CARACTÈRES DES SUELFURES MÉTALLIQUES
Les sulfures métalliques sont généralement insolubles dans l’eau; les sulfures des métaux alcalins se dissolvent facilement: ceux de calcium et magnésium, très peu solubles dans l’eau, s'y décomposent par contact prolongé (plus rapidement à chaud), et donnent des hydrates de chaux et de magnésie et des sulfhydrates de sulfures dissous (Pelouze) :
2CaS + 2H20 — Ca (0H)? + CaS, HS.
Sulfures solubles. — Les sulfures en dissolution donnent par l’action de l'acide chlorhydrique un dégagement d'hydrogène sulfuré, facilement reconnaissable à son odeur et à son action sur les sels de plomb ou d'argent, avec lesquels il forme des sulfures noirs. Un papier trempé dans l’acétate de plomb, puis soumis à des vapeurs d'ammoniaque, ou bien humecté d'une dissolution d'hycrate de plomb dans la potasse noircit et se couvre d'une pellicule brillante au contact de vapeurs sulfhydriques.
On peut distinguer les trois sortes de sulfures alcalins aux caractères suivants :
Les monosulfures MS, mis au contact du chlorure de plomb PDCR, donnent du sulfure noir, sans dégagement d'hydrogène sulfuré :
M?S + PbCË — 2MCI + PS.
Les sulfhydrates de sulfures, dans les mêmes conditions,
donnent un dégagement d'hydrogène sulfuré :
M°S.ÆBS + PbCP — 2MCI + PDS — HS.
Les monosulfures sont entièrement précipités par un excès de sel de manganèse. Les sulfhydrates de sulfures donnent un précipité; mais la liqueur renferme HS libre, qui ne réagit pas sur le sel de manganèse en excès.
Lorsqu'on les chauffe en tubes scellés avec du carbonate de plomb, les sulfhydrates de sulfures donnent seuls de l'acide carbonique libre en même temps que du sulfure de plomb:
Na?S,H?S -E 2PbCO$ — 2PbS -E Na?CO3 + H20 HE CO?.
Enfin les sulfhydrates de sulfures noireissent immédiatement une feuille d'argent bien décapée, tandis qu’elle n’est altérée que lentement dans une solution de monosulfure.
Les polysulfures, sous l’action d'un acide, ne donnent pas seulement un dégagement d'acide sulfhydrique, comme les précédents, mais aussi un dépôt de soufre blanc très divisé :
M?S2 + PC — 2MCI + PES + St,
Le nitro-prussiate de sodium dissous, versé dans une solution de sulfure alcalin, donne une coloration d'un bleu foncé caractéristique en liqueur concentrée, pourpre en solution étendue, un peu différente pour les sulfhydrates de sulfures. On décèle ainsi de simples traces de sulfures. Dans une dissolution tenant de l'acide sulfhydrique seulement et pas de sulfures, le nitroprussiate ne donne pas de coloration, ce qui permet de reconnaitre dans une eau l'existence de sulfures ou de l’acide sulfhydrique libre (Béchamp).
Sulfures insolubles. — Acide chlorhydrique. — Parmi les sulfures insolubles dans l’eau, quelques-uns sont décomposés par l'acide chlorhydrique étendu avec dégagement d'hydrogène sulfuré, facile à reconnaître à son odeur et à son action sur Île papier à l’acétate de plomb (FeS, MnS, ZnS,.
D’autres, en assez grand nombre, sont attaqués par l'acide chlorhydrique concentré et chaud (Sb, Sn, Bi, Pb, Cd).
D’autres enfin résistent à cet acide ; mais ils sont décomposés et dégagent de l'hydrogène sulfuré, quand leur poudre est chauffée dans l'acide chlorhydrique avec de la poudre de fer ou de zinc, ou avec des morceaux de zine au contact de mer-
cure; le zinc amalgamé n'est plus attaquable, mais il facilite la décomposition des sulfures (Casamajor). Les sulfures d’arsenic et de molybdène résistent seuls à cette action (Kobell).
Acide azotique. — L'acide azotique étendu et froid décompose un certain nombre de sulfures avec formation d’azotates et mise en liberté du soufre; plus concentré et chaud, il forme en général des sulfates et un dépôt de soufre. Très peu de sulfures (Au, Pt, Hg) résistent à l'acide azotique; tous sont dissous par l’eau régale chaude, avee ou sans formation de soufre libre ; on peut constater dans la liqueur la présence d'acide sulfurique.
Chaleur. — Sous l’action de la chaleur seule, quelques sulfures sont volatilisés en tout ou en partie (As, Sb, Hg).
Ceux qui sont riches en soufre le laissent'distiller en partie (FeS, Sn, Gus).
Air. — S'il y a admission d'air, comme dans un tube ouvert, ou quand on chauffe sur le charbon avec le chalumeau, il y a combustion du soufre et dégagement d’anhydride sulfureux, dont l'odeur suffocante est facile à distinguer et qui rougit un papier de tournesol mouillé.
Alcalis. — Si l’on fond un sulfure avec du carbonate de sodium ou avec de la potasse, il y a formation de sulfure alcalin ; la matière fondue étant humectée d’eau et placée sur une lame d'argent ou sur un papier à l’acétate de plomb, produit une tache noire ou brune, suivant la proportion de soufre.
Il faut d’ailleurs ajouter que le mème caractère se retrouve avec un sulfate, si la fusion à eu lieu à la flamme réductive et sur le charbon. Si l’on craint que le charbon lui-même renferme des sulfates, on fond la matière mêlée avec son poids d'acide tartrique sur une feuille de platine.
En chauffant un sulfure avec du rire ou du chlorate de potassium, on produit du sulfate de potassium, et on peut constater après reprise par l’eau la présence du sulfate.
Soumis au rouge à l’action de la vapeur d'eau, tous les sulfures sont décomposés et donnent, avec de l'hydrogène sulfuré, des oxydes métalliques (Fe*0“, ZnO, Sb?0*°, CuO) ou des métaux isolés (Ag).
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SOUFRE APTE Chlore. — Le chlore sec les transforme au rouge en chlorures métalliques, fixes ou volatils, avec dégagement de chlorure de soufre SCP. Si celui-ci arrive au contact de l’eau, il se
décompose suivant la formule :
2SCI2 + 2H20 — S20? L 4HCI ; |
L'acide hyposulfureux lui-même, formé dans cette réaction, est converti par le chlore dans l’eau en acide sulfurique.
Le chlore en présence de l’eau tend à transformer les sulfures en chlorures avec production d'acide sulfurique ; la transformation se fait mieux encore en présence de la potasse à chaud ; l’action oxydante est très énergique, et le soufre passe en totalité à l’état de sulfate alcalin, si la nature et l’état physique du sulfure ne s’opposent pas à l’action du chlore. C’est ce qui arrive avec les pyrites de fer et de cuivre, qui déterminent un
simple dégagement d'oxygène par suite de l’action du chlore sur l’eau.