‹ Traité d'analyse des substances minéralesChapitre 10 sur 230 · A CHAUD | A FROID A CHAUD A FROID · texte numérisé non relu

A CHAUD | A FROID A CHAUD A FROID

Uranium. ..| jaunätre vert jaune vert sale vert émeraude Vanadium g. q.| jaune clair, jaune clair, incolore p. q. | incolore p. q.

Molybdène . .| jaune verdàtre verte vert sale vert émeraude Cérium. . . .| jaune brun jaune clair incolore incolore Chrome. ...| violet sale vert émeraude vert sale vert émeraude

vert sale vert émeraude

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Recherche du chlore, du brome et de l'iode.

Si l’on sature avec l’oxyde de cuivre la perle de sel de phosphore, on pourra caractériser facilement à l’aide de ce mélange les chlorures, bromures où iodures, qui, chauffés dans la flamme oxydante, se transforment en chlorure, bromure ou iodure de cuivre, communiquant au dard une teinte bleu pourpré, bleu bordé de vert ou vert émeraude ; dans cette manipulation, le sel de phosphore joue simplement le rôle de support. |

Pour effectuer l'essai, après avoir formé à l'extrémité du fil de platine la perle de sel de phosphore, on la plonge encore chaude dans l’oxyde de cuivre et on provoque une fusion de l’ensemble. On renouvelle cette opération Jusqu'à ce que la perle de sel de phosphore, devenue entièrement noire et opaque, présente une surface à aspect miroitant presque métallique. Ce résultat étant obtenu, on porte la perle au rouge, on la pose sur la matière à essayer, qui y adhère, et l’on place le tout dans la flamme oxydante.

Si l’on opère sur un mélange des trois sels haloïdes, le chlorure de cuivre se volatilisera le premier en produisant la teinte bleu pourpré, le bromure colorera ensuite en bleu verdûtre, finalement la belle teinte vert émeraude de l'iodure subsistera seule et se maintiendra assez longtemps. On appréciera ainsi facilement le mélange d’un chlorure et d’un iodure ; la caractérisation d'un bromure dans ces conditions sera beaucoup plus difficile et laissera toujours quelque doute dans l'esprit : car la teinte bleu pourpré du chlorure produira par son mélange avec la teinte vert émeraude de l’iodure une coloration bleu verdâtre, analogue à celle que fournirait un bromure seul.

T° Fusion avec le carbonate de sodium.

Cette opération s'effectue soit sur le charbon, soit à l’aide de la lame, de la cuiller ou du fil de platine, parfois avec adjonction d'oxalate où de cyanure de potassium.

L'essai sur le charbon fournira des indications utiles pour la détermination de tous les métaux et d’un certain nombre de métalloïdes. L’essai sur le platine, souvent complété par l'emploi du nitre, servira principalement à caractériser le manganèse et le chrome.

Essai avec réactifs sur le charbon.

Lorsque la substance est en poudre, on en fait un mélange intime dans le mortier d’agate avec une petite quantité de car-

bonate de sodium seul ou additionné d'une demi-partie de cyanure de potassium, puis on place le mélange dans la cavité pratiquée sur le charbon. Lorsque la substance est en fragments grossiers, on en prend une parcelle, grosse comme un grain de millet, que l’on met sur le charbon et recouvre avec le réactif. On soumet alors la matière à l’action de la partie réductrice du dard du chalumeau dirigé tout d’abord tangentiellement à l'essai; lorsque le flux commence à fondre, on redresse le charbon et on incline le chalumeau de facon à ce que la flamme réductrice frappe presque normalement et enveloppe complètement le flux et la matière d’essai, que l'on chauffe modérément d'abord, puis finalement à une température aussi élevée que possible.

La matière essayée peut : ou bien pénétrer dans le charbon avec le réactif, ou bien rester inattaquée sur le support, ou bien y former une perle vitreuse, ou enfin s’y réduire avec ou sans production d'auréole.

Substances fondant et disparaissant avec le réactif. — Les substances qui disparaissent dans le charbon avec le carbonate de sodium sont : les sels alcalins et ceux de barvum et de strontium.

Substances non attaquées par le carbonate de sodium et restant sur le charbon. — Ce sont : la chaux, l’alumine, la maonésie, la glucine, la zircone, l'urane, la cérite, la thorine, l'vttria, les oxydes de lanthane, et de didyme. Les acides

tantalique, niobique, hyponiobique produisent une vive effervescence, mais ne sont pas réduits.

