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PRISE D’ESSAI

Pour tirer des conclusions utiles d’une analyse de gaz, il est avant tout indispensable que l'échantillon soumis aux essais possède bien exactement la composition moyenne du mélange que l’on se propose d'étudier. Ce résultat est presque toujours facile à atteindre dans un travail fait au laboratoire, alors que les volumes gazeux produits sont relativement faibles. H n'en est plus de même lorsqu'il s’agit de réactions industrielles, susceptibles de donner naissance à des volumes de gaz énormes et de composition parfois très variable, soit en des points différents, soit à des instants différents, comme cela a lieu dans les foyers par exemple. Dans ce cas, des précautions spéciales sont nécesaires pour obtenir même une simple approximation.

Au laboratoire.

On a souvent à étudier, au cours d'une réaction quelconque, un gaz qui se dégage dans un vase fermé muni d'un

Fig. 264.

col, tel que ballon, cornue, flacon à tubulure. Le gaz est alors conduit par l'intermédiaire d'un tube de verre ou de métal sous une éprouvette pleine, renversée sur la cuve à eau ou à mercure, suivant les caractères de solubilité ou d’énergie chimique du gaz étudié.

On emploie également avec avantage des tubes dont les

deux extrémités rétrécies sont munies de robinets (fig. 264), que l’on ouvre pour livrer passage au gaz qui balaye l'air intérieur. Le tube, purgé d'air par le courant gazeux, est fermé à ses deux extrémités à l’aide des robinets de verre et peut alors conserver longtemps sans altération le gaz qui s’y trouve contenu.

Lorsqu'une faible chaleur n’altère pas le gaz, on peut remplacer le tube à robinets par un tube à pointes eflilées, que l'on scelle ensuite par un coup de chalumeau.

Si le volume gazeux à recueillir doit être assez considérable, on remplit par déplacement un ballon à col étranglé, que l’on ferme ensuite à la lampe.

S'agit-il d'étudier le contenu gazeux de tubes scellés, souvent employés pour produire des réactions à haute température sous des pressions plus ou moins fortes ? On chauffe avec précaution la pointe effilée du tube; dès que le verre se ramollit, la pression intérieure provoque une fine soufflure, par laquelle le gaz se dégage très régulièrement; il ne reste plus qu’à placer cette pointe sous une éprouvette renversée sur la cuve à mercure ou à conduire le gaz sous la même éprouvette par l'intermédiaire d'un caoutchouc dont on a aussitôt coiffe la pointe.

L’extrémité effilée du tube peut aussi être brisée avec les doigts, soit au-dessous de l’éprouvette à mercure, soit à l’intérieur d’un tube de caoutchouc placé comme dans le cas précédent; mais cette opération est plus délicate et, si la pression intérieure est un peu forte, il est à craindre que le tube vole en éclats; on devra en tous cas l’envelopper dans un linge, pour éviter les projections dangereuses de fragments de verre plus ou moins volumineux.

Prélèvement d'un échantillon d'air.

Rien n’est plus simple que de puiser de l'air remplissant un espace facilement accessible.

Si le volume à prélever est faible, on se sert de tubes scellés

à la lampe ou fermés par un robinet, dans lesquels on a fait le vide aussi parfaitement que possible en employant la pompe Sprengel. Il suffit d'ouvrir ces tubes à l'endroit où l'on veut effectuer la prise d'essai, puis de les refermer à l’aide du robinet ou de la lampe.

Dans le cas où 1l serait nécessaire de prélever un volume plus considérable, on fait usage d’un ballon (fig. 265), dont le col porte une garniture métallique munie d’un robinet et soigneusement mastiquée, ballon dans lequel le vide a été fait aussi complètement que le permettent les machines actuellement en usage.

On obtient un résultat aussi exact, sans qu'il soit besoin de faire usage de machines à vide, en remplissant complètement d'eau bouillie ou de mercure les appareils décrits précédemment et les vidant ensuite au contact de l’atmosphère que l’on veut étudier. Le liquide s'écoule et se trouve remplacé par un volume d'air égal au sien.

Enfin, lorsque les volumes à recueillir doivent être très grands, on fait usage d'aspirateurs à eau et l’air est recueilli, soit dans des flacons séchés à l'avance, mis en relation avec l'aspirateur, soit dans l'aspirateur lui-même lorsque l'humidité n’est pas à craindre. Les modèles d'aspirateurs sont très nombreux; l’un des plus communs et des plus simples est formé d'un vase en tôle de 50 à 100 litres de capacité (fig. 266). La tubulure inférieure T est recourbée et munie d'un robinet; le gaz est aspiré par le tube r: sa température est donnée par le thermomètre {. Connaissant le volume d'eau écoulée pendant l'aspiration, l’on en déduira celui de. l'air aspiré à 0° et sous la pression normale à l’aide de la formule

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