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Sulfure de fer

— Certains sols argileux, appartenant notamment aux couches des argiles bleues du lias, renferment parfois des quantités suffisantes de pyrite pour amener leur stérilité jusqu'après transformation du sulfure en sulfate, par le contact prolongé de l'air. Après avoir traité la terre par l'acide nitrique étendu pour détruire tous les carbonates, on introduit le résidu lavé dans un flacon, on l'attaque par Tacide hypochloreux et l'on y dose le soufre comme cela a été dit plus haut (v. § 136). Dans les terrains qui renferment des sels de protoxyde de fer ou du sulfure de ce métal, les labours profonds d'oivent être conduits avec beaucoup d'attention et le défonçage doit, la plupart du temps, être préféré au labour profond.

E.nCLLC.

Fig. 25.

Dosage da sel dans le sol.

Vm. — ANALYSE DES EAUX.

161. — Méthode générale. — Dans les laboratoires agricoles on a fréquemment à analyser des eaux de sources, de puits ou de rivières servant à Talimentation de riiomme ou du bétail ; des eaux de drainage ou d'irrigation. Je commencerai par donner les procédés qui permettent de séparer exactement les principes communs à toutes les eaux naturelles, je ferai ensuite connaître quelques dosages spéciaux qui peuvent se présenter.

La méthode que je vais indiquer est applicable à toutes les eaux.

Dans l'analyse d'une eau, on a à envisager deux choses : la détermination des éléments gazeux qu'elle tient en dissolution et la détermination des matières solides; on évalue toujours la proportion d'eau pure, par différence.

Cela posé, on peut avoir affaire à des eaux sulfureuses (filtralions de fosses d'aisances, de fosses à purin, etc.), ou bien à des eaux non sulfureuses; l'odorat suffira seul pour- renseigner complètement sur celle de ces deux classes à laquelle appartiendra l'eau à analyser.

162. — Dosage des gaz. — Premier cas. — Eaux non sulfureuses. — On prend un ballon de 2 à 2 litres et demi ; on le tare, puis on le remplit avec l'eau à analyser; toutefois, si l'eau laisse dégager, à la température ordinaire, le gaz qu'elle tient en dissolution, il faut opérer avec la bouteille qui contient l'eau. Nous reviendrons plus loin sur les précautions qu'on doit alors observer. On remplit exactement le ballon, jusqu'au ras du col, et l'on introduit

le bouchon, muni d'un tube de dégagement relié à un tube en caoutchouc, de manière à chasser Texcès d'eau jusqu'à l'extrémité du tube abducteur. On pèse le ballon dont on connaît la tare, et l'on détermine par différence la quantité d'eau soumise à Tanalyse. On place le ballon sur le feu et l'on proportionne la chaleur à la vitesse de dégagement du gaz. Sous l'influence de la chaleur l'eau se dilate; elle arrive à la partie supérieure de l'éprouvette par le tube en caoutchouc et l'air ne tarde pas à se dégager. On fait en sorte que l'eau du ballon bouille très-rapidement et pendant assez longtemps, pour que l'eau de l'éprouvette entre elle-même en ébuUition et sorte presque complètement de l'éprouvette. Il faut prolonger l'expérience pendant un temps assez long, pour plusieurs motifs : d'abord parce que les dernières portions d'acide carbonique ne se dégagent de l'eau qu'avec beaucoup de lenteur; ensuite parce que l'eau de Téprouvette peut absorber de l'acide carbonique : enfin, parce que cette absorption d'acide carbonique pourrait surtout avoir lieu pendant le refroidissement de l'eau que contient l'éprouvette.

Si l'on a à analyser une eau gazeuse, nous avons dit qu'il faut employer, pour chauffer l'eau, la bouteille qui la renferme; pour mettre cette eau en communication avec l'éprouvette destinée à recueillir les gaz, on se sert d'un tire-bouchon creux muni d'un syphon à robinet auquel on adapte également un tube en caoutchouc ; ces tubes flexibles doivent être préférés aux tubes en verre, parce qu'il est beaucoup plus facile de les retirer de dessous l'éprouvette après l'opération. 11 est bien entendu que le tire-bouchon ne doit pas plonger dans l'eau contenue dans la bouteille. Pour pouvoir déterminer la quantité d'eau soumise dans ce cas à l'analyse, on trace un trait au point d'affleurement du liquide et l'on jauge le vase après l'expérience.

