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APPAREILS USUELS ET MANIPULATIONS

Quelques appareils sont d’un usage constant dans l’analyse des gaz.

1° Les éprouvettes en verre épais, dont le volume varie de 20 à 250 centimètres cubes, servent à effectuer des mélanges, des transvasements, à constater l'inflammabilité d’un résidu gazeux.

Le remplissage de ces éprouvettes demande quelques précautions pour éviter qu'il reste des bulles d'air entre le mercure et le verre. On devra les nettoyer tout d'abord avec grand soin, à l’aide d’une tige de bois entourée de papier buvard; purifier ensuite la surface du mercure contenu dans la cuve, en y faisant glisser un bâton de verre sur lequel on appuie légèrement; enfin enfoncer l’éprouvette en la tenant presque horizontalement et appuyant lentement et progressivement sur l'extrémité fermée. Si, malgré toutes ces précautions, de l'air reste emprisonné contre les parois de l’éprouvette, on sortira cette dernière de la cuve et, fermant avec la main l'extrémité ouverte, on lui imprimera un mouvement de bascule destiné à faire voyager le long des parois une grosse bulle d'air qui ramassera les plus petites: finalement on achèvera sans difficulté le remplissage en plongeant le tout dans la cuve. Si la cuve que l’on possède n'est pas assez large pour permettre d'y enfoncer une éprouvette horizontalement, celle-ci sera remplie de mercure à l’aide d’un entonnoir,

dont la douille pénétrera jusqu'à l'extrémité (fig. 284) ; il suffira ensuite de fermer l’ouverture avec le doigt ou la main et de renverser sur la cuve. On peut également faire usage, dans le cas de cuves insuffisamment larges, d’un fube siphon (fie. 283), dont on coiffe l’une des branches avec l’éprouvette à remplir; il ne reste plus qu'à enfoncer verticalement cette dernière, l'ouverture en dessous, jusqu'à l'expulsion complète de l’air qui s'effectue par le tube coudé ; si la cuve n’est pas assez profonde pour noyer l’éprouvette, on peut provoquer l'ascension du mercure en aspirant l'air pas l'extrémité "dubitube restée libre.

2° Les éprouvettes et tubes gradués sont employés pour les mesures. Leur volume varie de 15 à 250 centimèétres cubes; il doit être vérifié avec soin. On observera, pour les remplir de mercure, les mêmes précautions que dans le cas des éprouvettes non graduées.

Les lectures de volumes exigent certaines précautions ; il est tout d’abord indispensable de connaître la température du gaz mesuré; ce sera toujours celle du mercure de la cuve et pour cela, avant chaque lecture, on enfoncera complètement le tube et on le maintiendra quelques instants immergé, on le soulèvera ensuite rapidement en le soutenant avec une pince en bois ou en le tenant entre les doigts par l'intermédiaire de papier, de caoutchouc, de liège, mais en évitant de saisir avec la main la partie en contact avec le gaz, et l’on fera la lecture lorsque les surfaces de mercure dans l’éprouvette et dans la cuve seront sur un même plan (fig. 285). Le gaz est alors à latempérature du mercure et sous la pression barométrique indiquée au moment de l'expérience.

Fig. 283.

On prend pour le volume la mesure indiquée par la graduation correspondant au sommet du ménisque, en lui faisant subir, pour plus d'exactitude, une petite correction additive nécessaire, dans le cas des tubes étroits, pour compenser l'erreur due au phénomène de capillarité. Cette correction aura été marquée d'avance dans un tableau que chaque opérateur fait lui-même, en consignant le résultat observé pour chacun de ses tubes gradués. La détermination de cette correction s'obtient très simplement en remplissant partiellement de mercure le-Mfube que l'on veut étudier et notant la graduation COrIrespondant au sommet du ménisque, soit 32 centimetres cubes dans la fig. (A), puis versant à la surface un peu d'unesolutionétendue de bichlorure de mercure ; le ménisque disparaît alors et la surface plane du mercure correspond à une nouvelle graduation, soit 31°%,8 dans la fig. (B). La différence des deux lectures fixe la grandeur de la correction à effectuer (0,2 à ajouter à la lecture directe). Lorsque le tube gradué contient un réactif liquide, la lecture du volume devient encore plus délicate; en effet, quand les deux surfaces de mercure seront amenées sur un même plan, la pression à l'intérieur du tube égalera la pression atmosphérique diminuée de celle de la colonne de réactif. Cette dernière devra donc être mesurée et sa hauteur transformée en hauteur de mercure; de plus le ménisque sera concave, il faudra lire le volume fixé par le plan tangent au niveau inférieur et lui appliquer une correction soustractive spéciale pour chaque tube et

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Fig. 285. Fig. 286.

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