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RECHERCHE DE LA NATURE D'UN GAZ

Au point de vue qualitatif, on peut diviser les gaz en quatre groupes, suivant qu'ils sont ou non combustibles à l'air et absorbables par la potasse.

1% GROUPE. — Gaz incombustibles, non absorbables par une dissolution de potasse : oxygène, ozone, azote, protoxyde et bioxyde d'azote, argon.

2° GROUPE. — Gaz incombustibles, absorbables par la potasse : chlore et ses composés oxygénés, peroxyde d'azote, ammoniaque, anhydride sulfureux, anhydride carbonique, oxychlorure de carbone, chlorure de cyanogène; acides chlorhydrique, bromhydrique, iodhydrique, fluorhydrique ; fluorures de silicium et de bore, chlorure de bore.

3° GROUPE. — Gaz combustibles, absorbés par la potasse : acides sulfhydrique, sélénhydrique et tellurhydrique, méthylamine, éther méthylique et cyanogène.

4° GROUPE. — Gaz combustibles, non absorbés par la potasse : chlorures de méthyle et d’éthyle, fluorures de méthyle et d’éthyle, hydrogènes phosphoré, arsénié, silicié et antimonié, hydrogène, oxyde de carbone, carbures forméniques et éthyléniques ; acétylène, allylène, etc.

La première expérience à faire consistera donc à approcher un corps enflammé de l’orifice d'une éprouvette contenant le gaz inconnu; on constatera ainsi, si le gaz est ou n'est pas combustible, et, par conséquent, appartient aux deux premiers ou aux deux derniers groupes.

Ensuite, on introduira dans l’éprouvette renversée sur la cuve une dissolution de potasse, en se servant de la pipette

à réactif, et l’on observera s’il y a variation de volume après agitation, c'est-à-dire si le gaz es ou n'est pas absorbable par la potasse.

1er GROUPE

Examinons d’abord le cas d’un gaz non combustible et non absorbé par la potasse.

Il peut ou activer la combustion ou, au contraire, étemdre le corps enflammé. Dans la première série se rangent : l’oxygène, absorbable par le pyrogallate de potassium; l'ozone, dont l'odeur est caractéristique ; le protoxyde d'azote, un peu soluble dans l'alcool absolu. Dans la seconde se trouvent : le bioxyde d'azote ou oxyde azotique, donnant à l'air des vapeurs nitreuses; l'azote, absorbable par le magnésium, le Hthium ou le titane ; l’argon, sans réaction caractéristique.

Ces divers cas se trouvent réunis dans le tableau ci-dessous:

Absorbable par le pyrogallate depotassium, } Eee qu'il colore en brun, sans odeur. l Ps 0 Gaz Odeur de marée, attaque le mercure, dé-} Ozone Où.

comburant. compose l'iodure de potassium.

Non absorbable par le pyrogallate, ou ; odeur, un peu soluble dans l'alcool absolu. ( Oxyde azoteux Az? 0.

Donne au contact de l'air des vapeurs ruti-

lantes, absorbable par le sulfate ferreux. Oxyde azotique AzO,

Gaz Absorbable par le magnésium, le lithium : le titane sous l'influence de la chaleur, s Azote Az combine à l'oxygène sous l'influence comburant. l'étincelle et donne des vapeursrutilantes.

Caractères négatifs. ! Argon.

non

Admettons en secondlieu que nous noustrouvions placé dans le cas d’un gaz non combustible, absorbé par le réactif alcalin.

Il peut être coloré en jaune, ce qui indique le chlore ou l’un de ses composés oxygènés ; en rouge, ce qui décèle le peroxyde d'azote ou hypoazotide. Si le gaz est incolore, mais répand des fumées au contact de l'air, on aura affaire à l’un des acides chlorhydrique, bromhydrique, iodhydrique, fluorhydrique, ou à l’un des fluorures de bore ou de silicium. Enfin, si le gaz, non coloré, ne fume pas à l'air, il fera partie de la liste

suivante : anhydride carbonique, anhydride sulfureux, ammoniaque, oxychlorure de carbone, chlorure de cyanogene.

Odeur caractéristique, jaune verdâtre, Fi Chlore CI colore l’indigo. F Odorant, jaune rougeätre, soluble dans} Anhydride l’eau, explosif, liquéfiable à 20°. $ hypochloreux C0. Odeur irrritante, jaune verdätre, un peu Anhoditde Gaz jaune. soluble dans l’eau, détone avec violence hl y CLO3 au contact des métalloïdes. CARO DÈUSE <

Odorant, jaune verdätre, un peu soluble, détone spontanément sous l'influence Peroxyde d'une faible élévation de température, de chlore CI1O2. facilement liquéfiable.

Le chlore et ses composés oxygénés attaquent plus ou moins le mercure ; nous n'avons signalé ces derniers composés que pour mémoire, Car ils ne se rencontrent presque jamais dans les analyses de gaz.

