FOURNEAUX A CHARBON ET FOURNEAUX A GAZ
Jusque vers 1860, on ne se servait guère que du charbon et du coke; depuis cette époque l'emploi du gaz s’est de plus en plus répandu et l'on peut dire qu'aujourd'hui il s’est substitué à l’ancien mode de chauffage dans presque tous les laboratoires.
Il est cependant utile aux chimistes de savoir travailler avec des fourneaux au charbon, qu'ils peuvent se trouver obligés d'employer dans certaines localités, non encore pourvues de gaz d'éclairage, ou bien au cours de voyages d'exploration, où il n’est possible d'avoir que des ustensiles facilement trans-
portables et des combustibles pris sur place. Aussi est-il bon de conserver l'usage du charbon dans les laboratoires d’enseianement, à côté des appareils à gaz. Les élèves s’accoutument ainsi à des soins qu'ils soupconneraient à peine et qu'ils trouveraient fastidieux, s'ils n'avaient jamais employé que le gaz.
Le charbon de bois est léger, poreux, brüle aisément et ne permet pas d'obtenir des températures très élevées; il donne facilement naissance à de l’oxyde de carbone, qu'il faut éviter avec soin de laisser répandre dans l'atmosphère du laboratoire; ses cendres sont alcalines et facilitent la fusion des silicates alumineux, dont sont formés les creusets de terre et de: porcelaine, ce qui limite encore son emploi pour un chauffage très énergique.
Le coke est plus dense que le charbon de bois et donne des cendres beaucoup moins alcalines, généralement au contraire siliceuses ou argileuses et peu fusibles: pour ce double motif, il convient mieux à la production des hautes températures
locales, par exemple pour le chauffage des creusets.
Le charbon des cornues à gaz, produit par la décomposition des hydrocarbures, est encore plus dense que le coke et beaucoup plus pur: il ne laisse pas de cendres. Il mérite donc d'être préféré pour produire des températures très élevées; mais il brüle encore plus difficilement que le coke, pour lequel il faut déjà un tirage très actif.
Le gaz obtenu par la distillation de la houille, est à la disposition des chimistes dans la plupart des villes de quelque importance: on le fabrique même dans un certain nombre d'usines pourvues de laboratoires. Il présente sur les autres combustibles des avantages incontestables : allumage très facile et rapide, régularité du chauffage pour des températures très modérées, comme pour des températures très élevées, et pendant un temps même très long ; facilité d’emploi dans les circonstances les plus variées ; un dernier avantage, qui est des plus importants pour l'analyse, est la grande propreté qu'il permet de conserver à tout instant.
Nous donnerons quelques détails surles fourneaux à charbon et à gaz, en insistant de préférence sur ceux que l’on emploie pour la production de hautes températures et beaucoup moins sur les fourneaux à charbon d'usage courant, qui sont bien connus et décrits dans divers ouvrages (1).
1° Fourneaux à charbon portatifs.
Le fourneau à bassine, muni de deux oreilles où d'une dueuer entiere et d'une crilleen fer ou en fonte (fig. 94), estemployé pour chauffer, soit les vases soutenus au-dessus des charbons, soit les creusets, qui y sont enfoncés.
Le fourneau à réverbère où à dôme (fig. 95) permet d'atteindre des températures plus élevées pour les creusets et convient aussi pour chauffer des cornues, grâce à la
présence du dôme, qui renvoie la chaleur vers le dessus du
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Fig. 95. Fig. 96.
vase et permet d'y accumuler des charbons incandescents. Le fourneau à tubes, qui est un fourneau à réverbère allongé.
(1) Voir notamment les Manipulations de chimie d'Em. Jungfleiseh (J.-B. Baillière et fils, 1886. Paris).
(fig. 96) est destiné à recevoir des tubes réfractaires, soit en
fer, soit en terre cuite ou en porcelaine, souvent protégés par une couche de lut argileux; la partie moyenne du tube est entourée de charbons en ignition et les extrémités sortent du fourneau.
Les tubes de verre, qui ne peuvent être portés au delà du rouge cerise et que l’on protège par une feuille de cuivre
Fig. 98.
mince roulée en spirale (fig. 97), sont chauffés sur des grilles très allongées, avec cloisons verticales et écrans mobiles en tôle repliée et profondément échancrée, que l’on pose à cheval sur le tube.
Le fourneau à moufle ou fourneau de coupelle (fig. 99) est une sorte de réverbère, disposé de manière à recevoir un noufle ou coffret demi-cylindrique (fig. 98) en terre réfractaire, fermé au fond et ouvert en avant. Une porte mobile en terre se pose à volonté devant l'ouverture, qu'elle ne ferme jamais exactement. Le moufle, dans lequel se placent les vases à chauffer, permet de les isoler complétement, non seulement du combustible (charbon ou coke), mais aussi des gaz de la combustion.
Grâce au tirage qui s'exerce par la cheminée du fourneau, le moufle est toujours alimenté d'air venant du dehors par l'ouverture antérieure; une partie de
cet air est même aspirée vers le foyer par quelques fentes étroites pratiquées dans les parois latérales du moufle. Les fourneaux à soufflet où à courant d'air forcé permettent
d'obtenir des températures beaucoup plus élevées que les fourneaux précédents, suffisantes pour fondre le enetmmemetlesplatine Tel est le petit fourneau mobile, dont A. Deville a donné le type (fig. 100). Il se chauffe avec du coke ou du charbon de cornues à gaz, cassé en fragments gros comme des noix et séparé de la poussière. La densité de ces charbons permet d'obtenir une
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