Lorsque l'éprouvette est complètement refroidie, on

mesure, sur Feau, le volume du gaz qu'elle contient; puis on porte Téprouvette sur la cuve à mercure, en ayant soin de Tagiter de manière à chasser presque toute l'eau qu'elle renferme ; on y fait alors arriver un fragment de potasse ; on agite vivement; on laisse à la potasse le temps de réagir sur le gaz et l'on reporte l'éprouvette sur la cuve à eau. La différence des deux volumes, ainsi mesurés, correspond au volume d'acide carbonique que contenait l'eau soumise à l'examen.

On peut aussi doser directement l'acide carbonique par la méthode indiquée pages 65 et suivantes, § 50.

Pour doser l'oxygène on peut avoir recours à- plusieurs procédés : je fais d'ordinaire usage de préférence du protochlorure de cuivre ammoniacal. Ce composé absorbe l'oxygène aussi facilement que la potasse s'empare de l'acide carbonique, le résidu gazeux laissé par le protochlorure de cuivre est de l'azote. On fait ensuite les corrections relatives à la pression et à la température:

Deuxième cas, — Eaux sulfureuses. — Dans les eaux chargées d'acide sulfhydrique, on ne peut avoir à doser, en outre de ce gaz, que de l'azote et de l'acide carbonique, attendu que l'oxygène disparaît en présence de l'acide sulfhydrique. L'analyse des gaz tenus en dissolution, dans une eau sulfureuse, comprend donc deux expériences : l'une, destinée au dosage de l'azote et de l'acide carbonique, se conduit exactement comme nous venons de le dire à propos des eaux non sulfureuses; il faut seulement avoir soin de placer un peu d'acétate de plomb sur le mercure. On doit employer le vase même dans lequel l'eau a été recueillie, en indiquant, par un trait fait avec une lime, la hauteur de l'eau dans la bouteille qu'on jauge après l'analyse.

163. — Dosage de l'acide sulfhydrique libre et combiné. — La bouteille qui contient l'eau n'étant pas dé-

bouchée, on perce avec précaution dans le bouchon un trou par lequel on introduit un tube abducteur qui ne doit pas plonger dans le liquide ; par un second trou, on fait arriver un tube droit qui descend jusqu'à la partie inférieure de la bouteille. On met le tube droit en communication avec un appareil à hydrogène; le tube courbe est relié à un tube à boules de Liebig rempli d'acétate acide de plomb et taré ; après le tube à boules, on place un tube de Will et Varentrapp contenant une dissolution de chlorure de barium ammoniacal : on connaît également le poids de ce tube. L'appareil étant ainsi disposé, on fait passer de Thydrogène dans la bouteille pendant quelque temps ; puis, à l'aide d'un bain-marie, on porte l'eau à la température de 400° en maintenant le courant d'hydrogène. Quand on voit que l'acétate de plomb ne se colore plus par le passage du gaz, on arrête l'opération et Ton remplace le tube à acétate par un second tube contenant de l'acétate de plomb n'ayant pas encore servi, et rendu acide, comme le premier, par l'acide acétique. On pèse le premier tube à acétate ; l'augmentation de poids correspond à l'acide suifhydrique libre. Le second tube va servir au dosage de l'acide sulfhydrique combiné. Pour effectuer ce second dosage, on enlève l'appareil à hydrogène ; on pèse alors le tube à chlorure de baryum ammoniacal; l'augmentation de poids qu'il a subie correspond à l'acide carbonique libre également chassé par l'hydrogène; on remet le tube à chlorure à la suite du nouveau tube à acétate de plomb. On verse alors, par le tube droit, de l'acide acétique pur, qui met en liberté les acides sulfhydrique et carbonique existant dans l'eau à l'état de combinaison. Lorsque tout dégagement de gaz a cessé, on pèse le tube de Will et Varentrapp; le poids final indique la quantité d'acide carbonique libre et combiné que renfermait l'eau; en retranchant de ce dernier poids le poids trouvé lors de la

première pesée, on a la quantité d'acide carbonique en combinaison avec les bases. On recueille sur un filtre le sulfure de plomb formé; quelquefois il adhère assez au tube à boules pour qu'on ne puisse pas le retirer. Dans ce cas, il suffit de quelques gouttes d'acide chlorhydrique pour le faire passer à l'état de chlorure, qu'on recueille dans un creuset de porcelaine; on évapore à siccité après avoir ajouté un peu d'acide sulfurique ; on réunit dans le même vase le sulfure de plomb et son filtre, et l'on calcine le tout, après l'avoir humecté avec l'acide sulfurique et quelques gouttes d'acide nitrique. La quantité d'acide sulfhydrique ainsi dosé est représentée en poids par les ^Vô ^^ sulfate de plomb obtenu.

