Annales de chimie analytique, 15 déc. 1902, p
sert à puiser l'air, par aspiration, dans la pièce dont on veut examiner l'atmosphère. |
L'aspirateur étant mis en marche, l'air pénètre d’abord dans le laveur C contenant de l'acide sulfurique à 66° Baumé, : destiné à retenir les carbares d'hydrogène et autres composés organiques volatils, que peut renfermer l'air vicié par la combustion ou par la respiration. La présence de ces corps est ind'quée par la coloration jaune que prend l'acide sulfurique sous l'effet du barbotage de l'air. |
Le flacon B renferme 50 centimètres cubes d'une solution alcaline étendue (5 centimètres cubes de soude ou de potasse demi-normale avec 45 centimètres cubes d’eau), que l’on a colorée assez fortement avec du bleu C4B. L'expérience a montré qu'il fallait 88 centimètres cubes de gaz carbonique pour faire virer au bleu franc la teinte rouge violacé de l'indicateur. C'est à dessein que l’auteur a diminué la sensibilité du réac+ tif, pour n'avoir pas à tenir compte du CO? normalement contenu dans l'air ou même à des doses inférieures à 1 0/0, l’air confiné ne devenant impropre à la combustion des bougies qu'à la dose de 4 à 5 pour 100 en volume.
Le flacon laveur A contient 50 centimètres d’une solution de chlorure de palladium au millième, aussi neutre que possible, qui, sous l'action de l'air renfermant des traces d'oxyde de carbone, donne peu à peu un dépôt noirâtre visible à la partie supérieure des tubes laveurs; en prolongeant le courant, on verrait se former une poudre noire de métal réduit. — On peut employer de la même façon une solution de nitrate d'argent ammoniacal au centième, préparée en diluant au degré voulu une solution ammoniacale de nitrate d'argent, à laquelle on a ajouté du nitrate neutre jusqu'à formation d'un commencement de précipité d'oxyde d'argent. L'air contenant des traces d'oxyde de carbone produit une coloration violacée; il se ferait à la longue un dépôt noir. — Les deux réactifs ont le même degré de sensibilité; l’action est visible pour 8 à 10 centimètres cubes d'oxyde de carbone, quelle que soit la quantité d'air dans laquelle ils se trouvaient dilués.
L'appareil étant disposé, on ouvre le robinet de l'aspirateur et on laisse l'expérience se prolonger jusqu’à ce que l’un des réactifs marque visiblement la présence de l'acide carbonique ou de l'oxyde de carbone: on note alors, d’après le nombre de litres écoulés de l'aspirateur, le volume d’air ayant passé dans les laveurs. On continue l’expérience jusqu'à ce que la présence de l’autre gaz soit nettement indiquée par l'autre réactif, et, de nouveau, on note le volume d’air qui a produit cet effet.
On peut alors très simplement calculer la teneur de l'air en CO eten CO?, sachant, d’après les essais faits par Ferdinand Jean, que les réactifs À et B sont visiblement influencés, l’un par 8 à 10 centimètres cubes de CO, l’autre par 88 centimètres cubes de CO?.
S'il a fallu, par exemple, 20 litres d'air pour influencer le réaclif À, cet air renferme en volume 1/20 8 à 10 — soit 4 à 5 dix-millièmes de CO.
S'il a fallu 4 litres d’air pour influencer le réactif B, l'air renferme 1/4 >< 88/1000 — 2 centièmes de CO?.
Une simple mesure du volume de l'air mis en expérience permet donc de connaître avec une approximation suffisante les faibles proportions de CO et de CO? contenues dans un air vicié ou suspect.
Anhydride oxalique..... CALE re AGidendesséciré eee H2C201 — 90 Acide cristallisé.. H2C20* + 2H20 — 126
Cet acide se trouve soit en liberté, soit à l’état de sels et en particulier à l’état de sels alcalins dans diverses plantes ; il se produit par l'action de l'acide azotique sur le sucre, l'amidon, etc.
L'acide oxalique du commerce est rarement pur; il contient
presque toujours de la silice, des alcalis et de la magnésie; on se rend aisément compte de la proportion approximative des impuretés en le calcinant et pesant le résidu.
