ON LES PÈSE
§ eif.
De même qu'on ne peut pas entreprendre d'analyse qualitative sans savoir l'action des réactifs sur les différents corps, de même on ne peut pas faire d'analyse quantitative avant de connaître parfaitement les combinaisons dans lesquelles on doit faire entrer les éléments, pour les séparer les uns des. autres et en déterminer le poids. Cela suppose premièrement la connaissance des propriétés des combinaisons, secondement leur compo- . sition. Parmi les propriétés il faut toujours considérer l'action des dissolvants, celle de l'air et de la chaleur. — En général on peut dire qu'un composé se prête d'autant mieux aux dosages en poids, qu'il est plus insoluble et plus inaltérable à l'air ou à une haute température.
La composition d'un corps peut être donnée en centièmes ou d'après la formule atomique : ce dernier moyen a l'avantage de rappeler plus facilement la composition des composés qu'on rencontre le plus fréquemment. Dans ce qui va suivre, les compositions seront indiquées dans la première colonne en signes chimiques, dans la deuxième en équivalents (H = l), et enfin dans la troisième en centièmes. — Au point de vue de la composition, une combinaison est d'autant plus convenable pour le dosage, que le corps à déterminer y entre dans une plus faible proportion, parce qu'alors toute
faute dans Topération, perte, incertitude dans la pesée, se partageant sur la masse totale, est moins sensible sur la portion à doser. Ainsi, abstraction faite de toute autre considération, le sel double de platine et d'ammoniaque est plus convenable que le sel ammoniac pour doser Tazote, parce que i 00 parties du premier ne renferment que 6,27 d'azote, tandis qu'il y en a 26,2 p. dans 100 du second.
Supposons donc que nous analysons une substance azotée et que, par un travail bien conduit, nous trx)uvons 1,000 gr. de sel double de platine et d'ammoniaque sur 0,300 gr. de matière ; 100 parties du sel de platine renferment 6,295 d'azote, ou 0,06295 pour 1 partie. Les 0,06295 gr. d'azote sont fournis par 0,3 de substance ; 100 parties de celle-ci renferment donc 20,98 d'azote.
Nous recommençons la même analyse en transformant l'azote en sel ammoniac. Un travail rigoureux nous donnera pour 0,300 de substance 0,2399 de sel ammoniac, correspondant à 0,06295 d'azote ou 20,93 pour 400. — Admettons maintenant que dans chacune des deux opérations nous ayons une perte de 10 milligrammes : dans le premier cas nous ne trouverons pas 1,000 gr., mais 0,990 gr. de sel de platine = 0,06232 d'azote, d'où 20,77 pour 100 d'azote dans la substance; la perte est donc de 20,983 moins 20,770 ou 0,213. Au lieu de 0,2399 de sel ammoniac nous n'en aurons, d'après notre supposition, que 0,2299, donnant 0,0603 d'azole. Cela ne correspond qu'à 20,10 pour 400 d^azote ; la perte est ici de 0,880.
La même erreur produit donc sur le dosage de l'azote une perle de 0,215 dans un cas, tandis que dans l'autre elle monte à 0,880.
Après ces généralités nous allons indiquer les combinaisons des corps simples qui remplissent le mieux ces conditions; on comprend cependant que nous n'indiquerons pas toutes celles qui pourraient servir aux dosages, mais seulement celles qui sont préférables et auxquelles on a le plus souvent recours dans la pratique. — Au point de vue où nous nous plaçons, nous ferons connaître les caractères extérieurs des substances à l'état où l'on doit les obtenir dans les analyses, et quant aux propriétés, nous ne aous occuperons que de celles qui auraient quelque intérêt pour le but que nous nous proposons.