On peut, dans la plupart des cas, se contenter de déterminer la quantité de soufre (H S ou sulfures alcalins) contenue dans une eau, à l'aide d'une solution titrée d'iode et de l'amidon. (Méthode sulfhydrométrique.)

164. — Analyse sommaire. — Un premier essai » faire sur les eaux consiste à déterminer d'une manière approximative les matières qui entrent dans leur composition.

La plupart du temps, l'analyse sommaire, dont nou& allons nous occuper, suffira pour faire connaître si une eau est potable, si elle peut être employée à l'alimentation des chaudières à vapeur et si elle est de nature à laisser des dépôts incrustants dans les tuyaux de conduite. Nous entrerons donc dans quelques détails à ce sujet. Il est utile de rappeler que tous les réactifs dont on fera usage doivent être d'une pureté irréprochable ;. la précision dans les analyses d'eaux est indispensable, puisque la vérification par les formules fait ici complètement défaut.

Pour faire Tanalyse sommaire, on introduit, dans un ballon de verre, un demi-litre d'eau qu'on porte à Tébullition pendant une heure environ. Au bout de ce temps, les gaz étant expulsés, on peut être certain que les matières tenues en dissolution par l'acide carbonique se sont déposées. On décante alors avec précaution; cette opération ne présente aucune difficulté, le carbonate de chaux cristallisé en petits rhomboèdres se séparant très-facilement. On recueille le précipité sur un filtre, on le dessèche, puis on le détache autant que possible du filtre, qu'on brûle à part et dont on ajoute les cendres au résidu. On humecte le tout à l'aide de quelques gouttes de carbonate d'ammoniaque, on dessèche et l'on calcine à 300* environ.

Ce résidu constitue le premier dépôt : il consiste essentiellement en carbonate de chaux, oxyde de fer et silice, et renferme en outre, quelquefois, un peu de magnésie. On arrive aisément, à l'aide de quelques gouttes d'acide azotique et d'ammoniaque employées successivement, à estimer à peu près la proportion de matières, étrangères au carbonate de chaux, qu'il peut renfermer. Le poids de ce premier dépôt est important à connaître en ce qu'il donne immédiatement la richesse de l'eau en matières incrustantes pouvant obstruer les canaux de conduite des eaux.

On évapore ensuite à siccité le reste du demi -litre d'eau dans une capsule de platine tarée ; il faut avoir soin d'effectuer la dernière partie de l'évaporation de l'eau au bain-marie; on pèse la capsule et le résidu, ce qui donne le poids du deuxième et du troisième dépôt réunis; on lave ensuite convenablement le résidu avec de l'eau contenant un tiers de son volume d'alcool à 40** ; on pèse de nouveau : la différence de poids correspond au chiffre des sels solubles dans l'eau.

Le deuxième dépôt consiste essentiellement en sulfate

de chaux et alumine. Le sulfate de chaux est, comme on le sait, peu soluble dans l'eau à la pression ordinaire; il est complètement insoluble dans ce liquide sous la pression de 3 à 4 atmosphères; c'est lui qui constitue les incrustations des machines h vapeur. Lorsque le deuxième dépôt, traité par l'acide azotique, ne laisse pas de résidu appréciable, cela indique qu'il ne contient pas de silice. On neutralise par l'ammoniaque, ce qui occasionne un précipité, lorsque l'eau renferme de l'alumine et de l'oxyde de fer. L'oxalate d'ammoniaque et le chlorure de baryum servent ensuite à déceler la présence du sulfate de chaux.

L'action des réactifs sur la dissolution du troisième dépôt (sels solubles) y fait reconnaître la présence du chlore, de l'acide sulfurique, de la magnésie, de la potasse, de la soude, etc. Ainsi que nous l'indiquons plus haut, l'analyse sommaire suffit toujours pour apprécier la valeur d'une eau au point de vue de son emploi dans l'économie domestique ou dans l'industrie. On sait que pour qu'une eau soit potable il faut, outre certaines conditions, qu'elle renferme au moins 150 milligrammes environ de carbonate de chaux par litre. Une eau qui contient 250 milligrammes de ce sel par litre est incrustante ; il faut, de plus, qu'il y existe une certaine quantité de silice, surtout si on la destine aux usages de l'agriculture. Enfin il faut que le deuxième dépôt (sels insolubles, sulfate de chaux) soit très-faible et presque exclusivement composé de silice.

