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CARACTÈRES

L'oxyde de carbone, incolore, inodore et sans saveur, de densité égale à 0,967 par rapport à l'air, très peu soluble dans l’eau, fait partie du groupe des gaz combustibles non absorbables par la potasse.

Il brûle avec une flamme bleue caractéristique. Le seul produit de sa combustion est l'anhydride carbonique, troublant l’eau de chaux.

On peut réaliser cette combustion : |

1° Par l'inflammation du gaz dans l'air ou dans l'oxygène ;

2 Par l'action d'un fil de platine ou de palladium porté au rouge dans un mélange d'oxyde de carbone et d'oxygène (grisoumètres) ;

3° Par l’étincelle électrique dans un semblable mélange (eudiomètres) :

4° Par l’action prolongée de l'acide chromique en solution concentrée, chauffée vers 40°, que l’on fait traverser par les bulles du composé gazeux ;

9° En dirigeant le courant de gaz sur de l’anhydride iodique chauffé; la coloration bleue de l’amidon par l’iode libre volatilisé peut alors servir à constater qu'il y a eu réduction de l'acide iodique ;

6° Par l’oxyde de cuivre porté au rouge.

Les produits de la combustion mis en présence d’eau de chaux produisent un trouble blanc de carbonate de calcium. Ces diverses réactions ne peuvent, d'ailleurs, pas être regardées

168 ANALYSE DES SUBSTANCES MINÉRALES comme réellement caractéristiques ; car elles sont communes à tous les composés carburés gazeux.

Nous avons déjà vu (t. I, page 875) que la so/ution chlorhydrique où ammoniacale de chlorure cuivreux absorbe l’oxyde de carbone ; avec 2 grammes de chlorure cuivreux et 7 grammes d'acide chlorhydrique par litre, on obtient un réactif capable d’absorber 20 fois son volume de gaz. Le composé qui prend naissance dans ces conditions est représenté par la formule ! : 4Cu°CF, 300, 80.

L'absorption peut être obtenue soit par agitation dans un vase fermé, soit en faisant passer le gaz par petites bullesdans le liquide. En chauffant la dissolution, on peut chasser le gaz, soit pour le mesurer, soit pour en vérifier la nature. La combustion permet alors de le distinguer aisément de l’oxygène, de l'hydrogène phosphoré, ou de l'hydrogène arsénié, qui pourraient avoir été absorbés avec lui.

L’oxyde de carbone réduit très facilement, par voie humide, avec formation de gaz carbonique, les chlorures d’or, de platine et d'iridium, le ruthéniate et le permanganate de potassium, l'acide osmique et l'acide azotique fumant. Un papier imbibé d'une solution de chlorure palladeux se colore en noir par l’oxyde de carbone. Potain et Drouin caractérisent des traces d'oxyde de carbone contenues dans l'air en le faisant passer à travers une solution étendue de chlorure de palladium placée dans un tube étroit; l’oxyde de carbone réduit le palladium, qui se dépose en couche noirâtre sur les parois du tube?.

L'azotate d'argent neutre, le chlorure de rhodium à froid, celui de fer, le ferricyanure de potassium, l’hypobromite de

calcium ne donnent lieu à aucune réaction *.

L’azotate d'argent ammoniacal se réduit, même à froid. On prépare le réactif, en ajoutant goutte à goutte de l'ammoniaque diluée à une solution étendue d’azotate d'argent, jusqu'à la limite exacte où le précipité formé d’abord se redissout entiè-

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