F. — DOSAGE DE L^AGIDE PHOSPHORIQUE SOLUBLE DANS
LE CITRATE D^AMMONIAQDE.
(Ph0»2Ca0.H0 — PhO'Fe^O^ — PhO»AI>0^)
74. — Principe de la méthode. — Le phosphate de chaux bibasique, et en général les phosphates solubles dans les sels organiques, citrate, tartrate, etc., étant considérés comme beaucoup plus facilement assimilables par les végétaux que les phosphates insolubles dans les mêmes conditions, on est généralement d'accord pour leur attribuer une valeur vénale identique à celle du phosphate soluble. Il importe donc d'en déterminer le taux dans les principaux engrais phosphatés rendus en partie solubles par l'acide phosphorique.
Un chimiste anglais, Warrington, a le premier signalé la solubilité de PhO»2CaO.HO dans l'acétate d'ammoniaque; un jeune chimiste français, Brassier, a simplifié la méthode décrite par Warrington, en supprimant la séparation de la chaux préalablement au dosage par la magnésie; mais c'est à Frésénius, Neubauer et Lûcke, que l'on doit l'adaptation à la fois simple et exacte de ce procédé à l'analyse des superphosphates. Ces savants ont
94 MÉTHODES GÉNÉRALES d'aNALYSE.
fait connaître le 2 juillet 1871, h la réunion des chimistes et des fabricants d'engrais qui s'est tenue à Coblentz, la méthode dont nous allons donner le principe, et qui est employée avec quelques légères modifications au laboratoire de la Station agronomique de TEst depuis le mois de septembre 1871, époque à laquelle elle a été publiée ('). La description détaillée de la méthode, avec toutes les vérifications désirables à l'appui, a paru dans le Zeitschrift fur Chemie de Frésénius, t. X. 1871.
Une solution de citrate ammoniacal neutre ou légèrement alcalin, d'une densité de 1,09, laisse inlact le phosphate tribasique et dissout rapidement (en une demi-heure) le phosphate bibasique avec lequel on l'agite de temps en temps, en maintenant le mélange à la température de 30 à 40 degrés centigrades.
On trouvera à l'analyse des superphosphates la marche à suivre ; je me bornerai ici à indiquer en quelques mots le procédé de Frésénius, Neubauer et Lûcke.
Etant donné un mélange de phosphate tribasique et de phosphate bibasique (ou phosphate rétrogradé), si l'on place 2 grammes de ce mélange (je suppose le phosphate acide complètement enlevé par un lavage) dans 50 centimètres cubes de citrate d'ammoniaque neutre ou légèrement ammoniacal, maintenu à 30 ou 40 degrés centigrades, et qu'on agite de temps en temps la liqueur, au bout de 20 à 25 minutes, tout le phosphate bibasique aura passé ei[ dissolution. Un lavage renouvelé deux fois avec une solution étendue de citrate enlèvera jusqu'aux dernières traces de phosphate rétrogradé et laissera intact PhO'3CaO. Si l'on connaît la richesse du mélange de phosphate en acide phosphorique total (avant traitement par le citrate); si, d'autre part, on dose l'acide phosphorique
(^) landwirlhscha/tUcher Anzeiger, n^ 40, septembre 1871, Berlin.
DOSAGE DE l'aCIDK PHOSPHÔRIQUE. 95
restant après la digestion avec le citrate, on aura par différence le taux de l'acide rétrogradé. Tel est le principe très-simple de cette méthode, qui nous a donné depuis quatre ans les meilleurs résultats dans les nombreux dosages que nous avons faits, avec les précautions qui seront indiquées dans le chapitre des analyses spéciales.