CHAPITRE II
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La lampe à gaz permet de réaliser avec moins de fatigue une partie des réactions que l’on obtient au moyen du chalumeau; elle se prête en outre à quelques expériences d'un genre un peu différent et qui, combinées à divers essais simples de voie humide, peuvent être très utiles pour les recherches qualitatives.
C'est à Bunsen que l’on doit l'instrument et la méthode de recherches dont nous allons parler. [ fit connaître, en 1855, la lampe qui a gardé son nom et, en 1866 (1), la méthode d'essai pyrognostique, à laquelle on à peu ajouté depuis, mais dont l'emploi s'est généralisé.
La lampe, appelée aussi le bec ou le bruüleur Bunsen, très employée dans les laboratoires à cause de sa simplicité et de la haute température qu’elle peut développer, est disposée de manière que le gaz d'éclairage et l'air se trouvent mélangés avant d'arriver à l'endroit où s'opère la combustion. Le gaz ne donne pas alors une flamme éclairante et susceptible de déposer de la fumée sur un corps froid, mais au contraire une flamme bleuâtre et très chaude, qui s'élève rapidement au dessus du brûleur.
L'appareil (fig. 23) est composé d’un tube vertical T en laiton de 12 à 14 centimètres de hauteur et de 8 à 10 milli-
(1) Annalen der Chemie und Pharmacie, t. CXXXVIII, p. 257.
mètres de diamètre, porté sur un pied de fonte F. Une tubulure horizontale H fixée dans le pied et reliée à un tube de caoutchouc amène le gaz au bas d’un petit ajutage À disposé verticalement, qui le lance suivant l’axe du brûleur.
Le tube de laiton présente, à la hauteur de l’ajutage ou un peu au-dessous, deux orifices latéraux O et O’ qui donnent passage à l'air venant du dehors; celui-ci est entrainé avec le gaz, auquel il se mélange dans la longueur du tube. Pour faciliter le mélange, Bunsen a recommandé de ter-
miner l’ajutage par un système de trois fentes partant du centre, sous des angles de 120°; il s'opère moins bien avec un orifice cylindrique, comme le font souvent les constructeurs.
Le brûleur est muni, la plupart du temps, d'une couronne métallique C, placée à la base du tube vertical, mobile autour de son axe et percée de deux ouvertures, qui peuvent ou se placer en face des ouvertures fixes du tube de laiton pour laisser passage à l'air ou, au contraire, les recouvrir plus ou moins, lorsqu'on a fait tourner la pièce mobile.
On peut alors ouvrir ou fermer à volonté l'admission de l'air et ouvrir de même plus ou moins le robinet d'admission pour le gaz, ce qui permet de régler convenablement les proportions relatives du comburant et du combustible. On fera en sorte d'obtenir une flamme longue ou courte, suivant les cas, mais toujours très chaude et très peu brillante.
L'absence de virole mobile dans un brûleur ne permet pas de faire varier dans des limites aussi larges la longueur de la flamme ; si l’on diminue la vitesse et la proportion du gaz em fermant partiellement le robinet d'admission, la flamme
descend de l'extrémité du tube de laiton à l'extrémité de l’ajutage, où le gaz brüle sans mélange préalable avec l'air. Pour remédier à ce petit accident, il faut éteindre la flamme completement, puis rouvrir davantage le robinet, de manière à augmenter la vitesse du courant gazeux, qui peut être alors rallumé sans inconvénient au sortir du brûleur.
On peut aussi éviter la rentrée de la flamme, en plaçant sur le haut du tube une toile métallique formant chapeau audessus duquel on enflamme le mélange gazeux, ou en employant un modele de brüleur construit par Wiesnegg qui permet de régler à la fois et proportionnellement l'admission dusazretcelle de l'air:
Pour empêcher les oscillations de la flamme au-dessus du brüuleur, on se sert souvent d’une sorte d'écran ou de cheminée en forme de tronc de cône, formée d’une feuille métallique enroulée, qu'on pose sur trois ou six bras rayonnant autour du centre et disposés à quelque distance audessous de l'extrémité du tuyau. La partie supérieure de cette sorte de cheminée protège le bas de la flamme sur une hauteur de ? centimètres environ.