Odeur désagréable, rougit le tournesol, se Gas dissout partiellement. dans l’eau en se transformant en oxyde azotique incolore, absorbé par le sulfate ferreux.

Peroxyde

rouge brun. l d'azote AzO?.

Acide [ Attaque le verre. fluorhydrique HF.

N’attaque ni le verre, ni le mercure, se dissout dans l’eau et donne avec le ni- | Acide . trate d'argent un précipité blanc très( chlorhydrique HCI. soluble dans l’ammoniaque. 1

Attaque le mercure lentement, se dissout

Gaz dans l’eau et fournit avec le ‘sel d'argent Acide un précipité jaunâtre un peu soluble dans ( bromhydrique HBr. feront l'ammoniaque.

Attaque le mercure immédiatement; sa so-

Pair. lution dans l'eau précipite de l'iodure d'argent jaune, blanchissant, mais insoluble dans l’'ammoniaque.

Absorbé par l’eau avec dépôt de silice gé- i Fluorure latineuse. ÿ de silicium SiFl.

Absorbé violemment par l’eau, carbonise |

Acide iodhydrique HI.

Fluorure

j luble d JP de térépapier, SoIu ans essence e téré de bore Bo FB.

benthine.

Odeur caractéristique, très grande solubi-

cl Re À ac Az HS lité dans l’eau, réaction alcaline. Gaz ammoniac Az HS.

Gaz à L ; Odeur piquante, saveur acide, donne avec incolore, l’eau de chaux un précipité blanc soluble Anhydride ne dans l'acide acétique et sous l’action d'un carbonique CO?. fumant excès de gaz.

pas à l'air. Anhydride

réaction acide, absorbable par le bioxyde de plomb.

DOCIMASIE. — T. I. 56

Odeur suffocante, soluble dans l’eau avec sulfureux SO?.

Odeur suffocante très pénible, peu nr)

Gaz dans l’eau, qui le décompose lentement { Oxychlorure incolore en donnant de l'acide chlorhydrique re-( de carbone CO CP. ne connaissable par le sel d'argent.

fumant ]Odeur très irritante et caractéristique, Chlorure

pas à l'air] provoquant la toux et les larmes, se liquéfie à 15°.

de cyanogène CyCl.

Passons maintenant au cas d'un gaz combustible, soluble dans la potasse.

I peut être acide, ce sera alors de l'hydrogène sulfuré, sélénié ou telluré ; alcalin, ce ne peut être qu une amine; neutre enfin, on pourra hésiter entre le cyanogène et l'éther méthylique.

Odeur d'œufs pourris, brûle avec flamme bleue, en donnant, dans une éprouvette ?

étroite, un dépôt jaune de soufre. \

Acide sulfhydrique H?$

Odeur nauséabonde extrêmement désa-

Ê gréable, brûle avec une flamme rougeàtre | i Gaz acide. Een É 8 get Acide

| en fournissant un dépôt de sélénium { sélénhydrique H2$e. brun rouge.

Odeur infecte, brûle avec une flamme, ie bleuàtre en produisant un dépôt noir de È ave 5 | CUS \ tellurhydrique H?Te.

Méthylamine A7 H2CHS:

Odeur de poisson pourri, flamme jaunâtre, | Diméthylamine ee ; Fe s soluble dans l’eau, agissant comme Az H (CH3)2. Gaz alcalin. Re Te RAS :

l’ammoniaque sur presque tous les sels | Triméthylamine. dissous. Az(CH}, Éthylamine A7 HA (C2HÉ) MECS Brüûle avec une flamme pourpre. | Cyanogène C?A72. he nenre | Odeur éthérée, soluble dans l'eau, l'alcool ; | et l'éther ordinaire, brûle avec une! Éther méthylique. | flamme pàle. )

Terminons enfin par la caractérisation d’un gaz combustible, insoluble dans la potasse.

Ce groupe, de beaucoup le plus important, est également le . plus difficile à traiter. On le partage généralement en trois séries : la première est constituée par les gaz engendrant par leur combustion de l’anhydride carbonique ; la seconde comprend les gaz donnant par leur combustion un acide énersique; enfin, le troisième est formé par l'hydrogène seul:

Gaz donnant par combustion de l'anhydride carbonique, qui précipile l’eau de chaux.

Gaz donnant par la combustion un acide généralement énergique.

Gaz ne donnant par La combustion que de neutre au tournesol.

Flamme bleue, le gaz est soluble dans le :

chlorure cuivreux, le produit de sa combustion est exclusivement formé d’anhydride carbonique.

Oxyde de carbone CO.

Flammes jaunes plus ou moins brillantes, production d’eau et d’anhydride carboni- { Carbures que, gaz insolubles dans le chlorure cui- ( forméniques C’H2"7%2 vreux, le brome et l'acide sulfurique.