165. — Analyse complète. — L'analyse complète d'une eau doit se faire en suivant la même marche que pour l'analyse sommaire ; seulement, au lieu d'opérer sur 1/2 litre, il faut opérer sur 10 litres d'eau et faire l'analyse quantitative des dépôts.

On introduit 10 litres d'eau dans un ballon de 12 litres environ, puis on fait bouillir cette eau pendant à peu près

trois quarts d'heure. Au bout de ce temps, on relire le feu et on laisse refroidir, en ayant soin de donner au vase une inclinaison telle, qu'on puisse ensuite décanter Teau ^ns Tagiter. Après refroidissement complet du liquide, on trouve un dépôt souvent très-considérable qui se sépare de l'eau avec une extrême facilité. Ou décante alors, peu à peu, cette eau dans une grande capsule de platine tarée qu'on chauffe sur le bain de sable : il faut que l'évaporation se fasse rapidement et sans que le liquide entre en ébuUition. Dans ce but on enterré la capsule de platine dans le bain de sable, qui doit être muni d'un bon tirage.

Quand on a évaporé ainsi toute l'eau du ballon, on recueille le dépôt sur un petit filtre ; puis on verse dans le èallon un peu d'eau distillée, et, à l'aide d'un petit balai de fils de platine, on détache autant que possible la partie du dépôt qui adhère au vase. En général, on ne parvient pas, par ce moyen mécanique, à enlever la totalité du dépôt ; on y réussit complètement en versant dans le ballon une petite quantité d'acide acétique, qu'on agite en tous sens afin de laver les parois du vase. On réunit Tacétate de chaux et les eaux de lavage dans un creuset de platine taré; on évapore à siccité, et l'on calcine afin de se débarrasser du charbon. On ajoute ensuite au résidu ainsi obtenu tout ce qu'on peut détacher du filtre sur lequel on a recueilli le dépôt ; on brûle le filtre sur le couvercle du creuset, on le calcine, puis on le mouille avec une goutte de carbonate d'ammoniaque, afin de transformer la chaux en carbonate. On ajoute le résidu à la matière qui se trouve dans le creuset, on chauffe le tout à 150° pour chasser l'eau hygrométrique, et l'on pèse. On a ainsi le poids du premier dépôt.

Revenons maintenant à l'évaporation de l'eau dans la grande capsule de platine tarée. Lorsque l'évaporation touche à sa fin, on achève l'opération au bain-marie afin

d'éviter les projections. On pèse ensuite le résidu, et l'augmentation du poids de la capsule donne le poids du deuxième et du troisième dépôt. On reprend alors par l'eau alcoolisée (1|3 d'alcool à 40°), on lave avec précaution, en chauffant au bain-marie. On évapore autant que possible à siccité, et l'on pèse de nouveau. Cette dernière pesée donne le poids du deuxième dépôt, et la différence correspond au poids du troisième dépôt constitué par les sels solubles.

Il nous reste maintenant à décrire les procédés analytiques à l'aide desquels on peut doser les matières qui constituent les divers dépôts.

166. — Analyse du premier dépôt. — On commence par chauffer fortement le premier dépôt pour ramener le carbonate de chaux à l'état de chaux vive. On pèse le résidu et l'on note la perle de poids, qui fournit une indication utile sur la quantité de carbonates que contient la masse. Ce premier dépôt peut contenir :

Silice, Chaux,

Alumine, Magnésie.

Sesquioxyde de fer,

On traite le résidu par l'acide nitrique pur ; on évapore à siccité, on élève ensuite progressivement la température jusqu'à 200 ou 250"" sur le bain de sable, et l'on maintient la capsule à cette température jusqu'à ce qu'une baguette plongée dans l'ammoniaque, et placée au-dessus de la capsule, ne décèle plus de dégagement d'acide nitrique. On peut pousser, sans inconvénient, la calcination jusqu'au i point où les vapeurs nitreuses commencent à se former. On a alors dans la capsule :

Silice, Kitrate de chaux.

Alumine hydratée, Nitrate de magnésie.,

Sesquioxyde de fer, Sous-nitrate de magnésie.