Corps formant des perles vitreuses sur le charbon avec le carbonate de sodium. — L'acide silicique et les silicates, l'acide borique et les borates, l'acide phosphorique et les phosphates, l'acide titanique lorsque le fondant n’est pas employé avec excès, donnent avec le carbonate de sodium des perles qui ne pénètrent pas dans le charbon.

Les perles fournies par l'acide titanique sont jaunes et transparentes à chaud, elles deviennent opaques et passent au blanc grisâtre en refroidissant. Les trois autres acides fournissent, à chaud comme à froid, des perles transparentes parfois colorées par des oxydes métalliques.

Substances réduites avec production d'auréoles. — Le plomb donne des grains métalliques très malléables, avec auréole jaune foncé à chaud, jaune clair à froid, se déplaçant facilement sous l’action de la flamme oxydante et se volatilisant complètement au feu de réduction en colorant la flamme en bleu d'azur.

Le bisnuth fournit des grains métalliques gris très cassants avec auréole jaune brun à chaud, jaune clair à froid; cette dernière disparait sous l'influence du feu de réduction sans colorer la flamme.

L'antimoine donne un culot blanc grisâtre, très cassant, souvent recouvert d’aiguilles blanches d'oxyde d’antimoine, tandis qu'il se dépose sur le charbon une auréole d’une parfaite blancheur. :

Le cadmium ne fournit pas de culot métallique, le métal se trouve volatilisé et produit sur le charbon un enduit brun rougeûtre bigarré, caractéristique.

Le zinc, comme le cadmium, à cause de sa volatilité, ne donne pas de culot métallique, mais une auréole d'oxyde, jaune à chaud, blanche à froid.

Substances réduites sans production d'auréole. — L'étain se

réduit en un culot métallique blanc, très malléable, s’oxydant très facilement au feu d'oxydation.

L'argent fournit un culot métallique très blanc, très malléable et non oxydable.

Le cuivre donne un globule ; rouge tant qu'ilest chauffé dans la flamme réductrice, il devient noir par oxydation superficielle en se refroidissant. Les globules de cuivre sont très malléables, ils s’aplatissent facilement sous le marteau et reprennent alors leur couleur rouge en se débarrassant de l’oxyde qui les recouvre.

L'or donne un culot métallique jaune vif, très malléable, quelquefois rugueux à la surface, non oxydable.

Le platine forme une poudre grise non oxydable, non attirable à l’aimant.

Le fer fournit une poudre noire, enveloppée dans la soude, si celle-ci n'est pas absorbée par le charbon, ou entrainée dans le charbon avec le réactif, si l'absence de silicate a permis l'absorption. Cette poudre sera isolée par pulvérisation et lévigation dans le mortier d’'agate, ainsi qu'il a été indiqué plus haut (page 58) en traitant des essais sur le charbon sans réactif. La poudre de fer est attirable à l’aimant et brûle avec vivacité lorsqu'on la chauffe au feu d’oxydation.

Le nickel et le cobalt se réduisent également en donnant des poudres métalliques grises ou noires attirables à l’aimant.

Le molybdène et le tungstène donnent des poudres métalliques non attirables à l’aimant et se retrouvant dans le charbon à l’aide du procédé de lévigation employé pour le fer, le nickelou le cobalt. La poudre de molybdène est grise; celle de tungstène présente parfois une teinte jaune d’or ou jaune mordoré due à la présence d'une combinaison de tungstène et de sodium.

Recherche du soufre.

Tous les composés du soufre chauffés sur le charbon avec

la soude fournissent une masse rouge brun, qui, placée sur la lame d'argent et légèrement humectée d’eau, produit sur le

métal une tache noire de sulfure. Il arrive parfois que le sel alcalin pénètre dans le charbon, il est alors nécessaire d’enlever la partie du support qui s'en trouve imprégnée ; l'éclat de charbon ainsi obtenu porté sur l'argent métallique fournit, en présence d’un peu d’eau, la réaction ci-dessus indiquée. On peut éviter l'absorption du fondant en y introduisant une petite quantité de borax.

On peut également caractériser le soufre en attaquant la matière d'essai par un mélange de soude et de silice. On obtient alors une perle vitreuse jaune brun ou rouge brun.

Toutes les combinaisons du sélénium présentent avec la soude les mêmes réactions que le soufre.

Essai avec réactifs sur la lame de platine.

Cette opération permet de s'assurer si la substance soumise à l'essai se dissout dans la soude; elle sert à caractériser la présence du manganèse ou du chrome, du cobalt ou du cuivre à l’aide des colorations que les oxydes de ces métaux communiquent à la masse fondue.