Flamme éclairante, gaz absorbés par 1e brome, très difficilement par l'acide sulfurique. \ | \

Éthylène C2H#,

Flamme éclairante, gaz solubles dans le brome et l'acide sulfurique (en particulier l’éthylène est absorbé très l’acide sulfurique).

Carbures

lentement par ( éthyléniques CH".

Flamme très éclairante, gaz absorbé par le

chlorure cuivreux ammoniacal en don- ARTE 9

Ÿ NET one ee ue Acétvlène C?2112.

nant un précipité rouge, odeur fade ca- ; ractéristique.

Mêmes caractères, précipité jaune, si le) chlorure cuivreux n'est pas chargé chlorure

de ; Allylène C3H#.

d’ammonium, odeur alliacée.

fuligineuse bordée de vert; si l’on) verse dans l’éprouvette où s’est effectuée la combustion, du nitrate d'argent très azotique, on obtient un précipité blanc caillebotté; odeur éthérée

Flamme

| Chlorure de méthyle CH? CI.

Chlorure

Mèmes d’éthyle C2H5CI.

caractères, odeur alliacée.

Flamme verte, les produits de la combustion renferment de l’acide fluorhydrique attaquant le verre.

Odeur alliacée, flamme jaune brillante, in- | flammation souvent spontanée, accompagnée d’un dépôt jaune rougeàtre; on trouve de l’acide phosphorique dans les produits de la combustion, qui sont acides au tournesol.

Odeur alliacée, flamme blanc bleuàtre# dépose de l’anhydride arsénieux blanc et de | Parsenic brun, gaz absorbé par le Sal rure cuivreux avec précipité noir.

Fluorures de méthyle et d’éthyle.

Hydrogène phosphoré P H.

Hydrogène arsenié Az H3,.

Flamme rouge brun; produit par combus-\ tion incomplète un dépôt de silice } blanche et de silicium brun; inflamma- Hydrogène silicié Si. tion souvent spontanée. Quadruple de | volume en présence de la potasse. /

Flamme bleuàtre avec vapeurs blanches d'oxyde d’antimoine, gaz décomposable { par la potasse et sous l'influence de la | chaleur avec dépôt d’antimoine.

Hydrogène antimonié Sb HS,

Flamme presque invisible, gaz non |

l’eau à absorbable par le chlorure cuivreux. \

Hydrogène; H.

Détermination qualitative des carbures d'hydrogène.

La détermination qualitative des différents carbures par le seul moyen des réactifs absorbants serait très difficile ; on a très souvent recours à la combustion eudiométrique, qui permet dans bien des cas de résoudre ce problème, difficilement abordable par d’autres méthodes rapides.

Nous avons vu que tous les carbures forméniques brülent avec production d'eau et de gaz carbonique, en donnant une flamme jaune plus ou moins brillante, et qu'ils sont insolubles dans la potasse, le chlorure cuivreux, le brome, l'acide sulfurique, etc...; mais, au point de vue eudiométrique, ils présentent entre eux les différences suivantes :

À vol. de méthane ou formène demande 2 vol. d'oxygène et fournit 4 vol. de gaz carbonique.

4 vol. d’éthane demande 3*,5 d'oxygène et fournit 2 vol. d’anhydride carbonique.

1 vol. de propane demande à vol. d'oxygène et fournit 3 vol. d’anhydride carbonique.

4 vol. de butane demande 6,5 d'oxygène et fournit 4 vol. d’anhydride carbonique.

Nous savons que les carbures éthyléniques ont tous, en dehors de l’éthylène, la propriété de se dissoudre dans le brome et l'acide sulfurique ; gn les distinguera par les considérations suivantes :

1 vol. d'éthylène demande 3 vol. d'oxygène et fournit 2 vol. de gaz carbonique.

4 vol. de propylène demande 4,5 d'oxygène et fournit 3 vol. de gaz carbonique.

4 vol. de butylène demande 6 vol. d'oxygène et fournit 4 vol. de gaz carbonique.

Nous avons constaté enfin, pour les carbures acétyléniques, que l'acétylène donne avec le chlorure cuivreux un précipité rouge ; l’allylène fournit dans les mêmes circonstances un

précipité jaune ou est simplement absorbé sans précipitation, si le chlorure cuivreux contient un excès de sel ammoniac ; les autres carbures de la série ne précipitent le réactif cuivreux en aucune circonstance.

Les remarques eudiométriques suivantes permettront également de les différencier.

4 vol. d’acétylène demande 2*,5 d'oxygène et donne 2 vol. d’anhydride carbonique.

4 vol. d’allylène demande 4 vol. d'oxygène et donne 3 vol. d’anhydride carbonique.

4 vol. de crotonylène demande 5*,5 d'oxygène et donne # vol. d’anhydride carbonique.

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