167. — Dosage de la silice. — On humecte alors la masse avec du nitrate d'ammoniaque concentré, on chauffe et l'on répète cette opération jusqu'à ce qu'il ne se produise plus de vapeurs ammoniacales. Le dégagement d'ammoniaque est ordinairement proportionnel à la quantité de sous-nitrate de magnésie qui s'est formé. On ajoute ensuite de l'eau distillée, et on laisse digérer à une douce chaleur. Dans le cas où le nitrate d'ammoniaque n'aurait pas donné lieu a un dégagement sensible de vapeurs ammoniacales, il faudrait ajouter de l'eau chaude, agiter le mélange et y verser une goutte d'ammoniaque peu concentrée. L'ammoniaque ne doit occasionner aucun trouble dans la liqueur, et, de plus, son odeur doit rester manifeste, ce qui montre que la calcination des nitrates a été convenablement conduite, et qu'il n'y a pas trace d'alumine ni de fer en dissolution. On porte alors lentement la liqueur à l'ébullition, puis on décante avec précaution sur, un filtre, et on lave plusieurs fois le résidu dans la capsule, avec de l'eau bouillante. Quand le lavage est complet, on

• reprend le résidu de silice, d'oxydes de fer et d'aluminium par l'acide nitrique qui dissout ces derniers (') ; on lave à plusieurs reprises, on dessèche et on calcine la silice avec le filtre qui a pu retenir quelques parcelles de silice entraînées dans la décantation. On pèse la capsule; son augmentation de poids donne le chiffre de la silice.

168. — Séparation et dosage de l'alumine et du sesquiozyde de fer. — On évapore à siccité, dans un creuset de platine taré, le mélange de nitrates de fer et

(*) S'il se trouvait de Toxyde de manganèse mélangé à i'oxyde de fer, racide nitiique le laisserait inattaqué; on le séparerait ensuite de la silice, au moyen de l'acide sulfuriquo et de Tacide oxalo-nir trique. On décante, on lave, on évapore le résidu à siccité, oncaicme et Ton pèse. Par différence, on a le manganèse.

il'atumine ; on calcine et on pèse. On détache ensuite, autant que possible, le résidu du creuset de platine, et l'an introduit la matière dans une petite nacelle de platine préalablement tarée. On pèse le tout : ce qui fait connaître la fraction des oxydes sur laquelle on opérera. On place ensuite la nacelle sur une lame de platine, qui sert de chariot et qu'on glisse dans un tube de porcelaine ou de platine aussi étroit que possible, que l'on incline assez fortement

Flg, SB.

AppftreH pour 1* fl^pirarlon dn ^r ei de i'alaminB. .

dans un petit Foumeaii â réverbère ordinaire, si le tube est en porcelaine, et que l'on chauffe au gaz si l'on |emploie un tube en platine. On relie le tube à un appareil h hydrogène; on fait passer un courant de ce gaz sec, puis on chauffe le tube; quand il est bien rouge, on remplace le couraut d'hydrogène ar un courant rapide d'acide chlorhydrique gazeux, et pon laisse refroidir complètement l'appareil. Après refroidissement, on chasse l'acide chlorhy-

drique par un courant d'hydrogène; on relire la nacelle, on la calcine et on la pèse. La perte de poids correspond il Foxyde de fer. L'alumine, comme on le sait, existe en très-petite quantité dans toutes les eaux ; il faut seulement se garder de confondre avec elle le phosphate de chaux.» L'addition de molybdate d'ammoniaque dans le résidu, repris par l'acide nitrique, indiquera si l'alumine est, ou non, exempte de phosphate.

169. — Séparation de la chaux et de la magnésie. — Ces bases existent à l'état de nitrates dans la dissolution. On traita la liqueur qui est neutre et doit être assez étendue, par l'oxalate d'ammoniaque ; au bout de sept à huit heures, Toxalate de chaux s'est complètement précipité. On décante, on sépare l'oxalate, on le calcine jusqu'à cessation de perte, et on pèse la chaux à l'état de chaux vive.

On évapore ensuite la liqueur, et on chauffe modéré-r ment le résidu pour volatiliser les sels ammoniacaux. Lorsqu'il ne reste plus que les nitrates fixes, on met un peu d'eau, puis un excès d'acide oxalique cristallisé pur. Pendant l'évaporation, l'acide nitrique se dégage, et même à la fin on voit l'acide oxalique se sublimer sur les parois du vase. On décompose les oxalates au moyen d'une lampe à alcool. On calcine et on pèse la magnésie. Quand on l'a pesée, on la dissout à chaud dans le nitrate d'ammoniaque un peu concentré. On retrouve quelquefois des traces de manganèse qui accompagnaient la magnésie.

