d'une dissolution de carbonate de soude. Toutefois je préfère la première disposition. — Souvent il est commode de faire arriver daiis un peu d'eau les vapeurs qui se dégagent pendant la dissolution, et quand celle ci est achevée de laisser remonter dans le ballon en enlevant la lampe cette eau qui sert alors à étendre la liqueur; seulement il faut prendre garde dans ce cas qu'un refroidissement fortuit ne fasse monter trop tôt l'eau dans le ballon.

0 Les petites étuves de H. Schlœnng^ appliquées contre une cheminée traînante, sont fort commodes.

Fréquemment aussi il faut, pendant la dissolution, empêcher l'action de Toxygène de Tair atmosphérique. On opère alors dans un ballon dans lequel on fait passer un courant lent d'acide carbonique. Quelquefois il suffit de chasser Tair qui remplit Tappareil au commencement, en mettant dans le ballon un peu de bicarbonate de soude avec la substance et un excès d*acide.

Quant au choix du vase dans lequel on fera la dissolution, il faut le prendre de nature telle qu'il soit le moins possible attaqué par les dissolvants. En général on peut admettre que les vases en verre sont peu attaqués par les dissolvants acides, mais qu'ils le sont assez fortement par les alcalis (V. § 4t).

b. DISSOLUTION PRÉCÉDÉE D'uNE DÉSAGRÉGATION.

Les substances insolubles dans Teau, dans les acides et dans les alcalis hydratés, doivent être en général désagrégées pour pouvoir être soumises à l'analyse. On rencontre fréquemment de pareils corps dans le règne minéral ; la plupart des silicates, les sulfates alcali no-terreux, le fer chromé, etc., appartiennent à cette classe.

Nous avons déjà indiqué d'une manière générale les divers modes de désagrégation à propos de l'analyse qualitative; nous donnerons plus loin, à propos de l'analyse des silicates et en d'autres endroits, la manière exacte de faire cette importante opération, car on ne peut bien la décrire que pour chaque cas en particulier.

Souvent la désagrégation nécessite une température plus élevée que celle qu'on peut obtenh* avec la lampe à alcool à double courant d'air ou la lampe à gaz ordinaire. On se sert alors du chalumeau alimenté par le gaz.

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