Krutwig, Soc. chim., t. XLII, p
Dissolutions. — Dans une dissolution, on peut produire, avec l'azotate d'argent le précipité blanc-jaunâtre d’Agl, insoluble dans l'acide azotique très étendu et dans l’ammoniaque.
Par l’azotate ou le protochlorure de palladium versé dans une dissolution neutre ou faiblement acidulée par HAzO3, il se fait un précipité brun rouge très foncé. Le précipité se produit même en présence de chlorures alcalins et distingue, par conséquent, bien les iodures des chlorures et des bromures.
On peut aussi reconnaitre l'iode en le mettant en liberté par très peu de chlore, ou d'acide sulfurique nitreux, ou d’acide chlorhydrique et d’azotite de potassium. On opère dans un tube, on ajoute quelques gouttes de chloroforme ou de sulfure de carbone, puis on agite vivement et on laisse reposer ; les gouttes non dissoutes de ces liquides se rassemblent au fond du tube et sont colorées en violet par l’iode enlevé à la dissolution aqueuse. La réaction est très sensible.
L'empois d'amidon ou l’eau d'amidon, obtenue en faisant bouillir quelques instants dans l’eau 1/100 environ de son poids d’amidon, fournit un caractère également très sensible.
On verse un peu de cette eau ou de cet empois très clair dans la liqueur et on ajoute peu à peu de l'acide azotique froid et étendu, ou mieux de l'acide sulfurique étendu, jusqu’à réaction acide, puis quelques gouttes seulement d'acide sulfurique nitreux ou d'azotite de potassium en dissolution concentrée. Il se produit une couleur bleue immédiate dans la liqueur froide, couleur qu’on rend plus sensible encore en refroidissant par la glace et observant devant un papier blanc.
On peut augmenter encore la sensibilité de l'essai en réduisant la liqueur par évaporation, après y avoir ajouté du carbonate de sodium pur, afin d'empêcher toute perte d’iode; on y met alors un fragment d'amidon et on achève l’évaporation à sec. On touche avec une baguette trempée dans l'acide azotique ou l'acide sulfurique étendu, jusqu’à ce qu'il n'y ait plus d’effervescence ; puis, avec la baguelte, on ajoute une goutte d'acide sulfurique nitreux ou d’azotite de potassium dissous, et on voit apparaitre la couleur bleue de l'iodure d'amidon.
Enfin, s’ils’agit de simples /races d’iodure, contenues dans de l'eau très chargée de sels, comme l’eau de Ia mer, on commence par distiller après addition de perchlorure de fer; on condense 1/3 ou 1/4 des vapeurs dans un vase refroidi. Tout l’iode est mis en liberté par le réactif et se trouve dans le liquide distillé, contenant d’ailleurs très peu de sels ; on peut alors appliquer facilement la méthode précédente.
Matières insolubles. — Si l’on se propose de rechercher l’iode 1 présumé en faible quantité dans une substance minérale insoluble, on commence par la fondre avec 3 ou 4 fois son poids de carbonate de sodium et on reprend par l’eau ; puis, dans la dissolution, on décompose la plus grande partie du carbonate alcalin par HCI très étendu, ajouté peu à peu, en chauffant
doucement pour chasser CO*. On laisse refroidir la liqueur, qui Ë n’est plus que légèrement alcaline, et on achève en acidifiant | peu à peu par l'acide azotique nitreux ou par l'acide chlorhydrique et un peu d’azotite de potassium. F
On peut aussi, pour éviter la fusion préalable, mettre l’iode en liberté par l’eau de chlore versée sur la matière réduite en poussière très fine dans le mortier d'agate et placée dans une 4
cornue. On chauffe à 100°, de manière à distiller l’iode mis en liberté avec l'excès de chlore ; on recoit les vapeurs dans une solution alcaline étendue, qui absorbe le chlore et l’iode sous forme de chlorure et hypochlorite, iodure et iodate; on y met de l’amidon, puis on décompose les sels oxygénés par une solution de SO?, versée avec beaucoup de précaution. L’hypochlorite passe à l'état de chlorure, l'iodate donne de l'iode | libre, qui colore en bleu l’amidon. Mais un faible excès de SO?, en produisant de l'acide iodhydrique empêcherait la coloration. Le procédé est donc assez difficile à manier.
On réussit plus sûrement en mettant dans la dissolution un fragment de z2c el ajoutant au besoin quelques goultes d'acide sulfurique. La réduction produite par le dégagement d'hydrogène ne va pas au-delà de la mise en liberté de l'iode.