Les substances que la soude est capable de faire entrer en fusion au feu d'oxydation, soit sur la lame, soit dans la cuiller, soit à l'extrémité du fil de platine, sont les acides silicique, titanique, tungstique, molybdique, vanadique, antimonieux et tellureux, le sesquioxyde de chrome, les oxydes de manganèse, de cobalt, de cuivre, de plomb, de baryum, de strontium et le spath fluor.

Les composés du manganèse mêlés à 3 ou 4 parties de soude et 1 partie de nitre, puis chauffés fortement sur la lame de platine, fournissent une masse d’un très beau vert, qui se dissout dans l’eau en la colorant en vert; la liqueur passe lentement au violet, puis au rouge.

Les composés du chrome dans les mêmes conditions produisent une coloration jaune, qui se communique à l’eau employée pour dissoudre la masse. Le manganèse peut masquer cette réaction; mais si l’on filtre sur du papier le liquide pro-

venant de la dissolution de la masse, les manganates alcalins se trouvent décomposés et la coloration jaune se manifeste seule dans le liquide filtré. Si l'on sature alors par de l'acide acétique et qu'on ajoute un peu d’acétate de plomb, on obtient un magnifique précipité jaune de chromate de plomb.

Les composés du vanadium, comme ceux du chrome, fondus avec le carbonate de sodium fournissent une masse colorée en jaune, dont la dissolution dans l'eau, saturée par l'acide acétique, précipite également en jaune par l'acétate de plomb. Un essai de ce précipité avec le sel de phosphore (page 68) sera donc nécessaire pour déterminer exactement auquel des deux métaux l’on a affaire.

L'oryde de cobalt se dissout un peu dans la soude en lui communiquant une coloration bleue.

L'oxyde de cuivre fournit une masse verte, limpide, qui perd sa couleur et devient opaque en se refroidissant.

S° Examen avec Ia solution de cobalt.

La solution d'azotate de cobalt à 10 p. 100 s'emploie toutes les fois qu'une substance calcinée ou fondue sur le charbon laisse un résidu fixe incolore ou blanc, résistant à une flamme oxydante énergique.

Pour effectuer ce genre d'essai, on humecte une partie du résidu avec une seule goutte d’'azotate, que l’on fait tomber à l’aide d’un agitateur à pointe effilée ; puis on élève la portion ainsi traitée à la plus haute température qu'il est possible d’atteindre, on laisse ensuite refroidir complètement et l’on observe la teinte communiquée à la matière par le sel de cobalt. Il arrive parfois que le résidu présente une teinte superficielle gris sale, que l’on devra faire disparaître en grattant la surface à l’aide d’un canif pour se rendre compte du coloris véritable dû au composé de cobalt.

Ce réactif, recommandé pour la première fois par Gabhn, servira à caractériser surtout l’alumine, l’oxyde de zinc et la magnésie; les réactions colorées qu'il fournit en présence d’un

certain nombre d’autres composés manquent malheureusement de nettete.

Nous énumérons ci-dessous les corps susceptibles de se colorer dans les conditions fixées plus haut sous l'influence du sel de cobalt.

Alumine. — Belle coloration bleue, caractéristique, pourvu que la matière reste infusible.

Phosphates, borates et silicates fusibles. — Perles transparentes colorées en bleu.

Oxyde et sels de zinc. — Belle coloration verte, caractéristique, lorsque la masse est complètement froide; à chaud la teinte est jaune verdâtre et elle reste telle à froid, très souvent, mais d’une facon tout à fait superficielle.

Oxydes d’étain. — Coloration vert bleuâtre.

Acide titanique pur. — Teinte vert jaunâtre.

Acides hyponiobique et niobique. — Teinte grise à chaud, vert sale à froid.

Composés oxygénés de l'antimoine. — Teinte gris jaunâtre ;

passant au vert foncé sale en présence d’étain, de zine ou d'alumine.

Glucine. — Coloration bleu lilas clair lorsque le compose est absolument pur; dans le cas contraire teinte gris bleuâtre. Baryte, strontiane, chaux, thorine, yttria, lanthane, didyme,

cérite. — Teinte grise plus ou moins foncée.

Zircone. — Coloration noir violet assez difficile à distinguer des précédentes avec certitude.

Acide tantalique. — Goloration gris clair à chaud, devenant

légérement rose par le refroidissement. Les alcalis, même en petite quantité, communiquent à la masse une teinte noir bleuatre.

Magnésie. — Coloration rose pâle assez caractéristique. Cette réaction ne devient suffisamment nette que si l’oxyde magnésien est exempt de quantités notables d’autres bases, si la chauffe à été énergique et si la masse est complètement refroidie au moment de l'observation.

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