Le plus souvent, pour les emplois analytiques, il est nécessaire de l'avoir très pur. On peut purifier l'acide du commerce, en l’agitant avec de l'eau tiède en quantité seulement suffisante pour dissoudre la moitié environ de l'acide, puis décantant et faisant cristalliser par refroidissement rapide. Il vaut mieux encore le préparer pur en oxydant du sucre ou de l’amidon par l'acide azotique à l'aide de la chaleur, puis en faisant cristalliser plusieurs fois.
Séché au-dessous de 20° à l'air ou dans du papier-filtre, il répond à la formule HC?0t—+ 2H°0 (poids moléculaire == 126); sèché à 100°, il arrive à HC°0* (poids moléculaire = 90).
Lorsqu'on l’'emploie à la préparation de liqueurs titrées (Mohr), il faut qu'il ne soit nullement effleuri, comme cela peut arriver dans l'air sec, à 20°; chauffé dans une capsule de platine, il ne doit laisser aucun résidu. Dans le cas contraire, il faudrait le dissoudre, en laisser cristalliser un dixième environ et concentrer le reste pour faire déposer les cristaux purs.Les cristaux sont des prismes orthorhombiques incolores et transparents.
L'acide oxalique est vénéneux à dose un peu forte. Sa solubilité dans l’eau augmente rapidement avec la température.
Il est assez énergique pour déplacer l'acide azotique de ses combinaisons avec les bases, lorsqu'on chauffe en présence de l’eau et qu'on évapore à température peu élevée.
Sous l’action de la chaleur ménagée, il'subit d'abord une fusion avec perte d’eau, puis une distillation donnant de l’acide blanc HC0* cristallisé. Chauffé plus rapidement, il se décompose en PO, CO et CO*; mais il se fait en même temps de l'acide formique H°CO?, dont les vapeurs provoquent la toux; il arrive ordinairement aussi qu'il charbonne avant de se dédoubler nettement.
Il est décomposé par les acides très avides d’eau (sulfurique,
phosphorique), en dégageant CO et CO*, tandis que H?0 est fixé sur l'acide.
Il est dissous sans décomposition par l'acide chlorhydrique et par l'acide azotique étendu.
Il est transformé en CO? par l'acide azotique concentré, à l’ébullition, et par d’autres substances oxydantes : par exemple le chlorure d’or en solution chlorhydrique concentrée, le bioxyde de manganèse ou le permanganate de potassium dans une solution sulfurique moyennement concentrée et à une température inférieure à 40°.
OXALATES
On distingue plusieurs espèces d’oxalates : les oxalates neutres M?C?0*, les bioxalates MHC?0*, les quadroxalates. MH#(C0*}? ou MHC0* + HC0#:.
Action de la chaleur. — Les oxalates alcalins et ceux de baryum et de strontium sont convertis en carbonates ; mais la matière, d'abord blanche, noircit au début et, si l’on opère à l'abri de l’air, le produit de la calcination reste mêlé d’un peu de charbon; le grillage à l'air fournit des carbonates purs. Les oxalates de calcium et de magnésium donnent d’abord des carbonates, mais ensuite des oxydes ; pour que le premier ne laisse que de la chaux caustique, sans carbonate, il faut que toutes les parties aient été chauffées longtemps à l'air libre au-dessus du rouge sombre.
Les oxalates des métaux terreux donnent des oxydes qui sont irréductibles par l'oxyde de carbone (Al0*, GIO,CeO, .….). Ceux des métaux proprement dits laissent soit l’oxyde, soit le métal, suivant sa nature et suivant que la calcination est faite en creuset ouvert ou fermé. L’oxalate d'argent se décompose à 120° avec explosion, formant de l’anhydride carbonique et de l'argent métallique.
Action de l’eau. — Les oxalates de métaux alcalins, d'ammonium, de magnésium sont solubles dans l’eau. Ceux de calcium, de baryum, de strontium, de plomb, de bismuth,.…. sont presque insolubles dans l’eau et dans les acides acétique et
oxalique très étendus, mais bien solubles dans les acides azotique et chlorhydrique même très dilués. Ceux de divers métaux, fer, manganèse, zinc, etc., sont très peu solubles dans l'eau, mais tendent à former des oxalates doubles solubles avec les oxalates de métaux alcalins et d’'ammonium.