170. — Ansdyse du deuxième dépôt, — On a pesé le deuxième dépôt dans la grande capsule de platine qui a servi à l'évaporation de l'eau; mais il ne faudrait pas continuer l'analyse dans ce vase. Après avoir pesé le dépôts dont il est important de connaître le poids en raison des propriétés incrustantes du sulfate de chaux, on détache avec soin tout ce qu'on peut enlever de la capsule de platine, on

met à part cette matière, puis on lave la capsule avec de Tacide acétique ; on évapore le liquide ainsi obtenu, et on calcine le résidu préalablement humecté avec du carbonate d'ammoniaque. On ajoute ce qu'on avait mis à part, et on pèse le tout après avoir séché à 100** environ, sur le bain de sable. On calcine ensuite fortement afin de chasser les matières volatiles, qui consistent essentiellement en eau et acide carbonique, provenant des carbonates de chaux et de magnésie.

Le deuxième dépôt peut contenir :

Silice, Sulfate de cbanx,

Sesquioxyde de fer, Carbonate de chaux,

„ , J Alumine, Carbonate de magnésie.

Très-rarement . . ' .

(Phosphate de chaux,

Après la calcina tion, on traite le résidu par Tacide nitrique pur, et Ton évapore à siccité ; on reprend, comme nous l'avons indiqué plus haut, par l'azotate d'ammoniaque; il faut avoir soin de laver longtemps, parce que le sulfate de chaux se dissout très-lentement. Le résidu qui est dans la capsule se compose de :

Silice, Alumine, Sesquioxyde de fer,

qu'on sépare par les méthodes indiquées plus haut. La liqueur filtrée renferme :

Nitrate de chaux, Nitrate de magnésie, Sulfate de chaux.

171. — Dosage de la chaux et de l'acide sùliarique. — On traite la liqueur par l'oxalate d'ammoniaque, en ayant bien soin de n'ajouter qu'un très-petit excès d'oxalate en sus de la quantité nécessaire pour opérer la précipitation complète de la chaux. On sépare la chaux avec les

précautions ordinaires. On ajoute ensuite à la liqueur une quantité d'acide chlorhydrique relativement considérable, puis on verse, goutte à goutte, de Tazotate de baryte jusqu'à précipitation complète de l'acide sulfurique. On fait ensuite digérer le sulfate de baryteau bain-marie, pendantlOheures environ. On décante alors la liqueur surnageante sur un filtre, en ayant soin d'éviter que le précipité aille sur le filtre ; on lave à quatre ou cinq reprises au moins le sulfate de baryte, avec de l'eau chaude, en laissant reposer chaque fois la liqueur. Cela fait, on calcine avec soin le sulfate de baryte et le filtre, jusqu'à ce que ce dernier soit complètement brûlé ; on pèse, puis on mouille le sulfate de baryte avec une goutte d'acide nitrique monohydraté et pur. On calcine de nouveau et l'on pèse; il ne doit pas y avoir de différence entre les poids obtenus dans ces deux pesées. On verse alors un peu d'eau dans le creuset où se trouve le sulfate de baryte ; on lave trois ou quatre fois avec précaution, par décantation, on dessèche la matière, on calcine et l'on pèse de nouveau. Le sulfate de baryte ne doit pas avoir perdu de son poids; dans le cas où cette dernière pesée accuserait une perte, c'est le dernier poids trouvé qu'on considérerait comme exact.

La quantité d'acide chlorhydrique qu'il faut ajouter, dans cette partie de l'analyse, doit être discutée avec soin ; il faut en employer assez pour que le nitrate de baryte ne donne pas lieu à un précipité d'azotate de baryte, mais pas assez pour que l'acide ajouté ne soit pas entièrement détruit par le nitrate d'ammoniaque qui existe dans la liqueur. On. peut représenter par l'équation suivante la réaction qui doit se produire ;

2HGI -f- AzH^O.AzO» = 2G1 -f- 2Az -f- 6H0.

