H\uez, Comples Rendus, t. LXXNIT, p
déterminé d'eau oxygénée, placé dans une fiole à fond plat, on y introduit, à l’aide d'une burette graduée, du permanganate de potassium jusqu'à coloration rose persistante :
SH20? -L K2Mn208 + 3H2S0! — 2MnS0' + K2S0'—E SH20 — 100.
Une molécule de permanganate décompose 5 molécules d'eau oxygénée. En faisant usage d'une solution permanganique déci-normale (à 3%,162 de sel cristallisé par litre), on devra compter 1%°,7 d’eau oxygénée ou 0"#",8 d'oxygène disponible par centimètre cube de solution décolorée.
Pour les essais industriels, il est commode d'opérer de la facon suivante. On mesure dans un tube d'essai gradué 2 centimètres cubes d’eau oxygénée, on ajoute cinq à six gouttes d'acide sulfurique, puis une solution de permanganate à 75,9 de sel par litre, jusqu'à coloration persistante. On lit alors sur la graduation du tube le volume total, d'où l’on déduit 2 centimètres cubes pour connaitre le volume de solution permanganique ajouté. Dans ces conditions, { 0/0 d’eau oxygénée demande 5 centimètres cubes de permanganate. Il suffit, en général, que le tube à essai ait 35 centimètres cubes de capacité et soit divisé par demi-centimètres cubes. Il importe que la capacité des deux premiers centimètres cubes soit exactement vérifiée, puisqu'elle sert à la mesure du volume d’eau oxygénée, sur lequel on fait l'essai.
9° Par le permanganate non titré (procédé applicable aux solutions colorées). — En décomposantune quantité déterminée d’eau oxygénée avec un excès de solution de permanganate, il se dégage, d'après la réaction précédente, un volume d'oxygène précisément égal au double de l'oxygène disponible contenu dans l'eau oxygénée.
Si, par un dispositif quelconque, on recueille et mesure cet oxygène, il sera facile d'établir le titre d’une eau oxygénée quelconque sans qu'il soit besoin d'employer de solution titrée.
Le volumètre de Lunge, décrit tome 1, page 948, sera d'un emploi très facile.
Dans un flacon F (fig. 7) de 80 à 100 centimètres cubes de
capacité, est soudé un tube cylindrique T, de 20 à 25 centimètres cubes. Ce flacon F est fermé par un bouchon de caoutchouc traversé d’un tube de verre, auquel est fixé un tube de caoutchouc d'une vingtaine de centimètres. La solution permanganique étant placée dans le tube T, on verse l'eau oxygénée dans le flacon F, on fixe le bouchon de caoutchouc et on assujettit l'extrémité libre du tuyau sur la tubulure du mesureur du nitromètre de Lunge, préalablement rempli de mercure. Par une manœuvre convenable du robinet du mesureur, on égalise la pression entre l'air du flacon et l'air ambiant. Après deux minutes d'attente, on établit la communication entre le flacon et le mesureur; le mercure doit rester en O. On abaisse simultanément les tubes de réduction et de niveau, et l’on incline le flacon F de telle sorte que l’eau oxygénée et le permanganate se trouvent mélangés. On agite tant que le volume augmente dans le tube mesureur. Lorsque le dégagement gazeux est terminé, on laisse la température s’uniformiser, et l'on amène le mercure du tube de niveau à la même hauteur que celui du tube mesureur, on ferme le robinet, et l’on mesure le volume de gaz reeueilli en utilisant les indications du tube de réduction (t. I, p. 950).
Lorsqu'on ne possède pas de nitromètre, on peut opérer comme suit!, mais avec moins d’exactitude. On a introduit quelques centimètres cubes d’eau oxygénée avec un volume d'eau pure suffisant dans une éprouvette à gaz de 50 centimètres cubes divisée en dixièmes, on acidifie par l'acide
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me sulfurique, puis on introduit quelques KG. 7. cristaux de permanganate enveloppés dans
du papier de soie, on bouche immédia-
tement avec le doigt recouvert d’une petite bande de caoutchouc, et on retourne le tube, l'orifice en bas, pour lire le
À. CONTAMINE, Génie civil, 26 novembre 1887, p. 56.
volume d'air laissé au-dessus du liquide. On agite; tout l'oxygène se dégage. Il ne reste plus qu'à renverser l’éprouvette sur la cuve à eau et à lire le volume de gaz (oxygène et air). La différence entre le volume d'air laissé primitivement et le nouveau volume donne la quantité de centimètres cubes d’oxy-
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oène dégagé par l’action de l'acide permanganique sur l'eau oxygénée ou le double de l'oxygène disponible. Le permanga nate doit être employé en excès suffisant pour colorer forte ment le liquide de l’éprouvette, même après la réaction. Ce procédé mérite d’être mentionné, à cause de sa grande simplicité; mais il ne peut fournir que des résultats approximatifs.
4° Par le bioxyde de manganèsei. — Alf. Riche a recommandé l'emploi du bioxyde de manganèse en présence d'acide sulfurique en excès. Le volume de l'oxygène dégagé repré-
1. AIf. Ricnr, J. de Pharm, el de Chim , 5° série, t. XIII, année 1886, p. 254.
sente, comme ci-dessus, le double de l'oxygène actif contenu dans l’eau oxygénée :
H20? -- Mn0? + H2S04 — H20 + MnSO! + 20.
On se sert d’un ballon de verre B (fig. 8), d’une capacité de 100 centimètres cubes environ, auquel est fixé un tube T deux fois recourbé, aboutissant dans une cuve profonde, C.
On introduit de 4 à 6 centimètres cubes d’eau oxygénée, que l’on rend ensuite franchement äcide par addition d'acide sulfurique au dixième.
On place dans le col du ballon un petittube en verre mince contenant un demi-gramme environ de bioxyde de manganèse, et l’on fixe le tube à dégagement, dont on dispose ensuite l’extrémité au-dessous d'une éprouvette graduée, renversée sur la cuve à eau. Par une légère secousse, on fait glisser le tube à manganèse dans l'eau oxygénée, on agite quelques instants, à deux ou trois reprises.
Lorsque le dégagement gazeux a complèlement cessé, on lit le volume en plongeant l’éprouvette de facon à égaliser les niveaux intérieur et extérieur.
Les résultats ne sont jamais d’une grande précision.