172. — Dosage de la magnésie. — On évapore à siccité la liqueur séparée de la chaux et de l'acide sulfu-

200 SOLS - AIifENDEMENTS - EAUX.

rique, on place le résidu dans un creuset de platine, on ajoute une ou deux gouttes d'acide sulfurique, on évapore à siccité et Ton chauffe doucement, jusqu'à ce que tout Texcès d'acide sulfurique ait disparu ; on pèse la matière ; on traite ensuite par Teau bouillante, on lave convenablement et on calcine; la différence de poids correspond au sulfate de magnésie formé et donne, par conséquent, le poids de là magnésie.

173. — Analyse du troisième dépôt. — Le dosage des matières qui constituent le troisième dépôt est, sans contredit, la partie la plus délicate de l'analyse des eaux et celle qui demande le plus de soin de la part du chimiste. En effet, on ne connaît pas exactement le poids total de ce dépôt, attendu qu'on ne l'a desséché qu'à 100*" et qu'il renferme souvent des matières. déliquescentes qui retiennent de l'eau à cette température ou qui se décomposeraient si l'on continuait à chauffer (chlorure de magnésium par exemple), ce qui empêche de pousser plus loin la dessiccation. En second lieu, ce dépôt renferme des matières organiques dont il est difficile, sinon impossible, de tenir compte quantitativement. Enfin il contient de l'acide nitrique dont nous ne nous occuperons pas pour le moment; il faudra faire une recherche spéciale pour doser ce corps.

Le troisième dépôt peut contenir :

Sesquioxyde de fer (traces),

Alumine,

Chaux, \

Potasse, f à Tétat de nitrate, carbonate,

Soude, i chlorure ou sulfate ;

Magnésie, /

Chlore,

Acide sulfurique.

Acide nitrique,

Acide carbonique

On évapore doucement la liqueur, à siceité. On a soin de noter la couleur du dépôt, c'est un document important sur la teneur des eaux en matières organiques. On ajoute, avec le plus grand soin, au résidu quelques gouttes d'acide nitrique très-étendu, en observant attentivement s'il y a dégagement d'acide carbonique. La présence de l'acide carbonique dans le troisième dépôt est d'une importance extrême, parce qu'elle exclut d'une manière nécessaire la chaux et la magnésie; de plus, elle indique une nature d'eau toute spéciale, une eau chargée de bicarbonate de soude ou de potasse. Si dans le dépôt précédent, on a constaté l'existence du sulfate de chaux, on nc^ pourra pas avoir de bicarbonates dans le troisième dépôt, ces deux sels ne pouvant coexister dans une liqueur chargéi^ d'acide carbonique.

174. — Dosage du chlore. — On verse alors de l'eau dans la capsule ; on ajoute de l'acide azotique et du nitrate d'argent; on précipite ainsi le chlore à l'état de chlorure d'argent, qu'on lave avec soin à l'eau acidulée. Il faut autant que possible ménager les quantités d'acide qu'on introduit dans les liqueurs, afin de n'avoir pas trop de nitrate d'ammoniaque à décomposer. On dessèche le chlorure d'argent, on le calcine au bain de sable et on le pèse.

175. — Dosage de Tacide sulhirique. — On précipite l'acide sulfurique par le nitrate de baryte, en observant les précautions indiquées plus haut, tant pour la pesée du sulfate de baryte que pour la séparation de l'excès de nitrate employé.

176. — Dosage de la chaux, du sesquioxyde de fer et de raluxnine. — On sature la liqueur par l'ammoniaque ; s'il y a du fer ou de l'alumine dans la liqueur, ce qui d'ailleurs est très-rare, l'ammoniaque les précipite et on leur fait subir le traitement rapporté précédemment. On verse ensuite de l'oxalate d'ammoniaque dans la li-

queur neutre et on laisse digérer le précipité pendant 7 à 8 heures. Quand il n'y a pas, dans le liquide, un grand excès d'ammoniaque, le précipité peut être composé d'oxaiate de chaux, d'oxaiate de baryte, d'oxaiate d'argent et même d'argent métallique. On sépare alors le précipité par le filtre, on le calcine, on le redissout dans l'acide chlorhydrique et Ton ajoute une petite quantité d'acide sulfurique. On sait que le sulfate de chaux est soluble dans l'acide chlorhydrique ; le sulfate de baryte, au contraire, est complètement insoluble dans ce réactif. Après une digestion un peu prolongée, on lave très-longtemps par décantation sur un filtre ; on évapore, on calcine et Ton pèse le sulfate de chaux avec les précautions convenables en pareil cas.

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